Grandir dans l'oraison, ce n'est pas apprendre une méthode de plus ni collectionner des sensations spirituelles : c'est laisser grandir une amitié. L'oraison est cette forme intérieure et silencieuse de la prière où l'âme se tient « seul à seul » avec Dieu, non pour réciter, mais pour être avec lui. Y grandir, c'est passer du bavardage au cœur à cœur, de la parole au regard, et finir par porter Dieu en soi tout le jour. Le saint n'est pas d'abord celui qui a beaucoup étudié ni beaucoup agi : c'est celui qui a beaucoup fréquenté Dieu dans le secret.
Cet article est consacré au chemin pratique : comment l'oraison s'établit et s'approfondit, par quelles dispositions, par quelle méthode simple, à travers quel combat. Il ne décrit pas en détail les hauts degrés de la vie mystique — les « quatre eaux » de sainte Thérèse, les « sept demeures », la contemplation infuse, les nuits de l'esprit : pour cette carte de l'ascension, on renvoie au dossier Le chemin de l'oraison : aller en profondeur à la rencontre du Dieu Trinité. Ici, on traite plus modestement de ce qui dépend de nous : commencer, tenir, approfondir la fidélité quotidienne, là où presque tout se joue.
Car l'expérience le montre : peu de gens abandonnent l'oraison parce qu'ils ont atteint un sommet ; presque tous l'abandonnent au début, faute de l'avoir établie, ou dans l'aridité, faute d'y persévérer sans goût. Le combat décisif n'est pas dans les hauteurs, il est dans la durée grise et fidèle. C'est pourquoi cet article insiste sur les conditions, la méthode et la persévérance, plus que sur les grâces extraordinaires — qui ne se cherchent pas et ne se commandent pas.
On renverra souvent aux articles voisins : à la persévérance (tenir dans la durée), au silence intérieur (faire taire le bruit du dedans), à la lectio divina (nourrir l'oraison de l'Écriture), à l'abandon et à la confiance (l'attitude filiale qui la soutient). On évitera de redire ce qu'ils traitent en propre ; on tient ici le fil unique de la croissance dans l'oraison.
Pourquoi chercher à grandir dans l'oraison ?
L'oraison, tronc de l'arbre de toute la vie spirituelle
Toute la vie chrétienne tient à un fil : la relation vivante à Dieu. Or cette relation, comme toute amitié, se nourrit de présence et de temps passé ensemble. Supprimez l'oraison, et la foi se dessèche en idées, la charité en activisme, la morale en effort crispé. Sainte Thérèse d'Avila, docteur de l'oraison, en faisait la racine de tout : qui persévère dans l'oraison finit toujours par arriver au port ; qui l'abandonne se perd presque infailliblement. L'oraison est le tronc dont les vertus sont les branches.
C'est pourquoi le premier motif de grandir dans l'oraison n'est pas le confort spirituel, mais la vie elle-même : on ne grandit en rien de ce qu'on ne fréquente pas. « Lorsqu'on est amoureux, on veut être ensemble » — la logique de l'amour est de chercher la présence de l'aimé. L'âme qui veut aimer Dieu davantage n'a pas d'autre voie que de passer du temps avec lui.
« Qui prie se sauve » : l'oraison touche au salut
La tradition catholique va plus loin : la prière n'est pas un ornement de la vie dévote, elle est moralement nécessaire au salut pour l'adulte. Sans la grâce on ne se sauve pas ; et la grâce ordinaire, Dieu la donne à qui la demande. Saint Alphonse de Liguori en a fait la thèse de tout un traité, qu'il résume en une formule lapidaire :
« Qui prie se sauve ; qui ne prie pas se damne. » — Saint Alphonse de Liguori, Du grand moyen de la prière[1]
La formule est volontairement rude pour réveiller : elle ne dit pas que la prière mécanique sauve magiquement, mais que l'âme qui cesse de prier se coupe du canal par lequel la grâce vient. L'oraison, prière du cœur prolongée, est précisément l'école où l'on apprend à « prier toujours » (Lc 18, 1[2] ; 1 Th 5, 17[3]). Grandir dans l'oraison, c'est élargir en soi ce canal de la grâce.
Une soif que rien d'autre ne comble
Il y a enfin un motif plus intime. Le cœur de l'homme a été fait pour Dieu, et il reste inquiet tant qu'il ne repose pas en lui. Saint Augustin a dit cette inquiétude pour toujours :
« Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose en toi. » — Saint Augustin, Confessions, livre I, 1[4]
L'oraison est le lieu où cette soif trouve sa source. On ne grandit pas dans l'oraison pour « réussir » sa vie spirituelle comme on réussit un exercice : on y grandit parce que l'âme a faim de Dieu, et qu'aucune activité, aussi bonne soit-elle, ne remplace le face-à-face silencieux où Dieu se donne.
