Vénérable Bruno Lanteri (1759-1830)

Le vénérable Bruno Lanteri (1759-1830), prêtre piémontais consacré enfant à la Vierge Marie, combattit le rigorisme janséniste, soutint clandestinement le pape Pie VII prisonnier de Napoléon et fonda les Oblats de la Vierge Marie. Déclaré vénérable par saint Paul VI en 1965.

Ignispedia

Le vénérable Bruno Lanteri (1759-1830) est un prêtre piémontais, fondateur des Oblats de la Vierge Marie, resté dans l'histoire de l'Église comme l'un des grands artisans du reflux du jansénisme en Italie du Nord au tournant des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles.[1][2] Disciple du père Nicolas-Joseph-Albert de Diessbach, il consacra sa vie à diffuser la théologie morale bienveillante de saint Alphonse de Liguori, à promouvoir la communion fréquente et à former, par les Exercices spirituels de saint Ignace, des générations de prêtres et de laïcs à une vie chrétienne à la fois exigeante et confiante en la miséricorde de Dieu.[3]

Sous l'occupation napoléonienne du Piémont, Lanteri anima dans la clandestinité un réseau de soutien au pape Pie VII, alors prisonnier de l'Empereur à Savone — une activité qui lui valut plusieurs années d'assignation à résidence.[4][5] Sa contribution au Convitto ecclesiastico de Turin, l'institution de formation pastorale qui devait plus tard façonner saint Joseph Cafasso puis saint Jean Bosco, place Lanteri à l'origine d'une véritable chaîne de sainteté turinoise.[6][7] En 1815-1816, il prend la direction d'un petit groupe de prêtres à l'origine des Oblats de la Vierge Marie, congrégation dissoute une première fois par hostilité épiscopale puis restaurée et approuvée par le pape Léon XII en 1826.[8][9]

Mort à Pignerol le 5 août 1830, Bruno Lanteri est déclaré vénérable par le pape saint Paul VI en 1965, au terme d'une cause ouverte dès 1920 et formellement introduite à Rome en 1952.[10][11] La notice biographique italienne de Villa Schiari affirme — sans citer d'acte pontifical — que le pape Pie XI aurait vu en lui, un siècle avant l'heure, un « précurseur de l'Action catholique ».[12] Cet article appartient à la série Ignispedia consacrée aux vénérables et serviteurs de Dieu.

Un enfant confié à la Vierge Marie (1759-1777)

Coni, une famille nombreuse au service des pauvres

Bruno Lanteri naît le 12 mai 1759 à Coni (Cuneo), petite ville du Piémont alors gouvernée par le royaume de Sardaigne.[13][14] Il est le septième enfant d'une fratrie de dix, fils du docteur Pietro Lanteri (1718-1784), médecin réputé pour sa charité envers les indigents au point d'être surnommé « le père des pauvres », et de Margherita Fenoglio (1733-1763).[15][16] Cette attention concrète aux plus démunis, vécue dans le foyer familial avant d'être prêchée, marquera durablement la sensibilité pastorale du futur fondateur.

La mort de la mère et la consécration à Marie

La vocation de Lanteri : repères tirés des notices de Clairval et Cathopedia. Infographie IA ; scènes évocatrices.

En 1763, alors que Bruno n'a que quatre ans, sa mère meurt.[17][18] Selon la tradition biographique conservée par la congrégation qu'il fondera plus tard, son père le conduit alors devant une statue de la Vierge dans l'église paroissiale et lui dit simplement : « Elle est désormais ta mère. »[19][20] De ce jour naît une dévotion mariale qui ne quittera plus Lanteri. Devenu adulte, il ira jusqu'à écrire de lui-même :

« Pour moi, je n'ai presque pas eu d'autre mère que la Très Sainte Vierge Marie. » — Bruno Lanteri[21]

Le 15 août 1781, avant même son ordination diaconale, il rédige un acte personnel de consécration totale à Marie — un « acte d'esclavage » d'inspiration montfortaine par lequel il se remet sans réserve entre les mains de la Mère de Dieu.[22][23] Il ira jusqu'à affirmer que l'institut religieux qu'il fondera n'est pas son œuvre, mais celle de Marie.[24][25]

Les Chartreux, une vocation contemplative contrariée

À dix-sept ans, en 1776, Bruno demande à entrer chez les Chartreux, séduit par l'idéal de silence et de solitude de cet ordre contemplatif.[26][27] Mais sa santé fragile — poumons délicats, myopie prononcée — ne lui permet pas de tenir l'austérité de cette vie ; le prieur le renvoie au bout de quelques mois.[28] Cette porte fermée n'éteint pas son attrait pour la vie intérieure : elle le réoriente, en septembre 1777, vers l'habit ecclésiastique séculier et les études de théologie à l'université de Turin.[29][30]

C'est à l'université que le jeune Lanteri se heurte pour la première fois au jansénisme, doctrine rigoriste alors solidement implantée dans les facultés de théologie du nord de l'Italie, qui insiste sur la sévérité du jugement de Dieu, restreint l'accès à la communion et cultive une spiritualité de la crainte plutôt que de la confiance.[31] Des théologiens plus avisés l'aident d'abord à discerner les impasses de cette école ; mais c'est une rencontre, deux ans plus tard, qui va véritablement retourner sa vie.

