Saint Martin de Porrès (1579-1639)

Saint Martin de Porrès, frère lai dominicain de Lima, fut le premier saint de sang mêlé des Amériques. Fils naturel d'un chevalier espagnol et d'une affranchie noire, méprisé comme mulâtre, il fit de l'humilité la plus radicale un chemin de sainteté : surnommé « Fray Escoba », le frère du balai, il fut barbier, infirmier et aumônier, nourrissant les pauvres et soignant les esclaves de la ville. Béatifié en 1837, canonisé par Jean XXIII en 1962, il est le patron de la justice sociale et de l'harmonie raciale.

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Saint Martin de Porrès (en espagnol San Martín de Porres), né à Lima en décembre 1579 (baptisé le 9 décembre) et mort dans la même ville le 3 novembre 1639, est un frère lai dominicain péruvien, le premier saint de sang mêlé des Amériques. Fils naturel d'un chevalier espagnol et d'une affranchie noire originaire de Panama, il grandit dans la pauvreté et le mépris attaché aux mulâtres de la société coloniale. Refusant tout honneur, il entra au couvent du Saint-Rosaire de Lima d'abord comme simple serviteur, balaya, soigna, mendia pour les pauvres, et fit de l'humilité la plus radicale un chemin de sainteté éclatante.[1][2]

Saint Martin de Porrès en six repères : de l'enfant métis de Lima au premier saint mulâtre des Amériques. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Surnommé « Fray Escoba » — le frère au balai — il fut tout à la fois barbier, infirmier et aumônier du couvent, et l'apôtre de la charité de toute une ville : il nourrissait chaque jour des dizaines de pauvres, soignait indistinctement nobles espagnols et esclaves africains débarqués des navires, et fonda à Lima un orphelinat pour les enfants abandonnés. La tradition lui attribue des guérisons miraculeuses, le don de bilocation et une étrange amitié avec les bêtes.[3][4] Béatifié par Grégoire XVI en 1837, canonisé par saint Jean XXIII le 6 mai 1962, il est aujourd'hui invoqué comme patron de la justice sociale et de l'harmonie raciale. Sa figure complète celles de sa contemporaine sainte Rose de Lima et de l'archevêque saint Turibio de Mogrovejo : à eux trois, ils font de la Lima du début du XVIIᵉ siècle un foyer de sainteté unique dans le Nouveau Monde.

Une vie en quelques repères

  1. décembre 1579
    Naissance et baptême à Lima
    fils naturel de Juan de Porres et d'Ana Velázquez

    Baptisé le 9 décembre à l'église San Sebastián de Lima. Sa mère est une affranchie noire de Panama ; son père, un hidalgo espagnol de l'ordre d'Alcántara.[5]

  2. vers 1591-1592
    Apprentissage du barbier-chirurgien
    à Lima, après un bref retour d'Équateur

    Confirmé par saint Turibio de Mogrovejo, Martin apprend le métier de barbier, c'est-à-dire aussi de chirurgien et d'herboriste de son temps.[6]

  3. vers 1594
    Entrée au couvent du Saint-Rosaire
    comme donado (serviteur), faute de pouvoir faire profession

    Les lois coloniales interdisant aux descendants d'Africains et d'Indiens d'être religieux de chœur, Martin entre comme donado, simple oblat au service de la communauté.[7]

  4. 2 juin 1603
    Profession comme frère lai
    le prieur passe outre la loi discriminatoire

    À 23 ans, Martin prononce ses vœux de frère coopérateur de l'ordre des Prêcheurs.[8]

  5. 1603-1639
    Trente-six ans de charité cachée
    aumônier, infirmier, barbier, fondateur d'un orphelinat

    Il nourrit les pauvres, soigne les malades et les esclaves, fonde un orphelinat, et acquiert une réputation de thaumaturge (faiseur de prodiges).[9][10]

  6. 3 novembre 1639
    Mort à Lima
    emporté par une fièvre, à 59 ans

    Ses funérailles rassemblent une foule immense ; la dévotion populaire est immédiate.[11]

  7. 1837 puis 1962
    Béatification et canonisation
    Grégoire XVI, puis Jean XXIII

    Béatifié en 1837, canonisé le 6 mai 1962 — premier saint mulâtre du calendrier romain.[12][13]

Lima au temps de Martin : une société de castes

Pour comprendre Martin de Porrès, il faut d'abord comprendre le monde qui l'a humilié. À la fin du XVIᵉ siècle, Lima — la Ciudad de los Reyes — est la capitale de la vice-royauté du Pérou, l'un des deux grands centres de l'Empire espagnol dans le Nouveau Monde. C'est une ville riche, traversée par l'argent du Potosí, dotée d'une université, d'un archevêché tenu par le futur saint Turibio de Mogrovejo, et de couvents puissants.

Une société hiérarchisée par le sang

La société coloniale de Lima est organisée en un système de castes fondé sur l'origine et la couleur de la peau. Au sommet, les peninsulares nés en Espagne et les criollos nés sur place de parents espagnols. En dessous, une cascade de catégories métisses — mestizos (Espagnol et Indien), mulatos (Espagnol et Africain), zambos (Africain et Indien) — et, tout en bas, les esclaves noirs importés par dizaines de milliers depuis l'Afrique via les ports de l'Atlantique.

