Pourquoi l'Église parle-t-elle de vocation ?

Pourquoi l'Église parle-t-elle de vocation plutôt que de carrière ? Parce qu'à la racine de la vie chrétienne, il y a un Dieu qui appelle chacun par son nom : la vie n'est pas d'abord un projet que l'on construit, mais une réponse à un appel reçu.

Ignispedia

Quand un jeune annonce qu'il « cherche sa voie », le monde l'entend spontanément comme une question de métier, de réussite ou d'épanouissement personnel : que vais-je faire de ma vie, comment vais-je la réussir ? L'Église, elle, emploie un autre mot — un mot ancien, presque déroutant aujourd'hui : la vocation. Et ce mot n'est pas un synonyme religieux de « carrière ». Il dit quelque chose de bien plus radical : que la vie n'est pas d'abord un projet que je conçois seul, mais une parole qui m'est adressée.

Le terme le dit lui-même. Vocation vient du latin vocatio, « appel », de vocare, « appeler »[1]. Parler de vocation, c'est donc affirmer qu'il y a une voix — que quelqu'un appelle. Pour la foi catholique, cette voix est celle de Dieu, qui « appelle chacun de nous par son nom propre »[2]. Tout l'enjeu tient là : si la vie n'était qu'un hasard biologique sans destinataire, le mot vocation serait vide ; mais si, au commencement de mon existence, il y a un Dieu qui me veut, me connaît et m'appelle, alors ma vie est une réponse avant d'être un projet.

C'est pourquoi l'Église ne « parle pas de vocation » comme d'un thème parmi d'autres : elle dit par là le cœur de sa vision de l'homme. Avant toute morale, avant tout devoir, il y a un don et un appel. Et cet appel se déploie à trois niveaux que l'on prendra soin de distinguer : une vocation fondamentale, commune à tous les baptisés — l'appel à la sainteté ; des vocations particulières — le mariage, la vie consacrée, le sacerdoce, le célibat ; et une vocation personnelle — la mission unique que Dieu confie à chacun et à nul autre.

Cet article explique pourquoi ce langage de l'appel est central, ce qu'il présuppose sur Dieu et sur l'homme, et comment il structure toute la vie chrétienne. Il ne traite pas du discernement pratique — « comment savoir à quoi je suis appelé ? » —, qui fait l'objet de l'article Comment discerner sa vocation ?.

Que veut dire « vocation » ?

Avant de répondre au pourquoi, il faut redonner au mot son poids. Car la difficulté contemporaine vient d'abord d'un malentendu : on entend « vocation » comme un superlatif de « passion » ou de « métier de rêve ». La tradition chrétienne entend tout autre chose.

Vocatio : être appelé par une voix

Le mot porte sa définition dans sa racine. Vocatio dérive de vocare (« appeler »), lui-même formé sur vox, vocis (« la voix »)[3]. Une vocation, au sens propre, c'est donc le fait d'être appelé par une voix. Le premier sens attesté en français, dès le Moyen Âge, est précisément religieux : l'« appel de Dieu » adressé à une personne[4].

Le Nouveau Testament emploie le terme grec klēsis (κλῆσις), « l'appel », dérivé du verbe kaleō (καλέω, « appeler ») ; les chrétiens y sont appelés klētoi (κλητοί), « les appelés »[5]. Saint Paul ne se présente jamais comme un homme qui a choisi une carrière religieuse : il est « appelé à être apôtre » (Rm 1, 1), et il exhorte les chrétiens à « mener une vie digne de l'appel » reçu (Ep 4, 1)[6]. Le vocabulaire est constant : à l'origine de la vie chrétienne, il y a un verbe à la voix passive — être appelé —, jamais un simple verbe actif — se choisir.

Une vocation n'est pas une carrière ni un simple choix

De là vient la distinction décisive, et c'est elle qui justifie tout le langage de l'Église. Une carrière se construit ; une vocation se reçoit. Un projet part de moi ; un appel vient d'un autre. Le tableau suivant résume ce déplacement, qui n'est pas une nuance de mots mais un changement de regard sur l'existence.

La culture courante parle de…L'Église parle de vocation parce que…
Un choix que je faisUn appel que je reçois d'un Autre
Une carrière à réussirUne mission à accomplir
M'épanouir moi-mêmeMe donner dans l'amour
Une vie que je fabriqueUne vie qui m'est confiée
Trouver ma voieRépondre à une voix
Infographie — du latin vox (la voix) à vocatio (l'appel) et au grec klēsis : la vocation comme parole reçue. Composition originale Ignispedia.

