Les erreurs fréquentes concernant la pénitence

« Pénitence » est l'un des mots chrétiens les plus mal compris : on l'entend comme une punition qu'on s'inflige pour « payer » ses fautes, comme une privation corporelle, une humeur triste, une formalité du confessionnal ou une coutume « dépassée ». Passage en revue des contresens les plus fréquents — sur la nature de la pénitence, sa place dans la vie, le sacrement et la satisfaction, l'esprit dans lequel on la pratique — et de ce que l'Église enseigne vraiment : la pénitence est d'abord la conversion du cœur, le retour confiant vers un Père qui attend.

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De tout le vocabulaire chrétien, « pénitence » est peut-être le mot le plus chargé — et le plus mal entendu. Il évoque pêle-mêle le cilice et le jeûne, la mine grave du carême, la formule murmurée au sortir du confessionnal, et, pour beaucoup, une époque révolue de la vie catholique. On l'associe spontanément à la punition : « faire pénitence », ce serait se priver, souffrir, « payer » pour ses fautes. Or c'est exactement l'inverse que dit l'Évangile. Le tout premier mot de la prédication publique de Jésus est un appel à la pénitence — « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche »[1] — et ce mot n'annonce pas une peine, mais une bonne nouvelle : il est encore temps de revenir.

« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » — Jésus, Évangile selon saint Matthieu 4, 17[2]

Le malentendu tient d'abord à la langue. Le grec de l'Évangile dit metanoeîte — « changez de cœur, changez d'esprit » —, que la Vulgate latine rend par « pænitentiam agite », « faites pénitence », et que la traduction liturgique française rend aujourd'hui par « convertissez-vous »[3]. Trois formules pour une seule réalité : un retournement du cœur vers Dieu. Le Catéchisme le dit sans détour : « l'appel de Jésus à la conversion et à la pénitence ne vise pas d'abord des œuvres extérieures, "le sac et la cendre", les jeûnes et les mortifications, mais la conversion du cœur, la pénitence intérieure. Sans elle, les œuvres de pénitence restent stériles et mensongères »[4].

Tout l'enjeu de cet article tient dans cette priorité oubliée. Presque toutes les erreurs courantes sur la pénitence naissent du même déplacement : on commence par l'écorce — la privation, la peine, la formalité — en oubliant le noyau, qui est la conversion. À l'inverse, une autre famille d'erreurs, héritée de la Réforme, croit si bien échapper au piège de l'extériorité qu'elle finit par dissoudre toute pénitence réelle dans un vague « vivre mieux ». Passons en revue ces contresens, regroupés selon qu'ils portent sur la nature de la pénitence, sur sa place dans la vie chrétienne, sur le sacrement et la satisfaction, ou sur l'esprit dans lequel on la pratique. Pour chacun, on énonce l'erreur dans sa formulation courante, on montre pourquoi elle séduit, pourquoi elle est fausse, puis ce que l'Église enseigne vraiment.

Ce n'est ni un guide pratique ni un florilège : pour apprendre concrètement à grandir dans cette vertu — ses trois sens, ses deux dérives, ses œuvres et ses fruits —, voir Comment grandir dans la pénitence ; pour entendre la voix propre des Pères et des saints, voir Que disent les saints sur la pénitence. Ici, comme dans l'article jumeau Les erreurs fréquentes concernant la contrition, on déblaie le terrain : reconnaître d'abord les fausses monnaies pour mieux recevoir l'or.

Un mot piégé : pourquoi « pénitence » est-il si mal compris ?

Trois réalités sous un seul mot

La première difficulté est que le français emploie « pénitence » pour désigner trois choses différentes, et qu'on glisse de l'une à l'autre sans s'en apercevoir. Il y a d'abord la vertu de pénitence, c'est-à-dire la conversion intérieure, la « réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur »[5]. Il y a ensuite les œuvres de pénitence — le jeûne, la prière, l'aumône, les mortifications — par lesquelles cette conversion du cœur s'exprime dans le corps et dans la vie[6]. Il y a enfin la pénitence sacramentelle : d'un côté le sacrement tout entier (« sacrement de Pénitence »), de l'autre, au sens étroit, la « pénitence » — prière, offrande, service — que le confesseur impose à la fin de la confession et qu'on appelle aussi « satisfaction »[7].

Un même mot désigne la conversion intérieure, ses œuvres visibles et la satisfaction sacramentelle. Infographie originale Ignispedia créée par IA. Sources : CEC §§ 1423, 1430-1434 et 1459-1460.

Le Catéchisme range ces sens dans un ordre qui n'est pas indifférent : « il est appelé sacrement de Pénitence puisqu'il consacre une démarche personnelle et ecclésiale de conversion, de repentir et de satisfaction du chrétien pécheur »[8]. La conversion commande le repentir, qui commande la satisfaction — jamais l'inverse. La plupart des erreurs consistent précisément à prendre un sens pour le tout : réduire la pénitence à ses œuvres, ou à la peine du confessionnal, en oubliant qu'elle est d'abord un retournement du cœur. Pour le détail de ces trois sens, voir Comment grandir dans la pénitence.