La rencontre qui change tout : le père de Diessbach (1778-1782)

Un ancien officier calviniste devenu jésuite

L’apostolat du livre au sein de l’Amicizia Cristiana. Synthèse d’après Clairval, citée dans l’article. Infographie IA ; personnages et scènes évocateurs.

En 1778-1779, à Turin, Lanteri rencontre le père Nicolas-Joseph-Albert de Diessbach (1732-1798), personnage peu banal : officier suisse au service du roi de Sardaigne, converti du calvinisme au catholicisme, puis entré dans la Compagnie de Jésus avant de subir, en 1773, la suppression de son ordre par le pape Clément XIV.[32][33] Diessbach exerce sur le jeune Lanteri, selon ses propres mots, « la meilleure influence » — par la parole autant que par ses écrits.[34] C'est à travers lui que Lanteri découvre les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola, méthode de discernement des esprits qui structurera toute sa pédagogie spirituelle future, et surtout la théologie morale de saint Alphonse de Liguori, qui va définitivement le détourner du jansénisme qu'il avait un temps côtoyé.[35]

L'Amicizia Cristiana : la bataille des bons livres

Diessbach avait fondé à Turin, dans les années 1770, une association discrète connue sous le nom d'Amicizia Cristiana (« Amitié chrétienne ») : un cercle de laïcs et de prêtres — six hommes et six femmes de l'aristocratie piémontaise, selon les registres de l'association — voués à la diffusion de bons livres catholiques face à la vague rationaliste et janséniste du temps.[36] Lanteri en devient rapidement le principal acteur, tenant catalogues, bibliothèque de prêt clandestine et réseau de diffusion qui s'étend bientôt à Milan, Florence, Fribourg, Paris, Vienne et Rome.[37][38] Un contemporain dira de lui, en une formule reprise par ses biographes : « Il fut, au Piémont, le défenseur de la saine théologie et de la saine morale. »[39]

Ordonné prêtre malgré son âge (25 mai 1782)

Encore trop jeune pour les canons de l'Église — il n'a pas encore atteint l'âge requis de vingt-quatre ans —, Lanteri obtient une dispense pontificale par un bref du pape Pie VI daté du 22 janvier 1782, et il est ordonné prêtre le 25 mai 1782 à Turin.[40] Il obtient son doctorat en théologie avec les félicitations du jury le 13 juillet 1782.[41][42] Son évêque, le cardinal Vittorio Costa d'Arignano, l'autorise à exercer son ministère à Turin — où il œuvrera pendant plus de quarante ans, avant de se fixer à Pignerol après la restauration des Oblats.[43]

Handicapé par sa vue faible, le jeune prêtre apprend, dira-t-on de lui, « sa théologie plus par les oreilles que par les yeux », se faisant lire les textes par des collaborateurs.[44][45] Ce handicap ne l'empêche nullement de devenir l'un des confesseurs et directeurs spirituels les plus recherchés de Turin.

Le combat contre le rigorisme janséniste

Une théologie morale bienveillante contre la théologie de la peur

Toute l'œuvre pastorale de Lanteri se comprend à la lumière d'un même combat : arracher les fidèles et le clergé piémontais à une spiritualité de la peur — celle que cultivait le jansénisme, en présentant Dieu comme un juge d'une exigence quasi inaccessible — pour leur donner accès à la théologie de la miséricorde, celle que développait saint Alphonse de Liguori. Ses biographes résument sa conviction en une formule frappante : le jansénisme « défigure Jésus-Christ et son enseignement ».[46]

Le tableau suivant résume les deux lignes théologiques que Lanteri opposait dans son enseignement et sa direction spirituelle.

Question pastoraleRigorisme janséniste que Lanteri combatThéologie de Liguori qu'il promeut
Fréquence de la communionRéservée aux âmes jugées « dignes », de fait très rareCommunion fréquente, encouragée comme nourriture ordinaire de la vie chrétienne
Image de DieuJuge sévère, difficile à satisfairePère miséricordieux, attentif à la faiblesse humaine
Attitude devant le péchéScrupule, crainte paralysanteConfiance, contrition suivie d'un nouveau départ
ConfessionDifférée, entourée de rigueur excessiveAccompagnement régulier, direction spirituelle proche

« Réflexions sur la sainteté et la doctrine du Bienheureux Liguori » (1823)

Saint Alphonse de Liguori, gravure ancienne. Bibliothèques de KU Leuven, Wikimedia Commons, domaine public.

En 1823, Lanteri publie anonymement à Paris, chez Perisse Frères, un ouvrage intitulé Réflexions sur la sainteté et la doctrine du Bienheureux Liguori.[47] Ce texte décrit le caractère et l'enseignement doctrinal d'Alphonse de Liguori — béatifié en 1816, non encore canonisé — et propose un catalogue quasi exhaustif de ses écrits, qui servira de pièce utile à l'examen romain de sa cause.[48] Le livre est bientôt traduit en italien et en espagnol. Les historiens s'accordent aujourd'hui à reconnaître que Lanteri, avec Diessbach puis leurs héritiers en Italie du Nord et en France, porte une responsabilité déterminante dans la diffusion de la théologie morale liguorienne comme antidote efficace au jansénisme.[49] Saint Alphonse de Liguori sera canonisé en 1839 et proclamé docteur de l'Église en 1871.

