Un catholique peut-il douter ? Beaucoup de croyants se posent la question avec angoisse, comme si la moindre hésitation faisait d'eux de mauvais chrétiens, ou même les excluait de l'Église. La réponse de la tradition catholique est apaisante et précise : oui, un catholique peut douter — et éprouver le doute n'est pas en soi un péché. Ce qui compte, ce n'est pas l'apparition du doute, mais ce qu'on en fait.
Tout l'enseignement de l'Église tient ici dans une distinction décisive. Il y a le doute que l'on subit : l'hésitation, la difficulté de surmonter une objection, l'anxiété devant l'obscurité de la foi. Ce doute-là, involontaire, n'est pas une faute ; il fait partie de la condition du croyant qui « chemine dans la foi, non dans la claire vision » (2 Co 5, 7). Et il y a le doute que l'on choisit : le refus délibéré de tenir pour vrai ce que Dieu a révélé, ou le doute qu'on cultive avec complaisance jusqu'à s'aveugler. Celui-là, volontaire, est un péché contre la foi.
Cette vérité est libératrice. Les plus grands saints ont parfois traversé d'effroyables nuits intérieures — sainte Thérèse de Lisieux s'est assise « à la table des pécheurs », sainte Teresa de Calcutta a vécu un demi-siècle dans le sentiment de l'absence de Dieu — sans cesser d'être des saints, parce qu'au cœur des ténèbres ils ont continué de vouloir croire. Le doute peut même devenir un chemin : il empêche la foi de se figer en certitude paresseuse et la pousse à chercher plus loin.
Cet article expose ce que l'Église enseigne sur le doute et la foi : pourquoi la foi est certaine sans être évidente, comment distinguer le doute innocent du doute coupable, ce que la Bible et les saints en disent, pourquoi Dieu permet l'épreuve, et surtout que faire concrètement quand le doute s'installe.
La réponse courte : oui, et tout dépend du doute
Disons-le d'emblée pour dissiper l'angoisse : selon la foi catholique, ressentir un doute n'est pas un péché. La tentation contre la foi, l'objection qui trouble, la sécheresse où Dieu semble s'absenter — tout cela peut visiter le meilleur des croyants sans entamer en rien sa fidélité. Le péché ne commence pas avec le doute qui surgit, mais avec le consentement qu'on lui donne.
Le Catéchisme de l'Église catholique formule la distinction avec une précision remarquable, en séparant deux réalités que le langage courant confond sous le même mot :
« Le doute volontaire portant sur la foi néglige ou refuse de tenir pour vrai ce que Dieu a révélé et que l'Église propose à croire. Le doute involontaire désigne l'hésitation à croire, la difficulté de surmonter les objections liées à la foi ou encore l'anxiété suscitée par l'obscurité de celle-ci. S'il est délibérément cultivé, le doute peut conduire à l'aveuglement de l'esprit. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2088[1]
Tout est là. Le doute involontaire — celui qu'on n'a pas voulu, qu'on subit et qu'on combat — n'est pas qualifié de péché : c'est une épreuve, parfois douloureuse, de la condition croyante. Le doute volontaire — celui qu'on choisit, qu'on entretient, qui « néglige ou refuse » — est une faute, parce qu'il engage la volonté contre une vérité reconnue. Et le Catéchisme avertit d'un danger : un doute innocent au départ peut, « délibérément cultivé », glisser vers « l'aveuglement de l'esprit ». C'est cette frontière, et non l'apparition du doute, qui décide de tout.
Qu'est-ce que la foi ? Une certitude obscure
Pour comprendre le doute, il faut d'abord comprendre ce qu'est la foi. Une grande partie des angoisses vient d'un malentendu : on imagine que croire devrait procurer une évidence comparable à celle des yeux ou des mathématiques — et l'on s'effraie de ne pas la trouver. Or la foi n'est pas de cette nature. Elle est une certitude, mais une certitude d'un genre particulier : ferme dans son appui, obscure dans son objet.
La foi est plus certaine que la science
Paradoxe central de la théologie catholique : la foi est plus certaine que toute connaissance humaine. Non parce qu'elle serait plus claire — elle l'est moins — mais parce qu'elle s'appuie sur un fondement infaillible. Le Catéchisme l'énonce sans détour :
« La foi est certaine, plus certaine que toute connaissance humaine, parce qu'elle se fonde sur la Parole même de Dieu, qui ne peut pas mentir. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 157[2]
Saint Thomas d'Aquin avait fixé la distinction qui dénoue le paradoxe. La foi, dit-il, est plus certaine purement et simplement que la science, parce que sa cause — la Vérité divine — est plus assurée que tout raisonnement humain ; mais elle est moins certaine par rapport à nous, parce que son objet dépasse la portée de notre intelligence[3]. Autrement dit : ce que la foi tient est garanti par Dieu lui-même, mais nous le tenons sans le voir. La solidité vient d'en haut ; l'obscurité vient de notre regard trop court. C'est ce qui place la foi dans une situation unique : elle adhère aussi fermement que la science, mais sans la pleine clarté de l'évidence — « croire, c'est penser en adhérant », selon la définition que saint Thomas reprend de saint Augustin[4].