Un mot devenu suspect

La seconde difficulté est culturelle. Pour l'oreille contemporaine, « pénitence » sonne comme une punition : le mot évoque l'enfant mis au coin, le châtiment, la dette à acquitter. On l'entend à travers le vocabulaire pénal et psychologique de la « culpabilité », si bien que « faire pénitence » devient suspect — soit parce qu'on y voit une religion de la peur et du mérite, soit parce qu'on y flaire un reste de masochisme religieux qu'une foi adulte devrait avoir dépassé.

Cette suspicion repose sur un contresens. La pénitence chrétienne ne naît pas de la peur de Dieu mais de la découverte de son amour : « c'est en découvrant la grandeur de l'amour de Dieu que notre cœur est ébranlé par l'horreur et le poids du péché »[9]. Le mouvement n'est pas « je me punis pour mériter d'être repris », mais « je reviens parce que je suis déjà attendu ». C'est tout le sens de la parabole que Jésus a placée au cœur de son enseignement sur la conversion, celle du fils prodigue, « dont le centre est le père miséricordieux »[10]. La pénitence est le chemin du retour d'un fils, non la peine d'un condamné.

Les erreurs sur la nature de la pénitence

« Faire pénitence, c'est d'abord se priver et se mortifier »

L'œuvre extérieure ne devient pénitence chrétienne que lorsqu'elle procède de la conversion du cœur. Infographie originale Ignispedia créée par IA. Sources : CEC § 1430 ; Joël 2, 13.

L'erreur. Dans l'imaginaire commun, la pénitence se mesure à ce dont on se prive : un carême réussi, c'est un jeûne tenu, un plaisir abandonné, un effort physique consenti. On juge la pénitence à son extériorité visible.

Pourquoi elle séduit. Parce que l'extérieur est mesurable et rassurant. Une privation se compte, se planifie, se coche ; la conversion du cœur, elle, ne se laisse ni mesurer ni cocher. On préfère un programme à un retournement.

Pourquoi c'est faux. Parce que c'est exactement renverser l'ordre que pose l'Évangile. « L'appel de Jésus à la conversion et à la pénitence ne vise pas d'abord des œuvres extérieures […] mais la conversion du cœur, la pénitence intérieure. Sans elle, les œuvres de pénitence restent stériles et mensongères »[11]. Le prophète Joël l'avait déjà crié : « Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements »[12]. Une mortification sans conversion n'est pas une pénitence : c'est une performance, et parfois une vanité.

Ce que l'Église enseigne. Les œuvres extérieures sont bonnes et nécessaires — « la conversion intérieure pousse à l'expression de cette attitude en des signes visibles »[13] —, mais comme fruit, jamais comme racine. Le corps suit le cœur ; il ne le remplace pas. Pour la juste pratique du jeûne et de l'aumône comme œuvres pénitentielles, voir Les erreurs fréquentes concernant le jeûne et Les erreurs fréquentes concernant l'aumône.

« La pénitence, c'est se punir pour payer ses fautes »

L'erreur. Faire pénitence, ce serait s'infliger une peine équivalente à la faute, comme on rembourse une dette : tant de péchés, tant de souffrance volontaire, et le compte est soldé.

Pourquoi elle séduit. Parce qu'elle flatte un instinct profond — celui de se racheter soi-même. Il est plus supportable de payer que de recevoir : payer laisse l'orgueil intact, tandis que recevoir gratuitement humilie. La logique comptable rassure ; la grâce déconcerte.

Pourquoi c'est faux. Parce qu'aucun homme ne « paye » ses péchés par ses propres forces. Le concile de Trente est formel : « cette satisfaction, que nous acquittons pour nos péchés, n'est pas nôtre de telle sorte qu'elle ne soit pas par Jésus-Christ ; en effet nous qui, de nous-mêmes, ne pouvons rien qui vienne de nous, avec l'aide de celui qui nous rend forts, nous pouvons tout »[14]. Nos pénitences n'ajoutent rien à la Croix, qui seule expie ; elles nous y configurent. « De telles pénitences aident à nous configurer au Christ qui, seul, a expié pour nos péchés une fois pour toutes »[15].

Ce que l'Église enseigne. La satisfaction n'est pas un paiement mais une guérison et une conformation au Christ. Les peines volontaires « écartent grandement du péché, retiennent comme un frein, et rendent les pénitents plus prudents »[16] ; elles ne rachètent pas, elles soignent et fortifient. C'est pourquoi « toute notre gloire est dans le Christ […] en qui nous satisfaisons, en faisant de dignes fruits de pénitence »[17]. Sur la dimension de réparation des torts causés au prochain, voir Les erreurs fréquentes concernant la réparation.

« La pénitence est une chose triste, contraire à la joie chrétienne »

L'erreur. La pénitence serait l'envers de la joie : une religion de la mine basse, du remords entretenu, de la tristesse cultivée comme une vertu. Un chrétien « joyeux » devrait donc s'en méfier.

