Tenzin Gyatso, 14e dalaï-lama (1935-)

Né en 1935 dans une famille paysanne du Tibet et reconnu tulku dès l'enfance, Tenzin Gyatso est le 14e dalaï-lama : chef spirituel en exil depuis 1959, prix Nobel de la paix 1989, et interlocuteur de plusieurs papes.

Ignispedia

Tenzin Gyatso, né Lhamo Thondup le 6 juillet 1935 dans le hameau de Taktser, en Amdo (nord-est du Tibet), est le 14e dalaï-lama : chef spirituel de l'école Gelug du bouddhisme tibétain, reconnu dès l'âge de deux ans comme la réincarnation (tulku) de son prédécesseur et, selon la croyance tibétaine, comme une émanation du bodhisattva de la compassion Avalokiteshvara[1]. Intronisé à Lhassa en 1940, il assume la pleine autorité politique du Tibet dès novembre 1950, à quinze ans, quand l'armée de la République populaire de Chine envahit le pays[2]. Après neuf années de résistance non violente sous occupation, il fuit en exil en mars 1959 et installe à Dharamsala, dans l'Himalaya indien, un gouvernement tibétain en exil qu'il dirigera pendant plus d'un demi-siècle[3].

Lauréat du prix Nobel de la paix en 1989 pour sa défense constante d'une résistance non violente à l'occupation chinoise, il est aujourd'hui l'une des figures religieuses les plus reconnues au monde, auteur ou co-auteur de plus d'une centaine d'ouvrages traduits dans de nombreuses langues et interlocuteur régulier de scientifiques de premier plan au sein du Mind and Life Institute qu'il a contribué à fonder en 1987[4]. En 2011, il renonce solennellement à tout pouvoir politique temporel, mettant fin — selon la chronologie officielle de son Bureau — à 368 ans de direction spirituelle et temporelle conjointe héritée du 5e dalaï-lama, pour ne conserver que sa fonction de chef spirituel[5].

Pour un lecteur catholique, Tenzin Gyatso pose une question singulière parmi les grandes figures religieuses non chrétiennes étudiées par Ignispedia : il est le seul chef religieux vivant à avoir été reçu en audience, de son vivant, par trois papes successifs — Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI —, sans avoir jamais pu rencontrer le pape François malgré sa demande de 2014, tout en professant une doctrine de la réincarnation et de la vacuité (shunyata) radicalement étrangère à la Révélation chrétienne. Son dialogue avec le trappiste Thomas Merton, quelques semaines avant la mort de ce dernier en 1968, et son commentaire public de l'Évangile lors du séminaire The Good Heart en 1994, en font un cas d'école pour penser les limites et les possibilités du dialogue interreligieux catholique.

Cet article retrace d'abord ce que l'histoire documente de la vie de Tenzin Gyatso — sa naissance, sa reconnaissance, son gouvernement en exil et ses combats politiques ; puis l'institution du dalaï-lama elle-même, sa légitimité doctrinale bouddhiste et sa place dans le bouddhisme tibétain ; puis son dialogue avec la science moderne ; puis sa relation, documentée et complexe, avec le christianisme et l'Église catholique ; puis les controverses et zones d'ombre qu'une encyclopédie honnête ne peut passer sous silence — le cas du Panchen Lama disparu, la bataille pour sa succession, la controverse Dorje Shugden, l'incident vidéo de 2023 ; et enfin le regard magistériel que l'Église catholique porte sur le bouddhisme, ses convergences réelles et ses différences irréductibles avec l'Évangile.

Une naissance paysanne et une reconnaissance selon la tradition tulku

Taktser, 1935 : l'enfant qui devient « déesse qui exauce les vœux »

Tenzin Gyatso enfant, au Norbulingka, le 31 janvier 1940. — Photographe de la République de Chine non identifié, Wikimedia Commons, domaine public.

Lhamo Thondup naît le 6 juillet 1935 dans le hameau de Taktser, en Amdo, alors zone frontière entre le Tibet et la Chine, au sein d'une famille de petits paysans cultivant l'orge, le sarrasin et la pomme de terre[6]. Sa mère, qui donnera naissance à seize enfants dont sept survivront, aura quatre fils et deux filles supplémentaires ; trois de ses frères seront eux-mêmes reconnus comme lamas réincarnés dans la tradition tibétaine[7]. Son nom de naissance, Lhamo Thondup, signifie littéralement « déesse qui exauce les vœux »[8].