Cela ne signifie pas que le choix et la liberté n'ont aucune part — on verra qu'ils en ont une, immense. Mais l'ordre des choses est inversé. Dans la logique de la vocation, je ne pars pas de moi pour aboutir à un projet ; je pars d'un appel qui m'est adressé pour y répondre librement. La question chrétienne n'est donc pas seulement « que veux-je faire de ma vie ? », mais d'abord « qu'est-ce que Dieu attend de moi, lui qui m'a voulu et appelé ? »

Quelle image de Dieu et de l'homme ce mot suppose-t-il ?

Parler de vocation engage donc deux convictions inséparables. La première porte sur Dieu : il n'est pas une force impersonnelle, une « énergie », un principe abstrait, mais quelqu'un qui parle et appelle par un nom. Un Dieu qui appelle est un Dieu personnel, qui connaît, qui veut, qui s'adresse. La seconde porte sur l'homme : il n'est pas un produit du hasard sommé de se justifier lui-même, mais un être attendu, voulu, destinataire d'une parole. C'est pourquoi le Catéchisme ouvre son tout premier paragraphe non par une loi, mais par un appel :

« Dieu, infiniment Parfait et Bienheureux en Lui-même, dans un dessein de pure bonté, a librement créé l'homme pour le faire participer à sa vie bienheureuse. […] Il l'appelle, l'aide à Le chercher, à Le connaître et à L'aimer de toutes ses forces. » — Catéchisme de l'Église catholique, nº 1[7]

Tout est déjà là. La première vérité que l'Église énonce sur l'homme, c'est qu'il est appelé — « créé pour participer à la vie bienheureuse » de Dieu. Le langage de la vocation n'est donc pas une spécialité pour séminaristes : c'est la grammaire même de l'anthropologie chrétienne.

Un Dieu qui appelle : le fondement biblique

Si l'Église parle de vocation, c'est d'abord parce que toute la Bible la précède sur ce terrain. D'un bout à l'autre de l'Écriture, Dieu se révèle comme celui qui appelle — et l'histoire du salut n'est rien d'autre que la longue suite de ces appels et des réponses qu'ils suscitent.

« Je t'ai appelé par ton nom » : l'appel dans l'Ancien Testament

Le Dieu de la Bible n'attend pas que les hommes le cherchent : il prend l'initiative et appelle. Il appelle Abram et le fait sortir de son pays vers une terre inconnue (Gn 12, 1)[8]. Il appelle Moïse du milieu du buisson ardent, par son nom répété : « Moïse ! Moïse ! » (Ex 3, 4)[9]. Il appelle Samuel enfant, dans la nuit du Temple (1 S 3)[10]. Il appelle Isaïe, qui répond : « Me voici : envoie-moi » (Is 6, 8)[11].

Surtout, cet appel est présenté comme antérieur à la personne elle-même. À Jérémie, Dieu déclare :

« Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t'ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations. » — Livre de Jérémie 1, 5[12]

L'appel ne vient donc pas couronner une vie déjà faite : il en est la source. Et il atteint son sommet dans la parole d'Isaïe que la tradition lit comme le cœur de toute vocation :

« Ne crains pas, car je t'ai racheté, je t'ai appelé par ton nom, tu es à moi. » — Livre d'Isaïe 43, 1[13]

Appeler par son nom : voilà l'expression décisive. Dieu n'appelle pas une foule anonyme, il appelle des personnes, une à une, par ce qu'elles ont de plus unique. C'est exactement ce que Jean-Paul II rappellera vingt-cinq siècles plus tard : « Dieu, en effet, a pensé à nous de toute éternité et Il nous a aimés comme des personnes uniques et irremplaçables, appelant chacun de nous par son nom propre, comme le Bon Pasteur […] »[14].

« Venez à ma suite » : l'appel du Christ

Le Nouveau Testament reprend et intensifie cette logique. Le ministère de Jésus commence par des appels. Au bord du lac, il dit à des pêcheurs : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes » — et « aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent » (Mt 4, 19-20)[15]. Pour constituer les Douze, saint Marc note un détail capital : Jésus « appela ceux qu'il voulait » (Mc 3, 13)[16]. L'initiative est entièrement de son côté.

Jésus le dira sans détour à ses disciples, renversant l'idée d'une carrière religieuse choisie :

« Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » — Évangile selon saint Jean 15, 16[17]

« La Vocation de saint Matthieu », Le Caravage, 1599-1600 (Rome). Le doigt du Christ désigne le publicain : Dieu appelle l'homme là où il est. Domaine public, Wikimedia Commons.

