Servante de Dieu Chiara Lubich (1920-2008)

La servante de Dieu Chiara Lubich (1920-2008), institutrice de Trente devenue fondatrice du Mouvement des Focolari après sa consécration du 7 décembre 1943, a proposé une spiritualité de l'unité fondée sur Jésus abandonné. Cause ouverte en 2015.

Ignispedia

La servante de Dieu Chiara Lubich, née Silvia Lubich le 22 janvier 1920 à Trente et morte le 14 mars 2008 à Rocca di Papa, près de Rome, est l'une des figures spirituelles les plus rayonnantes de l'Église catholique du XXᵉ siècle.[1][2] Institutrice de vingt-trois ans dans une ville martyrisée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, elle entend un jour, au creux d'un acte de charité, un appel intérieur d'une simplicité bouleversante : se donner tout entière à Dieu.[3][4] Cette consécration, datée du 7 décembre 1943, est retenue par l'Église comme la naissance du Mouvement des Focolari — l'Opus Mariae, l'« Œuvre de Marie » —, présent dans 157 pays selon le dossier officiel du mouvement de mai 2026 — dont 92 avec des centres permanents —, et qui comptait au début des années 2010 plus de 140 000 membres et quelque deux millions de sympathisants, de toutes confessions et de toutes convictions.[5][6]

Au cœur de son intuition : une relecture radicale de la prière de Jésus au soir de la Cène — « Que tous soient un » (Jn 17, 21) — comme programme de vie concret, et la découverte, le 24 janvier 1944, que le sommet de l'amour du Christ se trouve précisément là où il semble le plus abandonné, sur la croix.[7][8] De cette double intuition naît la spiritualité de l'unité, qui irrigue tout ce que Chiara Lubich a fondé : les focolari (« foyers »), la cité pilote de Loppiano, le mouvement Gen pour les jeunes générations, et une œuvre de dialogue œcuménique et interreligieux sans équivalent pour une laïque catholique du XXᵉ siècle — de ses vingt-trois audiences auprès du patriarche œcuménique Athénagoras Iᵉʳ, entre 1967 et 1972[9], à son discours devant dix mille bouddhistes à Tokyo.[10]

Reçue en amitié par les papes Pie XII, Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI, honorée du prix Templeton en 1977 et du prix UNESCO pour l'éducation à la paix en 1996, Chiara Lubich a aussi proposé, en 1991, à São Paulo, une réponse évangélique concrète à la misère : l'Économie de communion, dont Ignispedia détaille les principes dans l'article dédié « L'économie du don ».[11][12] Elle meurt à Rocca di Papa le 14 mars 2008, saluée par Benoît XVI comme « une femme de foi intrépide »[13]. Sa cause de béatification, ouverte à Frascati le 27 janvier 2015, a franchi la clôture de sa phase diocésaine le 10 novembre 2019 ; le dossier — trente-cinq mille pages réparties en cent deux volumes — est aujourd'hui à l'étude au Dicastère pour les causes des saints.[14][15]

Cet article appartient à la série Ignispedia consacrée aux vénérables et serviteurs de Dieu du XXᵉ siècle, aux côtés du serviteur de Dieu Luigi Giussani, fondateur de Communion et Libération, de la vénérable Madeleine Delbrêl, mystique de la rue à Ivry, ou du vénérable Fulton Sheen, apôtre des médias — trois autres laïcs et prêtres dont l'Église examine aujourd'hui la sainteté vécue au cœur du monde moderne.

Une jeunesse à Trente entre pauvreté et foi (1920-1943)

En quelques dates

  1. 22 janvier 1920
    Naissance à Trente
    Silvia Lubich, deuxième de quatre enfants

    Fille de Luigi Lubich, typographe socialiste et antifasciste réduit au chômage pour ses convictions, et de Luigia Marinconz, catholique fervente.[16][17]

  2. Années 1930
    École normale et enseignement
    Institutrice tout en étudiant la philosophie

    Diplômée d'école normale, elle travaille jeune pour aider sa famille, enseigne à l'école primaire et entreprend des études de philosophie à l'université Ca' Foscari de Venise.[18]

  3. Automne 1942
    Entrée dans le Tiers-Ordre franciscain
    Elle prend le nom de « Chiara »

    En hommage à sainte Claire d'Assise, dont la radicalité évangélique la fascine.[19]

  4. 1943
    Trente sous les bombes
    La ville est dévastée par les bombardements alliés

    Chiara choisit de rester pour servir les plus pauvres plutôt que de fuir avec ses parents.[20]

  5. 7 décembre 1943
    La consécration à Dieu
    Naissance symbolique du Mouvement des Focolari

    Avec l'accord de son confesseur, elle se donne « toute entière » à Dieu.[21][22]

  6. 24 janvier 1944
    La découverte de Jésus abandonné
    L'intuition qui fonde la spiritualité de l'unité

    Le Christ crucifié, criant son abandon sur la croix, devient la clé de toute réconciliation.[23]

  7. 1947-1962
    Reconnaissance ecclésiale progressive
    De l'approbation diocésaine à l'approbation pontificale

    Statuts approuvés par l'archevêque de Trente (1947), puis ad experimentum par Jean XXIII (23 mars 1962).[24]

  8. 1964-1968
    Fondation de Loppiano
    Première cité pilote internationale, près de Florence

    Premiers focolarini installés dès octobre 1964 ; cité officiellement inaugurée le 8 mars 1968.[25]

  9. Mai 1991
    Naissance de l'Économie de communion
    São Paulo, Brésil

    Devant le contraste entre gratte-ciel et favelas, Chiara Lubich propose un nouveau rapport chrétien à l'économie.[26]

  10. 14 mars 2008
    Mort à Rocca di Papa
    88 ans, entourée de ses proches

    Ses obsèques sont célébrées le 18 mars 2008 en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, à Rome.[27][28]

  11. 27 janvier 2015
    Ouverture de la cause de béatification
    Cathédrale de Frascati

    Chiara Lubich reçoit le titre de servante de Dieu.[29]

  12. 10 novembre 2019
    Clôture de la phase diocésaine
    35 057 pages, 102 volumes, 166 témoins

    Le dossier est transmis au Dicastère pour les causes des saints.[30]

Une famille modeste entre engagement politique et piété

Silvia Lubich naît le 22 janvier 1920 à Trente, dans le Trentin italien récemment rattaché au royaume d'Italie après la Première Guerre mondiale. Deuxième d'une fratrie de quatre enfants, elle grandit dans un foyer aux équilibres contrastés : son père Luigi Lubich, typographe de métier, est un socialiste antifasciste convaincu qui perd son emploi pour ses convictions politiques, plongeant la famille dans des difficultés matérielles réelles ; sa mère Luigia Marinconz, en revanche, est une catholique fervente qui transmet à ses enfants une foi simple et enracinée.[31][32] De ce double héritage — l'exigence sociale du père, la piété profonde de la mère — Chiara retiendra toute sa vie une conviction : la foi chrétienne ne peut se vivre en marge des pauvres et des souffrances du monde, elle doit au contraire s'y engager pleinement.