Comprendre ce qu'on cherche à acquérir
L'oraison : un commerce intime d'amitié
Avant de chercher à grandir dans l'oraison, il faut savoir ce qu'elle est. La définition la plus sûre est celle d'une femme qui en fut maître : sainte Thérèse d'Avila. Le Catéchisme la reprend mot pour mot :
« L'oraison mentale n'est, à mon avis, qu'un commerce intime d'amitié, où l'on s'entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé. » — Sainte Thérèse d'Avila, Vie, ch. 8, citée au Catéchisme § 2709[5]
Tout est dans cette phrase. Amitié : il s'agit d'une relation réciproque, non d'un devoir froid. Intime : cela se passe au-dedans, dans le secret du cœur. Souvent : c'est une fréquentation régulière, non un coup d'éclat. Seul à seul : c'est un cœur à cœur, non une foule de paroles. Et surtout : « ce Dieu dont on se sait aimé » — l'oraison ne commence pas par notre effort, mais par la certitude d'être déjà aimé le premier.
Rolande Lefebvre, dite « Madame R. », en donne une image simple dans son journal : après avoir reçu sa petite-fille restée longtemps blottie en silence dans ses bras, elle écrit que l'oraison est surtout « un échange d'amour entre Dieu et nous », où l'on se jette en lui et où l'on reste là, tendrement, en silence[6].
L'oraison se distingue ainsi des autres formes de prière sans s'y opposer. La prière vocale prête à Dieu des mots (le Notre Père, le Je vous salue Marie, les psaumes) ; la méditation fait travailler l'intelligence sur un mystère pour émouvoir la volonté ; l'oraison proprement dite est plus simple encore — un regard, une présence, un repos aimant sous le regard de Dieu. Les trois ne se concurrencent pas : la vocale et la méditation conduisent à l'oraison, comme les marches conduisent au seuil.
Grandir, c'est passer de la parole au regard
Grandir dans l'oraison n'est donc pas dire plus de prières, mais entrer dans une prière plus simple et plus aimante. Le mouvement normal de la croissance va de l'abondance des mots vers l'économie du regard : on parle d'abord beaucoup à Dieu, puis on apprend à se taire devant lui. Le Catéchisme nomme ce sommet accessible à tous :
« L'oraison est la forme la plus simple du mystère de la prière. […] L'oraison est silence. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2717[7]
Cette croissance ne se force pas et ne se mesure pas en sensations. Pour le détail des degrés — recueillement, oraison de simplicité, quiétude, union — on renvoie au dossier Le chemin de l'oraison. Ce qu'il faut retenir ici : grandir, c'est simplifier. L'âme qui progresse a besoin de moins de mots et de plus de présence.
Ce que « grandir dans l'oraison » ne veut pas dire
Trois malentendus arrêtent net la croissance. Les nommer, c'est déjà avancer ; ils sont traités à fond dans Les erreurs fréquentes concernant l'oraison, on n'en donne ici que le principe.
D'abord, grandir ne veut pas dire sentir davantage. La ferveur sensible — larmes, douceurs, élans — est un don que Dieu donne et retire à son gré ; elle n'est ni la mesure ni le but de l'oraison. On peut faire une excellente oraison dans la plus complète sécheresse, et une médiocre dans les consolations.
Ensuite, grandir ne veut pas dire maîtriser une technique. Les méthodes sont des échelles, utiles pour monter ; mais l'échelle n'est pas le toit. Le jour où la méthode gêne le cœur à cœur, on la pose.
Enfin, grandir ne veut pas dire rechercher l'extraordinaire — visions, paroles intérieures, phénomènes. Sainte Thérèse et saint Jean de la Croix sont formels : ces grâces ne se demandent pas, on ne s'y arrête pas, et leur absence ne prouve rien. « L'oraison est un don, une grâce », rappelle le Catéchisme ; « elle ne peut être accueillie que dans l'humilité »[8]. Le seul progrès qui compte est celui de l'amour humble et fidèle.
Les conditions d'une oraison qui grandit
L'oraison est un don ; mais le don suppose des dispositions, comme la pluie suppose un sol qui ne la repousse pas. Quatre conditions préparent la croissance.