Cette phrase est la charte de toute vocation chrétienne. Avant tout mérite, avant toute démarche, il y a un choix de Dieu. Le disciple ne s'est pas recruté lui-même : il a été appelé, et sa réponse n'est que l'écho d'une parole première.

L'appel précède le mérite : la gratuité de la grâce

Cette antériorité de l'appel a un nom théologique : la gratuité. Dieu n'appelle pas parce que l'homme l'a mérité ; il appelle par pure bonté, et c'est l'appel qui rend l'homme capable d'y répondre. Saint Paul le formule avec une force particulière :

« Dieu nous a sauvés, il nous a appelés à une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. » — Deuxième lettre à Timothée 1, 9[18]

La même idée traverse l'épître aux Éphésiens — « il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints » (Ep 1, 4)[19] — et la lettre aux Romains, qui décrit toute la chaîne du salut comme une suite d'appels : « ceux qu'il avait destinés d'avance, il les a aussi appelés ; ceux qu'il a appelés, il en a fait des justes » (Rm 8, 30)[20]. La vocation n'est donc pas un effort de l'homme pour s'élever vers Dieu : c'est l'œuvre de Dieu qui descend vers l'homme pour l'appeler. C'est pourquoi l'on peut dire que la vocation est « un don de la grâce divine, et jamais un droit de l'homme »[21].

La vocation fondamentale : tous appelés à la sainteté

On touche ici la raison la plus profonde pour laquelle l'Église parle de vocation : avant même qu'il soit question de mariage, de sacerdoce ou de vie religieuse, tout être humain est appelé. Cet appel premier et universel a un contenu précis : la sainteté, c'est-à-dire l'union à Dieu.

L'homme est créé pour Dieu : la vocation à la béatitude

La Bible et la tradition affirment que l'homme n'est pas son propre but. Il est fait pour un Autre. Le Catéchisme l'énonce avec netteté : « l'homme a été créé pour servir et aimer Dieu et pour Lui offrir toute la création »[22]. Cette ordination de l'homme vers Dieu, c'est précisément sa vocation première :

« La vocation de l'humanité est de manifester l'image de Dieu et d'être transformée à l'image du Fils Unique du Père. Cette vocation revêt une forme personnelle, puisque chacun est appelé à entrer dans la béatitude divine. » — Catéchisme de l'Église catholique, nº 1877[23]

Avant toute distinction d'état de vie, « tous les hommes sont appelés à la même fin, Dieu lui-même »[24]. La dignité de la personne humaine elle-même, dit le Catéchisme, « s'accomplit dans sa vocation à la béatitude divine »[25]. Voilà pourquoi l'Église ne peut pas ne pas parler de vocation : ce serait taire ce pour quoi l'homme existe. C'est aussi pourquoi le concile Vatican II affirme que le Christ, « dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l'homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation »[26] : sans le Christ, l'homme ne sait même pas à quoi il est appelé.

Le tournant de Vatican II : la vocation universelle à la sainteté

Pendant des siècles, une perception réductrice s'était répandue dans l'esprit de beaucoup de fidèles : la sainteté, la « perfection », la vie spirituelle sérieuse seraient l'affaire des prêtres et des religieux — les laïcs, eux, n'auraient qu'à observer les commandements et à se sauver tant bien que mal. On parlait d'ailleurs des ordres religieux comme d'un « état de perfection », ce qui pouvait laisser croire, à tort, que les autres états étaient un état de médiocrité tolérée.

Le concile Vatican II a brisé ce malentendu. Le chapitre V de la constitution Lumen Gentium porte un titre qui est à lui seul un programme : « La vocation universelle à la sainteté dans l'Église »[27]. Son affirmation centrale est solennelle :

« Il est donc bien évident pour tous que l'appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s'adresse à tous ceux qui croient au Christ, quel que soit leur état ou leur forme de vie. » — Concile Vatican II, Lumen Gentium 40[28]

Le concile fonde cet appel sur l'Écriture : « tous, qu'ils appartiennent à la hiérarchie ou qu'ils soient régis par elle, sont appelés à la sainteté, selon la parole de l'apôtre : "Oui, ce que Dieu veut, c'est votre sanctification" (1 Th 4, 3) »[29]. Le Catéchisme a recueilli cet enseignement : « Tous sont appelés à la sainteté : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait" »[30]. La sainteté n'est donc plus un sommet réservé : c'est la vocation de tout baptisé, parce qu'elle découle des sacrements de l'initiation qui « fondent la vocation commune de tous les disciples du Christ, vocation à la sainteté et à la mission d'évangéliser le monde »[31].