Un confesseur clandestin de Pie VII sous la botte de Napoléon

Le réseau des Amitiés sacerdotales

Devenu prêtre d'expérience, Lanteri anime plusieurs associations sur le modèle de l'Amicizia Cristiana : les Amitiés chrétiennes, les Amitiés sacerdotales et les Amitiés anonymes, qui unissent laïcs et clergé autour d'une vie spirituelle sérieuse et de la diffusion de la bonne presse religieuse.[50] Lorsque les troupes napoléoniennes occupent le Piémont, ces réseaux discrets deviennent le support d'une résistance spirituelle organisée : Lanteri rédige des tracts dénonçant les empiétements de l'État sur la liberté de l'Église.[51]

Le soutien financier et logistique à Pie VII prisonnier

Le soutien à Pie VII et l’épreuve de La Grangia, d’après Clairval et Cathopedia. Infographie IA ; scènes évocatrices.

En 1809, après l'annexion des États pontificaux et l'emprisonnement du pape Pie VII à Savone, Lanteri organise une association destinée à soutenir financièrement le pontife captif et à faire circuler sa correspondance.[52][53] Cette activité, passible de mort ou de déportation sous le régime impérial, se poursuit pendant plusieurs années. Le directeur général de la police piémontaise notera plus tard, dépité, dans ses rapports : « Je n'ai jamais su comment les prêtres s'y prenaient ! »[54] Selon la biographie de référence de Léon Cristiani, Lanteri fit notamment parvenir à Pie VII le texte des décrets du concile de Lyon de 1274, dont le pape avait besoin pour justifier canoniquement son refus de céder aux exigences impériales sur la nomination des évêques.[55]

Assigné à résidence : la Grangia (1811-1814)

Repéré par la police impériale en 1811, Lanteri est assigné à résidence dans le domaine de La Grangia, à Bardassano, jusqu'à la chute de Napoléon en 1814.[56][57] Loin d'être un temps perdu, cette réclusion forcée devient pour lui un approfondissement mystique : des témoins de l'époque attestent qu'il y atteint des sommets de prière contemplative, retrouvant paradoxalement, dans l'épreuve, l'aspiration à la solitude qu'il portait depuis son passage avorté chez les Chartreux.[58] Il aménage la demeure en maison de retraite pour des sessions de huit jours consacrées aux Exercices spirituels de saint Ignace, qu'il considère comme « un instrument très puissant de la grâce divine ».[59] Son originalité pédagogique consiste à plonger d'emblée les retraitants dans la contemplation de l'amour miséricordieux de Dieu, plutôt que de commencer, comme le voulait l'usage rigoriste, par la crainte du péché et du jugement.[60]

Le Convitto ecclesiastico : une pépinière de saints à Turin

Un projet pensé avec le chanoine Luigi Guala

Une transmission spirituelle aux rôles distincts : Lanteri collabore avec Guala, fondateur du Convitto. Synthèse de l’étude d’A. Lenti, citée dans l’article. Infographie IA ; scènes évocatrices.

Après la chute de Napoléon, Lanteri s'attache à la réforme de la formation du clergé piémontais, désorganisée par deux décennies de bouleversements révolutionnaires et impériaux. Un mémoire de sa main, daté de la fin de 1816, sollicite des autorités diocésaines la création d'un Convitto ecclesiastico — un internat de perfectionnement pastoral pour jeunes prêtres déjà ordonnés — installé à l'église Saint-François-d'Assise de Turin ; une requête parallèle, signée par le chanoine Luigi Guala, atteste que le projet fut développé en collaboration entre les deux hommes.[61] La tradition a surtout retenu le nom de Guala comme fondateur et premier animateur de l'institution, qu'il dirigera jusqu'à sa mort en 1848 ; les biographes de Lanteri lui reconnaissent cependant la paternité de l'intuition initiale et un rôle actif dans sa mise en place.[62][63] Le Convitto n'entendait pas remplacer le grand séminaire diocésain, mais offrir aux jeunes prêtres un complément de formation morale et pastorale, par des conférences quotidiennes de théologie et un accompagnement spirituel resserré, dans l'esprit bienveillant de saint Alphonse de Liguori plutôt que dans la sévérité janséniste alors enseignée dans les facultés.[64]

De Diessbach à Don Bosco : une chaîne de sainteté

L'importance du Convitto tient moins à ses murs qu'aux hommes qu'il a formés. Les historiens salésiens résument sa filiation spirituelle en une chaîne limpide : Diessbach, jésuite, forme Lanteri ; Lanteri inspire Guala ; Guala forme saint Joseph Cafasso ; Cafasso devient le directeur spirituel de saint Jean Bosco pendant vingt-cinq ans.[65] Saint Joseph Cafasso entre au Convitto en 1833, quatre mois après son ordination, et le dirigera comme recteur de 1848 à sa mort en 1860 ; c'est lui qui y accueille en 1841 le jeune prêtre Jean Bosco, futur fondateur des Salésiens, dont le protégé le plus célèbre restera le jeune Dominique Savio. Au fil de deux générations, l'institution née de l'intuition conjointe de Lanteri et de Guala formera, selon les décomptes des historiens de la sainteté turinoise, près d'une trentaine de figures reconnues saintes, bienheureuses ou vénérables par l'Église.[66]