La fidélité à un temps fixe
C'est la première et la plus décisive, celle où tout commence ou tout échoue. Une amitié qui ne se voit qu'au hasard des disponibilités meurt ; une oraison « quand j'aurai le temps » ne naît jamais. Le Catéchisme tranche d'une phrase qu'il faut s'approprier :
« On ne fait pas oraison quand on a le temps : on prend le temps d'être pour le Seigneur, avec la ferme résolution de ne pas le lui reprendre en cours de route, quelles que soient les épreuves et la sécheresse de la rencontre. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2710[9]
Concrètement : un moment déterminé (de préférence le matin, avant que le jour ne déferle), une durée décidée d'avance (mieux vaut quinze minutes tenues chaque jour qu'une heure improvisée une fois par semaine), et un lieu stable. Et surtout : ne pas écourter sous prétexte d'aridité. Sainte Marie de l'Incarnation (Marie Guyart), la grande mystique missionnaire, en faisait une règle absolue : quelle que soit l'aridité ou la tentation, ne jamais quitter l'oraison, ni en abréger le temps fixé[10].
Le recueillement et la présence de Dieu tout le jour
L'oraison du matin ne tient pas si le reste de la journée la contredit. On n'entre pas en un instant dans un silence qu'on a fui pendant douze heures. La croissance dans l'oraison suppose donc un recueillement habituel : revenir à Dieu par de courtes prières (oraisons jaculatoires), garder le souvenir de sa présence au milieu du travail. Frère Laurent de la Résurrection, humble carme cuisinier, a laissé sur ce point un petit livre devenu classique : La Pratique de la présence de Dieu. Sa découverte tient en peu de mots : on peut faire de toute sa journée une oraison continuelle en se tenant simplement, sans cesse, en présence de Dieu, dans la cuisine comme à la chapelle[11]. Le temps d'oraison formel et la présence diffuse de Dieu se nourrissent l'un l'autre : sans le premier, la seconde s'évapore ; sans la seconde, le premier reste un îlot étranger dans une vie dissipée.
L'humilité : recevoir un don, non conquérir un sommet
Rien ne ferme l'oraison comme l'orgueil spirituel : vouloir « réussir » son oraison, juger ses progrès, se comparer. L'oraison est d'abord une réception. Marthe Robin, qui passa des décennies dans l'oraison et la Passion, le disait avec netteté :
« Pour l'oraison, le Seigneur veut des âmes bien dociles et bien fidèles et bien souples, ne se confiant nullement, aucunement en elles-mêmes. » — Vénérable Marthe Robin, Journal[12]
Et elle ajoutait que le fruit le plus sûr d'une bonne oraison n'est pas un sentiment de réussite, mais l'humilité : « L'âme doit avoir à cœur de sortir bien humble de l'oraison »[13]. Le signe d'une oraison qui grandit n'est pas qu'on s'y sente saint, mais qu'on en sorte plus petit, plus doux, plus dépendant de Dieu.
Une vie cohérente : silence, mortification, ordre
Enfin, l'oraison grandit dans un terrain préparé. Un cœur encombré de bruit, d'images, d'attachements et d'agitation n'a pas d'espace pour le silence de Dieu. Il ne s'agit pas d'attendre d'être parfait pour prier — on prie pour devenir meilleur —, mais de ne pas saboter le matin par le soir. La sobriété des sens (ce qu'on regarde, écoute, consomme), une certaine mortification, le goût du silence intérieur : tout cela creuse en l'âme la capacité d'écouter. « L'oraison est silence, ce symbole du monde qui vient », dit le Catéchisme[14] : on ne récolte ce silence que si on le sème dans toute la journée.
Une méthode simple pour commencer et durer
Beaucoup voudraient faire oraison et ne savent pas comment s'y prendre. La réponse n'est pas une technique compliquée, mais quelques repères simples, éprouvés par des siècles de tradition. La plus accessible reste la méthode de saint François de Sales, écrite pour des gens du monde dans l'Introduction à la vie dévote.
La méthode de saint François de Sales
François de Sales décompose la méditation en quelques moments faciles à retenir[15] :
- La préparation : se mettre en présence de Dieu (se rappeler qu'il est là, qu'il me regarde) et lui demander son secours.
- La considération : prendre un mystère — une scène de l'Évangile, une vérité de foi — et le regarder doucement, en laissant l'intelligence le parcourir.
- Les affections et résolutions : c'est le cœur de l'oraison. Ne pas en rester aux idées, mais laisser monter les mouvements du cœur — amour, contrition, action de grâces, désir — et prendre une résolution concrète pour la journée.
- La conclusion : remercier, offrir, demander ; puis cueillir un « bouquet spirituel » — une pensée, un mot retenus de l'oraison qu'on respirera tout le jour.
L'image du bouquet dit tout l'esprit de la méthode : comme on emporte d'un jardin quelques fleurs pour en garder le parfum, on emporte de l'oraison une parole, une résolution, qui embaumera les heures du travail. La méthode n'est pas une fin : c'est un tuteur qui soutient la plante jeune, et qu'on retire quand le cœur sait se tenir seul devant Dieu.