Pourquoi elle séduit. Parce qu'une caricature ancienne — la dévotion crispée, scrupuleuse, doloriste — a réellement existé, et qu'on confond la vertu avec sa contrefaçon. Et parce que la joie facile préfère ignorer ce qui la dérange.

Pourquoi c'est faux. Parce que la pénitence n'a rien à voir avec l'aigreur ou l'agitation intérieure. Saint François de Sales, maître de la douceur, l'enseigne avec netteté :

« Faut-il fuir le mal, il faut que ce soit paisiblement, sans nous troubler ; car autrement, en fuyant, nous pourrions tomber […]. Même la pénitence, il faut la faire paisiblement. » — Saint François de Sales, Œuvres complètes[18]

La tristesse selon Dieu n'est pas la tristesse du monde : « une tristesse vécue selon Dieu produit un repentir qui mène au salut, sans causer de regrets, tandis que la tristesse selon le monde produit la mort »[19]. La première est libératrice ; la seconde ronge.

Ce que l'Église enseigne. La pénitence débouche sur la joie, parce qu'elle est un retour, et que le retour est une fête. Le Catéchisme décrit la conversion du fils prodigue comme l'entrée dans « cette vie nouvelle, pure, digne, pleine de joie qu'est la vie de l'homme qui revient à Dieu »[20]. La pénitence n'éteint pas la joie : elle la rend possible en ôtant ce qui l'étouffait.

Les erreurs sur la place de la pénitence dans la vie chrétienne

« La pénitence, c'est l'affaire du Carême »

La pénitence n'est pas une parenthèse du Carême : elle accompagne toute la seconde conversion du baptisé. Infographie originale Ignispedia créée par IA. Sources : CEC §§ 1428, 1435 et 1438.

L'erreur. Faire pénitence serait une parenthèse saisonnière : quarante jours par an, le temps d'un effort, puis l'on referme la parenthèse jusqu'au carême suivant.

Pourquoi elle séduit. Parce qu'une pénitence à durée déterminée est plus confortable qu'un état permanent. On la borne pour ne pas en être habité.

Pourquoi c'est faux. Parce que la conversion n'est pas un épisode mais une condition de toute la vie baptismale. Le Catéchisme parle d'une « seconde conversion » qui est « une tâche ininterrompue pour toute l'Église »[21]. Le concile de Trente va jusqu'à dire que toute la vie chrétienne « doit être une pénitence perpétuelle »[22]. Le carême n'est pas la pénitence : il en est le temps fort, le rappel annuel, l'exercice intensifié[23].

Ce que l'Église enseigne. Les temps liturgiques pénitentiels — le carême, chaque vendredi en mémoire de la Passion — sont des « moments forts de la pratique pénitentielle de l'Église »[24], précisément parce qu'ils nourrissent une conversion qui, elle, ne s'interrompt jamais. « Prendre sa croix, chaque jour, et suivre Jésus est le chemin le plus sûr de la pénitence »[25].

« La pénitence, c'est pour les moines et les grands pécheurs »

L'erreur. La pénitence serait réservée à une élite spirituelle — les religieux, les ascètes, les convertis spectaculaires — ou à ceux qui ont commis de lourdes fautes. Le chrétien ordinaire, sans crime notable, n'aurait pas grand-chose à « faire pénitence ».

Pourquoi elle séduit. Parce qu'elle dispense. En reléguant la pénitence aux héros et aux grands pécheurs, on s'en exempte commodément soi-même.

Pourquoi c'est faux. Parce que l'appel à la conversion s'adresse à tous les baptisés, sans exception. « L'appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des chrétiens »[26] — non pas seulement dans celle des grands pécheurs, mais dans celle de quiconque porte encore en lui « la fragilité et la faiblesse de la nature humaine ». Saint Jean l'a écrit : « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous »[27]. Et Jésus, commentant deux faits divers de son temps, n'a fait aucune exception :

« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » — Jésus, Évangile selon saint Luc 13, 3[28]

Ce que l'Église enseigne. La pénitence quotidienne se vit « dans la vie quotidienne par des gestes de réconciliation, par le souci des pauvres, l'exercice et la défense de la justice […], la correction fraternelle, la révision de vie, l'examen de conscience […], l'acceptation des souffrances »[29]. Autant de chemins ouverts à tout chrétien, dans l'état où il se trouve, sans qu'il faille entrer au cloître ni avoir une grande chute à pleurer.

« Depuis le concile, la pénitence est dépassée »

L'erreur. Le mot « pénitence », les pratiques pénitentielles, l'esprit de mortification appartiendraient à un catholicisme d'avant Vatican II, que l'Église aurait discrètement abandonné. En parler serait nostalgique, voire suspect.

Pourquoi elle séduit. Parce qu'un climat culturel hostile à toute idée d'effort et de renoncement trouve commode de baptiser sa propre tiédeur du nom de « renouveau conciliaire ».