Devenu, un siècle avant l'heure, une préfiguration des mouvements d'engagement des laïcs, Lanteri est présenté par la notice biographique italienne de Villa Schiari comme un « précurseur de l'Action catholique » — formule que cette notice, sans citer ni discours, ni lettre, ni date, attribue au pape Pie XI.[67]

La fondation des Oblats de la Vierge Marie

Trois prêtres de Carignano (1815-1816)

Les étapes de la fondation des Oblats, d’après la notice de Clairval. Infographie IA ; scènes évocatrices.

En 1815, trois jeunes prêtres du diocèse de Turin, réunis dans la petite ville de Carignano, demandent à Lanteri de prendre la direction spirituelle de leur communauté naissante.[68] Il en rédige les règles, brèves et précises, et obtient l'autorisation diocésaine en novembre 1816.[69] Le nouvel institut se spécialise dans la prédication des missions populaires au moyen des Exercices spirituels de saint Ignace : les résultats sont rapides et concrets — plus de 1400 personnes reviennent à la pratique religieuse dès la première année de ministère du petit groupe.[70]

La première crise : dissolution de 1820

Le succès suscite pourtant une opposition. L'archevêque de Turin de l'époque juge la théologie morale de Liguori, sur laquelle Lanteri fonde toute la pédagogie de ses missionnaires, trop permissive.[71] Confronté à cette hostilité, Lanteri choisit, en juillet 1820, de dissoudre lui-même l'institut — un geste d'humilité et d'obéissance ecclésiale plutôt qu'un affrontement.[72] Mais au cours d'une retraite selon les Exercices spirituels, il discerne un appel clair à restaurer l'œuvre. Sa conviction reste inébranlable :

« La congrégation est l'œuvre de la Madone. » — Bruno Lanteri[73]

Restauration à Pignerol et approbation de Léon XII (1826)

En septembre 1825, Mgr Pierre-Joseph Rey, évêque de Pignerol, apporte son soutien à la restauration de l'institut sur le territoire de son diocèse.[74] Après une grande mission prêchée avec succès en 1826, Lanteri accepte de relancer les Oblats, désormais installés à Pignerol. Le 1ᵉʳ septembre 1826, un bref pontifical du pape Léon XII approuve officiellement la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie.[75][76] L'année suivante, en 1827, le roi Charles-Félix de Sardaigne ratifie civilement cette approbation.[77] L'institut, désormais solidement établi, se répand rapidement en Italie, puis en France et en Autriche ; suivant l'esprit missionnaire de son fondateur, il essaimera plus tard au Brésil, en Argentine, puis, plus récemment, au Nigeria et aux Philippines.[78]

Une rencontre manquée : Eugène de Mazenod

Entre novembre 1825 et mai 1826, Lanteri rencontre à quatre reprises un autre fondateur, appelé lui aussi à la sainteté : Eugène de Mazenod, fondateur des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, alors à Rome pour obtenir l'approbation pontificale de sa propre congrégation.[79] Leur première entrevue, à Turin le 7 novembre 1825, dure de dix à douze heures ; de Mazenod, conquis, écrit dans son journal que Lanteri est « cette personne sainte, bonne et savante ».[80] Les deux hommes envisagent un temps une fusion de leurs instituts naissants — de Mazenod espérant ainsi obtenir des confrères italophones pour desservir l'abbaye de Saint-Pons.[81] Mais les compagnons de Lanteri s'opposent au projet d'union, jugé incompatible avec leurs méthodes propres. En février 1826, Lanteri fait savoir à de Mazenod que l'union n'est pas possible.[82][83]

Les deux congrégations obtiennent leur approbation pontificale à quelques mois d'intervalle : les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée le 17 février 1826 (bref de Léon XII), les Oblats de la Vierge Marie le 1ᵉʳ septembre 1826.[84] Cet épisode, minutieusement consigné dans les archives des deux congrégations, montre un Lanteri capable de renoncer, par fidélité à ses confrères et par discernement spirituel, à une union qui aurait pourtant pu conforter matériellement son œuvre naissante — un trait d'humilité que ses biographes rapprochent de son détachement personnel constant.

  1. 12 mai 1759
    Naissance à Coni

    Bruno Lanteri naît dans une famille de dix enfants ; son père est médecin, connu pour sa charité envers les pauvres.

  2. 1763
    Mort de sa mère

    À quatre ans, il perd sa mère ; son père le consacre à la Vierge Marie devant une statue de l'église paroissiale.

  3. 1776
    Chez les Chartreux

    Il tente d'entrer chez les Chartreux, mais sa santé fragile l'en empêche après quelques mois.

  4. 1778-1779
    Rencontre du père de Diessbach

    À Turin, il rencontre le père de Diessbach, qui lui fait découvrir les Exercices spirituels de saint Ignace et la théologie morale de Liguori.