Le couvent Santo Domingo de Lima, héritier du couvent du Saint-Rosaire où Martin de Porrès vécut et servit les pauvres. Photo : Laslovarga, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

C'est dans cet entre-deux méprisé que naît Martin : ni blanc ni esclave, mulâtre et fils naturel, c'est-à-dire doublement marqué. Le droit colonial lui-même traduisait ce mépris : une législation interdisait aux descendants d'Africains et d'Indiens d'être reçus comme religieux de plein droit dans les ordres.[14] La sainteté de Martin ne se déploiera pas malgré ce contexte, mais à l'intérieur de lui : il fera de sa condition humiliée l'étoffe même de son humilité.

L'enfant de Lima : sang mêlé et pauvreté (1579-1594)

Un fils naturel d'un chevalier et d'une affranchie

Martin naît à Lima en décembre 1579 et est baptisé le 9 décembre à l'église San Sebastián par le prêtre Juan Antonio Polanco — l'acte, qui le déclare de « père inconnu », est la seule date documentée.[15] Le 9 décembre est traditionnellement retenu aussi comme jour de sa naissance. Son père, Don Juan de Porres, est un hidalgo espagnol, chevalier de l'ordre d'Alcántara — une encyclopédie américaine de référence dit, elle, Calatrava.[16][17] Sa mère, Ana Velázquez, est une femme noire affranchie, née vers 1560, originaire de Panama — d'ascendance africaine selon la plupart des sources, parfois dite aussi en partie indienne.[18][19] Leur union n'est pas un mariage : Martin est un enfant naturel, et sa sœur cadette Juana naît en 1581 dans la même situation.

L'enfant porte sur son visage le sang de deux mondes. La tradition rapporte que son père, gêné de la couleur de sa peau, fut d'abord réticent à le reconnaître.[20] Cette blessure d'origine — être l'enfant que l'on cache — marquera toute la spiritualité de Martin, qui ne cessera de se dire « pauvre mulâtre » non par amertume, mais par une humilité devenue libre.

L'abandon du père et la pauvreté

Don Juan finit par reconnaître ses deux enfants et les emmena, vers 1586, à Guayaquil (actuel Équateur), où il occupait une charge.[21] Mais seule Juana y resta, confiée à un oncle de son père : Martin revint à Lima avec son père vers 1587, et fut placé non chez sa mère, mais chez une certaine Isabel García Michel.[22] La famille connut la pauvreté. La mère, Ana, fit vivre les siens de ses mains, notamment par des travaux de lessive.[23] Martin grandit donc dans la précarité d'un quartier populaire de Lima, parmi les petites gens dont il deviendra plus tard le serviteur attitré.

L'apprentissage du barbier-chirurgien

Vers douze ans, Martin est placé en apprentissage chez un barbier.[24] Dans l'Amérique espagnole du XVIᵉ siècle, le barbier n'est pas un simple coiffeur : il est aussi chirurgien et soignant populaire — il pratique les saignées, soigne les plaies, pose des ventouses, prépare des remèdes à base de plantes. Martin y acquiert un véritable savoir médical pratique : connaissance des herbes, des onguents, des soins du corps.[25]

Cette formation est décisive. Le futur infirmier du couvent et thaumaturge — faiseur de prodiges — de Lima n'est pas un naïf : c'est un soignant compétent, et ses guérisons s'enracineront dans un vrai métier, avant même qu'on n'y discerne le surnaturel. La charité de Martin sera toujours, d'abord, des mains qui savent panser.

L'entrée chez les dominicains : du donado au frère lai (1594-1603)

Le couvent du Saint-Rosaire de Lima

Vers 1594, à environ quinze ans, Martin demande à être reçu au couvent du Saint-Rosaire (Convento de Nuestra Señora del Rosario, le grand couvent Santo Domingo de Lima), maison de l'ordre des Prêcheurs fondé par saint Dominique.[26] Or la loi coloniale et les statuts en vigueur interdisent aux mulâtres d'être reçus comme religieux profès. Martin n'est donc pas admis comme frère : il entre comme donado, c'est-à-dire comme un oblat serviteur qui vit au couvent, en porte un habit, mais sans les vœux ni le rang des religieux.[27][28]

Loin de s'en plaindre, Martin choisit cette place. On lui confie les tâches les plus humbles — balayer, nettoyer les cellules, faire les courses, travailler à la cuisine, au jardin, à la sacristie — et il s'en acquitte avec une telle constance qu'il en gagne son surnom : Fray Escoba, « frère Balai ».[29]

« Je ne suis qu'un pauvre mulâtre »

La grandeur de Martin éclate précisément là où le monde voit une disgrâce. Une scène célèbre, transmise par ses biographes, résume tout. Le couvent étant accablé de dettes, Martin alla trouver le prieur et, parlant de lui-même comme d'un bien dont on pourrait se défaire, lui proposa simplement de le vendre :

« Je ne suis qu'un pauvre mulâtre ; vendez-moi. »[30]

Lui qui n'avait jamais été esclave offrait littéralement de le devenir, pour acquitter la dette de ses frères — offre que le prieur refusa.[31] Le trait dit l'homme : Martin ne joue pas l'humilité, il l'est. Son sang mêlé, que la société tient pour une tare, il le tient pour un titre de pauvreté offert à Dieu.