Mais elle demeure obscure : croire, c'est ne pas voir
C'est pourquoi la foi se vit normalement dans une certaine pénombre. Saint Paul l'a dit en une formule devenue proverbiale : ici-bas nous voyons « comme dans un miroir, d'une manière confuse » (1 Co 13, 12), et « nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision » (2 Co 5, 7)[5]. Le Catéchisme en tire la conséquence et ne cache pas que la foi peut être éprouvée :
« Lumineuse par Celui en qui elle croit, la foi est vécue souvent dans l'obscurité. La foi peut être mise à l'épreuve. Le monde en lequel nous vivons semble souvent bien loin de ce que la foi nous assure ; les expériences du mal et de la souffrance, des injustices et de la mort paraissent contredire la Bonne Nouvelle, elles peuvent ébranler la foi et devenir pour elle une tentation. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 164[6]
Voilà qui désamorce l'inquiétude : l'Église elle-même enseigne que la foi est « vécue souvent dans l'obscurité » et qu'elle « peut être mise à l'épreuve ». L'obscurité n'est donc pas le signe d'une foi malade — c'est le régime ordinaire de la foi en marche. Sur la manière dont le mal et la souffrance semblent contredire la foi, voir Comment expliquer le scandale du mal ? ; sur le silence apparent de Dieu, voir Pourquoi Dieu semble-t-il silencieux ?.
La foi cherche à comprendre
Parce qu'elle est obscure, la foi ne demande pas qu'on étouffe son intelligence : elle l'appelle au contraire à chercher. C'est la grande tradition du fides quaerens intellectum, « la foi qui cherche à comprendre », formulée par saint Anselme et reçue par tout le Moyen Âge. Le Catéchisme la fait sienne :
« Il est inhérent à la foi que le croyant désire mieux connaître Celui en qui il a mis sa foi, et mieux comprendre ce qu'Il a révélé ; une connaissance plus pénétrante appellera à son tour une foi plus grande, de plus en plus embrasée d'amour. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 158[7]
Bien avant Anselme, saint Augustin avait scellé le cercle vertueux de la foi et de l'intelligence dans une formule lapidaire : « Crois afin de comprendre »[8]. La foi n'est pas l'ennemie de la raison ; elle en est le point de départ et l'horizon. Loin d'interdire les questions, elle les suscite. Une foi qui ne se poserait jamais de question serait une foi qui aurait cessé d'aimer ce qu'elle croit. Le doute, quand il pousse à chercher plutôt qu'à fuir, peut ainsi devenir un moteur de la foi — à condition de ne pas se retourner contre elle.
Les deux doutes : volontaire et involontaire
Revenons au cœur de la question, car c'est là que tout se joue. Le mot « doute » recouvre deux réalités que la morale catholique distingue soigneusement, et qui ne reçoivent pas du tout le même jugement. Tout dépend de l'attitude de la volonté devant la difficulté qui se présente.
Le doute involontaire : l'hésitation que l'on subit
Le doute involontaire est celui qui surgit malgré nous. C'est l'objection qui s'impose à l'esprit, l'image troublante qu'une lecture ou une conversation a laissée, la sécheresse spirituelle où l'on ne « sent » plus rien, l'angoisse devant un mystère qui dépasse. Le Catéchisme le décrit comme « l'hésitation à croire, la difficulté de surmonter les objections liées à la foi ou encore l'anxiété suscitée par l'obscurité de celle-ci »[9]. Tant que l'on ne consent pas à cette hésitation, tant qu'on la repousse et qu'on continue de vouloir croire, il n'y a aucun péché. Au contraire : le combat même contre ce doute est un acte de foi méritoire. Beaucoup d'âmes scrupuleuses se torturent à tort, croyant offenser Dieu par des pensées qu'elles n'ont pas voulues et qu'elles détestent.
Le doute volontaire : le refus que l'on choisit
Le doute volontaire est d'une tout autre nature. Il « néglige ou refuse de tenir pour vrai ce que Dieu a révélé »[10] : ce n'est plus une hésitation subie, mais une décision de suspendre ou de retirer son adhésion. On peut le faire par paresse intellectuelle, par orgueil, par désir de se libérer d'une exigence morale gênante, ou par complaisance à entretenir le trouble. Là, la volonté se retourne contre une vérité qu'elle reconnaît pourtant : c'est un péché contre la première des vertus théologales[11]. La gravité dépend du degré de refus, mais le principe est net : on est responsable non des doutes qui nous assaillent, mais de ceux auxquels on choisit de céder.