Les années de formation : institutrice et étudiante en philosophie

Pour aider financièrement sa famille, la jeune Silvia travaille tôt comme institutrice d'école primaire, tout en poursuivant, autant que les circonstances le permettent, des études de philosophie à l'université Ca' Foscari de Venise.[33] Engagée dans l'Action catholique, elle se fait remarquer par sa capacité à transmettre aux autres jeunes filles un amour de Dieu à la fois simple et ardent.[34] À l'automne 1942, elle entre dans le Tiers-Ordre franciscain séculier et prend, en hommage à sainte Claire d'Assise dont la radicalité évangélique la fascine, le nom de Chiara — « Claire » — qu'elle gardera toute sa vie.[35]

La guerre et la naissance d'un charisme (1943-1944)

Trente sous les bombes

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La Seconde Guerre mondiale frappe durement Trente à partir de 1943 : bombardements alliés répétés, ville en ruines, populations déplacées. Plutôt que de fuir avec ses parents, Chiara choisit de rester pour servir les habitants les plus démunis.[36] Un jour de cette période noire, alors qu'elle accomplit un geste de charité envers une femme éplorée qui vient de perdre les siens sous les décombres, elle perçoit intérieurement un appel d'une netteté saisissante : se donner à Dieu sans partage.[37] Son frère Gino, engagé dans les rangs des partisans communistes, est arrêté et torturé durant l'été 1944 — une épreuve familiale supplémentaire qui renforce en elle la conviction que, au milieu de tant de ruines, « seul Dieu demeure ».[38]

« Donne-toi tout entière à moi » : la consécration du 7 décembre 1943

« Donne-toi tout entière à moi. » — appel intérieur perçu par Chiara Lubich, Trente, 1943[39][40]

Avec l'accord de son confesseur, la jeune institutrice répond à cet appel le 7 décembre 1943 en se consacrant totalement à Dieu, dans le célibat, sans pour autant entrer dans un ordre religieux existant. Cette date — veille de la fête de l'Immaculée Conception — est retenue par la tradition du mouvement comme le point de naissance de ce qui deviendra le Mouvement des Focolari.[41][42] L'évêque de Trente, informé de cette expérience et de son rayonnement sur les jeunes filles qui rejoignent bientôt Chiara, y reconnaît un signe surnaturel :

« Le doigt de Dieu est là. » — jugement de l'évêque de Trente sur la première communauté réunie autour de Chiara Lubich[43]

Le premier « focolare » de la Piazza dei Cappuccini

Dès l'automne 1944, un petit groupe de jeunes femmes rassemblées autour de Chiara — dont Natalia Dallapiccola, dix-huit ans, première compagne — s'installe dans un modeste appartement de la Piazza dei Cappuccini, à Trente.[44][45] Le mot dialectal focolare — « foyer », l'espace autour de l'âtre qui donne lumière et chaleur — désigne bientôt à la fois ce lieu de vie communautaire et l'esprit qui l'anime : vivre l'Évangile jusque dans ses conséquences les plus concrètes, en particulier le partage avec les plus pauvres. En quelques mois, plus de cinq cents personnes gravitent déjà autour de ce premier foyer.[46]

La découverte de Jésus abandonné (24 janvier 1944)

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Le 24 janvier 1944, Chiara Lubich fait une découverte qui devient l'un des deux piliers de toute sa spiritualité : la souffrance la plus grande, et donc l'acte d'amour le plus grand du Christ, n'est pas d'abord sa mort physique, mais le cri de son abandon sur la croix :

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » — Mt 27, 46, parole centrale de la spiritualité de Jésus abandonné selon Chiara Lubich[47]

Elle comprendra progressivement que ce Jésus abandonné, dépossédé jusqu'à l'extrême de la présence sensible du Père, est précisément la clé de toute unité retrouvée : c'est en lui, dans les moments de division, de doute ou de souffrance, que le chrétien peut puiser la force de rétablir la communion.[48] Chiara elle-même souhaitera être reconnue avant tout comme celle qui a voulu épouser cette figure du Christ souffrant et abandonné, jusqu'au terme de sa vie.[49]

La spiritualité de l'unité

« Que tous soient un » (Jean 17, 21)

« Père, que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi ; qu'eux aussi soient un en nous. » — Jn 17, 21

Cette prière du Christ au soir de la dernière Cène devient, pour Chiara Lubich, un véritable programme de vie plutôt qu'un simple horizon spirituel lointain. Elle y voit un testament confié à l'Église : l'unité entre chrétiens — et, plus largement, entre tous les hommes — n'est pas une option parmi d'autres de la vie chrétienne, mais son critère de vérité le plus décisif.[50] De cette conviction naît la spiritualité de l'unité, reconnue par le Conseil œcuménique des Églises comme l'une des contributions majeures du XXᵉ siècle catholique au mouvement œcuménique.[51]

Jésus abandonné, clé de toute unité

Les deux piliers — l'unité voulue par le Christ et Jésus abandonné sur la croix — s'articulent chez Chiara Lubich de façon indissociable : chaque fois que la communion semble brisée, par le péché, l'incompréhension ou la souffrance, c'est en se tournant vers ce Christ qui a lui-même connu la déchirure la plus radicale que l'unité peut être reconstruite.[52] Cette intuition, loin d'être un pieux sentiment, structure très concrètement la vie quotidienne des focolarini : accueillir la difficulté, la contradiction ou l'épreuve comme un visage possible de Jésus abandonné, et y répondre par un acte d'amour renouvelé plutôt que par le repli.