Pourquoi c'est faux. Parce que le Catéchisme promulgué après le concile consacre une section entière aux « multiples formes de la pénitence dans la vie chrétienne »[30] et maintient, droit canonique à l'appui, les temps et jours pénitentiels de l'Église[31]. Le concile de Trente avait d'ailleurs déjà repéré et condamné cette tentation sous une autre forme : celle des « novateurs » qui « enseignent […] que la meilleure pénitence est une vie nouvelle » et « suppriment toute force propre à la satisfaction »[32]. Substituer un vague « vivre mieux » à la pénitence réelle n'est pas une nouveauté conciliaire : c'est une erreur ancienne, déjà réfutée.

Ce que l'Église enseigne. Loin d'être abolie, la pénitence demeure une « tâche ininterrompue »[33]. Le concile Vatican II lui-même la décrit comme un effort que l'Église « poursuit constamment » : elle est « à la fois sainte et appelée à se purifier » (Lumen gentium 8, cité au CEC § 1428).

Les erreurs autour du sacrement et de la satisfaction

« Faire pénitence, c'est simplement aller se confesser »

L'absolution pardonne le péché ; la satisfaction contribue à réparer les désordres qu'il a causés. Infographie originale Ignispedia créée par IA. Sources : CEC §§ 1423 et 1459-1460 ; Trente, DS 1690-1691.

L'erreur. « Faire pénitence » et « aller à confesse » seraient une seule et même chose : la pénitence se réduirait à la démarche sacramentelle, une fois accomplie le devoir est rempli.

Pourquoi elle séduit. Parce qu'elle ramène la conversion à un geste ponctuel et localisé — un quart d'heure au confessionnal — au lieu d'un mouvement de toute la vie.

Pourquoi c'est faux. Parce que le sacrement « consacre » une démarche de conversion qui le précède et le prolonge : il « consacre une démarche personnelle et ecclésiale de conversion, de repentir et de satisfaction »[34]. La conversion du cœur n'est pas l'effet automatique de l'absolution ; elle en est la condition vivante et le fruit à entretenir. On peut se confesser sans se convertir, et l'on doit se convertir bien au-delà de la confession.

Ce que l'Église enseigne. Le sacrement est le lieu où la pénitence intérieure trouve son accomplissement et sa certitude — « la conversion et la pénitence quotidiennes trouvent leur source et leur nourriture dans l'Eucharistie »[35], et leur pardon dans le sacrement de Réconciliation — mais il ne dispense pas de la conversion permanente qu'il suppose. Sur la pratique régulière de l'aveu et ses contresens propres, voir Les erreurs fréquentes concernant la confession régulière.

« La pénitence donnée par le prêtre est une simple formalité »

L'erreur. La « pénitence » prescrite à la fin de la confession — quelques prières, un geste de charité — serait un rituel symbolique sans grande portée, qu'on expédie distraitement.

Pourquoi elle séduit. Parce que, l'absolution étant déjà reçue, la satisfaction paraît superflue : le pardon est acquis, le reste semble accessoire.

Pourquoi c'est faux. Parce que l'absolution efface la faute sans réparer d'un coup tous ses effets. « L'absolution enlève le péché, mais elle ne remédie pas à tous les désordres que le péché a causés. Relevé du péché, le pécheur doit encore recouvrer la pleine santé spirituelle. Il doit donc faire quelque chose de plus pour réparer ses péchés »[36]. La pénitence sacramentelle n'est pas une amende symbolique : elle « doit correspondre autant que possible à la gravité et à la nature des péchés commis » et chercher « le bien spirituel » du pénitent[37].

Ce que l'Église enseigne. La satisfaction prolonge la guérison commencée par l'absolution : prière, offrande, œuvres de miséricorde, service du prochain, « et surtout […] l'acceptation patiente de la croix que nous devons porter »[38]. Une pénitence reçue avec sérieux est un acte de configuration au Christ, non une corvée à liquider. Pour la pénitence imposée et son sens, voir La pénitence imposée.

« L'absolution efface tout : la satisfaction est inutile »

L'erreur. Puisque le pardon de Dieu est gratuit et total, exiger une « satisfaction » serait douter de la miséricorde, voire la marchander. La vraie foi consisterait à recevoir le pardon et à n'y plus rien ajouter.

Pourquoi elle séduit. Parce qu'elle a l'apparence d'un plus grand respect de la grâce. C'est exactement l'argument « sous couvert de piété » que le concile de Trente avait identifié au XVIᵉ siècle.

Pourquoi c'est faux. Parce que le concile le déclare « totalement faux et contraire à la Parole de Dieu de dire que la faute n'est jamais remise par le Seigneur sans que la peine entière soit aussi gracieusement remise »[39]. L'Écriture elle-même en témoigne : David, pardonné de son péché, en porte néanmoins la peine (2 S 12, 13-14). Supprimer la satisfaction n'honore pas la grâce : cela traite le péché comme s'il n'avait laissé aucune blessure. Saint Basile le rappelait dès le IVᵉ siècle :

« À ceux qui font pénitence, il ne suffit pas, pour être sauvés, de s'éloigner du péché ; mais il leur faut encore produire de dignes fruits de la pénitence. » — Saint Basile de Césarée[40]

C'est l'écho exact de Jean-Baptiste au bord du Jourdain : « Produisez donc des fruits qui expriment votre conversion »[41].