  5. 25 mai 1782
    Ordination sacerdotale

    Ordonné prêtre à Turin avec dispense pontificale d'âge ; docteur en théologie le 13 juillet suivant.

  6. 1809-1814
    Soutien à Pie VII et assignation à résidence

    Il organise le soutien clandestin au pape prisonnier à Savone, puis est assigné à résidence à la Grangia jusqu'à la chute de Napoléon.

  7. 1815-1816
    Direction des prêtres de Carignano

    Trois prêtres de Carignano lui demandent de diriger leur communauté ; autorisation diocésaine obtenue en novembre 1816.

  8. Fin 1816
    Mémoire fondateur du Convitto ecclesiastico

    Avec le chanoine Luigi Guala, il pose les bases de l'internat de formation pastorale de Turin.

  9. Juillet 1820
    Dissolution de l'institut

    Face à l'hostilité épiscopale, Lanteri dissout lui-même la jeune congrégation par obéissance.

  10. 1ᵉʳ septembre 1826
    Approbation des Oblats de la Vierge Marie

    Le pape Léon XII approuve la congrégation restaurée à Pignerol ; ratification royale en 1827.

  11. 5 août 1830
    Mort à Pignerol

    Il meurt dans la maison de sa congrégation, après avoir célébré sa dernière messe le 19 mars, fête de saint Joseph.

  12. 1920-1952
    Ouverture de la cause de béatification

    Un premier examen de sa cause s'ouvre en 1920 ; formellement introduite à Rome le 4 mai 1952, elle lui vaut alors le titre de Serviteur de Dieu.

  13. 1965
    Déclaré vénérable

    Le pape saint Paul VI reconnaît l'héroïcité de ses vertus.

La spiritualité de Bruno Lanteri : miséricorde et « Nunc coepi »

« Nous ne pouvons jamais trop espérer »

Synthèse pédagogique des conseils de Lanteri sur le recommencement et la miséricorde. Les quatre repères sont une mise en forme éditoriale. Infographie IA.

Toute la direction spirituelle de Lanteri repose sur une conviction simple et têtue : la miséricorde de Dieu dépasse infiniment la faiblesse humaine, et il faut donc espérer sans mesure. Dans ses lettres de direction, conservées et publiées aujourd'hui par les Oblats de la Vierge Marie sous le titre Conseils de miséricorde, il écrit :

« Nous ne pouvons jamais trop espérer. Celui qui espère tout obtient tout. » — Bruno Lanteri, Conseils de miséricorde[85]

Et encore, s'adressant à une âme découragée par ses propres faiblesses :

« Il est très important de bien comprendre combien Dieu est bon, et de ne pas le mesurer à nos propres limites, ni de penser qu'il se lasse de nos hésitations, de notre faiblesse et de notre négligence. » — Bruno Lanteri, Conseils de miséricorde[86]

Pour Lanteri, la faiblesse humaine elle-même devient, paradoxalement, le fondement de l'espérance : « de notre côté, le fondement de l'espérance est notre faiblesse même, et du côté de Dieu, sa miséricorde, qui n'est autre que sa compassion pour notre faiblesse. »[87] Cette théologie de la confiance rejoint, un siècle et demi à l'avance, l'intuition que développera la spiritualité catholique de la communion fréquente portée par tant de saints plus tardifs.

Recommencer toujours : la devise « Nunc coepi »

Lanteri résume sa pédagogie spirituelle dans une formule tirée du psautier latin, qu'il fait sienne au point d'en faire la devise de toute une école spirituelle : « Nunc coepi » — « Maintenant, je commence » — empruntée au psaume 76, verset 11, selon la numérotation de la Vulgate (psaume 77, verset 11, dans la numérotation hébraïque moderne).[88] Il en tire une pédagogie du recommencement perpétuel, sans jamais s'attarder sur l'échec :

« Dis avec courage : "Nunc coepi" — Maintenant, je commence, et marche toujours au service de Dieu. Ne t'arrête pas sans cesse à regarder en arrière, car celui qui regarde en arrière ne peut avancer. » — Bruno Lanteri[89]

« Si je devais tomber mille fois par jour, mille fois, avec un repentir paisible, je dirai aussitôt : "Nunc coepi", maintenant je recommence. » — Bruno Lanteri[90]

Cette spiritualité du recommencement — sans scrupule ni découragement, mais sans complaisance non plus — est directement opposée à la logique janséniste du perfectionnisme paralysant que Lanteri avait combattue toute sa vie. Elle rejoint la grande tradition catholique de la confiance filiale que l'on retrouve chez tant de maîtres spirituels plus tardifs, de l'abandon à Dieu enseigné par les saints du XIXᵉ et du XXᵉ siècle.