Le 13e dalaï-lama, Thubten Gyatso, meurt en 1933. Selon la tradition tibétaine, la recherche de sa réincarnation s'appuie sur plusieurs types de signes : après son embaumement, la tête du corps du défunt, initialement tournée vers le sud-est, se serait retrouvée orientée vers le nord-est — indication de la direction où chercher l'enfant[9]. Le régent Reting Rinpoché, chargé de la régence pendant la minorité du futur dalaï-lama, aurait ensuite eu une vision au lac sacré de Lhamo La-tso : les lettres tibétaines Ah, Ka, Ma, l'image d'un monastère à trois étages au toit turquoise et vert, et celle d'une maison à la gouttière particulière[10].

La quête du corps de recherche et les signes traditionnels

Trois équipes de recherche sont envoyées vers le nord-est, l'est et le sud-est du Tibet. Celle qui se dirige vers l'Amdo, conduite par un lama du monastère de Sera déguisé en simple pèlerin, découvre à Taktser un monastère au toit turquoise correspondant à la vision de Reting Rinpoché, puis un enfant d'environ deux ans qui, selon le récit traditionnel rapporté par le site officiel du dalaï-lama, aurait reconnu spontanément le chef de l'expédition en s'écriant « lama de Sera, lama de Sera »[11]. Soumis ensuite au test classique de reconnaissance d'objets ayant appartenu au 13e dalaï-lama, mêlés à des objets similaires mais étrangers, l'enfant aurait identifié correctement chacun des objets authentiques en répétant : « C'est à moi, c'est à moi »[12].

La déclaration publique officielle de reconnaissance de Lhamo Thondup comme 14e dalaï-lama date de 1939[13]. Le jeune garçon quitte l'Amdo pour Lhassa, où il arrive le 8 octobre 1939 après un voyage de trois mois[14].

L'intronisation à Lhassa (1940) et la formation monastique

Le Potala vu depuis Chagpo Ri, le 23 mai 2006. — Ondřej Žváček, Wikimedia Commons, CC BY 2.5.

La cérémonie d'intronisation se tient le 22 février 1940 au Palais du Potala, dans la Grande Salle d'Assemblée Sizhi Phuntsok, où l'enfant est installé sur le trône d'or soutenu par huit lions des neiges devant les dignitaires du gouvernement tibétain[15]. Il reçoit à cette occasion son nom monastique complet, Jamphel Ngawang Lobsang Yeshe Tenzin Gyatso — « Gloire douce, Puissant en Parole, Bon en Intelligence, Détenteur de la Doctrine, Océan [de Sagesse] »[16].

Sa formation monastique commence formellement à l'âge de six ans selon le comput traditionnel, en 1940, selon un curriculum issu de la tradition du monastère indien de Nalanda, comprenant cinq disciplines majeures — logique, arts et artisanat, grammaire sanskrite, médecine, et surtout philosophie bouddhique, elle-même subdivisée en cinq sous-disciplines : Prajnaparamita (perfection de la sagesse), Madhyamika (voie médiane), Vinaya (discipline monastique), Abhidharma (métaphysique) et Pramana (logique et épistémologie) — et cinq disciplines mineures[17]. Le régent Taktra Rinpoché succède à Reting Rinpoché à la tête du gouvernement tibétain durant la minorité du jeune dalaï-lama.

L'examen final du diplôme de geshe lharampa — le plus haut grade académique de philosophie bouddhique tibétaine, équivalent à un doctorat — se tient au temple du Jokhang à Lhassa, lors de la grande fête annuelle du Monlam Chenmo (Grande Prière), en février 1959, alors que Tenzin Gyatso a vingt-trois ans[18]. Il est reçu avec mention.

Le Tibet face à l'invasion chinoise (1950-1959)

L'accession prématurée au pouvoir temporel (novembre 1950)

Infographie — illustration originale IA. De l’accord à l’exil, 1951–1959 ; scènes symboliques. Sources : chronologie officielle et déclarations citées dans cette section.