La Parole de vie

Dès 1953, Chiara Lubich lance une pratique appelée à devenir mondialement connue : chaque mois, un verset d'Évangile est proposé comme Parole de vie à des millions de personnes à travers le monde, avec un bref commentaire invitant à le vivre concrètement dans le quotidien — au travail, en famille, dans les relations sociales.[53] Cette pédagogie de l'Évangile « vécu » avant d'être seulement médité constitue l'une des marques distinctives de la spiritualité des Focolari : la foi n'y est jamais un système d'idées, mais une pratique répétée et incarnée.

Vivre l'Évangile au quotidien : l'« Idéal »

Les premiers compagnons de Chiara désignent leur intuition commune sous le nom d'« Idéal » : la certitude que Dieu seul mérite un amour sans partage, et que cet amour se vérifie concrètement dans l'amour effectif du prochain, jusqu'à la mise en commun des biens à l'image des premières communautés chrétiennes d'Actes 2 et 4. Cette dimension communautaire et concrète — refus d'une spiritualité purement intérieure, désincarnée — explique la rapidité avec laquelle le mouvement se structure autour de « foyers » de vie commune plutôt que d'une simple association de dévotion.

De Trente au monde : la croissance de l'Œuvre de Marie

La reconnaissance ecclésiale, de 1947 à 1990

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Le développement rapide d'un mouvement de laïcs consacrés, sans reconnaissance canonique préalable, suscite dans les années 1940-1950 une certaine méfiance de plusieurs bureaux du Saint-Siège, alors peu familiers de ces nouvelles formes de vie évangélique.[54] La reconnaissance vient néanmoins progressivement : l'archevêque de Trente approuve un premier statut dès 1947 ; le Saint-Siège distingue officiellement le mouvement du Tiers-Ordre franciscain en 1949 ; puis, le 23 mars 1962, le pape saint Jean XXIII accorde une première approbation pontificale ad experimentum, confirmée et développée par Paul VI en 1964.[55][56] En 1990, saint Jean-Paul II approuve les statuts définitifs de l'« Œuvre de Marie » (Opus Mariae), nom officiel du mouvement au regard du droit canonique.[57]

Igino Giordani et l'entrée des couples mariés

En 1948, Chiara Lubich rencontre Igino Giordani, écrivain, journaliste et député italien de la toute jeune République, engagé de longue date dans l'apostolat catholique.[58] Sa rencontre avec la spiritualité naissante des Focolari le bouleverse : il devient l'un des plus proches collaborateurs de Chiara et, avec le père Pasquale Foresi, l'un des deux co-fondateurs reconnus du mouvement aux côtés de la fondatrice elle-même.[59] Son adhésion ouvre la voie à une branche entière de laïcs mariés vivant la spiritualité de l'unité au sein même de leur foyer conjugal et professionnel — une nouveauté ecclésiale notable pour l'époque.

Pasquale Foresi et l'entrée des prêtres

Pasquale Foresi, second co-fondateur du mouvement, devient en 1949 le premier prêtre-focolarino, inaugurant une branche sacerdotale et religieuse qui sera officiellement structurée en 1954.[60] Cette période intense de fondations théologiques et spirituelles, restée dans la mémoire du mouvement sous le nom de « Paradis 49 », voit se préciser plusieurs intuitions fondamentales de Chiara Lubich sur la présence de Jésus au milieu de ceux qui sont unis en son nom (Mt 18, 20). En 1956, une nouvelle branche, celle des « Volontaires de Dieu », s'ouvre à des professionnels engagés dans le monde du travail, de la politique ou de la culture sans vœu de consécration particulière.[61]

Les Mariapolis et la cité pilote de Loppiano

À partir de 1950, Chiara Lubich organise chaque été, près de Trente, de grands rassemblements estivaux appelés Mariapolis — littéralement « cités de Marie » —, expériences temporaires de vie évangélique commune qui attirent rapidement des participants de plusieurs continents.[62] En 1962, en visite à l'abbaye bénédictine d'Einsiedeln, en Suisse, elle conçoit l'intuition d'une Mariapolis permanente : une véritable cité, avec ses maisons, son église, ses commerces, ses champs, ses industries et ses écoles, qui incarnerait durablement cette spiritualité.[63] Le père Pasquale Foresi repère en 1963 un terrain de cent hectares à Incisa Val d'Arno, près de Florence, donné par Vincenzo et Camilla Folonari, riche famille de Brescia devenue elle-même consacrée au mouvement ; Vincenzo Folonari meurt le 12 juillet 1964, avant même le début des travaux.[64] Les premiers focolarini s'y installent dès octobre 1964, les familles suivent en 1965, et les célèbres ensembles musicaux Gen Rosso et Gen Verde y naissent en 1966 ; la cité de Loppiano est officiellement inaugurée le 8 mars 1968.[65]

Le mouvement Gen et les nouvelles générations

En 1966, Chiara Lubich lance le mouvement Gen (« Nouvelle Génération »), destiné à transmettre la spiritualité de l'unité aux enfants, adolescents et jeunes adultes selon des formes adaptées à chaque âge.[66] Deux décennies plus tard, elle initie encore « Jeunes pour un monde uni » (1985) et « Teens for Unity » (1984), verticalement articulées avec le Gen originel, afin que la transmission du charisme ne s'arrête jamais à une seule génération fondatrice.

Une présence mondiale, une gouvernance atypique

Au tournant des années 2010, le Mouvement des Focolari rassemble plus de cent quarante mille membres engagés dans plus de cent quatre-vingts pays, et revendique deux millions de sympathisants ou de personnes touchées par ses activités.[67] Fait rare dans l'histoire canonique des mouvements ecclésiaux : les statuts approuvés par Jean-Paul II en 1990 prévoient que la présidence du mouvement revienne toujours à une femme laïque consacrée, assistée d'un coprésident prêtre — une disposition voulue par Chiara Lubich elle-même et maintenue après sa mort, d'abord avec Maria Voce (2008-2021), puis avec Margaret Karram, élue présidente en janvier 2021.[68]