S'appuyer sur l'Écriture : nourrir l'oraison de la Parole
On ne peut s'entretenir avec un ami sans savoir qui il est. L'oraison se nourrit donc de l'Écriture, où Dieu se révèle. La lecture priante de la Parole — la lectio divina — est le combustible le plus sûr de l'oraison : on lit lentement un passage, on s'arrête sur un mot, on le rumine, on lui répond. « Cherche en lisant, et tu trouveras en méditant ; frappe en priant, et l'on t'ouvrira en contemplant », résumait la tradition monastique[16]. Pour la pratique détaillée, voir Comment grandir dans la lectio divina ; on retient ici le principe : une oraison sans Écriture tourne vite à vide, tandis qu'un seul verset bien rumine peut nourrir une heure de cœur à cœur.
Parler à Dieu comme à un ami : l'oraison affective
À mesure qu'on avance, les considérations se font plus courtes et les affections plus longues : on raisonne moins, on aime davantage. C'est l'oraison affective, puis l'oraison de simplicité — un simple et doux regard sur Dieu présent. Le Christ lui-même a placé l'oraison sous le signe de l'amitié : « Je ne vous appelle plus serviteurs… mais je vous ai appelés amis » (Jn 15, 15[17]). On peut donc tout lui dire, simplement : ses joies, ses peines, ses fautes, ses désirs. Sainte Thérèse de Lisieux a donné de cette prière du cœur la formule la plus pure :
« Pour moi, la prière, c'est un élan du cœur, c'est un simple regard jeté vers le Ciel, c'est un cri de reconnaissance et d'amour, au sein de l'épreuve comme au sein de la joie. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrits autobiographiques, citée au Catéchisme § 2558[18]
Quand les mots cessent : se tenir sous le regard
Vient un jour où l'on n'a plus rien à dire, et où ce n'est pas une panne mais un progrès : l'âme se tient simplement là, sous le regard de Dieu, et laisse Dieu la regarder. C'est le seuil de la contemplation, que le Catéchisme illustre par le mot devenu célèbre d'un paysan d'Ars :
« La contemplation est regard de foi, fixé sur Jésus. "Je l'avise et il m'avise", disait, au temps de son saint curé, le paysan d'Ars en prière devant le tabernacle. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2715[19]
Tout l'art, à ce point, est de ne rien forcer : ne pas reprendre fébrilement des considérations parce qu'on a peur de « ne rien faire ». Se tenir là, pauvre et aimant, est l'oraison la plus haute. Le père Jean Lafrance conseillait : « Dans l'oraison, tiens-toi pauvre et nu devant le buisson ardent »[20], et d'offrir au feu « toute la surface dénudée de [son] être », laissant Dieu faire le reste.
Le grand combat : distractions, sécheresse, découragement
Personne ne grandit dans l'oraison sans traverser un combat. C'est même le signe qu'on avance : l'ennemi ne s'acharne pas sur ce qui ne le menace pas. Le Catéchisme ne le cache pas :
« La prière est un combat. Contre qui ? Contre nous-mêmes et contre les ruses du Tentateur qui fait tout pour détourner l'homme de la prière. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2725[21]
Les distractions
La difficulté la plus universelle est la distraction : à peine commence-t-on que l'esprit s'envole vers mille soucis. Le Catéchisme donne ici un conseil libérateur : ne pas partir « à la chasse » des distractions, ce qui nous y replonge, mais revenir doucement à Dieu. Et il ajoute une lumière : « une distraction nous révèle ce à quoi nous sommes attachés »[22] ; ramener cet attachement à Dieu vaut mieux que de s'irriter contre soi. La distraction subie, refusée du cœur et patiemment redressée, n'interrompt pas l'oraison : elle en devient même un acte d'humilité.
La sécheresse : ne jamais quitter le poste
Plus éprouvante encore est la sécheresse : ces périodes — parfois longues — où l'oraison n'apporte aucun goût, où Dieu semble absent, où l'on a l'impression de perdre son temps. Le Catéchisme la nomme parmi les épreuves de la prière[23]. Sainte Thérèse d'Avila la traversa, dit-elle, près de dix-huit ans. La règle des saints est unanime et tient en un mot : on ne quitte jamais l'oraison à cause de la sécheresse — c'est précisément là qu'elle devient pure et gratuite. Henri-Marie Boudon (1624-1702), grand archidiacre d'Évreux et maître de l'école française de spiritualité, l'exprime pour tous : il ne faut jamais abandonner le pieux exercice de l'oraison, quand même on n'y trouverait que sécheresses et souffrances — car c'est souvent par là que Dieu éprouve jusqu'où l'on a embrassé la Croix[24].