En octobre 1950, l'armée de la République populaire de Chine franchit la frontière orientale du Tibet et défait l'armée tibétaine dans le Kham. Face à cette crise, le dalaï-lama, alors âgé de quinze ans, est appelé à assumer immédiatement la pleine autorité temporelle du Tibet — huit ans avant l'âge de majorité traditionnellement prévu — le 17 novembre 1950[19].

L'accord en 17 points (mai 1951) signé sous la contrainte

Le 23 mai 1951, à Pékin, des plénipotentiaires tibétains signent, sous la contrainte, l'« Accord en dix-sept points pour la libération pacifique du Tibet » avec le gouvernement chinois. Le dalaï-lama apprend la conclusion de cet accord par la radio, sans avoir été consulté sur son contenu ni sur l'usage — contesté par la suite — de sceaux gouvernementaux tibétains apposés par les négociateurs sous la pression[20]. L'accord reconnaît formellement la souveraineté chinoise sur le Tibet tout en promettant le maintien du statut politique du dalaï-lama et une autonomie régionale — promesses que Pékin ne tiendra pas.

Le soulèvement de Lhassa et la fuite en exil (mars 1959)

Le 10 mars 1959, des dizaines de milliers de Tibétains se rassemblent autour du palais d'été de Norbulingka pour empêcher que le dalaï-lama ne se rende, sans garde, à une réception organisée par le commandement militaire chinois — geste que la foule interprète comme un piège visant à l'enlever[21]. Le soulèvement s'étend sur plusieurs jours et se transforme en révolte armée, réprimée par l'artillerie chinoise.

Dans la nuit du 17 mars 1959, le dalaï-lama quitte secrètement le palais de Norbulingka déguisé en simple soldat, entame une marche de quatorze jours à travers l'Himalaya, et franchit la frontière indienne le 31 mars 1959[22]. Le Premier ministre indien Jawaharlal Nehru annonce au Parlement, le 3 avril 1959, que le dalaï-lama et un groupe de quatre-vingts personnes ont obtenu l'asile[23]. Le 26 mars 1959, encore en territoire tibétain, à Lhuntse Dzong, le dalaï-lama avait répudié l'accord en 17 points comme lui ayant été « imposé au gouvernement et au peuple tibétains sous la menace des armes »[24] — répudiation qu'il formalise publiquement lors d'une conférence de presse à Mussoorie le 20 juin 1959, déclarant : « puisque la Chine elle-même avait rompu les termes de son propre accord, il ne pouvait plus y avoir aucune base légale pour le reconnaître »[25].

Le 18 avril 1959, à Tezpur, en Inde, devant environ sept cents personnes rassemblées, le dalaï-lama fait une déclaration publique relatant les circonstances de sa fuite[26]. Nehru le rencontre le 24 avril 1959 à Mussoorie, où le dalaï-lama réside chez l'industriel G. D. Birla ; leur entretien dure plus de quatre heures[27].

Cinquante ans de gouvernement en exil à Dharamsala

La fondation de l'administration centrale tibétaine

Infographie — illustration originale IA. Lhassa, Inde, Mussoorie puis Dharamsala : parcours schématique, sans tracé géographique exact. Source : chronologie officielle citée dans le texte.

Dès le 29 avril 1959, à Mussoorie, le dalaï-lama réinstaure le Kashag — le conseil des ministres tibétain, que Pékin avait aboli le 28 mars précédent — posant les bases de ce qui deviendra la Central Tibetan Administration (Administration centrale tibétaine), gouvernement tibétain en exil. Il s'installe à Dharamsala, dans l'Himachal Pradesh, pour une résidence permanente à partir du 30 avril 1960[28]. Depuis lors, ce petit bourg de montagne, et en particulier son quartier de McLeod Ganj, est devenu le centre névralgique de la diaspora tibétaine et le siège du gouvernement tibétain en exil.