Ce que l'Église enseigne. La satisfaction n'enlève rien à la gratuité du pardon : elle en est le fruit reconnaissant, accompli « par le Christ » et non sans lui[42]. Refuser toute pénitence après le pardon, c'est tomber dans l'erreur que Trente nomme par son nom — celle qui réduit « la meilleure pénitence » à une vague « vie nouvelle » sans œuvres[43].

Les erreurs sur l'esprit de la pénitence

« Plus c'est dur, plus ça vaut »

Une pénitence n'est pas meilleure parce qu'elle est plus dure : prudence, adaptation et charité en règlent la valeur. Infographie originale Ignispedia créée par IA. Sources : CEC § 1460 ; Catherine de Sienne, Dialogues, Traité de la Discrétion, ch. IX.

L'erreur. La valeur d'une pénitence se mesurerait à sa rigueur : plus la mortification est dure, plus elle plaît à Dieu. Le summum serait l'exploit ascétique.

Pourquoi elle séduit. Parce que la dureté donne une preuve tangible de générosité, et flatte secrètement le désir d'être un grand spirituel. C'est l'orgueil déguisé en ferveur.

Pourquoi c'est faux. Parce que la pénitence n'est qu'un moyen ordonné à la charité, jamais une fin en soi. Le Père éternel l'enseigne à sainte Catherine de Sienne en des termes d'une grande liberté :

« La vertu est le but principal ; la pénitence n'est qu'un moyen pour l'atteindre, et il faut toujours l'employer dans la seule mesure du possible. En s'appuyant trop sur la pénitence, on nuit à sa perfection, parce qu'on ne suit pas la lumière de la connaissance de soi-même et de ma souveraine bonté. » — Sainte Catherine de Sienne, Le Livre des Dialogues[44]

Une pénitence excessive, choisie pour elle-même, peut donc « nuire à la perfection » : elle ruine la santé, brise la douceur, et nourrit l'illusion d'avancer.

Ce que l'Église enseigne. La mesure de la pénitence n'est pas la souffrance maximale, mais la charité et la prudence. C'est pourquoi la pénitence sacramentelle elle-même « doit tenir compte de la situation personnelle du pénitent »[45], et non écraser sous le poids. Pour les deux dérives symétriques — le rigorisme qui désespère et la fausse pénitence qui ne se convertit pas —, voir Comment grandir dans la pénitence.

« La pénitence se mesure à ce qu'elle coûte »

L'erreur. Une bonne pénitence serait celle qui coûte le plus : on jugerait sa valeur à l'effort fourni, indépendamment de ce que Dieu demande réellement ici et maintenant.

Pourquoi elle séduit. Parce qu'elle laisse l'initiative à soi : c'est moi qui choisis ma pénitence, moi qui en fixe le prix, moi qui me félicite de l'avoir payé. La volonté propre reste maîtresse.

Pourquoi c'est faux. Parce que la valeur d'une œuvre pénitentielle ne tient pas à son coût mais à sa conformité à la volonté de Dieu. Saint Alphonse de Liguori est catégorique :

« Nos œuvres, pénitences, communions, aumônes, ne plaisent au Seigneur qu'à la condition d'être en conformité avec sa divine volonté ; autrement, ce ne sont plus des œuvres de vertu, mais des œuvres défectueuses et dignes de châtiment. » — Saint Alphonse de Liguori, Préparation à la mort[46]

La première pénitence n'est souvent pas celle qu'on se choisit, mais celle qu'on reçoit : « l'acceptation patiente de la croix que nous devons porter »[47], les contrariétés du jour, la maladie, l'épreuve non choisie. Le concile de Trente le souligne : « les épreuves temporelles infligées par Dieu et supportées par nous dans la patience » sont la « plus grande marque d'amour » et peuvent satisfaire pour nos péchés[48].

Ce que l'Église enseigne. La meilleure pénitence n'est pas la plus coûteuse mais la plus ajustée à ce que Dieu demande : faite par amour, dans l'obéissance, et reçue de sa main avant d'être inventée par la nôtre.

« Faire pénitence, c'est se mépriser »

La pénitence conduit à la vérité et à la miséricorde, jamais au dégoût de soi ni au désespoir. Infographie originale Ignispedia créée par IA. Sources : CEC §§ 1431 et 1439 ; Luc 15, 18.

L'erreur. Se repentir, ce serait s'abaisser, ressasser ses fautes, entretenir une mauvaise estime de soi — comme si la haine de soi était la preuve d'une pénitence sincère.

Pourquoi elle séduit. Parce que le mépris de soi imite la contrition et donne l'impression d'une grande humilité. Le scrupule a toujours l'air plus pieux que la paix.