Car l'aridité n'est pas un échec : elle est souvent le travail le plus profond de la grâce, qui sèvre l'âme des consolations pour l'attacher à Dieu seul. Pour le détail de ces « nuits » — nuit des sens, nuit de l'esprit — décrites par saint Jean de la Croix, voir Le chemin de l'oraison. Ce qu'il faut tenir ici : la fidélité dans l'aridité vaut mille consolations ; c'est l'amour qui ne se paie plus en sensations et devient enfin gratuit.
La grande tentation : abandonner
Au fond, le seul vrai danger n'est ni la distraction ni la sécheresse : c'est de lâcher. Le démon laisse volontiers commencer, sachant que le commencement ne coûte rien ; ce qu'il guette, c'est la lassitude. Jésus le reprochait à sainte Gemma Galgani lorsque sa ferveur retombait :
« Durant les jours où tu jouis de ma présence, tu es pleine de ferveur et il te coûte peu de fatigue de prier. Maintenant, par contre, la prière t'ennuie… Combien de temps attendras-tu avant d'y prendre une ferme résolution ? » — Jésus à sainte Gemma Galgani, Journal intime[25]
La parade est simple et redoutablement efficace : la persévérance. Recommencer chaque jour, ne pas mesurer les progrès, tenir le temps décidé même quand tout invite à abréger. Sainte Louise de Marillac réduisait toute sa stratégie à ceci : « Si nous sommes parfois affligés de petites inquiétudes et faiblesses, au nom de Dieu, ayons recours à l'oraison »[26]. On ne sort pas du combat de l'oraison en cessant de prier : on en sort en priant davantage.
Les fruits d'une oraison grandissante
À quoi reconnaît-on qu'une oraison grandit vraiment ? Non aux sensations éprouvées pendant l'oraison, mais à ce qu'elle produit dans la vie. L'arbre se juge à ses fruits.
Le premier fruit est une transformation lente du regard et du cœur. À force de regarder le Christ, on lui ressemble. Le Catéchisme le dit du regard contemplatif : « Cette attention à Lui est renoncement au "moi". Son regard purifie le cœur »[27]. L'oraison fidèle adoucit le caractère, dilate la charité, pacifie les jugements : on devient, sans le sentir, plus patient, plus doux, plus capable d'aimer ceux qu'on aimait mal.
Le deuxième fruit est la paix — non l'absence d'épreuves, mais une stabilité du fond de l'âme qui demeure sous les tempêtes. Le troisième est une force pour le devoir : l'oraison ne détourne pas de l'action, elle la rend possible et juste, car elle puise à la source. C'est pourquoi les plus grands actifs de l'histoire de l'Église — missionnaires, fondateurs, réformateurs — furent d'abord des contemplatifs.
Le fruit ultime, enfin, est l'union à Dieu : que la prière, d'abord exercice ponctuel, devienne peu à peu l'état habituel d'une âme qui « prie sans cesse », portant Dieu au fond d'elle-même à travers toutes ses occupations. C'est le terme vers lequel toute croissance dans l'oraison achemine.
L'oraison dans la Divine Volonté
Il existe une manière de prier qui élève l'oraison à sa plus haute fécondité : prier dans la Divine Volonté. Toute oraison chrétienne est déjà ordonnée à cela, car la prière que le Christ nous a enseignée a pour cœur la demande : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » (Mt 6, 10[28]). Faire oraison, au fond, c'est apprendre à dire ce « Fiat » de tout son être, jusqu'à ce que la volonté de Dieu devienne notre respiration.
Dans les écrits de Luisa Piccarreta, le Christ lui enseigne que l'âme établie dans sa Volonté ne prie plus seule ni de ses pauvres forces : elle entend en elle « l'écho » de sa propre prière — « Ne vois-tu pas comment je prie, j'aime, j'adore et répare pour tous ? Et toi, en écho à ma prière, tu te sens comme si tu avais toutes les personnes et toutes les choses en ton pouvoir […]. Crois-tu faire cela par tes propres forces ? Ah ! non, non ! C'est Moi qui suis en toi »[29]. L'oraison acquiert alors une portée qui dépasse infiniment la mesure de la créature. L'oraison cesse alors d'être un effort qui monte péniblement vers le Ciel : elle devient la Volonté divine qui prie en nous, et que nous laissons prier. C'est le sommet vers lequel toute croissance dans l'oraison tend secrètement — non plus seulement « je prie Dieu », mais « que ta volonté se fasse en moi », jusqu'à ne plus faire qu'un avec elle. On rejoint ici l'esprit de l'abandon : l'oraison la plus haute est celle où l'on ne se réserve plus rien.
Marie et Jésus, maîtres de l'oraison
Comme toute vertu, l'oraison a un visage avant d'être une définition. Elle se contemple d'abord dans le Christ, puis dans sa Mère.