Le dialogue au service de l'unité

Dialogue œcuménique : Athénagoras, Taizé, Canterbury

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À partir de 1961, Chiara Lubich multiplie les rencontres avec les responsables des autres confessions chrétiennes. Elle est reçue à vingt-trois reprises en audience, entre 1967 et 1972, par le patriarche œcuménique Athénagoras Iᵉʳ à Istanbul, qui voit dans la spiritualité de l'unité une ressource précieuse pour le rapprochement entre catholiques et orthodoxes.[69] Elle noue également une amitié durable avec frère Roger Schutz, fondateur de la communauté de Taizé, entretient des liens réguliers avec le Conseil œcuménique des Églises à partir de 1967, et reçoit la croix de l'ordre de Saint-Augustin-de-Canterbury en 1981 puis en 1996.[70]

Dialogue interreligieux : bouddhistes, musulmans, hindous

Au-delà du monde chrétien, Chiara Lubich s'engage dans un dialogue interreligieux peu commun pour une laïque catholique de son temps. En 1981, elle s'adresse à dix mille bouddhistes à Tokyo — première femme chrétienne à prendre la parole dans ce cadre — puis, en janvier 1997, à huit cents moines bouddhistes en Thaïlande.[71] En mai 1997, elle rencontre trois mille musulmans à la mosquée Malcolm Shabazz de Harlem et scelle un pacte de fraternité avec l'imam Warith Deen Mohammed ; elle se rend également en Inde, en 2001 puis en 2003, à la rencontre de responsables hindous.[72] Elle participe enfin à la Journée mondiale de prière pour la paix organisée à Assise en 2002.

Devant les synodes et les papes

Chiara Lubich prend la parole devant les synodes des évêques en 1985, 1987 et 1999, et le pape Jean-Paul II qualifiera plus tard les membres de son mouvement d'« apôtres du dialogue ».[73] Le pape Benoît XVI, dans sa lettre pour ses obsèques, salue pour sa part une œuvre dont il souligne la fidélité constante :

« Un service silencieux et incisif, toujours en harmonie avec le magistère de l'Église : "Les papes", aimait-elle à dire, "nous comprennent toujours." […] En regardant les initiatives qu'elle a menées à bien, on pourrait même affirmer qu'elle a eu une capacité presque prophétique de les percevoir et de les anticiper. » — Benoît XVI, lettre pour les obsèques de Chiara Lubich, 18 mars 2008[74]

L'Économie de communion, une réponse évangélique à la pauvreté (1991)

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En mai 1991, Chiara Lubich se rend à São Paulo, au Brésil, alors marqué par une inflation vertigineuse et des inégalités béantes. Frappée par le contraste entre la ville qu'elle avait connue plus tôt, « forêt d'arbres », devenue une « forêt de gratte-ciel » cernée de favelas, elle reprend le mot du cardinal Paulo Evaristo Arns, alors archevêque de São Paulo :

« La couronne d'épines. » — cardinal Paulo Evaristo Arns, désignant la ceinture de pauvreté et de misère qui entoure São Paulo, mai 1991[75]

Elle propose le 29 mai 1991, devant environ six cent cinquante entrepreneurs, ouvriers et jeunes réunis pour l'occasion, que des entreprises liées au mouvement mettent librement en commun une part de leurs bénéfices, à l'image des premières communautés chrétiennes d'Actes 2 et 4, pour aider les plus pauvres, créer des emplois et former des personnes à une nouvelle « culture du don », en rupture avec la seule « culture de l'avoir ».[76] Naît ainsi l'Économie de communion, aujourd'hui reconnue jusque dans l'encyclique Caritas in Veritate de Benoît XVI (2009) parmi les expériences économiques « caractérisées par une part de gratuité et de communion ». Ignispedia consacre à ce sujet un article de plein droit : L'économie du don, où sont détaillés les mécanismes précis de partage des bénéfices et leur assise dans la doctrine sociale de l'Église.

Reconnaissance et distinctions

La reconnaissance internationale de Chiara Lubich dépasse largement le cercle catholique, signe de la portée universelle de son message sur l'unité et la fraternité :

AnnéeDistinctionInstitution
1977Prix Templeton pour le progrès de la religionFondation Templeton
1996Prix UNESCO pour l'éducation à la paixUNESCO, Paris
1998Prix des droits de l'hommeConseil de l'Europe, Strasbourg
1998Ordre national de la Croix du SudRépublique fédérative du Brésil
2000Grand-croix du MériteRépublique fédérale d'Allemagne
1977-200017 doctorats honoris causaUniversités d'Europe, d'Amérique du Sud et d'Asie

Douze villes italiennes, ainsi que plusieurs municipalités du Brésil, d'Argentine, des Philippines et de Hongrie, lui confèrent en outre la citoyenneté d'honneur.[77] Ses écrits — cinquante-huit ouvrages traduits en vingt-huit langues, dont Méditations et Le Cri — dépassent les trois millions deux cent mille exemplaires diffusés dans le monde.[78]

Les derniers jours et la mort (2004-2008)

Une vieillesse encore engagée

Chiara Lubich à Castel Gandolfo. Photo : Massimo Finizio, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 Italie. Image non modifiée.

Malgré l'âge et une santé de plus en plus fragile — hospitalisée une première fois en novembre 2006, elle reçoit alors la bénédiction personnelle de Benoît XVI —, Chiara Lubich continue jusqu'au bout d'intervenir publiquement sur les grands défis spirituels de son temps. En 2006, devant un rassemblement à Budapest, elle évoque avec gravité ce qu'elle appelle « l'obscurité culturelle et collective » de l'époque contemporaine, pointant en particulier le relativisme et le décalage croissant entre l'accélération technique et la réflexion éthique.[79]

Mort à Rocca di Papa, 14 mars 2008

Hospitalisée à nouveau le 10 mars 2008 à la Polyclinique Gemelli de Rome pour une insuffisance respiratoire, Chiara Lubich reçoit ce même jour une lettre personnelle de Benoît XVI et la visite du patriarche œcuménique Bartholomée Iᵉʳ.[80] Elle demande à rentrer chez elle, à Rocca di Papa, où elle est transférée le 13 mars et où elle accueille encore des visiteurs jusqu'à ses derniers instants.[81] Elle meurt le lendemain, 14 mars 2008, à l'âge de quatre-vingt-huit ans, dans une atmosphère que ses proches décrivent comme sereine, faite de prière et d'émotion intense — un dernier « oui », comme elle l'écrivait déjà en 1992 dans l'un de ses textes les plus cités.[82]