La profession de 1603

Frappé par les vertus de ce serviteur, le prieur Juan de Lorenzana décida de passer outre la loi discriminatoire et de le faire entrer pleinement dans la communauté. Le 2 juin 1603, à vingt-trois ans, Martin de Porrès prononça ses vœux de frère lai (frère coopérateur) de l'ordre des Prêcheurs.[32][33]

Il ne deviendra jamais prêtre — il ne le demanda d'ailleurs jamais — et refusa toujours, dit la tradition, toute élévation.[34] Le frère lai n'est pas un religieux « de seconde classe » : c'est un consacré qui, sans recevoir les ordres sacrés, partage la vie de l'ordre par le travail manuel et le service. Martin en fera l'un des plus purs sommets de la sainteté dominicaine, aux côtés des grands docteurs comme saint Thomas d'Aquin.

« Fray Escoba » : le frère de toutes les tâches

Le balai comme chemin de sainteté

Le surnom de « frère Balai » n'est pas une moquerie : c'est une théologie. Martin a compris que le travail le plus humble, offert par amour, vaut autant qu'une grande œuvre. Il balaie, lessive, nettoie, va aux commissions, sert à la cuisine et à l'infirmerie, soigne les bêtes — et fait de chaque corvée un acte d'adoration.[35] La tradition dominicaine a retenu de lui qu'il était « le serviteur de tous », toujours disponible pour la besogne dont personne ne voulait.

« La compassion, mon cher frère, vaut mieux que la propreté. »[36]

Cette parole, qu'on lui prête lorsqu'on lui reprochait d'accueillir des malades couverts de plaies dans des draps propres, dit l'ordre de ses priorités : le corps souffrant du prochain passe avant toute règle d'hygiène ou de bienséance.

Infirmier, barbier, aumônier

Au couvent, Martin cumule les charges qui touchent au corps et à la pitié. Il est barbier de la communauté ; il est surtout infirmier, et à partir d'environ trente-quatre ans, il prend la responsabilité de l'infirmerie du couvent.[37] Il y déploie son savoir de soignant et une douceur qui frappe ses contemporains : il veille les agonisants, lave les plaies, prépare les remèdes.

Les offices de Fray Escoba : saint Martin sanctifie le service caché, du balai à l'infirmerie. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Il est enfin aumônier, c'est-à-dire chargé de la distribution des aumônes. C'est par cette charge que sa charité va déborder les murs du couvent pour embrasser la ville entière.

L'apôtre de la charité de Lima

Des dizaines de pauvres nourris chaque jour

Comme aumônier, Martin organise une véritable œuvre d'assistance à partir du couvent. Les biographies, relayées par Wikipédia, rapportent qu'en temps ordinaire ses aumônes nourrissaient chaque jour quelque cent soixante pauvres.[38] Il quêtait sans relâche auprès des riches de Lima, et l'on disait qu'entre ses mains l'aumône se multipliait : ce qu'il distribuait, racontait-on, dépassait ce qu'il recevait.

Les esclaves africains et les malades de la ville

La charité de Martin ne connaît aucune frontière de caste. Il soigne avec la même tendresse les nobles espagnols et les esclaves noirs fraîchement débarqués d'Afrique, encore marqués par l'horreur de la traversée.[39][40] Lui-même fils d'une affranchie, il reconnaît dans ces hommes enchaînés ses propres frères. Il visite les esclaves dans leurs logements, panse leurs blessures, leur apporte nourriture et consolation. Cette préférence pour les plus méprisés de la société coloniale est exactement ce qui fera de lui, quatre siècles plus tard, le patron de la justice sociale et de l'harmonie raciale.[41]

« Il aimait les hommes parce qu'il les regardait sincèrement comme des enfants de Dieu et comme ses propres frères et sœurs. Son humilité était telle qu'il les aimait plus que lui-même et les tenait pour meilleurs et plus justes que lui. » — saint Jean XXIII, homélie de canonisation, 6 mai 1962[42]

L'orphelinat et le collège de Santa Cruz

Martin ne se contente pas de secourir au jour le jour : il bâtit des institutions. La tradition dominicaine lui attribue la fondation, par ses propres efforts, de l'orphelinat de la Sainte-Croix, devenu le collège de Santa Cruz[43] ; sa sœur Juana céda pour sa part une partie de sa maison afin d'y fonder un hôpital et un hospice pour malades, et son ami l'apothicaire Mateo Pastor — son ancien maître — fonda un hôpital pour enfants des deux sexes[44]. Historiquement, le collège de Santa Cruz accueillait des orphelines et des enfants trouvés[45]. Ces œuvres, soutenues par les aumônes qu'il savait obtenir des familles riches de la ville, font de lui l'un des pionniers de l'assistance sociale au Pérou, dans le même mouvement de charité organisée que sa contemporaine sainte Rose de Lima, qui soignait les malades pauvres dans la maison de ses parents.