La Voie médiane : autonomie plutôt qu'indépendance

Face à l'impossibilité d'obtenir l'indépendance pure et simple du Tibet, le dalaï-lama développe à partir des années 1980 une doctrine dite de la Voie médiane (Middle Way Approach), renonçant à l'indépendance au profit d'une « autonomie réelle » du Tibet au sein de la République populaire de Chine. Le 21 septembre 1987, devant le Congressional Human Rights Caucus à Washington, il présente son Plan de paix en cinq points, appelant notamment à la transformation de l'ensemble du Tibet en « zone de paix », à l'abandon de la politique chinoise de transfert de population, et au respect des droits humains fondamentaux et des libertés démocratiques du peuple tibétain[29]. Le 15 juin 1988, devant le Parlement européen à Strasbourg, il précise cette proposition : le Tibet tout entier (les trois provinces historiques d'Ü-Tsang, du Kham et de l'Amdo) deviendrait « une entité politique démocratique auto-administrée » en association avec la Chine, celle-ci conservant la politique étrangère et la défense, le gouvernement local restant basé à Lhassa[30].

« Le Tibet tout entier [...] devrait devenir une zone d'ahimsa, un sanctuaire de paix et de non-violence où l'harmonie humaine et environnementale prévaut. » — Tenzin Gyatso, discours au Congressional Human Rights Caucus, Washington, 21 septembre 1987[31]

La démocratisation et la retraite politique de 2011

Le gouvernement tibétain en exil se démocratise progressivement : en 2001, le peuple tibétain en exil élit pour la première fois directement son Kalon Tripa (chef du cabinet, équivalent d'un Premier ministre)[32]. Le 10 mars 2011, à l'occasion du cinquante-deuxième anniversaire du soulèvement de Lhassa, le dalaï-lama annonce publiquement à Dharamsala son intention de céder son autorité politique formelle à un dirigeant démocratiquement élu[33]. Le 19 mars 2011, dans un discours détaillé prononcé devant les fidèles rassemblés au temple principal de Dharamsala, il précise :

« Il est tout à fait approprié que je mette fin, de ma propre initiative, avec joie et fierté, à la double autorité du dalaï-lama [...]. La direction démocratiquement élue par le peuple tibétain devrait assumer l'entière responsabilité politique du Tibet. » — Tenzin Gyatso, discours de retraite politique, Dharamsala, 19 mars 2011[34]

Le 29 mai 2011, il signe formellement le document transférant son autorité temporelle au dirigeant démocratiquement élu, mettant fin — selon la chronologie officielle — à 368 ans de tradition durant laquelle les dalaï-lamas cumulaient chefferie spirituelle et temporelle du Tibet — depuis le 5e dalaï-lama en 1642[35]. Lobsang Sangay est élu à la tête du gouvernement en exil le 27 avril 2011 avec 55 % des voix, prêtant serment le 8 août 2011 comme Kalon Tripa — titre devenu ensuite Sikyong[36]. Depuis cette date, Tenzin Gyatso se décrit lui-même comme entièrement « retiré » de la vie politique, ne conservant que son rôle de chef spirituel — à l'image, précise-t-il, des quatre premiers dalaï-lamas de la lignée, avant que le 5e n'unifie les pouvoirs spirituel et temporel[37].

  1. 6 juillet 1935
    Naissance à Taktser

    Naissance de Lhamo Thondup dans une famille paysanne d'Amdo, au nord-est du Tibet.

  2. 1939
    Reconnaissance officielle

    Déclaration publique de reconnaissance comme 14e dalaï-lama ; arrivée à Lhassa le 8 octobre 1939.

  3. 22 février 1940
    Intronisation

    Cérémonie d'intronisation au Palais du Potala, Lhassa.

  4. 17 novembre 1950
    Pouvoir temporel anticipé

    Assomption de la pleine autorité politique du Tibet, à quinze ans, face à l'invasion chinoise.

  5. 23 mai 1951
    Accord en 17 points

    Signature sous contrainte de l'accord reconnaissant la souveraineté chinoise sur le Tibet.

  6. 10-31 mars 1959
    Soulèvement et exil

    Soulèvement de Lhassa, fuite du Norbulingka, entrée en Inde après quatorze jours de marche.

  7. 30 avril 1960
    Installation à Dharamsala

    Résidence permanente à Dharamsala, siège du gouvernement tibétain en exil.

  8. 10 décembre 1989
    Prix Nobel de la paix

    Réception du prix Nobel de la paix à Oslo pour sa défense de la non-violence.