Un chemin spirituel pour les gens ordinaires

Loin de réserver l'exigence spirituelle aux moines et aux religieux, Lanteri proposait à ses dirigés laïcs, y compris les plus occupés par leurs charges familiales, un chemin concret et réaliste : assister à la messe en semaine sans excès de fatigue quand cela est possible, réserver chaque jour un quart d'heure de prière méditative, lire une page d'un livre spirituel, et pratiquer l'examen de conscience aux moments où les mains sont occupées mais l'esprit demeure libre.[91] Ce programme en quatre points, donné notamment à une mère de famille désireuse de progresser spirituellement sans bouleverser son quotidien, illustre le réalisme pastoral qui caractérise toute la direction spirituelle de Lanteri : une sainteté à la portée de tous les états de vie, pourvu que le cœur y consente vraiment.[92]

Les dernières années et la mort (1826-1830)

Pignerol, le déclin de la santé

Vue générale de Pignerol en janvier 2010. Photo Francofranco56, Wikimedia Commons, domaine public.

Après l'approbation de 1826, Lanteri se fixe définitivement à Pignerol, où sa santé déjà fragile décline rapidement.[93] Au début de l'année 1830, accablé d'infirmités multiples, il vit néanmoins, selon le témoignage de ses proches, « dans une oraison continuelle » : il fait aménager dans le mur de sa chambre une petite ouverture qui lui permet d'apercevoir le tabernacle de la chapelle voisine sans avoir à se déplacer.[94]

« Aimez-vous, aimez-vous beaucoup les uns les autres »

Il célèbre sa dernière messe le 19 mars 1830, jour de la fête de saint Joseph.[95] Il rend son dernier soupir le 5 août 1830, à soixante et onze ans, dans la maison même de la congrégation qu'il avait fondée. Ses dernières paroles, rapportées par ses biographes, résument tout l'esprit de sa vie donnée :

« Aimez-vous, aimez-vous beaucoup les uns les autres et restez toujours unis de cœur, quoi qu'il vous en coûte ! » — Bruno Lanteri, dernières paroles, 5 août 1830[96]

Une cause en chemin vers les autels

1920-1952 : les débuts de la cause

Repères de la cause repris des notices biographiques et de Cathopedia, citées dans l’article. Infographie IA ; évocations sans valeur documentaire.

La réputation de sainteté de Lanteri conduit l'Église à ouvrir un examen de sa vie et de ses vertus dès 1920.[97][98] Un procès diocésain se déroule à la Curie de Pignerol entre le 5 août 1930 et le 16 juin 1931, recueillant témoignages et documents.[99] Après plusieurs approbations théologiques successives de ses écrits spirituels (1937, 1940, 1945), la cause est formellement introduite à Rome le 4 mai 1952, date à laquelle Lanteri reçoit le titre de Serviteur de Dieu.[100]

Vénérable en 1965

Le pape saint Paul VI reconnaît en 1965 l'héroïcité des vertus de Bruno Lanteri, le déclarant vénérable.[101][102] Il manque désormais, pour la béatification, la reconnaissance canonique d'un miracle obtenu par son intercession. Le titre de vénérable atteste que l'Église tient pour établie, au terme d'un examen rigoureux, l'héroïcité de sa foi, de son espérance et de sa charité — la même conclusion portée sur d'autres figures de la même série Ignispedia consacrée aux vénérables et serviteurs de Dieu.

Aujourd'hui, les Oblats de la Vierge Marie poursuivent, sur plusieurs continents, l'intuition de leur fondateur : prédication des Exercices spirituels de saint Ignace, missions populaires et centres de spiritualité ignatienne, notamment le Lanteri Center for Ignatian Spirituality aux États-Unis, qui perpétue la mémoire et les écrits spirituels du vénérable fondateur.[103]

Pour aller plus loin

  • Découvrir saint Alphonse de Liguori, le docteur de la miséricorde dont Lanteri diffusa la théologie morale contre le rigorisme janséniste.
  • Rencontrer saint Joseph Cafasso, formé au Convitto ecclesiastico dans le sillage de l'intuition de Lanteri.
  • Lire la vie de saint Jean Bosco, héritier indirect de Lanteri par la chaîne spirituelle turinoise Diessbach-Lanteri-Guala-Cafasso.
  • Découvrir saint Dominique Savio, le jeune fruit le plus célèbre de cette même école de sainteté.
  • Approfondir ce que disent les saints sur la communion fréquente, combat pastoral central de Bruno Lanteri.
  • Retenir l'essentiel : le vénérable Bruno Lanteri (1759-1830), consacré enfant à la Vierge Marie, disciple du père de Diessbach, a combattu toute sa vie le rigorisme janséniste au nom de la miséricorde de saint Alphonse de Liguori, soutenu clandestinement le pape Pie VII prisonnier de Napoléon, contribué à la naissance du Convitto ecclesiastico d'où sortiront Cafasso et Don Bosco, et fondé les Oblats de la Vierge Marie, approuvés par Léon XII en 1826. Déclaré vénérable par saint Paul VI en 1965, il a légué à l'Église une spiritualité du recommencement perpétuel résumée dans sa devise Nunc coepi.

Notes et références

  1. Wikipédia (FR), « Bruno Lanteri » : fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Lanteri. Notice encyclopédique de référence — naissance le 12 mai 1759 à Coni, mort le 5 août 1830 à Pignerol, formation à l'université de Turin, rencontre de Diessbach en 1779, ordination en 1782, acte de consécration à Marie (1781), soutien à Pie VII exilé, fondation des Oblats de Marie Très Sainte en 1816 devenus Oblats de la Vierge Marie en 1826 à Carignano, rencontre avec Eugène de Mazenod (1825-1826), procès diocésain ouvert en 1930, vénérable en 1965. Sert au recoupement de l'ensemble des dates.