Œuvre de charitéBénéficiairesTrait marquant
Aumônerie du couventPauvres de Lima≈160 par jour, selon les biographies relayées par Wikipédia[46]
Soin des malades et esclavesEsclaves africains, indigents, agonisantsAucune distinction de caste ni de couleur[47]
Orphelinat de la Sainte-Croix et œuvres hospitalièresEnfants abandonnés, orphelines, malades pauvresFondations liées à Martin, sa sœur Juana et Mateo Pastor[48][49]
Infirmerie du couventFrères et malades de la villeSavoir médical de barbier-chirurgien[50]

La spiritualité de Martin : humilité, Croix, Eucharistie

Une humilité héroïque

Toutes les sources s'accordent sur le trait dominant de Martin : une humilité poussée jusqu'à l'héroïsme. Il se tenait pour le dernier, demandait pardon pour des fautes qui n'étaient pas les siennes, et acceptait les humiliations avec joie. Une anecdote célèbre le montre réprimandé par un supérieur pour avoir, par charité, désobéi à une consigne en accueillant un malade. Au lieu de se justifier, Martin répondit :

« Pardonnez mon erreur, et veuillez m'instruire, car j'ignorais que le précepte de l'obéissance dût l'emporter sur celui de la charité. »[51]

La réponse, d'une douceur désarmante, est aussi d'une profondeur théologique réelle : elle pose, sans la trancher avec arrogance, la question des rapports entre obéissance et amour — et révèle un homme dont l'humilité n'éteignait pas l'intelligence spirituelle.

Devant le Christ en croix et l'Eucharistie

L'humilité de Martin avait sa source dans une vie de prière intense, centrée sur la Passion et sur l'Eucharistie. Jean XXIII, dans son homélie de canonisation, souligna qu'il méditait « avec une ardeur et une affection remarquables » le Christ en croix, jusqu'à fondre en larmes devant ses souffrances, et qu'il avait « un amour exceptionnel pour le grand sacrement de l'Eucharistie », passant de longues heures en prière devant le Saint-Sacrement.[52][53]

« L'exemple de la vie de Martin montre abondamment que nous pouvons tendre à la sainteté et au salut selon la voie que le Christ Jésus nous a montrée : d'abord en aimant Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit ; ensuite en aimant notre prochain comme nous-mêmes. » — saint Jean XXIII, homélie de canonisation[54]

Le futur Benoît XVI, alors cardinal Joseph Ratzinger, résuma d'une formule la double face de cette vie : Martin « passait des nuits entières en prière devant le Seigneur crucifié dans le tabernacle, tandis que le jour il soignait inlassablement les malades ».[55] Contemplation la nuit, charité le jour : telle est la respiration de sa sainteté.

Pénitences et nuits de prière

Comme beaucoup de mystiques de son temps — et comme sa voisine sainte Rose de Lima —, Martin menait une vie de pénitence rigoureuse. Il était végétarien, s'abstenait de viande, jeûnait, ne dormait que deux ou trois heures par nuit, et pratiquait la discipline corporelle (cilice — une ceinture rugueuse portée à même la peau —, flagellation).[56][57] Ces austérités, déroutantes pour le lecteur d'aujourd'hui, n'avaient de sens qu'ordonnées à l'amour : elles libéraient son corps pour le service et unissaient ses souffrances volontaires à celles du Christ qu'il contemplait. À les lire aujourd'hui, c'est cet amour qu'il faut retenir, plutôt qu'un modèle de rigueur à reproduire à la lettre.

Le Rosaire et la racine dominicaine

Frère de l'ordre des Prêcheurs, Martin était profondément attaché au Rosaire et à la Vierge Marie — son couvent même était celui de Notre-Dame du Rosaire. Il prit pour modèle sainte Catherine de Sienne, la grande tertiaire dominicaine, dont il imitait la charité et la pénitence.[58] Sa sainteté n'est pas un phénomène isolé : elle est le fruit mûr de la spiritualité dominicaine, mêlant étude, prédication par l'exemple, dévotion mariale et service des pauvres.

Les charismes : miracles, bilocation, amitié avec les bêtes

L'Église, en le canonisant, n'a pas voulu d'abord honorer un thaumaturge, mais un homme d'héroïque charité. Les charismes extraordinaires attribués à Martin ne sont pas le cœur de sa sainteté ; ils en sont comme le débordement. Ils sont rapportés par de nombreux témoins lors des procès, et la tradition les a abondamment recueillis.

Guérisons et science infuse des remèdes

On attribue à Martin d'innombrables guérisons, parfois instantanées, obtenues d'un simple geste, d'un verre d'eau, ou d'un remède qu'il semblait connaître par une science infuse — une connaissance reçue de Dieu sans étude — dépassant son savoir de barbier.[59][60] À lui s'applique le mot resté célèbre de la dévotion populaire péruvienne, qui résume sa manière de soigner :

« Moi je te soigne, Dieu te guérit. »[61]

La formule dit toute sa théologie de la médecine : la main soigne, mais c'est Dieu qui guérit.

La bilocation

Le charisme le plus étonnant attribué à Martin est la bilocation — le fait d'être vu en deux lieux à la fois. Lui qui ne quitta jamais Lima pour les missions lointaines qu'il désirait — la Chine, le Japon, les Philippines —, son provincial ne le lui permettant jamais[62], aurait pourtant été aperçu loin de son couvent. Le dominicain Bernardo Medina raconta ainsi qu'un marchand de sa connaissance, malade au Mexique, vit Martin apparaître pour le guérir ; d'autres témoignages le situent à Portobelo, au Japon, en Chine et au Maghreb.[63] Lors d'une épidémie à Lima, les frères assurèrent aussi l'avoir vu soudain à leurs côtés, sans que les portes verrouillées de l'infirmerie aient été ouvertes.[64] On disait, dans la mémoire dominicaine, que le « frère Balai » ne sortait jamais de son couvent — « sauf lorsqu'il se trouvait en deux lieux pour faire le bien ».[65] Ces récits, transmis par les biographies avec leurs témoins, restent ouverts : tous n'ont pas été authentifiés un par un, et la canonisation reposa d'ailleurs sur deux guérisons posthumes — une malade en 1948 au Paraguay, un enfant en 1956 à Ténérife —, non sur ces récits.[66]