« Il n'est pas vrai qu'avec la mort tout se termine. Il est vrai qu'avec la mort tout commence. » — Chiara Lubich, 1992[83]

Les obsèques à Saint-Paul-hors-les-Murs

Les funérailles de Chiara Lubich sont célébrées le 18 mars 2008 en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, à Rome, en présence du cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'État, et de représentants de nombreuses Églises chrétiennes et d'autres religions — signe tangible du rayonnement œcuménique et interreligieux de son œuvre.[84] Le pape Benoît XVI, dans une lettre adressée au cardinal Bertone pour l'occasion, salue :

« Une femme de foi intrépide, douce messagère d'espérance et de paix, fondatrice d'une vaste famille spirituelle […] une existence passée à l'écoute des besoins de l'humanité contemporaine, dans une entière fidélité à l'Église et au Pape. » — Benoît XVI, lettre au cardinal Tarcisio Bertone, 18 mars 2008[85]

La cause de béatification

La demande du mouvement (2013) et l'ouverture (2015)

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Conformément au droit canonique, qui impose un délai minimal de cinq années après la mort avant l'ouverture d'une cause, la présidente du mouvement Maria Voce signe le 7 décembre 2013 — soixante-dixième anniversaire, jour pour jour, de la consécration fondatrice de 1943 — la demande officielle d'ouverture de la cause de béatification de Chiara Lubich.[86] Le Saint-Siège donne son nihil obstat le 29 juin 2014, et le 27 janvier 2015, dans la cathédrale de Frascati — diocèse où Chiara Lubich a passé une grande partie de sa vie et où elle repose —, Monseigneur Raffaello Martinelli, évêque du lieu, ouvre solennellement le procès de béatification. Chiara Lubich reçoit dès lors le titre de servante de Dieu.[87]

La clôture de la phase diocésaine (2019)

L'enquête diocésaine se déroule durant près de cinq années, avec l'audition de cent soixante-six témoins dans plusieurs diocèses français, suisses, allemands, anglais et belges, ainsi que par voie de commissions rogatoires en Thaïlande et en Slovénie — reflet de l'ampleur véritablement mondiale de son rayonnement.[88] La cérémonie de clôture, célébrée le 10 novembre 2019 dans la cathédrale de Frascati devant plus de cinq cents personnes, voit le scellement de soixante-quinze boîtes contenant trente-cinq mille cinquante-sept pages de documents, répartis en cent deux volumes : témoignages, lettres, écrits publiés et inédits, journaux intimes.[89]

L'état actuel de la cause

Le dossier, confié au professeur Daniel Tamborini en tant que portitor (porteur officiel), est transmis à la Congrégation pour les causes des saints — devenue depuis le Dicastère pour les causes des saints —, où se poursuit l'étude théologique et historique de la vie, des vertus et de la réputation de sainteté de Chiara Lubich.[90] Plus de cent vingt mille personnes ont, depuis l'ouverture de la cause, visité les lieux où elle a vécu et où elle repose.[91] Aucune date n'est aujourd'hui fixée pour une éventuelle proclamation de l'héroïcité de ses vertus, étape qui lui vaudrait le titre de vénérable.

Réception, questions et honnêteté historique

Une figure saluée par plusieurs papes

De Pie XII à Benoît XVI, en passant par Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul II, Chiara Lubich a bénéficié d'une reconnaissance pontificale continue et croissante, culminant avec l'approbation définitive des statuts de l'Œuvre de Marie en 1990.[92] Cette constance dans le soutien du magistère, à travers cinq pontificats différents, constitue elle-même un indice significatif — quoique non suffisant à lui seul — dans le discernement d'une cause de béatification, qui doit par ailleurs examiner l'ensemble d'une vie et de ses fruits.

Les révélations sur des abus au sein du mouvement (2014-2023) : ce qu'il faut savoir

L'honnêteté d'une encyclopédie catholique impose de mentionner un fait grave, distinct de la personne de Chiara Lubich mais qui concerne l'histoire récente de l'œuvre qu'elle a fondée. En avril 2023, le Mouvement des Focolari publie son premier rapport annuel de sécurisation, portant sur les signalements reçus par sa Commission pour le bien-être et la sécurisation entre 2014 et 2022 : soixante et un signalements, concernant soixante-six auteurs présumés, pour des faits d'abus sexuels, émotionnels, spirituels ou financiers touchant des mineurs et des adultes vulnérables au sein du mouvement, à des dates s'échelonnant sur plusieurs décennies.[93] Ce rapport fait notamment suite à une affaire rendue publique en 2020 concernant un ancien membre consacré, maintenu à des responsabilités jusqu'en 2016 malgré des accusations remontant aux années 1990, ce qui a conduit plusieurs responsables du mouvement à démissionner et le mouvement lui-même à commander un audit indépendant sur sa gestion de ces signalements.[94]

Ces révélations, publiées quinze ans après la mort de Chiara Lubich, concernent la gouvernance ultérieure du mouvement et non des actes qui lui seraient personnellement imputables ; aucune des sources consultées ne met en cause sa connaissance ou sa responsabilité directe dans ces affaires.[95][96] Le mouvement a depuis mis en place une commission centrale indépendante (mai 2023), rendu obligatoire le signalement aux autorités judiciaires compétentes, renforcé les commissions locales de professionnels qualifiés et engagé l'ensemble de ses membres dans une formation systématique à la protection des personnes.[97]

Ce que cela change — et ne change pas — pour la cause de Chiara Lubich

Une cause de béatification examine la vie, les vertus et la réputation de sainteté de la personne elle-même — non l'ensemble des institutions qu'elle a pu inspirer, plusieurs décennies après sa mort. L'existence de fautes graves commises par d'autres membres, à des époques et dans des responsabilités distinctes des siennes, n'efface ni les fruits spirituels authentiques attestés par des générations de témoins, ni la rigueur du processus canonique en cours — qui a précisément pour objet de vérifier, documents et témoignages à l'appui, l'authenticité de la sainteté alléguée. Elle rappelle en revanche, utilement, qu'aucune œuvre humaine, fût-elle animée par un charisme authentique, n'est à l'abri du péché de ceux qui la portent après le fondateur — une leçon d'humilité que l'Église elle-même, dans son histoire, n'a jamais cessé d'apprendre.