« Dix mille difficultés ne font pas un doute »
Une distinction célèbre éclaire tout le sujet : celle entre la difficulté et le doute. On la doit à saint John Henry Newman, qui résume sa propre expérience d'intellectuel converti dans une phrase devenue classique :
« Dix mille difficultés ne font pas un seul doute. » — Saint John Henry Newman, Apologia pro Vita Sua, 1864[12]
Newman veut dire ceci : une difficulté est une objection que l'on n'arrive pas encore à résoudre — une question d'histoire, de science, de philosophie, un texte obscur, un fait troublant. On peut en accumuler des milliers sans pour autant douter de la vérité de la foi, car « difficulté et doute sont incommensurables » : ils ne sont pas de même ordre. Le savant croyant peut buter sur cent énigmes et continuer d'adhérer fermement, comme on peut ne pas savoir répondre à toutes les objections contre l'existence de l'air sans cesser de respirer. Cette phrase est si juste que le Catéchisme lui-même la cite, précisément au paragraphe sur la certitude de la foi[13]. Retenir cette distinction libère : avoir des questions sans réponse n'est pas douter ; c'est simplement n'avoir pas fini de comprendre.
Quand le doute cultivé devient aveuglement
Reste l'avertissement du Catéchisme : un doute « délibérément cultivé » peut « conduire à l'aveuglement de l'esprit »[14]. Il y a là un glissement possible, du trouble innocent jusqu'au refus complet de la foi. Le Catéchisme nomme les étapes de cette pente quand la volonté s'y engage :
« L'incrédulité est la négligence de la vérité révélée ou le refus volontaire d'y donner son assentiment. L'hérésie est la négation obstinée, après la réception du baptême, d'une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité. L'apostasie est le rejet total de la foi chrétienne. [...] » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2089[15]
On notera que l'hérésie inclut « le doute obstiné » — non le doute passager, mais celui qui s'enracine et s'entête contre une vérité de foi. Le tableau suivant récapitule cette échelle, du plus innocent au plus grave, en montrant que c'est toujours l'adhésion de la volonté qui fait basculer dans la faute.
| Réalité | Ce dont il s'agit | Engage la volonté ? | Péché ? |
|---|---|---|---|
| La difficulté | Une objection intellectuelle non résolue | Non | Non |
| Le doute involontaire | L'hésitation subie, l'anxiété devant l'obscurité | Non (on la combat) | Non |
| Le doute volontaire | Le refus délibéré de tenir pour vrai ce qui est révélé | Oui | Oui — contre la foi |
| L'incrédulité | La négligence ou le refus d'assentiment à la vérité révélée | Oui | Oui |
| L'hérésie | La négation obstinée, ou le doute obstiné, d'une vérité de foi | Oui, opiniâtre | Oui — grave |
| L'apostasie | Le rejet total de la foi chrétienne | Oui, total | Oui — le plus grave |
La lecture du tableau est simple : les deux premières lignes ne sont pas des péchés ; les suivantes le deviennent dans la mesure exacte où la volonté consent au refus. Toute la vie spirituelle du croyant troublé consiste à ne pas franchir cette ligne — à rester dans la difficulté et le doute subi sans jamais glisser vers le refus choisi.
Que dit la Bible ? Le doute au cœur de l'Évangile
Loin de cacher le doute de ses plus proches disciples, l'Évangile le met en scène sans gêne. C'est l'un des signes de l'honnêteté des textes : ceux qui ont vu le Ressuscité n'effacent pas qu'ils ont d'abord douté. Mieux : le Christ ne condamne jamais le doute qui cherche ; il l'accueille, le redresse, le conduit à la foi.
« Je crois ! Viens en aide à mon manque de foi »
La parole la plus consolante de toute l'Écriture sur le doute est sans doute celle du père de l'enfant possédé. Désespéré, il supplie Jésus de guérir son fils « si tu peux » — et Jésus le reprend sur ce « si ». Alors l'homme jette le cri où coexistent la foi et le doute :
« Aussitôt le père de l'enfant s'écria : "Je crois ! Viens en aide à mon manque de foi !" » — Évangile selon saint Marc 9, 24[16]
Cette phrase est un sommet de vérité spirituelle. L'homme ne ment pas en disant « je crois », et il ne ment pas non plus en avouant son « manque de foi » : les deux cohabitent en lui. Et Jésus, loin de rejeter cette foi imparfaite, exauce sa prière et guérit l'enfant. La foi mêlée de doute, lorsqu'elle se tourne vers le Christ pour demander d'être augmentée, est déjà une vraie foi. « Viens en aide à mon manque de foi » est la prière exacte que tout croyant troublé peut faire sienne.