Le chien, le chat et la souris

Aucune image n'est plus attachée à Martin que celle du saint ami des bêtes. La tradition la plus célèbre raconte que, le couvent étant envahi par les souris, Martin, au lieu de les faire détruire, parla à l'une d'elles et lui promit de la nourrir chaque jour si elles cessaient de ravager les réserves.[67][68] Mieux encore : on rapporte qu'il fit manger ensemble, dans la même écuelle, un chien, un chat et une souris — image de paix et de réconciliation devenue le symbole même de sa sainteté.[69]

Un site dévotionnel affirme — sans témoin, édition ni page permettant de vérifier — que Martin « s'occupait de soigner et de nourrir non seulement les pauvres, mais aussi les chiens, les chats, les souris et d'autres petits animaux, et qu'il s'efforçait de faire la paix non seulement entre les hommes, mais aussi entre les chiens et les chats, et entre les chats et les souris ».[70]

L'épisode des rongeurs est raconté plus en détail dans une étude de 1923 sur les bienheureux frères convers de l'ordre de saint Dominique, citée par l'historien Joachim Bouflet. Rats et souris avaient envahi le couvent et, après avoir dévoré une partie des provisions, s'attaquaient jusqu'aux ornements liturgiques, aux cierges et aux linges sacrés ; le prieur ordonna à Martin de les exterminer. « Cruellement partagé entre l'obéissance et la compassion », le frère trouva un expédient.[71]

« Ayant capturé un des petits délinquants, il lui tint ce discours : “Petit frère rat, va trouver tes semblables et dis-leur de venir ici. Je me chargerai de votre nourriture si vous cessez de causer des ravages dans la maison.” Puis il disposa sur le sol tout ce qu'il put réunir en fait de corbeilles et de paniers. Bientôt on vit arriver les rats et les souris, qui d'eux-mêmes s'y précipitèrent ; le frère les emporta au fond du jardin, où il leur donna la liberté (l'histoire ne dit pas ce que les voisins en pensèrent). De part et d'autre, l'engagement fut tenu : rats et souris ne reparurent plus au couvent et, de temps en temps, le frère allait leur porter à manger. » — M. C. de Ganay, La Vie spirituelle, octobre 1923, cité par Joachim Bouflet[72]

Le même texte décrit une « vieille et naïve gravure », qui « semble être de peu postérieure » au saint : la sacristie y est envahie de rats et le frère, « d'un doigt autoritaire », leur fait signe de se réunir dans les récipients posés à ses pieds. Elle était alors très répandue dans les vieux couvents d'Espagne et d'Italie, où Martin était surtout regardé comme protecteur contre les dégâts des rongeurs ; en Italie, où l'on ignorait son nom, on invoquait le « saint des souris », il santo dei topi.[73]

Au-delà du pittoresque, ces récits portent un sens théologique : la sainteté de Martin restaure, à petite échelle, la paix du paradis perdu, où l'homme réconcilié avec Dieu vit en paix avec toute la création.

Amitiés de sainteté : Rose de Lima et Jean Macías

Martin n'est pas un saint solitaire. Il appartient à une constellation de sainteté qui fait de la Lima du début du XVIIᵉ siècle un lieu unique. Il fut l'ami de deux autres saints de la même ville et de la même génération :

  • Sainte Rose de Lima (1586-1617), tertiaire dominicaine et première sainte canonisée du Nouveau Monde, qui soignait elle aussi les pauvres et les malades de Lima ;
  • Saint Jean Macías (Juan Macías, 1585-1645), frère lai dominicain comme lui, au couvent voisin de la Madeleine, lui aussi aumônier des pauvres.[74][75]

À ces trois figures s'ajoute l'archevêque saint Turibio de Mogrovejo (1538-1606), qui confirma Martin enfant. Quatre saints, une seule ville, une seule génération : Lima offrait au monde la preuve que le sol évangélisé d'Amérique portait désormais ses propres saints, dans la vague de ferveur de la Réforme catholique. On retrouve ce panorama d'ensemble dans le dossier Les missions catholiques en Amérique.

Saint de LimaDatesÉtat de vieTrait propre
Turibio de Mogrovejo1538-1606Archevêque de LimaLe pasteur réformateur, qui confirma Martin
Rose de Lima1586-1617Tertiaire dominicainePremière sainte des Amériques
Martin de Porrès1579-1639Frère lai dominicainPremier saint mulâtre des Amériques
Jean Macías1585-1645Frère lai dominicainAumônier des pauvres, ami de Martin

La mort et la gloire (1639-1962)

La mort du 3 novembre 1639

Au terme de trente-six années de service caché, Martin tomba malade — la tradition parle d'une fièvre (un tabardillo, fièvre éruptive de type typhus).[76] Il mourut au couvent du Saint-Rosaire le 3 novembre 1639, à l'âge de cinquante-neuf ans (certaines sources arrondissent à soixante).[77][78] On rapporte qu'il avait prévu l'heure de sa mort et qu'il s'éteignit entouré de ses frères, dans la paix.