Pourquoi c'est faux. Parce que la pénitence vise le péché, non la personne ; elle déteste le mal commis et aime le pécheur que Dieu veut relever. Le ressassement et le trouble durable ne sont pas des fruits de la grâce mais des pièges, contre lesquels saint François de Sales met en garde : il faut un repentir « paisible », jamais « aigri »[49]. Le mépris de soi enferme dans le passé ; la vraie pénitence ouvre l'avenir, car elle « comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l'espérance de la miséricorde divine »[50].

Ce que l'Église enseigne. La douleur du péché est tournée vers la miséricorde, non vers le désespoir de soi. Le malentendu rejoint ici de près les contresens sur la contrition : pour les distinguer en détail — contrition contre culpabilité, douleur contre émotion, repentir contre mépris de soi —, voir Les erreurs fréquentes concernant la contrition.

Ce que l'Église appelle vraiment « faire pénitence »

Bartolomé Esteban Murillo, Le Retour du fils prodigue, 1667-1670, National Gallery of Art, Washington. Wikimedia Commons — CC0 1.0.

Au terme de ce parcours, la pénitence apparaît à l'exact opposé de ses caricatures. Elle n'est ni une punition qu'on s'inflige, ni d'abord une privation corporelle, ni une humeur triste, ni une formalité du confessionnal, ni une coutume désuète. Elle est le retour du cœur vers Dieu : une « réorientation radicale de toute la vie »[51] qui s'exprime ensuite en œuvres, qui s'achève dans le sacrement, et qui dure autant que la vie elle-même. Son visage n'est pas celui d'un condamné qui paye, mais celui d'un fils qui se lève : « Je me lèverai, j'irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et envers toi »[52].

Faire pénitence, ce n'est donc pas désespérer de soi : c'est faire confiance à un Dieu qui « ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais […] veut que tous parviennent à la conversion »[53]. C'est entendre le premier mot de l'Évangile non comme une menace, mais comme une promesse : il est encore temps de revenir, et la maison du Père est en fête pour ceux qui reviennent.

« Et maintenant — oracle du Seigneur — revenez à moi de tout votre cœur […]. Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d'amour. » — Joël 2, 12-13[54]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Évangile selon saint Matthieu 4, 17, traduction liturgique officielle (AELF) : « À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : "Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche." » Le verbe grec metanoeîte (« changez de cœur, d'esprit ») est rendu par la Vulgate latine par « pænitentiam agite » (« faites pénitence »), d'où le mot français pénitence. Même appel chez Jean-Baptiste (Mt 3, 2) et chez Jésus selon saint Marc : « Convertissez-vous et croyez à l'Évangile » (Mc 1, 15).

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  2. Catéchisme de l'Église catholique, § 1430 : « Comme déjà chez les prophètes, l'appel de Jésus à la conversion et à la pénitence ne vise pas d'abord des œuvres extérieures, "le sac et la cendre", les jeûnes et les mortifications, mais la conversion du cœur, la pénitence intérieure. Sans elle, les œuvres de pénitence restent stériles et mensongères ; par contre, la conversion intérieure pousse à l'expression de cette attitude en des signes visibles, des gestes et des œuvres de pénitence » (cf. Jl 2, 12-13 ; Is 1, 16-17 ; Mt 6, 1-6.16-18).

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  3. Catéchisme de l'Église catholique, § 1431 : « La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l'espérance de la miséricorde divine et la confiance en l'aide de sa grâce. »

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  4. Catéchisme de l'Église catholique, § 1434 : « La pénitence intérieure du chrétien peut avoir des expressions très variées. L'Écriture et les Pères insistent surtout sur trois formes : le jeûne, la prière, l'aumône, qui expriment la conversion par rapport à soi-même, par rapport à Dieu et par rapport aux autres » (cf. Tb 12, 8 ; Mt 6, 1-18). Titre de la section V : « Les multiples formes de la pénitence dans la vie chrétienne. »

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  5. Catéchisme de l'Église catholique, § 1459 : « L'absolution enlève le péché, mais elle ne remédie pas à tous les désordres que le péché a causés » (cf. concile de Trente : DS 1712). « Relevé du péché, le pécheur doit encore recouvrer la pleine santé spirituelle. Il doit donc faire quelque chose de plus pour réparer ses péchés : il doit "satisfaire" de manière appropriée ou "expier" ses péchés. Cette satisfaction s'appelle aussi "pénitence". »

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  6. Catéchisme de l'Église catholique, § 1423 : le sacrement « est appelé sacrement de conversion puisqu'il réalise sacramentellement l'appel de Jésus à la conversion […]. Il est appelé sacrement de Pénitence puisqu'il consacre une démarche personnelle et ecclésiale de conversion, de repentir et de satisfaction du chrétien pécheur. » Le § 1424 ajoute les noms de confession, de pardon et de Réconciliation.

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  7. Catéchisme de l'Église catholique, § 1432 : « C'est en découvrant la grandeur de l'amour de Dieu que notre cœur est ébranlé par l'horreur et le poids du péché et qu'il commence à craindre d'offenser Dieu par le péché et d'être séparé de lui. » La conversion est « d'abord une œuvre de la grâce de Dieu » : « Convertis-nous, Seigneur, et nous serons convertis » (Lm 5, 21).