Jésus est le priant absolu. L'Évangile le montre sans cesse se retirant à l'écart pour prier, et passant des nuits entières dans la prière : « Il s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu » (Lc 6, 12[30]). Avant chaque grande décision, avant sa Passion, il prie. Et à Gethsémani, son oraison atteint son sommet dans le « Fiat » : « Père, non pas ma volonté, mais la tienne » (Lc 22, 42[31]). Toute oraison chrétienne n'est qu'une participation à cette prière du Fils au Père. Apprendre à faire oraison, c'est laisser le Christ prier en nous.
Marie est le reflet parfait de cette oraison. L'Évangile ne lui prête presque pas de mots, mais il la montre dans l'attitude même de l'oraison : elle « conservait toutes ces choses, les méditant en son cœur » (Lc 2, 19 ; 2, 51[32]). Garder et ruminer la Parole dans le cœur : c'est la définition même de l'oraison contemplative. Et après l'Ascension, c'est encore elle qui demeure au Cénacle, « assidue à la prière » avec les Apôtres, attendant l'Esprit (Ac 1, 14[33]). Mère de la vie intérieure, elle est celle qui apprend à « garder dans son cœur » — et c'est à elle qu'on demande de nous obtenir la fidélité à l'oraison.
Un chemin concret, jour après jour
Au terme de ce parcours, la croissance dans l'oraison se laisse résumer en quelques convictions simples, à tenir devant soi comme une boussole.
D'abord, commencer petit, mais commencer. Mieux vaut un quart d'heure tenu chaque jour qu'un grand projet jamais réalisé. La fidélité d'une vie d'oraison n'est faite que de fidélités d'un jour, additionnées.
Ensuite, prendre le temps, ne pas l'attendre. Décider un moment, une durée, un lieu, et ne pas les reprendre à Dieu en cours de route, même dans la sécheresse. « On ne fait pas oraison quand on a le temps : on prend le temps. »
Puis, partir de la Parole et finir par le cœur : entrer par un mot de l'Écriture, laisser l'intelligence le regarder, puis le cœur l'aimer, et cueillir un « bouquet spirituel » à respirer tout le jour. Et, quand les mots cessent, se tenir simplement sous le regard — « je l'avise et il m'avise » — sans rien forcer.
Surtout, ne jamais quitter le poste. Revenir doucement des distractions sans s'irriter ; tenir dans l'aridité sans abréger, car « la fidélité dans la nuit vaut mille consolations » ; et recommencer chaque jour, sans mesurer les progrès. L'oraison ne se réussit pas, elle se reçoit : on en sort plus humble, non plus content de soi.
Enfin, tout remettre à Dieu. L'oraison est un don ; le premier acte de celui qui veut y grandir est de le demander, humblement, chaque jour, par les mains de Marie. « Lions-nous si bien à Lui que nous ayons le grand bonheur de ne jamais nous en séparer »[34] : c'est en cela que l'oraison, école d'amitié, devient finalement le secret de toute sainteté — non un exercice de plus, mais la présence aimée qui transforme une vie.
Pour aller plus loin
- Le chemin de l'oraison : aller en profondeur à la rencontre du Dieu Trinité — la carte complète de l'ascension : les quatre eaux, les sept demeures, la contemplation infuse et les nuits, selon sainte Thérèse d'Avila et saint Jean de la Croix.
- Que disent les saints sur l'oraison ? — le florilège des grands maîtres de la prière intérieure.
- Les erreurs fréquentes concernant l'oraison — les malentendus qui arrêtent la croissance : chercher les sensations, fuir la sécheresse, confondre méthode et but.
- Comment grandir dans le silence intérieur — faire taire le bruit du dedans, condition de l'écoute de Dieu.
- Comment grandir dans la lectio divina — la lecture priante de l'Écriture qui nourrit l'oraison.
- Comment grandir dans la persévérance — tenir dans la durée fidèle, l'arme décisive contre la tentation d'abandonner l'oraison.
- Comment grandir dans l'abandon à Dieu et Comment grandir dans la confiance — l'attitude filiale qui soutient l'oraison et l'empêche de durcir en effort crispé.
- Comment grandir dans la direction spirituelle — pour être guidé sûrement dans le discernement des états d'oraison.
Notes et références
Saint Alphonse de Liguori (1696-1787), Du grand moyen de la prière (Del gran mezzo della preghiera, 1759). Thèse centrale de l'ouvrage : la prière est moralement nécessaire au salut de l'adulte, car Dieu donne ordinairement sa grâce à qui la lui demande. La formule résumée « Qui prie se sauve, qui ne prie pas se damne » (Chi prega si salva, chi non prega si danna) condense la doctrine du traité. Éditions françaises : Du grand moyen de la prière, plusieurs rééditions (Téqui, Saint-Paul).
1Évangile selon saint Luc 18, 1, traduction liturgique officielle (AELF) : Jésus « leur disait une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager ».