Des funérailles de foule

Comme pour sainte Rose vingt-deux ans plus tôt, la mort de Martin révéla aussitôt l'ampleur de sa réputation de sainteté. Ses funérailles rassemblèrent une foule immense : nobles, religieux, pauvres et esclaves se pressèrent autour de son corps, et les fidèles cherchèrent à emporter des reliques de son habit.[79] Le « pauvre mulâtre » que la ville avait toisé était porté en triomphe par cette même ville. Le procès en vue de sa glorification put s'appuyer sur d'innombrables témoignages recueillis dès le milieu du siècle, notamment sous l'archevêque Pedro de Villagómez à partir de 1660.[80] La tradition rapporte en outre que, vingt-cinq ans après sa mort, son corps, exhumé, aurait été retrouvé intact, exhalant une suave odeur — récit que la dévotion populaire reçut comme une confirmation de sa sainteté.[81][82]

Béatification (1837) et canonisation (1962)

Le chemin vers les autels fut long. Le pape Clément XIII reconnut l'héroïcité des vertus de Martin en 1763.[83] Il fut béatifié par Grégoire XVI le 29 octobre 1837.[84] La cause de canonisation, reprise au XXᵉ siècle (ouverte formellement en 1926), aboutit enfin : le 6 mai 1962, le pape saint Jean XXIII inscrivit Martin de Porrès au catalogue des saints, devant une foule considérable.[85][86] Plus de trois siècles séparaient sa mort de sa canonisation.

Patron de la justice sociale et de l'harmonie raciale

En le canonisant en pleine montée des questions raciales du XXᵉ siècle, l'Église fit de Martin une figure d'une actualité brûlante. Premier saint de sang mêlé des Amériques, il est aujourd'hui invoqué sous de nombreux patronages, de statuts inégaux : Paul VI le proclama en 1966 patron des barbiers et coiffeurs et, pour le Pérou, de la justice sociale[87] ; les autres — personnes de couleur et métis, personnels de santé, harmonie raciale et relations interraciales, animaux — sont des patronages d'usage, nés de la dévotion et relayés par les biographies, sans acte de proclamation retrouvé dans les sources consultées.[88][89] Sa fête liturgique est fixée au 3 novembre, jour de sa mort.

« Il excusait les fautes des autres. Il pardonnait les injures les plus amères. […] Avec amour il consolait les malades ; il fournissait nourriture, vêtements et remèdes aux pauvres. » — saint Jean XXIII, homélie de canonisation[90]

Que retenir de saint Martin de Porrès ?

Martin de Porrès n'a ni fondé d'ordre, ni écrit de traité, ni gouverné. Il a balayé, soigné, mendié pour les pauvres et passé ses nuits en prière. Sa grandeur est d'avoir transformé la condition la plus méprisée de son temps — celle du mulâtre, fils naturel, serviteur — en l'un des plus purs chemins de sainteté de l'histoire de l'Église.

Il rappelle au lecteur d'aujourd'hui deux choses. D'abord que la dignité de l'homme ne se mesure pas à son sang ni à son rang : Dieu a choisi « ce qui est faible dans le monde » pour confondre ce qui est fort. Ensuite que la sainteté est à portée du quotidien le plus humble : il n'y a pas de tâche trop basse pour devenir, offerte par amour, un acte d'adoration. Le balai de frère Martin vaut, devant Dieu, autant que la chaire d'un docteur.

« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. » — Évangile selon saint Matthieu, 11, 29[91]

Quatre siècles après sa mort, le frère du balai continue d'attirer les foules à la basilique Santo Domingo de Lima, et son image — l'homme à la peau brune, le balai à la main, le chien, le chat et la souris à ses pieds — reste, pour des millions de catholiques, le visage d'une charité sans frontière et d'une humilité sans calcul.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Wikipédia (EN), article « Martin de Porres » (consulté en juin 2026, vérifié en octobre 2026) : né le 9 décembre 1579 à Lima, fils naturel de Don Juan de Porres (hidalgo espagnol) et d'Ana Velázquez (affranchie d'ascendance africaine et indienne) ; sœur cadette Juana (1581) ; père absent après la naissance de la sœur ; mère vivant de la lessive ; apprentissage chez un barbier-chirurgien ; à 15 ans, admission au couvent dominicain du Rosaire de Lima comme serviteur (donado), une loi interdisant aux descendants d'Africains et d'Indiens la profession religieuse ; promu aumônier ; profession comme frère lai en 1603 — Wikipédia EN dit « à 24 ans », soit 23 ans révolus d'après les dates (baptême le 9 décembre 1579, profession le 2 juin 1603) ; refus répété de toute élévation, jamais prêtre ; infirmier dès 34 ans ; 160 pauvres nourris chaque jour en temps ordinaire ; soin indistinct des nobles espagnols et des esclaves africains ; fondation d'un orphelinat et d'un hôpital pour enfants à Lima ; végétarien, jeûnes, longues prières nocturnes ; charismes (guérisons, bilocation, passage à travers les portes closes — dont, lors d'une épidémie, des apparitions auprès des frères sans ouverture des portes —, lévitation, rapport avec les animaux) ; ami de sainte Rose de Lima et de saint Jean Macías ; mots attribués : « I am only a poor mulatto, sell me » (sans la phrase médiane « Je suis la propriété de l'ordre ») ; « Compassion, my dear Brother, is preferable to cleanliness » ; « Forgive my error, and please instruct me, for I did not know that the precept of obedience took precedence over that of charity » ; mort le 3 novembre 1639 (59 ans) ; corps vénéré, reliques arrachées ; corps exhumé après 25 ans, reportedly retrouvé intact ; béatifié le 29 octobre 1837 par Grégoire XVI ; cause reprise en 1926 ; canonisé le 6 mai 1962 par Jean XXIII ; patron des personnes de couleur et métisses, des barbiers, des personnels de santé, de la justice sociale et de l'harmonie raciale ; fête le 3 novembre.