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  8. Catéchisme de l'Église catholique, § 1439 : le mouvement de la conversion « a été merveilleusement décrit par Jésus dans la parabole dite "du fils prodigue" dont le centre est "le père miséricordieux" » (Lc 15, 11-24). « La belle robe, l'anneau et le banquet de fête sont des symboles de cette vie nouvelle, pure, digne, pleine de joie qu'est la vie de l'homme qui revient à Dieu et au sein de sa famille, qui est l'Église. »

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  9. Joël 2, 12-13, traduction liturgique officielle (AELF) : « Et maintenant — oracle du Seigneur — revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d'amour, renonçant au châtiment. » Verset cité par le CEC § 1430 pour fonder la priorité de la pénitence intérieure sur les signes extérieurs.

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  10. Concile de Trente, Session XIV, ch. 8 (DS 1691) : « Mais cette satisfaction, que nous acquittons pour nos péchés, n'est pas nôtre de telle sorte qu'elle ne soit pas par Jésus-Christ ; en effet nous qui, de nous-mêmes, ne pouvons rien qui vienne de nous, avec l'aide de celui qui nous rend forts, nous pouvons tout (Ph 4, 13). Ainsi l'homme n'a rien dont il se glorifie, mais toute notre glorification est dans le Christ […] en qui nous satisfaisons, faisant de dignes fruits de pénitence (Lc 3, 8). »

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  11. Catéchisme de l'Église catholique, § 1460 : « La pénitence que le confesseur impose doit tenir compte de la situation personnelle du pénitent et doit chercher son bien spirituel. […] Elle peut consister dans la prière, une offrande, dans les œuvres de miséricorde, le service du prochain, dans des privations volontaires, des sacrifices, et surtout dans l'acceptation patiente de la croix que nous devons porter. De telles pénitences aident à nous configurer au Christ qui, seul, a expié pour nos péchés une fois pour toutes » (cf. Rm 3, 25 ; 1 Jn 2, 1-2 ; concile de Trente : DS 1690).

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  12. Concile de Trente, Session XIV, ch. 8 (DS 1690) : les peines expiatoires « écartent grandement du péché, retiennent comme un frein, et rendent les pénitents plus prudents et plus vigilants pour l'avenir ; elles sont aussi un remède pour les séquelles du péché ». « En souffrant lorsque nous satisfaisons pour nos péchés, nous devenons conformes au Christ Jésus qui a satisfait pour nos péchés » (cf. Rm 5, 10 ; 1 Jn 2, 1-2 ; Rm 8, 17).

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  13. Saint François de Sales (1567-1622), Œuvres complètes, XVI, p. 130-131 : « Faut-il fuir le mal, il faut que ce soit paisiblement, sans nous troubler ; car autrement, en fuyant, nous pourrions tomber, et donner loisir à l'ennemi de nous tuer… Même la pénitence, il faut la faire paisiblement. » Le docteur de la douceur enseigne que le trouble et l'agitation gâtent la pénitence au lieu de la perfectionner.

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  14. Deuxième lettre aux Corinthiens 7, 10, traduction liturgique officielle (AELF) : « Car une tristesse vécue selon Dieu produit un repentir qui mène au salut, sans causer de regrets, tandis que la tristesse selon le monde produit la mort. » Distinction paulinienne entre la tristesse surnaturelle qui convertit et le regret stérile qui ronge.

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  15. Catéchisme de l'Église catholique, § 1428 : « L'appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des chrétiens. Cette seconde conversion est une tâche ininterrompue pour toute l'Église qui "enferme des pécheurs dans son propre sein" et qui "est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement" » (citant Lumen gentium 8). Distinction entre la première conversion (le Baptême) et la seconde, permanente.

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  16. Concile de Trente, Session XIV, préambule de la Doctrine sur le sacrement de l'extrême-onction (DS 1694) : l'extrême-onction est « la consommation non seulement du sacrement de la pénitence, mais aussi de toute la vie chrétienne, qui doit être une pénitence perpétuelle ». Formule classique de la tradition : la vie du chrétien tout entière est une conversion continuée.

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  17. Catéchisme de l'Église catholique, § 1438 : « Les temps et les jours de pénitence au cours de l'année liturgique (le temps du carême, chaque vendredi en mémoire de la mort du Seigneur) sont des moments forts de la pratique pénitentielle de l'Église » (cf. SC 109-110 ; CIC, can. 1249-1253). Ces temps sont propres aux « privations volontaires comme le jeûne et l'aumône, le partage fraternel ».

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  18. Catéchisme de l'Église catholique, § 1435 : « La conversion se réalise dans la vie quotidienne par des gestes de réconciliation, par le souci des pauvres, l'exercice et la défense de la justice et du droit […], par l'aveu des fautes aux frères, la correction fraternelle, la révision de vie, l'examen de conscience, la direction spirituelle, l'acceptation des souffrances, l'endurance de la persécution à cause de la justice. Prendre sa croix, chaque jour, et suivre Jésus est le chemin le plus sûr de la pénitence » (cf. Lc 9, 23).