2Première lettre aux Thessaloniciens 5, 17, traduction liturgique officielle (AELF) : « Priez sans relâche. »
3Saint Augustin (354-430), Les Confessions, livre I, ch. 1 : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose en toi » (fecisti nos ad te, et inquietum est cor nostrum, donec requiescat in te). Cité au Catéchisme de l'Église catholique, § 30.
4Catéchisme de l'Église catholique, § 2709, citant sainte Thérèse d'Avila, Livre de la Vie (autobiographie), ch. 8 : « L'oraison mentale n'est, à mon avis, qu'un commerce intime d'amitié, où l'on s'entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé. » Texte vérifié sur le Catéchisme officiel (Vatican.va, version française).
5Rolande Lefebvre (Madame R.), journal, in René Laurentin (prés.), La Passion de Madame R. — Journal d'une mystique assiégée par le démon, Plon, 1993, p. 148-149.
6Catéchisme de l'Église catholique, § 2717 : « L'oraison est silence, ce "symbole du monde qui vient" […]. Dans ce silence, insupportable à l'homme "extérieur", le Père nous dit son Verbe incarné, souffrant, mort et ressuscité, et que l'Esprit filial nous fait participer à la prière de Jésus. »
7 14Catéchisme de l'Église catholique, § 2713 : « L'oraison est l'expression la plus simple du mystère de la prière. […] L'oraison est un don, une grâce ; elle ne peut être accueillie que dans l'humilité et la pauvreté. »
8Catéchisme de l'Église catholique, § 2710 : « Le choix du temps et de la durée de l'oraison relève d'une volonté déterminée […]. On ne fait pas oraison quand on a le temps : on prend le temps d'être pour le Seigneur, avec la ferme résolution de ne pas le lui reprendre en cours de route, quelles que soient les épreuves et la sécheresse de la rencontre. »
9Sainte Marie de l'Incarnation (Marie Guyart, 1599-1672), Lettre 99 : conseil de ne jamais quitter l'oraison à cause de l'aridité ou de la tentation, ni d'en abréger le temps fixé — rendu ici en paraphrase, le texte exact n'ayant pu être vérifié en séance dans la Correspondance, éd. Dom Guy Oury (Solesmes), dont le tome et la page restent à préciser.
10Frère Laurent de la Résurrection (Nicolas Herman, v. 1614-1691), La Pratique de la présence de Dieu (maximes et entretiens recueillis par Joseph de Beaufort). Doctrine : faire de toute son activité, même la plus humble, une prière continuelle en se tenant sans cesse en présence de Dieu — « Le temps de l'action ne diffère point pour moi du temps de l'oraison ». Nombreuses rééditions (Seuil, Points Sagesses).
11Vénérable Marthe Robin (1902-1981), Journal : décembre 1929 - novembre 1932, Éditions Foyer de Charité, 2012, p. 36 : « Pour l'oraison, le Seigneur veut des âmes bien dociles et bien fidèles et bien souples, ne se confiant nullement, aucunement en elles-mêmes. »
12Vénérable Marthe Robin, Journal : décembre 1929 - novembre 1932, Éditions Foyer de Charité, 2012, p. 36 : « L'âme doit avoir à cœur de sortir bien humble de l'oraison ; c'est alors que le démon, comprenant qu'il ne gagne rien, ne renouvellera que très rarement ses artifices. »
13Saint François de Sales (1567-1622), Introduction à la vie dévote (1609), 2ᵉ partie, ch. 1-7 : méthode de la méditation pour les personnes engagées dans le monde — (1) se mettre en la présence de Dieu et invoquer son assistance ; (2) la « considération » d'un mystère ; (3) les affections et résolutions ; (4) la conclusion, l'action de grâces et le « bouquet spirituel » qu'on emporte pour la journée. Édition de référence : Œuvres, Annecy ; nombreuses rééditions (Seuil, Médiaspaul).
15Guigues II le Chartreux (✝ v. 1188), L'Échelle des moines (Scala claustralium, aussi appelée Lettre sur la vie contemplative), ch. 2 : la lecture, la méditation, la prière et la contemplation forment les quatre degrés montant vers Dieu — « Cherche en lisant, et tu trouveras en méditant ; frappe en priant, et l'on t'ouvrira en contemplant » (cf. Mt 7, 7). Édition de référence : Lettre sur la vie contemplative, coll. Sources chrétiennes n° 163, Cerf.