Thomas, l'apôtre qui voulut voir
Le doute a son saint patron : l'apôtre Thomas, surnommé « l'incrédule ». Absent lors de la première apparition du Ressuscité, il refuse de croire au témoignage des autres : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous… je ne croirai pas ! » (Jn 20, 25). Huit jours plus tard, le Christ revient et s'adresse à lui sans reproche écrasant, mais avec une douceur qui invite :
« Avance ton doigt ici, et regarde mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois plus incrédule, mais croyant. » — Jésus, Évangile selon saint Jean 20, 27[17]
Thomas tombe alors dans la plus haute confession de foi de tout l'Évangile : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20, 28). Et Jésus tire la leçon valable pour tous les croyants à venir : « Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru ! » (Jn 20, 29)[18]. Le doute de Thomas n'a pas été le dernier mot : il a été le chemin par lequel sa foi est devenue confession. Et la béatitude finale est pour nous — ceux qui croient sans voir, et que le doute de Thomas, paradoxalement, affermit.
Pierre qui doute en marchant sur les eaux
Pierre lui-même, le futur chef des Apôtres, connaît l'instant du doute. Marchant sur les eaux à l'appel du Christ, il prend peur devant le vent et commence à couler. Jésus le rattrape aussitôt, avec un mot qui dit toute la pédagogie divine :
« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » — Jésus, Évangile selon saint Matthieu 14, 31[19]
Le doute de Pierre est né de la peur et de la fixation sur la tempête plutôt que sur le Christ. Mais notons que Jésus tend la main et le saisit avant de le reprendre : il ne le laisse pas sombrer. Le reproche est tendre — « homme de peu de foi » — et il vaut diagnostic : le doute vient souvent de ce qu'on regarde la tempête au lieu de regarder le Seigneur.
Jacques et la prière sans hésitation
Un seul texte du Nouveau Testament met en garde contre une certaine forme de doute : l'épître de saint Jacques, à propos de la prière. Celui qui demande à Dieu doit le faire avec confiance :
« Mais qu'il demande avec foi, sans hésitation aucune, car celui qui hésite ressemble au flot de la mer que le vent soulève et agite. » — Épître de saint Jacques 1, 6[20]
Il ne s'agit pas ici de l'hésitation intellectuelle involontaire, mais de l'instabilité du cœur — l'âme « partagée », dit Jacques, « inconstante dans toutes ses voies » (Jc 1, 8). Ce doute-là est un défaut de confiance dans la prière, une manière de demander à Dieu d'une main tout en se retirant de l'autre. Le remède n'est pas de se forcer à « ne plus rien ressentir », mais de s'appuyer plus fermement sur la fidélité de Dieu. Sur ce sujet précis, voir Dieu écoute-t-il toutes les prières ?.
Quand les saints ont traversé la nuit
Voici peut-être le plus consolant. Les épreuves contre la foi ne sont pas le lot des chrétiens tièdes : elles ont visité quelques-uns des plus grands saints, et parfois avec une violence inouïe. Loin de prouver l'absence de Dieu, ces nuits ont été chez eux des purifications de la foi — un dépouillement où l'âme apprend à croire non plus par appui sensible, mais par pur amour. Aucun de ces saints n'a cédé au doute volontaire ; tous ont, dans les ténèbres, continué de vouloir croire.
Sainte Thérèse de Lisieux et la « table des pécheurs »
On imagine volontiers la « petite Thérèse » comme une âme baignée de douceurs spirituelles. La réalité fut tout autre. Durant les dix-huit derniers mois de sa vie, terrassée par la tuberculose, cette future docteur de l'Église fut plongée dans une terrible épreuve où la pensée même du Ciel devenait un tourment. Elle l'a décrite, par obéissance, dans son Manuscrit C :
« Il permit que mon âme fût envahie par les plus épaisses ténèbres et que la pensée du Ciel, si douce pour moi, ne soit plus qu'un sujet de combat et de tourment. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit C, 1897[21]
Plus saisissant encore, Thérèse personnifie le doute : les ténèbres, dit-elle, « empruntant la voix des pécheurs », se moquent d'elle et lui promettent, au lieu du Ciel espéré, « la nuit du néant »[22]. Elle confie s'asseoir spirituellement « à la table des pécheurs », c'est-à-dire de ceux qui n'ont pas la foi, pour porter avec eux cette épreuve[23]. Et pourtant, jamais elle ne cède. Sa réponse est un acte de foi pur, arraché à l'obscurité :
« Je me contente alors de chanter ce que je veux croire. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit C, 1897[24]
« Ce que je veux croire » : voilà le secret. La foi de Thérèse, privée de toute consolation, s'est réfugiée tout entière dans la volonté de croire — et c'est précisément ce qui en a fait l'héroïsme. Son épreuve n'était pas un doute coupable, mais une nuit purifiante offerte pour les incroyants.