« L'amour est la vocation fondamentale de tout être humain »

Mais en quoi consiste, concrètement, cette sainteté à laquelle tous sont appelés ? La réponse de l'Église est limpide : elle consiste dans l'amour — l'union à Dieu et le don de soi. Le Catéchisme l'affirme en une formule que Jean-Paul II avait forgée :

« L'amour est la vocation fondamentale et innée de tout être humain. » — Catéchisme de l'Église catholique, nº 2392, citant Familiaris Consortio 11[32]

C'est là que se rejoignent la doctrine la plus haute et l'expérience la plus simple. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, cherchant dans l'Église sa place — apôtre, prophète, martyre ? —, a trouvé une réponse qui résume toute la Lumen Gentium avant la lettre :

« Ô Jésus, mon Amour… ma vocation, enfin je l'ai trouvée, MA VOCATION, C'EST L'AMOUR !… Oui, j'ai trouvé ma place dans l'Église… dans le Cœur de l'Église, ma Mère, je serai l'Amour. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit B, 1896[33]

Infographie — les trois niveaux de la vocation : l'appel commun à la sainteté, les vocations particulières (états de vie), la vocation personnelle. Composition originale Ignispedia.

Sous toutes les vocations particulières — qu'on soit marié, prêtre, moine ou célibataire —, il y a donc cette unique vocation de fond : aimer. C'est elle qui donne sa cohérence à tout le reste et qui explique que l'on puisse devenir un saint dans n'importe quel état de vie. Sur la nature de cette transformation, on pourra lire Qu'est-ce que la sanctification ? et Qu'est-ce que le salut ?.

Une seule sainteté, des vocations multiples

Si tous sont appelés à la même sainteté, pourquoi l'Église parle-t-elle aussi des vocations, au pluriel — vocation au mariage, à la vie consacrée, au sacerdoce ? Parce que l'unique appel à l'amour prend, chez chacun, une forme concrète. La sainteté n'est pas un modèle uniforme : c'est une lumière unique réfractée en mille couleurs selon les états de vie.

Pourquoi des états de vie différents ?

L'Église a toujours vu dans la diversité des vocations non un désordre, mais une richesse voulue par Dieu. « Les différences mêmes que le Seigneur a voulu mettre entre les membres de son Corps servent son unité et sa mission », dit le Catéchisme[34] : il y a « diversité de ministères, mais unité de mission ». Lumen Gentium le formule magnifiquement au début de son chapitre sur les formes diverses de la sainteté :

« À travers les formes diverses de vie et les charges différentes, il n'y a qu'une seule sainteté, cultivée par tous ceux que conduit l'Esprit de Dieu. » — Concile Vatican II, Lumen Gentium 41[35]

Autrement dit : une seule sainteté, des chemins multiples. L'image classique est celle du corps et de ses membres (1 Co 12) : l'œil et la main n'ont pas la même fonction, mais c'est le même corps qu'ils servent.

Mariage, vie consacrée, sacerdoce, célibat

Concrètement, l'Église reconnaît plusieurs grandes voies par lesquelles se vit la vocation à la sainteté. Le tableau ci-dessous les situe ; chacune fait, sur ce site, l'objet de développements propres.

État de vieLe don spécifiquePour aller plus loin
Le mariageL'amour fidèle et fécond des époux, « sacrement au service de la communion »Le mariage sacramentel
La vie consacréeLe don total par les conseils évangéliques (pauvreté, chasteté, obéissance)—
Le sacerdoce ministérielLe service du peuple de Dieu in persona ChristiPourquoi seuls des hommes ? · Le célibat des prêtres
Le célibat dans le mondeUne disponibilité particulière au service de Dieu et des autres—

Le Catéchisme range explicitement le mariage et l'ordre parmi les « sacrements au service de la communion » : « ils confèrent une mission particulière dans l'Église et servent à l'édification du peuple de Dieu »[36]. Aucun de ces états n'est, en soi, une vocation de seconde classe : chacun est une manière entière de répondre à l'appel à l'amour.

La dévotion selon chaque état : saint François de Sales

Que la sainteté soit accessible dans chaque état de vie, et non pas seulement au couvent, c'est l'intuition géniale que saint François de Sales a popularisée dès 1609 dans son Introduction à la vie dévote. Tout un chapitre porte ce titre : « Que la dévotion convient à toutes sortes de vocations et de professions »[37]. Le saint y écrit :

« La dévotion doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l'artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée ; et non seulement cela, mais il faut accommoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chacun. » — Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, I, 3 (orthographe modernisée)[38]

Il ajoute, avec humour, qu'une dévotion qui ferait fuir l'évêque au désert ou retiendrait l'artisan tout le jour à l'église serait « ridicule, déréglée et insupportable »[39]. La vraie vocation n'arrache pas l'homme à sa condition : elle la sanctifie de l'intérieur. C'est exactement ce que redira Vatican II en invitant chacun à devenir saint là où il est, dans son travail et ses relations ordinaires.