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  2. Cathopedia (l'enciclopedia cattolica italiana), « Pio Bruno Lanteri » : it.cathopedia.org/wiki/Pio_Bruno_Lanteri. Notice biographique détaillée — parents Pietro Lanteri (1718-1784) et Margherita Fenoglio (1733-1763), entrée à la Certosa di Pesio (1776), ordination le 25 mai 1782 en l'église de l'Immaculée Conception de Turin, doctorat le 13 juillet 1782, Amicizia Cristiana/Cattolica, assignation à résidence à la Grangia di Bardassano (1811-1814), fondation des Oblati di Maria Santissima à Carignano (1816) puis dissolution et restauration à Pignerol sous Mgr Rey (1825), mort le 5 août 1830, cause introduite en 1920, déclaré vénérable en 1965.

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  3. Abbaye Saint-Joseph de Clairval, Lettre spirituelle, « Vénérable Bruno Lantéri » : clairval.com/venerable-bruno-lanteri. Notice hagiographique de référence pour le récit détaillé de la vie de Lanteri : famille et enfance à Coni, citation « Pour moi, je n'ai presque pas eu d'autre mère que la Très Sainte Vierge Marie », rencontre de Diessbach (1779) et voyage à Vienne (1782), Amitié chrétienne fondée par Diessbach en 1776, lutte contre le jansénisme, soutien financier et logistique à Pie VII prisonnier à Savone, citation du directeur de la police piémontaise, assignation à résidence à La Grangia (mars 1811-1814), aménagement de La Grangia en maison de retraite selon les Exercices de saint Ignace, fondation des Oblats à la demande des trois prêtres de Carignano (1815), autorisation diocésaine de novembre 1816, plus de 1400 retours à la pratique religieuse en une année, dissolution de juillet 1820 et citation « La congrégation est l'œuvre de la Madone », soutien de Mgr Rey (septembre 1825), approbation du 1er septembre 1826, ratification du roi Charles-Félix (1827), dernière messe du 19 mars 1830, mort le 5 août 1830 et dernières paroles citées.

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  4. OMI World (encyclopédie officielle des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée), lemma « Lanteri, Pio Bruno » : omiworld.org/lemma/lanteri-pio-bruno. Source congréganiste officielle de la famille religieuse d'Eugène de Mazenod — biographie sommaire, direction des Oblats de la Vierge Marie de 1816 (ou 1817 selon la source) à sa mort en 1830, quatre rencontres avec Eugène de Mazenod entre 1825 et 1826 (7-14 novembre 1825 à Turin, 20-24 avril 1826 à Rome, étape de mai 1826 à Turin), citation de Mazenod « cette personne sainte, bonne et savante », projet de fusion des deux instituts et son échec par opposition des confrères de Lanteri, dates d'approbation pontificale respectives (17 février 1826 pour les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée — bref de Léon XII daté du 17 février 1826 selon la Catholic Encyclopedia 1913 (newadvent.org/cathen/11136b.htm), date reprise par Wikipedia et le site officiel OMI et que le lemma OMI World lui-même retient par ailleurs (« approbation of the Rule on February 17 » ; la mention isolée « March 21 brief » qui figure une fois dans ce même lemma est contredite par l'ensemble des autres sources) ; 1er septembre 1826 pour les Oblats de la Vierge Marie).

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  5. A. Lenti, « The Convitto Ecclesiastico — "Where One Learnt to be a Priest" », Journal of Salesian Studies : journal.salesianstudies.org/article/convitto-ecclesiastico-one-learnt-priest. Article académique de référence sur la genèse collaborative du Convitto ecclesiastico de Turin entre Lanteri et le chanoine Luigi Guala (mémoire de Lanteri daté de fin 1816, requête parallèle signée par Guala), la mission théologique de l'institution (formation des jeunes prêtres à la théologie morale alphonsienne contre le rigorisme janséniste), et la chaîne de formation spirituelle Diessbach → Lanteri → Guala → saint Joseph Cafasso (recteur 1848-1860) → saint Jean Bosco.

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  6. villaschiari.it, « Venerabile Pio Bruno Lanteri » : villaschiari.it/ven-lanteri.html. Notice biographique italienne — activité à Turin et au-delà (Suisse, France, Autriche), fondation des Amicizie, création du Convitto ecclesiastico ayant formé notamment saint Joseph Cafasso et saint Jean Bosco, fondation des Oblati di Maria Vergine, présentation de Lanteri comme un « précurseur de l'Action catholique » — mot que la notice attribue au pape Pie XI (« Pio XI lo salutò come precursore dell'odierna Azione Cattolica ») sans citer d'acte pontifical précis, et qu'aucune autre source consultée ne reprend —, réputation de sainteté (« fama di santità ») entretenue jusqu'à aujourd'hui.