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  2. Wikipédia (ES), article « Martín de Porres » (consulté en juin 2026, vérifié en octobre 2026) : nom séculier Juan Martín de Porres Velázquez ; baptisé le 9 décembre 1579 à l'église San Sebastián de Lima par le prêtre Juan Antonio Polanco (parrain et marraine : Juan de Bribiesca et Ana de Escarcena ; l'acte porte « père inconnu ») ; père Juan de Porres, chevalier de l'ordre d'Alcántara ; mère Ana Velázquez, femme noire affranchie née vers 1560 à Panama ; en 1586, départ des deux enfants avec le père pour Guayaquil — Juana y reste confiée à un oncle du père, Martin revient à Lima vers 1587 et est placé chez Isabel García Michel ; confirmation par l'archevêque Toribio (Turibio) de Mogrovejo en 1591 ; apprentissage auprès de l'apothicaire Mateo Pastor puis savoir de barbier-chirurgien ; 1594, entrée au couvent du Rosaire (Santo Domingo) comme donado, faute de pouvoir faire profession (normes restrictives envers les mulâtres) ; profession le 2 juin 1603 ; offices d'aumônier, barbier, infirmier, sacristain ; le couvent en difficulté, Martin s'offre à être vendu comme esclave, ce que le prieur refuse ; sa sœur Juana cède une partie de sa maison pour un hôpital-hospice, et Mateo Pastor fonde un hôpital pour enfants des deux sexes ; désir contrarié des missions lointaines (Philippines, Chine, Japon), jamais autorisées par son provincial ; modèle de sainte Catherine de Sienne ; végétarien, sommeil de 2-3 heures, cilice et flagellation ; charismes (bilocation — dont le récit du dominicain Bernardo Medina sur un marchand guéri au Mexique, et des témoignages le situant à Portobelo, au Japon, en Chine et au Maghreb —, lévitation, guérisons, paix entre les animaux : chien, chat, souris mangeant dans la même écuelle) ; ami de saint Jean Macías, connaît sainte Rose de Lima ; mort le 3 novembre 1639 (typhus, tabardillo pestilencial) ; enterré à la basilique-couvent Santo Domingo de Lima ; collecte de témoignages dès 1660 sous l'archevêque Pedro de Villagómez ; héroïcité des vertus reconnue par Clément XIII en 1763 ; béatifié le 29 octobre 1837 par Grégoire XVI ; canonisé le 6 mai 1962 par Jean XXIII (miracles retenus : une malade guérie en 1948 à Asunción au Paraguay, un enfant guéri en 1956 à Ténérife) ; en 1966, Paul VI le proclame patron des barbiers et coiffeurs et, pour le Pérou, de la justice sociale.

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  3. Our Sunday Visitor, « The holy life of St. Martin de Porres » (consulté en juin 2026) : fils d'un noble espagnol et d'une affranchie ; apprenti barbier dès 12 ans ; entrée chez les dominicains comme frère lai vers 24 ans ; « Martin of Charity » ; aumônes aux pauvres, visite des navires d'esclaves venus d'Afrique pour les soigner, orphelinat et hôpital pour enfants à Lima, soin des malades pendant les épidémies ; mot du cardinal Ratzinger : « passing entire nights in prayer before the crucified Lord in the tabernacle, while during the day he tirelessly cared for the sick » ; charismes (bilocation, passage à travers les portes closes, guérisons, communication avec les animaux) ; mort le 3 novembre 1639 ; canonisé le 6 mai 1962 par Jean XXIII ; patron des barbiers, de la justice sociale et des relations interraciales.

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  4. Movimiento Juvenil Dominicano / dominicos.org, « San Martín de Porres, fray Escoba » (consulté en juin 2026) : surnom Fray Escoba parce qu'il balayait, nettoyait les cellules, faisait les courses, aidait à la cuisine, à la sacristie et au jardin, serviteur de tous ; entrée comme donado ; charité aux pauvres, malades, esclaves ; charismes dont la bilocation (« il ne sortait jamais du couvent, sinon lorsqu'il se bilocait pour faire le bien auprès des missionnaires et des mourants »).

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  5. Encyclopædia Britannica, « Saint Martin de Porres » (consulté en juin 2026) : premier saint mulâtre des Amériques ; frère lai dominicain à Lima ; charité envers les pauvres et les esclaves ; canonisé en 1962 par Jean XXIII ; patron des questions de justice sociale, de l'harmonie interraciale et des barbiers ; fête le 3 novembre.

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  6. Encyclopedia.com, « Porres, Martín de (1579–1639) » (d'après l'Encyclopedia of Latin American History and Culture, consulté en octobre 2026) : Juan de Porres, chevalier de l'ordre de Calatrava — leçon divergente de celle de Wikipédia ES (Alcántara) ; la même notice fait revenir le père avec ses enfants à Lima lorsqu'il est nommé gouverneur de Panama.