Héritage spirituel

Une spiritualité pour l'Église du troisième millénaire

Infographie originale Ignispedia créée par IA

L'héritage de Chiara Lubich se mesure d'abord à l'ampleur d'une œuvre qui, partie d'un modeste appartement de la Piazza dei Cappuccini à Trente en 1944, est présente aujourd'hui dans 157 pays, sur les cinq continents — dont 92 avec des centres permanents, selon le dossier officiel du mouvement de mai 2026.[98] Mais il se mesure plus encore à la fécondité d'une intuition théologique simple et profonde : l'unité voulue par le Christ n'est ni une utopie ni un slogan œcuménique, mais un chemin concret, passant par l'amour effectif du prochain et par l'accueil de Jésus abandonné dans toute épreuve de division. Cette intuition, saluée par le Conseil œcuménique des Églises comme l'une des contributions catholiques majeures du XXᵉ siècle au mouvement œcuménique, continue d'inspirer, bien au-delà des frontières du mouvement lui-même, de nombreuses initiatives de dialogue entre chrétiens, entre croyants de religions différentes, et entre croyants et non-croyants.[99]

Chiara Lubich parmi les vénérables et serviteurs de Dieu d'Ignispedia

Par la place centrale qu'elle a donnée au dialogue et à l'unité vécue au cœur du monde moderne, Chiara Lubich rejoint, dans la série Ignispedia consacrée aux vénérables et serviteurs de Dieu du XXᵉ siècle, d'autres figures dont l'Église examine aujourd'hui la sainteté : le serviteur de Dieu Luigi Giussani, éducateur de la foi et fondateur de Communion et Libération ; la vénérable Madeleine Delbrêl, mystique de la rue à Ivry-sur-Seine ; ou encore le vénérable Fulton Sheen, pionnier de l'évangélisation par les médias. Parmi les jeunes membres du mouvement des Focolari, la bienheureuse Chiara Badano (1971-1990), morte d'un cancer à dix-neuf ans dans une paix qui a frappé son entourage, a été béatifiée dès 2010 — preuve que la spiritualité transmise par Chiara Lubich a déjà porté, à une génération de distance, des fruits de sainteté reconnus par l'Église.

Pour aller plus loin

  • Approfondir l'économie du don : l'Économie de communion lancée par Chiara Lubich à São Paulo en 1991, ses mécanismes précis et son assise dans la doctrine sociale de l'Église.
  • Découvrir la bienheureuse Chiara Badano (1971-1990), jeune membre du Mouvement des Focolari béatifiée en 2010.
  • Lire le serviteur de Dieu Luigi Giussani et la vénérable Madeleine Delbrêl, deux autres grandes figures de la sainteté au XXᵉ siècle, entre éducation de la foi et mystique de la rue.
  • Revoir le concile Vatican II (1962-1965), dans le sillage duquel s'est déployée la reconnaissance pontificale progressive du charisme de Chiara Lubich.
  • Retenir l'essentiel : la servante de Dieu Chiara Lubich (1920-2008), institutrice de Trente devenue fondatrice du Mouvement des Focolari après sa consécration du 7 décembre 1943, a proposé au XXᵉ siècle une spiritualité de l'unité fondée sur la prière du Christ « que tous soient un » et sur l'amour de Jésus abandonné. Reçue par cinq papes, honorée du prix Templeton et du prix UNESCO pour l'éducation à la paix, elle est morte à Rocca di Papa le 14 mars 2008. Sa cause de béatification, ouverte en 2015, a franchi la clôture de sa phase diocésaine en 2019 et se poursuit aujourd'hui à Rome.

Notes et références

  1. Wikipedia (EN), « Chiara Lubich » : en.wikipedia.org. Notice de référence — naissance le 22 janvier 1920 à Trente sous le nom de Silvia Lubich, père Luigi Lubich (typographe socialiste antifasciste, chômage forcé), mère Luigia Marinconz (catholique fervente), deuxième de quatre enfants, bombardements de Trente en 1943, frère Gino torturé par les fascistes en 1944, entrée dans le Tiers-Ordre franciscain à l'automne 1942 et adoption du nom « Chiara », premier focolare Piazza Cappuccini (automne 1944), Natalia Dallapiccola première compagne, Igino Giordani et Pasquale Foresi co-fondateurs, approbations pontificales de 1962 et 1990, distinctions (Templeton 1977, UNESCO 1996, Conseil de l'Europe 1998, Croix du Sud du Brésil 1998, Grand-croix allemande 2000), 17 doctorats honoris causa, 12 citoyennetés d'honneur italiennes, 58 livres traduits en 28 langues et plus de 3,2 millions d'exemplaires, dialogue œcuménique (Athénagoras, Taizé, Conseil œcuménique des Églises) et interreligieux (bouddhistes de Tokyo 1981 et de Thaïlande 1997, musulmans de Harlem 1997, hindous d'Inde 2001 et 2003, Assise 2002), interventions aux synodes des évêques 1985/1987/1999, mort le 14 mars 2008 à Rocca di Papa, obsèques à Saint-Paul-hors-les-Murs le 18 mars 2008. Utilisée pour le recoupement des dates, faits et chiffres biographiques.

    1 11 16 19 31 35 37 38 39 44 53 54 56 59 60 62 70 71 72 73 77 78 84
  2. Wikipédia (FR), « Chiara Lubich » : fr.wikipedia.org. Notice francophone — naissance à Trente le 22 janvier 1920 sous le nom de Silvia, père socialiste ayant perdu son emploi pour ses convictions, études de philosophie à l'université Ca' Foscari de Venise tout en enseignant à l'école primaire, consécration à Dieu le 7 décembre 1943 sur la parole intérieure « Donne-toi tout entière à moi », maison familiale détruite par un bombardement le 13 mai 1944, rencontre d'Igino Giordani en 1948, entrée du premier focolarino-prêtre Pasquale Foresi en 1949 (« Paradis 49 »), fondation des « Volontaires de Dieu » en 1956, création du mouvement Gen en 1966, proposition de l'Économie de communion lors d'un voyage au Brésil en 1991, hospitalisation le 2 novembre 2006 avec bénédictions de Benoît XVI, admission à la polyclinique Gemelli le 10 mars 2008 pour insuffisance respiratoire, sortie le 13 mars et mort le 14 mars 2008, funérailles célébrées par le cardinal Bertone, ouverture de la cause de béatification annoncée par Maria Voce le 7 décembre 2013, clôture de l'enquête diocésaine le 10 novembre 2019. Utilisée pour les dates précises, les noms propres et le recoupement biographique.