  9. 29 mai 2011
    Retraite politique

    Transfert formel du pouvoir temporel à un dirigeant élu, fin de 368 ans de théocratie.

  10. 2 juillet 2025
    Déclaration sur la succession

    Réaffirmation, pour ses 90 ans, que seul le Gaden Phodrang Trust reconnaîtra son successeur.

Le prix Nobel de la paix (1989) et la reconnaissance internationale

Infographie — illustration originale IA. Paix, patrimoine tibétain et respect mutuel. Sources : comité Nobel et discours du 10 décembre 1989 cités dans cette section.

Le comité Nobel norvégien décerne à Tenzin Gyatso le prix Nobel de la paix 1989 « pour avoir prôné des solutions pacifiques fondées sur la tolérance et le respect mutuel afin de préserver l'héritage historique et culturel de son peuple »[38]. Le comité souligne en particulier sa constance dans le refus du recours à la violence face à l'occupation de son pays. Le dalaï-lama reçoit le prix à Oslo le 10 décembre 1989, dans le grand amphithéâtre de l'Université d'Oslo :

« Ce prix est une reconnaissance des véritables valeurs d'altruisme, d'amour, de compassion et de non-violence que je m'efforce de pratiquer, en accord avec les enseignements du Bouddha et des grands sages de l'Inde et du Tibet. » — Tenzin Gyatso, discours de réception du prix Nobel de la paix, Oslo, 10 décembre 1989[39]

Dans son discours, il rappelle sa proposition de convertir l'ensemble du plateau tibétain en « zone d'ahimsa », sanctuaire de paix et de non-violence[40]. Le prix contribue à faire de lui, dans les décennies suivantes, l'une des personnalités religieuses les plus reconnues internationalement, en dépit — et à cause — de la pression diplomatique constante exercée par Pékin sur les États qui le reçoivent officiellement.

Doctrine et institution : qu'est-ce qu'un dalaï-lama ?

L'école Gelug et le système des tulku

Infographie — illustration originale IA. Description d’une croyance religieuse, avec scènes symboliques. Sources : définition du tulku et récit biographique cités dans l’article.

Le dalaï-lama est le chef spirituel de l'école Gelug (ou Guélougpa, « les vertueux ») du bouddhisme tibétain, l'une des quatre grandes écoles avec les Nyingma, Kagyu et Sakya. L'école Gelug est fondée au tournant des XIVe et XVe siècles par le moine réformateur Je Tsongkhapa (1357-1419), figure dont la biographie complète et l'œuvre doctrinale feront l'objet d'un article Ignispedia dédié[41]. Le système de succession par réincarnation reconnue — le tulku — apparaît d'abord dans l'école Kagyu au XIIIe siècle, avec la reconnaissance du 2e Karmapa comme réincarnation du 1er ; l'école Gelug, apparue plus tard, adopte à son tour cette forme de succession pour ses dirigeants, les dalaï-lamas[42].

Un tulku (tibétain sprul sku, rattaché à la notion bouddhique sanskrite de nirmanakaya, « corps d'émanation ») est un individu reconnu comme la réincarnation consciente d'un maître spirituel antérieur, et destiné à son tour à renaître après sa mort au service des êtres[43].

Une émanation d'Avalokiteshvara : fondement doctrinal de la légitimité

Le dalaï-lama est considéré, dans la tradition tibétaine, comme une émanation d'Avalokiteshvara (Chenrezig en tibétain), le bodhisattva de la compassion — figure introduite au Tibet dès le VIIe siècle et rapidement devenue la plus populaire du panthéon bouddhique tibétain[44]. Selon la croyance tibétaine, chaque dalaï-lama successif incarne consciemment ce même bodhisattva, « être réalisé animé du vœu d'atteindre l'état de bouddha pour le bien de tous les êtres sensibles, ayant fait le vœu de renaître dans le monde pour aider l'humanité »[45]. Selon le site officiel du dalaï-lama, Tenzin Gyatso serait le soixante-quatorzième d'une lignée d'émanations remontant à un jeune brahmane du temps du Bouddha historique lui-même[46].