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  19. Première lettre de saint Jean 1, 8, traduction liturgique officielle (AELF) : « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous. » L'appel à la conversion s'adresse à tous les baptisés, sans exception.

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  20. Évangile selon saint Luc 13, 3.5, traduction liturgique officielle (AELF) : « Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Jésus, commentant deux faits divers (les Galiléens massacrés par Pilate, les dix-huit morts de Siloé), refuse de faire des victimes de plus grands pécheurs et retourne l'avertissement contre tous ses auditeurs.

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  21. Concile de Trente, Session XIV, ch. 8 (DS 1692) : le concile reproche aux « novateurs » d'enseigner « que la meilleure pénitence est une vie nouvelle » de telle sorte qu'ils « suppriment toute force propre à la satisfaction et tout recours à celle-ci ». Le sacrement n'est pourtant pas « un tribunal de colères et de peines — ce qu'aucun catholique n'a jamais pensé » : la satisfaction n'obscurcit ni ne diminue « la force du mérite de notre Seigneur Jésus-Christ ».

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  22. Catéchisme de l'Église catholique, § 1436 : « La conversion et la pénitence quotidiennes trouvent leur source et leur nourriture dans l'Eucharistie, car en elle est rendu présent le sacrifice du Christ qui nous a réconciliés avec Dieu […] ; elle est l'antidote qui nous libère de nos fautes quotidiennes et nous préserve des péchés mortels » (cf. concile de Trente : DS 1638).

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  23. Concile de Trente, Session XIV (25 novembre 1551), Doctrine sur le sacrement de pénitence, ch. 8 « Nécessité et fruit de la satisfaction » (Denzinger-Schönmetzer 1689) : « Le saint concile déclare qu'il est totalement faux et contraire à la Parole de Dieu de dire que la faute n'est jamais remise par le Seigneur sans que la peine entière soit aussi gracieusement remise. On trouve, en effet, dans la sainte Écriture des exemples évidents et bien connus qui […] réfutent très manifestement cette erreur » (cf. Gn 3, 16-19 ; Nb 12, 14 ; Nb 20, 11 ; 2 S 12, 13-14).

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  24. Saint Basile de Césarée (v. 329-379), cité dans Petit recueil ascétique (Éditions de Bellefontaine, 2013, p. 96) : « À ceux qui font pénitence, il ne suffit pas, pour être sauvés, de s'éloigner du péché ; mais il leur faut encore produire de dignes fruits de la pénitence. » Écho patristique de Lc 3, 8 : la conversion ne s'arrête pas à l'abandon du mal, elle doit porter des fruits positifs.

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  25. Évangile selon saint Luc 3, 8, traduction liturgique officielle (AELF) : « Produisez donc des fruits qui expriment votre conversion. Ne commencez pas à vous dire : "Nous avons Abraham pour père." » Prédication de Jean-Baptiste au bord du Jourdain : la conversion du cœur doit porter des fruits visibles.

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  26. Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Le Livre des Dialogues, Traité de la Discrétion, ch. IX (paroles du Père éternel) : « La vertu est le but principal ; la pénitence n'est qu'un moyen pour l'atteindre, et il faut toujours l'employer dans la seule mesure du possible. En s'appuyant trop sur la pénitence, on nuit à sa perfection, parce qu'on ne suit pas la lumière de la connaissance de soi-même et de ma souveraine bonté, et qu'on n'obéit pas à la vérité. » La pénitence est subordonnée à la charité et réglée par la discrétion.

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  27. Saint Alphonse de Liguori (1696-1787), Préparation à la mort, 36ᵉ considération, premier point : « Nos œuvres, pénitences, communions, aumônes, ne plaisent au Seigneur qu'à la condition d'être en conformité avec sa divine volonté ; autrement, ce ne sont plus des œuvres de vertu, mais des œuvres défectueuses et dignes de châtiment. » La valeur d'une pénitence ne tient pas à son coût mais à sa conformité au vouloir de Dieu.

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  28. Concile de Trente, Session XIV, ch. 9 « Les œuvres satisfactoires » (DS 1693) : « Si étendue est la munificence divine que non seulement les peines que nous nous infligeons spontanément en châtiment du péché ou qui sont imposées par la volonté du prêtre selon la mesure de la faute, mais aussi (ce qui est la plus grande marque d'amour) que les épreuves temporelles infligées par Dieu et supportées par nous dans la patience, peuvent satisfaire auprès de Dieu le Père par le Christ Jésus. »

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  29. Évangile selon saint Luc 15, 18, traduction liturgique officielle (AELF) : « Je me lèverai, j'irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et envers toi. » La parabole du fils prodigue : la pénitence comme décision de se lever et de revenir vers le Père.

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  30. Deuxième lettre de saint Pierre 3, 9, traduction liturgique officielle (AELF) : « Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse […]. Il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. » La patience de Dieu est le temps offert à la pénitence.

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