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  7. Saint Jean XXIII, homélie de canonisation de saint Martin de Porrès, 6 mai 1962 (Acta Apostolicae Sedis 54 [1962], 306-309), citée d'après Crossroads Initiative, « St Martin de Porres, Apostle of Charity – John XXIII », et Our Sunday Visitor (consultées juin 2026). Texte anglais : « He loved men because he honestly looked on them as God's children and as his own brothers and sisters. Such was his humility that he loved them even more than himself. » ; « We can strive for holiness and salvation as Christ Jesus has shown us: first, by loving God with all your heart, with all your soul, and with all your mind; and second, by loving your neighbor as yourself. » (Traductions françaises dans le corps.)

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  8. Formation dominicaine, « The Saints of Lima: Martin de Porres » (laydomsouth.org, consulté en octobre 2026) : « By his own efforts, Martin built the Orphanage of the Holy Cross from the ground up. The orphanage still exists in Lima today as the Colegio de Santa Cruz. » ; The Present State of Peru (1805, via Wikisource) : le collège de Santa Cruz pour orphelines (« college of Santa Cruz for female foundlings »), fondé par l'apothicaire Mateo Pastor — l'ancien maître et ami de Martin.

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  9. Crossroads Initiative, « St Martin de Porres, Apostle of Charity – Pope John XXIII » (consulté en juin 2026), extraits de l'homélie de canonisation : sur la dévotion à la Passion (« meditated with remarkable ardor and affection about Christ on the cross », « reduced to tears ») ; sur l'Eucharistie (« an exceptional love for the great sacrament of the Eucharist », « often spent long hours in prayer before the blessed sacrament ») ; sur la charité (« He excused the faults of others. He forgave the bitterest injuries… lovingly he comforted the sick; he provided food, clothing and medicine for the poor. »). (Traductions françaises dans le corps.)

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  10. Lifeder, « ¿Cuáles fueron los milagros de San Martín de Porres? » (consulté en juin 2026) : guérisons instantanées en personne et à distance ; science quasi clairvoyante des remèdes et procédures nécessaires ; don de bilocation (présence au chevet de mourants alors qu'il était dans sa cellule) ; communication avec les animaux.

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  11. Infobae, « "Yo te curo, Dios te sana": la formidable vida de San Martín de Porres, el santo bueno que era amigo de los animales » (9 novembre 2024, consulté en juin 2026) : formule populaire attribuée à Martin « Yo te curo, Dios te sana » (« Moi je te soigne, Dieu te guérit ») ; gift de soigner et amitié avec les animaux ; tradition des souris du couvent nourries au lieu d'être détruites.

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  12. Bunko.pet, « ¿Cuáles son los milagros que hizo San Martín de Porres con los animales? » (3 novembre 2021, consulté en juin 2026) : le miracle du chien, du chat et de la souris mangeant ensemble dans la même écuelle, symbole de paix. Le site présente sa citation comme extraite des pièces du procès de béatification, mais sans témoin, édition ni page — référence non vérifiée dans cet audit (piste indiquée : Aragonés, Proceso, p. 158, non consulté) ; le statut de citation judiciaire a donc été retiré du corps.

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  13. Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, t. 2, Paris, Le Jardin des Livres, 2015, p. 362-363, citant M. C. de Ganay, Les bienheureux frères convers de l'Ordre de saint Dominique, La Vie spirituelle, t. IX, n° 1, octobre 1923, p. 60-61. Le contexte (invasion des rongeurs, ordre du prieur) est exposé par Bouflet p. 362-363 ; le récit et la description de la gravure, imprimés en italique p. 363 et renvoyés en note à Ganay, sont cités de cet article antérieur à la canonisation de 1962, où Martin est appelé « le Bienheureux ». Référence complète de l'article donnée par Bouflet dans le même tome, p. 344, n. 2 : La Vie spirituelle, ascétique et mystique, Saint-Maximin, École théologique, 5e année, t. IX, n° 1, octobre 1923.

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  14. My Catholic Life!, « November 3 – St. Martin de Porres, Religious » (consulté en juin 2026) : né en 1579 à Lima d'un père espagnol et d'une mère d'ascendance africaine et indienne, tenu pour mulâtre et illégitime ; père ayant abandonné la famille, mère vivant de la lessive ; loi espagnole interdisant aux métis de prononcer des vœux ; admission comme frère lai au couvent du Saint-Rosaire vers 16 ans, huit ans de service avant la profession à 24 ans ; offices de barbier, cuisine, ménage, lessive et soin des malades ; mot rapporté lors des difficultés financières du couvent : « I am only a poor mulatto, sell me! » ; humilité (« Certain that he deserved more severe punishment for his sins than others did, he would overlook their worst offenses ») ; bilocations (apparition dans la chambre d'un frère malade sans ouvrir la porte) ; fondation d'un orphelinat, quête d'aumônes dans toute la ville, soin des animaux errants comme créatures de Dieu ; corps exhumé vingt-cinq ans après sa mort et retrouvé incorrompu ; mort en 1639, canonisé par Jean XXIII le 6 mai 1962.

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  15. Évangile selon saint Matthieu 11, 29 : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme » (traduction liturgique AELF, vérifiée sur aelf.org).

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