Sainte Teresa de Calcutta, la sainte de la nuit
La publication, en 2007, des écrits intimes de Mère Teresa révéla au monde un secret bouleversant. Cette femme rayonnante de charité avait vécu, pendant près d'un demi-siècle, dans le sentiment constant de l'absence de Dieu. Ses lettres à ses directeurs spirituels disent une obscurité presque continue, qu'elle confiait à l'un d'eux dès 1959 :
« Dans mon âme, je sens cette terrible douleur de la perte — de Dieu qui ne me veut pas — de Dieu qui n'est pas Dieu — de Dieu qui n'existe pas vraiment. » — Sainte Teresa de Calcutta, lettre de 1959[25]
On pourrait croire à une perte de la foi. Le Père Brian Kolodiejchuk, postulateur de sa cause, a montré le contraire : cette nuit fut le creuset d'une foi héroïque. Mère Teresa n'a jamais renié, jamais abandonné la prière ni le service ; elle a porté ce vide en union avec l'abandon du Christ en croix, et y a même reconnu une grâce, jusqu'à écrire :
« Si jamais je deviens une sainte, je serai sûrement une sainte des "ténèbres". » — Sainte Teresa de Calcutta, Viens, sois ma lumière[26]
Sa nuit ne fut pas un doute volontaire, mais une participation mystique à la soif de Jésus pour les âmes. Elle illustre cette vérité paradoxale : on peut ne plus rien sentir de Dieu et lui rester totalement fidèle.
Saint Jean de la Croix et la nuit obscure
Ces épreuves trouvent leur grille de lecture chez le grand docteur mystique, saint Jean de la Croix. Il a nommé « nuit obscure » le processus par lequel Dieu purifie l'âme avancée en la privant de tout appui sensible et même intellectuel, pour la faire croire d'une foi plus nue et plus pure[27]. Cette nuit n'est pas un châtiment ni un signe d'éloignement : c'est une action de Dieu qui resserre l'union en supprimant les consolations dont l'âme se contentait. Le Catéchisme lui-même reconnaît cette catégorie en présentant la Vierge Marie comme celle qui, « dans le pèlerinage de la foi, est allée jusque dans la nuit de la foi » en communiant à la passion de son Fils[28]. La nuit de la foi est donc, chez les saints, l'envers lumineux d'une foi devenue adulte — à ne jamais confondre avec le doute que l'on cultive.
Le Dieu caché : pourquoi Dieu permet-il l'épreuve du doute ?
Reste la question de fond : si Dieu existe et veut être cru, pourquoi ne se rend-il pas évident au point de rendre tout doute impossible ? La tradition catholique ne fuit pas la question : elle répond que cette part d'obscurité est voulue, et qu'elle est même nécessaire à la liberté et à la qualité de notre foi.
« Vere tu es Deus absconditus »
Nul n'a mieux dit cela que Blaise Pascal. Reprenant le mot d'Isaïe — « Vraiment, tu es un Dieu caché » (Is 45, 15) —, il en fait un principe de toute religion vraie : « Toute religion qui ne dit pas que Dieu est caché n'est pas véritable »[29]. Et il en tire la fameuse loi de l'équilibre entre la lumière et l'ombre :
« Il y a assez de lumière pour ceux qui ne désirent que de voir, et assez d'obscurité pour ceux qui ont une disposition contraire. » — Blaise Pascal, Pensées[30]
L'idée est décisive. Dieu se donne assez à voir pour que celui qui cherche sincèrement puisse le trouver, mais pas au point de contraindre celui qui se refuse. S'il s'imposait avec l'évidence du soleil de midi, la foi ne serait plus un acte libre d'amour, mais une soumission forcée. L'obscurité de la foi est ainsi le prix — et la garantie — de notre liberté. Le doute possible est le revers nécessaire d'une foi qui est un choix.
Le doute, frontière commune du croyant et de l'incroyant
Le futur Benoît XVI a prolongé cette intuition d'une manière profonde. Dans son Introduction au christianisme (1968), Joseph Ratzinger observe que ni le croyant ni l'incroyant ne possèdent une certitude totale et fermée : le croyant reste affronté au « peut-être pas » de l'incroyant, et l'incroyant n'échappe jamais tout à fait au « peut-être » du croyant[31]. Ce doute partagé empêche chacun de se barricader dans une fausse assurance et devient, paradoxalement, un lieu de rencontre et d'humilité. Le doute n'est donc pas seulement une menace ; il est aussi ce qui maintient la foi vivante, en quête, ouverte — à condition qu'il pousse à chercher Dieu et non à le fuir.