    2 3 8 17 18 21 32 33 40 41 58
  3. Église catholique en France, « Chiara Lubich (1920-2008) » : eglise.catholique.fr. Notice de présentation officielle — naissance le 22 janvier 1920 à Trente, appel intérieur perçu à 23 ans lors d'un acte de charité (« Donne-toi tout entière à moi »), consécration le 7 décembre 1943 avec l'accord de son confesseur retenue comme date de naissance du mouvement, reconnaissance par l'évêque de Trente du « doigt de Dieu » dans cette œuvre, ouverture de la cause de béatification le 27 janvier 2015 par Mgr Raffaello Martinelli. Utilisée pour la date et les circonstances précises de la consécration fondatrice et le jugement épiscopal.

    4 22 42 43 45 46
  4. Mouvement des Focolari, « Dossier – May 2026 : The Focolare Movement » : focolare.org. Dossier officiel du mouvement — présence dans 157 pays, dont 92 avec des centres permanents (« The Focolare is present in 157 countries, with permanent centers in 92. »). Utilisée pour les chiffres de diffusion à jour dans l'introduction et la section sur l'héritage.

    5 98
  5. Wikipédia (FR), « Mouvement des Focolari » : fr.wikipedia.org. Notice sur la structure du mouvement — fondation en 1943 à Trente, nom officiel canonique « Œuvre de Marie » (Opus Mariae), reconnaissance pontificale du Saint-Siège le 23 mars 1962 par Jean XXIII, statuts définitifs adoptés en 1990 sous Jean-Paul II, branches du mouvement (focolarini et focolarine consacrés, laïcs mariés consacrés, prêtres et religieux depuis 1954, « Volontaires » depuis 1956, mouvement Gen depuis 1966, branche des évêques reconnue en 1998), gouvernance assurée par une présidente laïque assistée d'un coprésident prêtre — Maria Voce (2008-2021) puis Margaret Karram (élue janvier 2021), environ 140 000 membres dans plus de 180 pays au début des années 2010 et environ deux millions de sympathisants, Économie de communion lancée en 1991 avec plus de 800 entreprises participantes en 2014. Utilisée pour la structure institutionnelle, les branches, la gouvernance et les chiffres de présence mondiale.

    6 24 55 57 61 66 67 68 92
  6. Movimento dei Focolari / chiaralubich.org, « Jesus Forsaken: the discovery of a greater love » et « Jesus forsaken – Chiara Lubich » : focolare.org et chiaralubich.org. Sources sur la découverte du 24 janvier 1944 : la plus grande souffrance du Christ, et donc son plus grand acte d'amour, est le cri d'abandon sur la croix (Mt 27, 46) ; Jésus abandonné devient dans la spiritualité de l'unité la clé pour surmonter toute division et reconstruire l'unité ; Chiara Lubich a souhaité être retenue par la postérité comme « l'épouse de Jésus abandonné ». Utilisées pour la section sur la spiritualité de Jésus abandonné et les blockquotes associées.

    7 23 47 48 49 52
  7. Centre Chiara Lubich (biographie officielle), « 1967 – first meeting with Patriarch Athenagoras I » : chiaralubich.org. Première rencontre à Istanbul le 13 juin 1967 ; huit voyages à Istanbul entre 1967 et 1972 et 23 audiences avec le patriarche (« From '67 to '72 she made eight trips to Istanbul and had 23 audiences with the Patriarch » ; en italien : « 23 le udienze »). Le site officiel du mouvement, page « Second Vatican Council: Ecumenical Openings » (focolare.org), retient pour la même période 1967-1972 25 rencontres (« 25 meetings ») ; Wikipedia (EN), « Chiara Lubich », indique 24 audiences. Le corps de l'article suit le chiffre de la biographie officielle (23), la variante étant ici documentée.

    9 69
  8. Movimento dei Focolari, « Chiara Lubich, witness of faith » : focolare.org. Source institutionnelle du mouvement — présentation de la spiritualité de l'unité comme charisme central, citation d'un ancien secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises saluant son impact sur le mouvement œcuménique, mention de la demande d'ouverture de la cause de béatification signée le 7 décembre 2013 par la présidente Maria Voce, précision que le délai canonique de cinq ans après la mort (14 mars 2008) est requis avant l'ouverture d'une cause, témoignages recueillis lors des obsèques auprès de chrétiens catholiques et non catholiques, de moines bouddhistes, de rabbins et de philosophes. Utilisée pour la présentation de la spiritualité de l'unité et le contexte de la demande d'ouverture de cause.

    10 50 51 99
  9. Movimento dei Focolari, « The beginnings of the Economy of Communion » : focolare.org. Récit officiel de la naissance de l'Économie de communion — arrivée de Chiara Lubich au Brésil en mai 1991, contraste entre la « forêt d'arbres » devenue « forêt de gratte-ciel » de São Paulo et la ceinture de pauvreté qui l'entoure, que le cardinal Paulo Evaristo Arns, archevêque de São Paulo, appelait la « couronne d'épines » de la ville, proposition faite le 29 mai 1991 devant environ 650 entrepreneurs, ouvriers et jeunes de mettre librement en commun une part des bénéfices des entreprises liées au mouvement, à l'image des premières communautés chrétiennes, pour aider les pauvres, créer des emplois et financer la formation à une nouvelle « culture du don ». Utilisée pour la section sur l'Économie de communion.

    12 26 75 76
  10. Benoît XVI, lettre au cardinal Tarcisio Bertone à l'occasion de la messe des funérailles de Chiara Lubich, fondatrice de l'Œuvre de Marie, 18 mars 2008 — texte officiel sur vatican.va. Original anglais, vérifié texte en main : « a woman of intrepid faith, a gentle messenger of hope and of peace, Foundress of a vast spiritual family » ; « an existence spent in listening to the needs of contemporary humanity, in full fidelity to the Church and to the Pope » ; « a silent and incisive service always in harmony with the Church's Magisterium: "The Popes", she used to like to say, "always understand us." » ; « looking at the initiatives she accomplished, one could even affirm that she had an almost prophetic capacity to perceive and anticipate it. » Source primaire du Saint-Siège, traductions françaises dans le corps de l'article.