La vocation personnelle : appelé par son nom

Reste le niveau le plus intime. Au-delà de la vocation commune (la sainteté) et de la vocation d'état (mariage, sacerdoce, etc.), il y a la vocation personnelle : la mission précise que Dieu confie à cette personne et à aucune autre. Jean-Paul II en a fait un thème central[40] :

« Dieu, en effet, a pensé à nous de toute éternité et Il nous a aimés comme des personnes uniques et irremplaçables, appelant chacun de nous par son nom propre, comme le Bon Pasteur, qui "appelle ses brebis par leur nom" (Jn 10, 3). » — Saint Jean-Paul II, Christifideles laici 58[41]

Nul mieux que le bienheureux — aujourd'hui saint — John Henry Newman n'a exprimé cette conviction. Dans une méditation célèbre de 1848, il écrit :

« Dieu m'a créé pour lui rendre un service déterminé. Il m'a confié une tâche qu'il n'a confiée à aucun autre. J'ai ma mission. […] Je suis un maillon dans une chaîne, un lien entre des personnes. Il ne m'a pas créé pour rien. » — Saint John Henry Newman, Méditations sur la doctrine chrétienne, 1848 (trad. de la rédaction)[42]

Saint John Henry Newman (1801-1890) : « Dieu m'a confié une tâche qu'il n'a confiée à aucun autre. » Portrait photographique de 1887, domaine public, Wikimedia Commons.

Cette parole dit pourquoi le langage de la vocation est, au fond, une bonne nouvelle et non un fardeau : il signifie que ma vie compte, qu'elle a un sens voulu, qu'aucune existence n'est interchangeable ni de trop. Là où une certaine culture moderne dit à l'homme qu'il est un accident sans destinataire, l'Église lui dit qu'il est appelé par son nom.

Pourquoi l'Église insiste-t-elle tant sur la vocation ?

On peut maintenant rassembler les raisons. Si l'Église revient sans cesse sur ce mot — au point d'en faire le centre de sa pastorale des jeunes, de ses journées de prière, de toute sa vision de la vie chrétienne —, ce n'est pas par habitude de langage. C'est qu'il défend, contre plusieurs erreurs modernes, une vérité qu'elle juge vitale.

Parce que la vie a un sens donné, non fabriqué

La première raison est anthropologique. Dans une culture qui répète que chacun doit « se créer lui-même », donner un sens arbitraire à une existence supposée absurde, l'Église affirme l'inverse : le sens de ma vie ne se fabrique pas, il se découvre, parce qu'il m'a été donné avec l'appel. La vocation est ainsi un puissant antidote au nihilisme : si je suis appelé, je ne suis pas de trop. C'est aussi un antidote à l'angoisse de la performance : ma valeur ne dépend pas de ma réussite, mais de ce que je suis voulu et aimé par Celui qui m'appelle.

Parce que toute vocation est dialogue et liberté

La deuxième raison répond à une objection fréquente : parler d'appel divin ne nierait-il pas la liberté humaine, comme si Dieu nous imposait un destin ? L'Église répond exactement le contraire. La vocation n'est pas un décret subi, mais un dialogue :

« L'histoire de toute vocation sacerdotale, comme d'ailleurs de toute vocation chrétienne, est l'histoire d'un ineffable dialogue entre Dieu et l'homme, entre l'amour de Dieu qui appelle et la liberté de l'homme qui, dans l'amour, répond à Dieu. » — Saint Jean-Paul II, Pastores dabo vobis 36[43]

Infographie — la vocation comme dialogue : l'amour de Dieu qui appelle et la liberté de l'homme qui répond (Pastores dabo vobis 36). Composition originale Ignispedia.

L'appel n'écrase jamais la liberté : il la sollicite et la grandit. Dieu appelle, mais il attend une réponse libre — celle de Marie (« qu'il me soit fait selon ta parole »), celle d'Isaïe (« me voici »), celle des apôtres qui « aussitôt le suivirent ». La vocation suppose donc une liberté capable de dire oui ou non. C'est pourquoi elle s'articule étroitement à la Providence, ce gouvernement divin qui respecte et utilise nos choix — sujet traité dans Comment comprendre la Providence de Dieu ?.