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  7. Wikipedia (EN), « Bruno Lanteri » : en.wikipedia.org/wiki/Bruno_Lanteri. Notice encyclopédique de référence — dates de naissance et mort, épisode de la statue mariale après la mort de sa mère (1763), tentative chez les Chartreux, rencontre de Diessbach (1779), Amicizia Cristiana, ouvrage de 1823 sur Alphonse de Liguori, assignation à résidence pendant la période napoléonienne, chaîne d'influence vers Cafasso et Bosco, table chronologique de la cause de béatification (1920, 1937, 1940, 1945, 1952, 1965), œuvres publiées (Réflexions sur la sainteté et la doctrine du Bienheureux Liguori, 1823 ; Carteggio del Venerabile Pio Bruno Lanteri, éd. Paolo Calliari, Editrice Lanteriana, Turin, 1976).

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  8. Oblates of the Virgin Mary (site officiel, USA), page consacrée à l'histoire de Bruno Lanteri : omvusa.org/bruno-lanteri/about-bruno-lanteri/history. Source congréganiste officielle pour l'épisode de la statue mariale après la mort de sa mère en 1763 (« She is your mother now »/« Elle est désormais ta mère »), source également reprise et recoupée par plusieurs pages du même site consacrées à sa spiritualité.

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  9. Sur la composition et le fonctionnement de l'Amicizia Cristiana fondée par le père de Diessbach à Turin dans les années 1770 (six laïcs et six laïques de l'aristocratie piémontaise, catalogue de livres en huit catégories, diffusion par prêt et par don, extension à Milan, Florence, Fribourg, Paris, Vienne et Rome) : synthèse croisée à partir des travaux universitaires consacrés à l'« Amicizia Cristiana » (thèse de doctorat, Università degli Studi di Roma « La Sapienza », déposée sur iris.uniroma1.it) et de la présentation qu'en donne The American TFP, « The Amicizia Christiana Groups Did Everything for the Good of Souls » : tfp.org/the-amicizia-christiana-groups-did-everything-for-the-good-of-souls.

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  10. Stanislas Giet, recension de Léon Cristiani, Un prêtre redouté de Napoléon : le P. Bruno Lantéri (1759-1830), Nice, 1957, 166 p., parue dans la Revue des Sciences religieuses, t. 32, 1958, p. 97 : persee.fr/doc/rscir_0035-2217_1958_num_32_1_2182_t1_0097_0000_2. Source académique confirmant la remise par Lanteri à Pie VII, prisonnier à Savone, du texte des décrets du concile de Lyon de 1274 nécessaires au pape pour justifier son refus des exigences impériales sur les nominations épiscopales ; biographie rééditée sous le titre Bruno Lantéri : un prêtre pour des temps nouveaux (1759-1830), Paris, Mediaspaul, 1989.

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  11. Oblates of the Virgin Mary (site officiel, USA), Counsels of Mercy — from the writings of Venerable Bruno Lanteri : omvusa.org/bruno-lanteri/writings/counsels-of-mercy. Recueil officiel des lettres de direction spirituelle de Lanteri. Texte original anglais traduit en français dans le corps : « We can never hope too much. The one who hopes for everything, obtains everything. » ; « It is very important that we understand deeply how good God is, and not measure him by our own limitations or think that he tires of our wavering, weakness, and negligence. » ; « […] on our part, the basis of hope is our very weakness, and on God's part, his mercy, which is simply his heartfelt compassion for our weakness. »

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  12. Oblates of the Virgin Mary (site officiel, USA), « Nunc Coepi » : omvusa.org/bruno-lanteri/about-bruno-lanteri/spirituality/nunc-coepi. Archive officielle des écrits spirituels de Lanteri — origine biblique de la devise (Ps 76, 11 Vulgate / Ps 77, 11 numérotation hébraïque), citations : « Dis avec courage : Nunc coepi... » et « Si je devais tomber mille fois par jour... ». Texte original anglais traduit en français dans le corps de l'article ; original conservé pour vérification : « Say with courage: Nunc Coepi – Now I Begin and walk always in the service of God. Do not keep stopping to look back, because he who looks back cannot hasten forward. » et « If I should fall even a thousand times a day, a thousand times, with peaceful repentance, I will say immediately, Nunc Coepi, now I begin again. »

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  13. Aleteia, « Venerable Bruno's 4-step spiritual program for the busy person », 20 novembre 2021 : aleteia.org/2021/11/20/venerable-brunos-4-step-spiritual-program-for-the-busy-parent. Article de vulgarisation catholique reprenant le programme spirituel en quatre points donné par Lanteri à une mère de famille (messe en semaine sans excès, quart d'heure de prière méditative quotidienne, lecture d'une page spirituelle, examen de conscience aux moments de disponibilité mentale), et la citation « We can never hope too much. The one who hopes for everything, obtains everything. », recoupée avec les Counsels of Mercy publiés par les Oblats de la Vierge Marie.

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  14. Oblates of the Virgin Mary (site officiel, USA), « About Bruno Lanteri » et présentation générale de la congrégation aujourd'hui : omvusa.org/bruno-lanteri et omvusa.org/about-us. Source pour la présence actuelle de la congrégation et le Lanteri Center for Ignatian Spirituality.

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