L'épreuve qui purifie et fait grandir
Vue ainsi, l'épreuve du doute a une fécondité. Elle arrache la foi à la facilité d'un sentiment, la dépouille de ses béquilles, et l'oblige à s'appuyer sur Dieu seul plutôt que sur le plaisir de croire. Une foi jamais éprouvée resterait une foi d'enfant ; la foi qui traverse la nuit et persévère devient une foi d'adulte, libre et désintéressée. C'est pourquoi les saints ont souvent reçu leurs plus grandes nuits après de longues années de fidélité : non parce que Dieu les abandonnait, mais parce qu'il les jugeait capables d'une foi plus pure. Le doute affronté avec confiance ne diminue pas la foi : il la fortifie.
Que faire quand le doute vient ?
Tout cela resterait théorique sans une question pratique : concrètement, que faire lorsque le doute s'installe et trouble la paix ? La sagesse catholique, nourrie de l'expérience des saints, offre quelques réflexes éprouvés.
Distinguer la difficulté du doute, et ne pas paniquer
Le premier réflexe est de nommer ce qu'on vit. S'agit-il d'une difficulté intellectuelle — une objection sans réponse — ou d'un véritable retrait d'adhésion ? Dans l'immense majorité des cas, il s'agit d'une difficulté ou d'un doute involontaire, qui n'est pas un péché. Le simple fait de se rappeler la distinction de Newman — « dix mille difficultés ne font pas un seul doute » — désamorce déjà l'angoisse. On n'est pas en train de perdre la foi parce qu'on a des questions ; on est en train de chercher.
Ne pas prendre de décision grave dans la nuit
Règle d'or de la tradition spirituelle, particulièrement chez saint Ignace de Loyola : on ne change rien dans la désolation. Quand l'âme est dans l'obscurité, le découragement ou la sécheresse, ce n'est pas le moment de prendre des décisions sur sa foi ou sa vie. Les pensées de la nuit mentent ; il faut tenir fermement les résolutions prises dans la lumière et attendre que le jour revienne[32]. Renoncer à croire au creux d'une épreuve serait comme démissionner d'un travail un soir de fièvre. Sur le discernement des mouvements intérieurs, voir Qu'est-ce que le discernement des esprits ?.
Nourrir l'intelligence de la foi
Puisque la foi « cherche à comprendre », le doute appelle souvent un travail d'intelligence. Beaucoup de doutes naissent d'une ignorance ou d'une caricature : on doute d'une foi qu'on connaît mal. Lire, étudier, se former, chercher des réponses sérieuses aux objections — c'est répondre au doute par sa juste arme. L'apologétique catholique a apporté des réponses solides à presque toutes les grandes objections, qu'il s'agisse de la science, du mal, de l'histoire ou des autres religions. Sur ce terrain, voir notamment Comment répondre à l'objection de la science contre la foi ? et Comment lire le Catéchisme ?.
Revenir aux sacrements et à la prière
Le doute n'est pas qu'une affaire d'idées : il a une racine spirituelle, et il se combat aussi par les moyens de la grâce. La prière persévérante, même aride, l'Eucharistie, la confession, la fréquentation de la Parole de Dieu nourrissent la foi à sa source. Saint Alphonse de Liguori enseignait que les grâces décisives s'obtiennent par la prière : « Celui qui prie se sauve. »[33] On ne raisonne pas toujours pour sortir du doute ; souvent, on prie pour en sortir. Le cri du père de l'enfant possédé — « Viens en aide à mon manque de foi » — reste la plus efficace des prières dans l'épreuve.
Poser l'acte de foi et se faire accompagner
Enfin, comme Thérèse, on peut toujours poser l'acte de foi que la volonté garde même quand le sentiment a fui : « chanter ce que l'on veut croire ». Croire est d'abord un acte libre, non un état affectif ; et l'on peut vouloir croire alors même qu'on ne ressent plus rien. Il est sage, dans une épreuve durable, de ne pas rester seul : un prêtre, un confesseur, un accompagnateur spirituel aident à traverser la nuit sans s'y égarer et à distinguer l'épreuve purifiante du doute coupable. Sur le choix d'un guide, voir Comment choisir un directeur spirituel ?.