Parce que c'est l'affaire de toute l'Église

La troisième raison est ecclésiale. Parce que les vocations — en particulier sacerdotales et religieuses — sont nécessaires à la vie de tout le corps, leur éveil n'est pas une affaire privée. Le concile l'a rappelé :

« Le devoir de cultiver les vocations revient à la communauté chrétienne tout entière, qui s'en acquitte avant tout par une vie pleinement chrétienne. » — Concile Vatican II, Optatam totius 2[44]

C'est la raison de la prière pour les vocations, des journées mondiales que l'Église y consacre, et de l'attention portée aux jeunes qui s'interrogent sur leur avenir. Dans un contexte où, en Occident, le nombre de prêtres et de religieux a fortement diminué, l'Église rappelle que les vocations ne « manquent » jamais du côté de Dieu — qui ne cesse d'appeler — mais qu'elles requièrent, du côté des hommes, des oreilles pour entendre et une communauté pour accompagner la réponse.

Comment savoir à quoi je suis appelé ?

Une fois comprise pourquoi l'Église parle de vocation, vient naturellement la question pratique : comment reconnaître l'appel qui m'est adressé, à travers les désirs, les circonstances, les conseils ? Cette question du discernement dépasse le cadre du présent article, qui porte sur le sens et le fondement de la vocation. Elle est traitée en propre dans plusieurs dossiers complémentaires :

On retiendra seulement ici le principe : puisque la vocation est un dialogue, le discernement n'est pas un calcul solitaire pour deviner un plan caché, mais une écoute priante de Celui qui appelle, dans la confiance qu'un Père ne laisse jamais sans réponse l'enfant qui cherche sincèrement sa volonté.

Trois objections fréquentes

Le langage de la vocation se heurte aujourd'hui à quelques objections récurrentes. Bien comprises, aucune ne tient.

« La vocation, c'est une pression culpabilisante de l'Église »

On reproche parfois à l'idée de vocation de faire peser sur les jeunes une attente écrasante : « et si je rate ma vocation ? » Mais c'est mal comprendre l'appel. La vocation n'est pas un piège tendu par un Dieu qui guetterait l'erreur ; elle est l'expression d'un amour qui « ne nous a pas créés pour rien »[45]. Dieu n'appelle pas pour condamner ceux qui se tromperaient de voie, mais pour conduire chacun vers le bonheur pour lequel il l'a fait. La crainte de « rater sa vocation » se dissout dès qu'on se rappelle que l'appel premier — la sainteté, l'amour — reste ouvert dans tous les états de vie.

« Parler de vocation nie ma liberté »

On vient de le voir : c'est l'inverse. Un appel n'est pas une contrainte. Personne ne se sent moins libre parce qu'un ami l'invite à dîner ; au contraire, l'invitation suppose et honore sa liberté de répondre. De même, la vocation est une proposition d'amour qui appelle une réponse libre. La dignité de l'homme tient justement à ce qu'il peut entrer librement dans le plan de Dieu, comme un partenaire et non comme un instrument.

« La vocation, ce n'est que pour les prêtres et les religieux »

C'est le malentendu le plus répandu — et celui que tout cet article entend dissiper. Réserver le mot « vocation » au clergé et aux moines, c'est précisément l'erreur que Lumen Gentium a corrigée : l'appel à la sainteté s'adresse à tous[46]. Le père de famille, l'infirmière, l'étudiant, le retraité ont une vocation aussi réelle que le prêtre ou la moniale. La forme diffère ; l'appel est le même.

Ce que change le mot « vocation »

Au terme de ce parcours, on comprend pourquoi l'Église ne pourra jamais renoncer à ce mot. Parler de vocation plutôt que de carrière, c'est affirmer que Dieu existe, qu'il est personnel, qu'il appelle chacun par son nom, et que la vie humaine est une réponse à un amour qui la précède. C'est dire à chaque homme — croyant ou non — qu'il est attendu, voulu, nécessaire. C'est refuser que l'existence soit un hasard sans destinataire ou une performance à réussir seul.

La vocation, en somme, n'est pas d'abord ce que je dois faire : c'est d'abord ce que je suis appelé à devenir — un saint, c'est-à-dire quelqu'un qui aime —, et la manière unique dont Dieu veut que je le devienne. Voilà pourquoi, du premier paragraphe du Catéchisme jusqu'aux journées de prière pour les vocations, l'Église ne cesse de redire à l'homme cette parole d'Isaïe qui contient toute son espérance : « Je t'ai appelé par ton nom, tu es à moi. »

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Vocation est emprunté au latin vocatio (« action d'appeler, invitation »), dérivé de vocare (« appeler »), lui-même lié à vox, vocis (« la voix »). Le premier sens attesté en français, vers 1200, est religieux : « appel de Dieu à lui ». Source : CNRTL / Trésor de la langue française, art. « vocation » (www.cnrtl.fr/etymologie/vocation).