16Évangile selon saint Jean 15, 15, traduction liturgique officielle (AELF) : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître. »
17Catéchisme de l'Église catholique, § 2558, citant sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrits autobiographiques, C 25r : « Pour moi, la prière, c'est un élan du cœur, c'est un simple regard jeté vers le Ciel, c'est un cri de reconnaissance et d'amour, au sein de l'épreuve comme au sein de la joie. »
18Catéchisme de l'Église catholique, § 2715 : « La contemplation est regard de foi, fixé sur Jésus. "Je l'avise et il m'avise", disait, au temps de son saint curé, le paysan d'Ars en prière devant le tabernacle. […] Cette attention à Lui est renoncement au "moi". Son regard purifie le cœur. » L'anecdote du paysan est rapportée par F. Trochu, Le Curé d'Ars saint Jean-Marie Vianney, p. 223-224.
19 27Jean Lafrance (1931-1991), Prie ton Père dans le secret, Éditions Médiaspaul, 2018, p. 18 : « Dans l'oraison, tiens-toi pauvre et nu devant le buisson ardent et incandescent. Ne dis rien, mais offre à ce feu dévorant toute la surface dénudée de ton être. Dieu est celui qui veut te dévorer. Tu formes un même être avec lui et tu deviens participant de sa nature divine. »
20Catéchisme de l'Église catholique, § 2725 : « La prière est un combat. Contre qui ? Contre nous-mêmes et contre les ruses du Tentateur qui fait tout pour détourner l'homme de la prière, de l'union à son Dieu. »
21Catéchisme de l'Église catholique, § 2729 : « La difficulté habituelle de notre prière est la distraction. […] Vouloir la chasser revient à tomber dans ses filets, alors qu'il suffit de revenir à son cœur. Une distraction nous révèle ce à quoi nous sommes attachés, et cette prise de conscience humble devant le Seigneur doit réveiller notre amour de préférence pour lui. »
22Catéchisme de l'Église catholique, § 2731 : « Une autre difficulté, spécialement pour ceux qui veulent sincèrement prier, est la sécheresse. […] C'est le moment de la foi nue qui demeure fidèlement auprès de Jésus dans son agonie et dans son tombeau. »
23Henri-Marie Boudon (1624-1702), grand archidiacre d'Évreux, Les Saintes voies de la Croix, livre I, ch. V : passage rendu ici en paraphrase — le texte exact et la page de l'édition imprimée restent à contrôler (éditions repères : Paris, Hérissant, 1752 ; Paris, Téqui, 1926). Le titre canonique de « Vénérable » n'est pas établi (procès en béatification ouvert à la fin du XIXᵉ siècle, aucun décret connu) : il n'est pas employé.
24Jésus à sainte Gemma Galgani (1878-1903), Journal intime, 24 juillet 1900 (cité dans le recueil thématique de la Bibliothèque) : reproche affectueux à l'âme dont la ferveur retombe — « Durant les jours où tu jouis de ma présence, tu es pleine de ferveur et il te coûte peu de fatigue de prier. Maintenant, par contre, la prière t'ennuie […]. Combien de temps attendras-tu avant d'y prendre une ferme résolution ? »
25Sainte Louise de Marillac (1591-1660), Une pensée par jour, Médiaspaul, 2010 (au 26 janvier) : « Si nous sommes parfois affligés de petites inquiétudes et faiblesses, au nom de Dieu, ayons recours à l'oraison. »
26Évangile selon saint Matthieu 6, 10, traduction liturgique officielle (AELF), demande du Notre Père : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »
28Jésus à Luisa Piccarreta (1865-1947), Le Livre du Ciel, tome 17, 26 avril 1925 : « N'entends-tu pas l'écho de ma prière en toi […] ? Ne vois-tu pas comment je prie, j'aime, j'adore et répare pour tous ? Et toi, en écho à ma prière, tu te sens comme si tu avais toutes les personnes et toutes les choses en ton pouvoir et tu répètes ce que je fais. Crois-tu faire cela par tes propres forces ? Ah ! non, non ! C'est Moi qui suis en toi, c'est ma Volonté qui te fait tenir toutes les personnes et toutes les choses comme en ton pouvoir et qui poursuit sa course dans ton âme. »
29Évangile selon saint Luc 6, 12, traduction liturgique officielle (AELF) : « En ces jours-là, Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. »
30Évangile selon saint Luc 22, 42, traduction liturgique officielle (AELF), prière de Gethsémani : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. »
31Évangile selon saint Luc 2, 19 (cf. 2, 51), traduction liturgique officielle (AELF) : « Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. » Attitude type de l'oraison contemplative : garder et ruminer la Parole.
32Actes des Apôtres 1, 14, traduction liturgique officielle (AELF) : au Cénacle, les Apôtres « d'un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères ».
33Saint Jean-Marie Vianney, le Curé d'Ars (1786-1859), Pensées, Artège, 2015, p. 20 : « Lions-nous si bien à Lui que nous ayons le grand bonheur de ne jamais nous en séparer. »
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