En résumé
Un catholique peut-il douter ? Oui — et éprouver le doute n'est pas un péché. Tout dépend de la volonté : le doute involontaire, qu'on subit et qu'on combat — hésitation, difficulté, anxiété devant l'obscurité de la foi — n'est pas une faute ; le doute volontaire, qu'on choisit et qu'on cultive jusqu'au refus, est un péché contre la foi qui peut glisser vers l'incrédulité, l'hérésie et l'apostasie. La foi elle-même est certaine — plus certaine que toute science par sa cause — mais obscure par son objet, et donc normalement vécue dans une part de pénombre. L'Évangile met en scène le doute de Thomas, de Pierre, du père de l'enfant possédé, et le Christ ne le condamne jamais quand il cherche : il le redresse et le conduit à la foi. Les plus grands saints, de Thérèse de Lisieux à Teresa de Calcutta, ont traversé d'effroyables nuits sans cesser de vouloir croire. Si Dieu permet cette obscurité, c'est qu'elle est le prix de notre liberté et le creuset d'une foi adulte. Face au doute, la sagesse catholique conseille de distinguer la difficulté du doute, de ne rien décider dans la nuit, de nourrir l'intelligence de la foi, de revenir à la prière et aux sacrements, de poser l'acte de foi et de se faire accompagner. Le doute, alors, cesse d'être une menace pour devenir un chemin.
Pour aller plus loin
- Pourquoi Dieu semble-t-il silencieux ? — l'épreuve de l'absence sentie de Dieu.
- Comment expliquer le scandale du mal ? — l'objection qui ébranle le plus la foi.
- Qu'est-ce que le discernement des esprits ? — reconnaître ce qui vient de Dieu dans la nuit.
- Comment savoir si une inspiration vient de Dieu ?
- Dieu écoute-t-il toutes les prières ? — la prière sans hésitation selon saint Jacques.
- Comment répondre à l'objection de la science contre la foi ?
- Comment choisir un directeur spirituel ? — ne pas traverser la nuit tout seul.
- Comment lire le Catéchisme ? — nourrir l'intelligence de la foi.
Notes et références
Catéchisme de l'Église catholique, § 2088, Mame/Plon, 1992. Section sur le premier commandement, « Les péchés contre la foi ». C'est le texte de référence qui distingue le doute volontaire (péché) du doute involontaire (non coupable).
1 9 10 14Catéchisme de l'Église catholique, § 157. Le paragraphe cite saint Thomas d'Aquin (Summa theologiae, II-II, q. 171, a. 5, obj. 3) et conclut par la formule de Newman : « "Dix mille difficultés ne font pas un seul doute" (Newman, apol.). »
2 13Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, II-II, q. 4, a. 8. La foi est plus certaine simpliciter (quant à sa cause, la Vérité divine infaillible) que les vertus intellectuelles, mais moins certaine quoad nos (quant à nous, car son objet dépasse la raison humaine). Texte latin : « fides certior est illis tribus [scientia, sapientia, intellectus]… simpliciter quidem fides est certior. »
3Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, II-II, q. 2, a. 1, reprenant la définition de saint Augustin (De praedestinatione sanctorum, l. I, chap. 5) : « credere est cum assensione cogitare » (« croire, c'est penser en adhérant »). La foi adhère fermement à un seul côté, comme la science, mais sans la pleine évidence — d'où sa nature propre, entre l'opinion et la science.
4Saint Paul, Première lettre aux Corinthiens 13, 12 et Deuxième lettre aux Corinthiens 5, 7. Formulation française reprise du Catéchisme de l'Église catholique, § 164, qui cite ces deux versets ; la Bible de Jérusalem (éd. du Cerf) traduit 1 Co 13, 12 : « dans un miroir, en énigme ».
5Catéchisme de l'Église catholique, § 164, sur l'obscurité de la foi et son épreuve par l'expérience du mal et de la souffrance.
6Catéchisme de l'Église catholique, § 158, citant saint Augustin (Sermo 43, 7, 9) et saint Anselme (Proslogion, prooem.) pour la formule fides quaerens intellectum.
7Saint Augustin, Sermo 43, 7, 9 (PL 38). Formule « Crede ut intelligas » (« Crois afin de comprendre »), couplée à son pendant « Intellige ut credas » (« Comprends afin de croire »). À distinguer de la reformulation anselmienne « Credo ut intelligam ».
8Catéchisme de l'Église catholique, § 1814, sur la foi comme première des trois vertus théologales (foi, espérance, charité), « par laquelle nous croyons en Dieu et à tout ce qu'Il nous a dit et révélé. »
11Saint John Henry Newman, Apologia pro Vita Sua (1864), chapitre V, « Position of My Mind since 1845 ». Texte original anglais : « Ten thousand difficulties do not make one doubt, as I understand the subject; difficulty and doubt are incommensurate. » La formule est reprise par le Catéchisme de l'Église catholique au § 157.
12Catéchisme de l'Église catholique, § 2089. La définition de l'hérésie, de l'apostasie et du schisme reprend littéralement le Code de Droit canonique, canon 751.