    13 28 74 85
  11. Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie (laici.va), « Ouverture du procès de béatification de Chiara Lubich » : laici.va. Communiqué officiel — ouverture du procès le 27 janvier 2015 par Mgr Raffaello Martinelli, évêque de Frascati, dans la cathédrale de Frascati ; demande d'ouverture signée le 7 décembre 2013 ; plus de 120 000 personnes ayant visité, depuis l'ouverture de la cause, les lieux où Chiara Lubich a vécu et repose. Utilisée pour les dates et le lieu précis de l'ouverture de la cause.

    14 29 87 91
  12. Mouvement des Focolari (France), « Chiara Lubich : clôture de la phase diocésaine de béatification » : focolari.fr. Compte rendu détaillé de la cérémonie du 10 novembre 2019 en la cathédrale de Frascati, en présence de plus de 500 personnes : documentation rassemblée (35 057 pages en 102 volumes, conservées dans 75 boîtes scellées), 166 témoins entendus dans plusieurs diocèses français, suisses, allemands, anglais et belges et par commissions rogatoires en Thaïlande et en Slovénie, transmission du dossier à la Congrégation pour les causes des saints, professeur Daniel Tamborini désigné comme portitor. Rappelle également la chronologie de la cause : 7 décembre 2013 (demande), 29 juin 2014 (nihil obstat du Saint-Siège), 27 janvier 2015 (ouverture), 10 novembre 2019 (clôture diocésaine). Utilisée pour l'ensemble de la section sur la cause de béatification.

    15 30 86 88 89 90
  13. Mouvement des Focolari (France), « Chiara Lubich » : focolari.fr. Source francophone officielle — jeunesse à Trente, engagement dans l'Action catholique, choix de rester en ville pendant les bombardements pour servir les plus pauvres, découverte du premier « focolare » comme espace de chaleur et de lumière autour de l'âtre, plus de 500 personnes gravitant autour du premier foyer en quelques mois, découverte de l'inspiration scripturaire dans la prière de Jean 17, 21, reconnaissance de l'évêque de Trente, rayonnement du mouvement dans 70 pays avec environ 2 700 membres en France. Utilisée pour le contexte de la guerre, le premier focolare et l'implantation française.

    20 34 36
  14. Cittadella internazionale del Movimento dei Focolari, « La storia » : loppiano.it. Histoire officielle de la cité pilote — intuition de Chiara Lubich lors d'un séjour à l'abbaye bénédictine d'Einsiedeln (Suisse) durant l'été 1962, repérage du terrain de cent hectares à Incisa Val d'Arno par le père Pasquale Foresi en 1963, don du terrain par Vincenzo et Camilla Folonari (famille de Brescia consacrée au mouvement), mort de Vincenzo Folonari le 12 juillet 1964 avant le début des travaux, pose de la première pierre et arrivée des premiers focolarini en octobre 1964, arrivée des familles en 1965, naissance des ensembles musicaux Gen Rosso et Gen Verde en 1966, inauguration officielle de la cittadella le 8 mars 1968. Utilisée pour toute la section sur la fondation de Loppiano.

    25 63 64 65
  15. chiaralubich.org, « 2008 : l'ultimo sì » (« 2008, le dernier oui ») : chiaralubich.org. Récit détaillé des derniers jours — citation de 1992, « Il n'est pas vrai qu'avec la mort tout se termine ; il est vrai qu'avec la mort tout commence » ; hospitalisation à la polyclinique Gemelli de Rome le 10 mars 2008 pour insuffisance respiratoire ; réception ce même jour d'une lettre personnelle de Benoît XVI et de la visite du patriarche œcuménique Bartholomée Iᵉʳ ; retour à son domicile de Rocca di Papa le 13 mars ; mort le 14 mars 2008 dans une atmosphère de prière décrite comme sereine. Utilisée pour la section sur les derniers jours et la mort, et pour le blockquote de 1992.

    27 80 81 82 83
  16. Movimento dei Focolari, « Our answer to today's cultural and collective darkness » : focolare.org. Source sur l'intervention de Chiara Lubich lors d'un rassemblement à Budapest en 2006, où elle évoque « l'obscurité culturelle et collective » de l'époque contemporaine, en particulier le relativisme et le décalage entre l'accélération technique et la réflexion éthique en Occident. Utilisée pour la section sur les dernières années publiques de Chiara Lubich.

    79
  17. Movimento dei Focolari, « Focolare Movement and abuse, a firm commitment to the safeguarding of the person » : focolare.org. Rapport officiel publié en avril 2023 par la Commission pour le bien-être et la sécurisation (CO.BE.TU.) du mouvement, portant sur les signalements reçus entre 2014 et 2022 : 61 signalements, 66 auteurs présumés (63 hommes, 3 femmes), 17 adultes vulnérables et 41 mineurs concernés, 22 cas d'abus spirituel ou d'autorité envers des adultes, répartition géographique (39 cas en Europe, 15 dans les Amériques, 4 en Afrique, 3 en Asie-Océanie), mesures prises (20 exclusions, 9 sanctions), création d'une commission centrale indépendante le 1er mai 2023, obligation de signalement judiciaire, renforcement des commissions locales et formation obligatoire de tous les membres à la protection des personnes dans un délai de deux ans. Utilisée pour la section sur les révélations d'abus au sein du mouvement, postérieures à la mort de Chiara Lubich.

    93 96 97
  18. EWTN News / Catholic News Agency, « Focolare Movement will review handling of abuse allegations » (27 octobre 2020) : ewtnnews.com. Article sur l'affaire d'un ancien membre consacré du mouvement (identifié J.M.M.), accusé d'abus sexuel sur mineur remontant aux années 1980-1990, maintenu à des responsabilités jusqu'en 2016 malgré une admission des faits dès 1998, nouveaux éléments transmis par la CIASE (commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église en France) en novembre 2019, annonce par la présidente Maria Voce, le 22 octobre 2020, d'une révision indépendante de la gestion de ce dossier et de l'engagement du mouvement envers les victimes. Utilisée pour établir que ces défaillances de gouvernance sont postérieures à Chiara Lubich et relèvent de la responsabilité de dirigeants ultérieurs du mouvement.

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