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  2. Saint Jean-Paul II, exhortation apostolique Christifideles laici (30 décembre 1988), nº 58 : « Dieu, en effet, a pensé à nous de toute éternité et Il nous a aimés comme des personnes uniques et irremplaçables, appelant chacun de nous par son nom propre, comme le Bon Pasteur, qui "appelle ses brebis par leur nom" (Jn 10, 3). » Texte français sur vatican.va (orthographe « irremplaçables » normalisée : la page porte « irremplacables » sans cédille).

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  3. Le Nouveau Testament emploie le substantif grec klēsis (κλῆσις, « appel, vocation »), dérivé du verbe kaleō (καλέω, « appeler ») ; les chrétiens y sont désignés comme klētoi (κλητοί, « appelés ») — cf. Rm 1, 6-7 ; 1 Co 1, 24. Source : Strong G2821 (klēsis) et G2564 (kaleō) ; Encyclopædia Universalis, art. « Vocation ».

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  4. Lettre aux Éphésiens 4, 1 (trad. liturgique AELF) : « Je vous exhorte donc, moi qui suis en prison à cause du Seigneur : ayez une conduite digne de votre vocation. » Cf. Romains 1, 1 : Paul « appelé à être Apôtre ».

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  5. Catéchisme de l'Église catholique, nº 1 : « Dieu, infiniment Parfait et Bienheureux en Lui-même, dans un dessein de pure bonté, a librement créé l'homme pour le faire participer à sa vie bienheureuse. […] Il l'appelle, l'aide à Le chercher, à Le connaître et à L'aimer de toutes ses forces. »

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  6. Livre de la Genèse 12, 1 (AELF) : « Le Seigneur dit à Abram : "Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai." »

    8
  7. Livre de l'Exode 3, 4 (AELF) : du milieu du buisson, Dieu appelle Moïse par son nom — « Moïse ! Moïse ! » — et Moïse répond : « Me voici ! »

    9
  8. Premier livre de Samuel 3, 4-10 : l'appel nocturne de Samuel, qui finit par répondre : « Parle, ton serviteur écoute. »

    10
  9. Livre d'Isaïe 6, 8 (AELF) : « J'entendis la voix du Seigneur qui disait : "Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ?" Et j'ai répondu : "Me voici : envoie-moi !" »

    11
  10. Livre de Jérémie 1, 5 (AELF) : « Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t'ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations. »

    12
  11. Livre d'Isaïe 43, 1 (AELF) : « Ne crains pas, car je t'ai racheté, je t'ai appelé par ton nom, tu es à moi. »

    13
  12. Évangile selon saint Matthieu 4, 19-20 (AELF) : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. »

    15
  13. Évangile selon saint Marc 3, 13-14 (AELF) : Jésus « gravit la montagne, et il appela ceux qu'il voulait. […] Il en établit douze pour qu'ils soient avec lui. »

    16
  14. Évangile selon saint Jean 15, 16 (AELF) : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. »

    17
  15. Deuxième lettre à Timothée 1, 9 (AELF) : « Dieu nous a sauvés, il nous a appelés à une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. »

    18
  16. Lettre aux Éphésiens 1, 4 (AELF) : « Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l'amour. »

    19
  17. Lettre aux Romains 8, 28-30 (AELF) : les croyants sont « appelés selon le dessein de son amour » ; « ceux qu'il avait destinés d'avance, il les a aussi appelés ; ceux qu'il a appelés, il en a fait des justes. »

    20
  18. Saint Jean-Paul II, exhortation apostolique Pastores dabo vobis (25 mars 1992), nº 36 : « La vocation est un don de la grâce divine, et jamais un droit de l'homme. » Texte sur vatican.va.

    21
  19. Catéchisme de l'Église catholique, nº 358 : « Dieu a tout créé pour l'homme, mais l'homme a été créé pour servir et aimer Dieu et pour Lui offrir toute la création. »

    22
  20. Catéchisme de l'Église catholique, nº 1877 : « La vocation de l'humanité est de manifester l'image de Dieu et d'être transformée à l'image du Fils Unique du Père. Cette vocation revêt une forme personnelle, puisque chacun est appelé à entrer dans la béatitude divine. »

    23
  21. Catéchisme de l'Église catholique, nº 1878 : « Tous les hommes sont appelés à la même fin, Dieu lui-même. »

    24
  22. Catéchisme de l'Église catholique, nº 1700 : la dignité de la personne humaine « s'accomplit dans sa vocation à la béatitude divine. »

    25
  23. Concile Vatican II, constitution Gaudium et spes (1965), nº 22 : « Le Christ, nouvel Adam, dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l'homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation. »

    26
  24. Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium (21 novembre 1964), chapitre V, intitulé exact dans la version française du Vatican : « La vocation universelle à la sainteté dans l'Église. »

    27
  25. Concile Vatican II, Lumen gentium 40 : « Il est donc bien évident pour tous que l'appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s'adresse à tous ceux qui croient au Christ, quel que soit leur état ou leur forme de vie. » Texte sur vatican.va.