15Évangile selon saint Marc 9, 24, Bible de Jérusalem, éd. du Cerf. Grec : « Πιστεύω· βοήθει μου τῇ ἀπιστίᾳ » (Pisteuō ; boēthei mou tē apistia), littéralement « Je crois ; viens au secours de mon incrédulité. »
16Évangile selon saint Jean 20, 24-29, Bible de Jérusalem. Épisode de l'apôtre Thomas (Didyme). Le v. 29 : « Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru ! » (grec au parfait : « ὅτι ἑώρακάς με πεπίστευκας »).
17 18Évangile selon saint Matthieu 14, 31, Bible de Jérusalem. Jésus « tendit la main, le saisit » avant de dire : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (grec oligopiste, « homme de peu de foi »).
19Épître de saint Jacques 1, 6-8, Bible de Jérusalem. Le terme grec diakrinomenos (v. 6) désigne celui qui « hésite », qui est partagé ; le v. 8 parle de l'homme « à l'âme partagée, inconstant dans toutes ses voies ».
20Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit C (juin 1897), f° 5 v°, dans Histoire d'une âme. Édition critique des Œuvres complètes, Cerf/DDB. L'épreuve contre la foi occupa les dix-huit derniers mois de sa vie (de Pâques 1896 à sa mort, le 30 septembre 1897).
21Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit C, f° 6 v° – 7 r°. Thérèse fait parler les ténèbres : « empruntant la voix des pécheurs, [elles] me disent en se moquant de moi : … une nuit plus profonde encore, la nuit du néant. »
22Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit C, f° 6 r°. Thérèse écrit s'asseoir « à la table des pécheurs » (allusion à l'Évangile) pour offrir son épreuve en faveur des incroyants, mangeant « le pain de la douleur » aussi longtemps que Dieu le voudra.
23Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit C, f° 7 r°. « Je me contente alors de chanter ce que je veux croire. » Thérèse souligne elle-même « je veux croire » dans le manuscrit.
24Sainte Teresa de Calcutta, lettre à un confesseur, 1959, dans Come Be My Light (éd. Brian Kolodiejchuk, Doubleday, 2007 ; trad. fr. Viens, sois ma lumière, Parole et Silence, 2008). Texte original anglais : « In my soul I feel just that terrible pain of loss — of God not wanting me — of God not being God — of God not really existing. »
25Sainte Teresa de Calcutta, Come Be My Light, éd. Brian Kolodiejchuk, Doubleday, 2007. Texte original anglais : « If I ever become a Saint — I will surely be one of "darkness." » Le postulateur de sa cause interprète cette nuit comme une participation mystique à la soif du Christ, non comme une perte de la foi.
26Saint Jean de la Croix, La Nuit obscure (Noche oscura), livre II, et La Montée du Carmel, livre II. La nuit obscure de l'esprit est une purification passive par laquelle Dieu dépouille l'âme de ses appuis sensibles et intellectuels pour la faire croire d'une foi plus nue.
27Catéchisme de l'Église catholique, § 165 : « la Vierge Marie qui, dans le "pèlerinage de la foi", est allée jusque dans la "nuit de la foi" en communiant à la souffrance de son Fils et à la nuit de son tombeau. » La formule « nuit de la foi » renvoie à l'encyclique Redemptoris Mater (Jean-Paul II, 1987, n° 18).
28Blaise Pascal, Pensées, fragment Lafuma 242 / Sellier 275 (liasse Fondement), citant Isaïe 45, 15 : « Vere tu es Deus absconditus » (« Vraiment, tu es un Dieu caché »). Pascal : « Toute religion qui ne dit pas que Dieu est caché n'est pas véritable. »
29Blaise Pascal, Pensées, fragment Lafuma 149 / Sellier 182. « Il y a assez de lumière pour ceux qui ne désirent que de voir, et assez d'obscurité pour ceux qui ont une disposition contraire. »
30Joseph Ratzinger (Benoît XVI), Introduction au christianisme (1968), première partie, chapitre I, « Le doute et la foi — la situation de l'homme devant la question de Dieu ». Ratzinger y montre que croyant et incroyant partagent l'un et l'autre le doute, ce qui les empêche de se refermer sur une fausse certitude. (Idée rapportée en paraphrase d'après l'argument du chapitre.)
31Saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels, « Règles pour le discernement des esprits », règle 5 (n° 318) : « En temps de désolation, ne jamais faire de changement, mais demeurer ferme et constant dans les résolutions prises la veille de cette désolation. »
32Saint Alphonse-Marie de Liguori, Le grand moyen de la prière (Del gran mezzo della preghiera, Naples, 1759), chapitre I. Saint Alphonse y enseigne que la persévérance et les grâces décisives s'obtiennent infailliblement par la prière persévérante : « Celui qui prie se sauve ; celui qui ne prie pas se damne. »
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