    28 46
  26. Concile Vatican II, Lumen gentium 39 : « tous, qu'ils appartiennent à la hiérarchie ou qu'ils soient régis par elle, sont appelés à la sainteté selon la parole de l'apôtre : "Oui, ce que Dieu veut, c'est votre sanctification" (1 Th 4, 3 ; cf. Ep 1, 4). »

    29
  27. Catéchisme de l'Église catholique, nº 2013, citant Lumen gentium 40 : « Tous sont appelés à la sainteté : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait" (Mt 5, 48). »

    30
  28. Catéchisme de l'Église catholique, nº 1533 : le Baptême, la Confirmation et l'Eucharistie « fondent la vocation commune de tous les disciples du Christ, vocation à la sainteté et à la mission d'évangéliser le monde. »

    31
  29. Catéchisme de l'Église catholique, nº 2392, citant Jean-Paul II, exhortation Familiaris consortio (1981), nº 11 : « L'amour est la vocation fondamentale et innée de tout être humain. »

    32
  30. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit B, folio 3v (septembre 1896), dans Histoire d'une âme : « Ô Jésus, mon Amour… ma vocation, enfin je l'ai trouvée, MA VOCATION, C'EST L'AMOUR !… dans le Cœur de l'Église, ma Mère, je serai l'Amour. » (Les majuscules et points de suspension sont de l'autographe.)

    33
  31. Catéchisme de l'Église catholique, nº 873 : « Les différences mêmes que le Seigneur a voulu mettre entre les membres de son Corps servent son unité et sa mission » ; il y a « diversité de ministères, mais unité de mission » (citant Apostolicam actuositatem 2).

    34
  32. Concile Vatican II, Lumen gentium 41 : « À travers les formes diverses de vie et les charges différentes, il n'y a qu'une seule sainteté cultivée par tous ceux que conduit l'Esprit de Dieu. »

    35
  33. Catéchisme de l'Église catholique, nº 1534 : l'Ordre et le Mariage « confèrent une mission particulière dans l'Église et servent à l'édification du peuple de Dieu » ; ce sont les « sacrements au service de la communion. »

    36
  34. Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote (1609), Première Partie, chapitre III, intitulé exact (édition critique d'Annecy, orthographe ancienne) : « Que la dévotion est convenable à toutes sortes de vocations et professions. »

    37
  35. Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, I, 3 : « La dévotion doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l'artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée ; et non seulement cela, mais il faut accommoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chacun. » (Œuvres, éd. d'Annecy, t. III ; orthographe modernisée.)

    38
  36. Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, I, 3 : le saint juge qu'une dévotion inadaptée à l'état de vie « ne serait-elle pas ridicule, déréglée et insupportable ? » (même chapitre).

    39
  37. Saint Jean-Paul II, Christifideles laici (1988), nº 58, sur la « vocation personnelle » de chaque fidèle : « La formation des fidèles laïcs a comme objectif fondamental la découverte toujours plus claire de leur vocation personnelle. »

    40
  38. Saint John Henry Newman, Meditations and Devotions — Meditations on Christian Doctrine, « Hope in God—Creator » (1848). Texte anglais original : « God has created me to do Him some definite service; He has committed some work to me which He has not committed to another. I have my mission… I am a link in a chain, a bond of connexion between persons. He has not created me for naught. » (Traduction française de la rédaction.)

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  39. Saint Jean-Paul II, Pastores dabo vobis (1992), nº 36 : « L'histoire de toute vocation sacerdotale, comme d'ailleurs de toute vocation chrétienne, est l'histoire d'un ineffable dialogue entre Dieu et l'homme, entre l'amour de Dieu qui appelle et la liberté de l'homme qui, dans l'amour, répond à Dieu. »

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  40. Concile Vatican II, décret Optatam totius (28 octobre 1965) sur la formation des prêtres, nº 2 : « Le devoir de cultiver les vocations revient à la communauté chrétienne tout entière, qui s'en acquitte avant tout par une vie pleinement chrétienne. »

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