Du 1er au 5e dalaï-lama : d'un titre posthume à la théocratie du Potala

Infographie — illustration originale IA. Cinq repères de Gendun Drup à la retraite politique de 2011. Sources : biographies et déclaration de retraite citées dans le texte.

Le premier de la lignée, Gendun Drup (1391-1474), disciple principal de Tsongkhapa et fondateur du monastère de Tashilhunpo à Shigatse, n'a jamais porté le titre de « dalaï-lama » de son vivant : ce titre lui a été attribué à titre posthume[47]. C'est en effet seulement en 1578 que le prince mongol Altan Khan, invitant le troisième successeur de cette lignée, Sonam Gyatso, à enseigner en Mongolie, lui confère le titre honorifique de « dalaï-lama » — « dalaï » étant la traduction mongole du mot tibétain gyatso, « océan », d'où la traduction usuelle « océan de sagesse »[48]. Ce titre est alors rétroactivement attribué à ses deux prédécesseurs, faisant de Sonam Gyatso le « 3e » dalaï-lama bien qu'il soit le premier à porter le nom de son vivant[49].

C'est le 5e dalaï-lama, Ngawang Lobsang Gyatso (1617-1682), dit le « Grand Cinquième », qui unifie pour la première fois pouvoir spirituel et pouvoir temporel : en 1642, au palais de Samdrubtse à Shigatse, le chef militaire mongol Gushri Khan, après avoir défait les princes rivaux du Tsang, remet formellement l'autorité temporelle sur l'ensemble du Tibet au 5e dalaï-lama, instaurant le gouvernement du Ganden Phodrang[50]. Ce dernier fait construire à partir de 1645 le Palais du Potala, achevé pour l'essentiel en trois ans mais aménagé sur près de quarante-cinq ans, qui devient le siège du pouvoir spirituel et temporel tibétain jusqu'en 1959[51]. Cette théocratie instaurée en 1642 durera, selon la chronologie officielle du Bureau du dalaï-lama, 368 ans, jusqu'à la retraite politique volontaire de Tenzin Gyatso en 2011[52].

Le dalaï-lama actuel, chef spirituel mais non chef de tout le bouddhisme tibétain

Une précision s'impose pour un lecteur occidental : le dalaï-lama n'est ni le « pape » du bouddhisme tibétain, ni même le chef de l'ensemble des quatre écoles tibétaines. Il est le chef spirituel de la seule école Gelug, distincte de l'école Kagyu (dont le chef porte le titre de Karmapa) ou de l'école Nyingma. Le Panchen Lama, deuxième plus haute autorité de l'école Gelug après le dalaï-lama, occupe traditionnellement le monastère de Tashilhunpo à Shigatse — institution dont la succession contestée constitue l'une des controverses majeures documentées plus bas dans cet article. Au sein même de l'école Gelug, la direction officielle revient au Ganden Tripa, « détenteur du trône de Ganden », nommé pour un mandat de sept ans : le dalaï-lama en est la figure la plus influente, non le supérieur hiérarchique[53].

Le dialogue avec la science moderne : le Mind and Life Institute

Naissance d'un dialogue improbable (1987)

Infographie — illustration originale IA. Scène de dialogue et cerveau symboliques ; les courbes ne reproduisent pas des résultats expérimentaux. Sources : Mind and Life et étude PNAS cités dans cette section.

En 1987, le dalaï-lama fonde avec l'avocat et entrepreneur américain R. Adam Engle et le neurobiologiste chilien Francisco Varela le Mind and Life Institute, dont l'objectif est d'organiser un dialogue suivi entre science moderne et pensée bouddhiste[54]. Le premier « Mind and Life Dialogue », consacré au bouddhisme et aux sciences cognitives, se tient en octobre 1987 à Dharamsala, sur une semaine, réunissant six scientifiques et le dalaï-lama à raison de cinq heures d'échange quotidien[55]. L'institut, formellement constitué en organisation à but non lucratif en 1991, deviendra un acteur reconnu du dialogue science-spiritualité, finançant plus de 270 projets de recherche dans une trentaine d'États américains et une vingtaine de pays[56].

Des cerveaux de moines sous électroencéphalogramme

Le dialogue le plus retentissant sur le plan scientifique concerne les recherches du neuroscientifique Richard Davidson (Université du Wisconsin-Madison), invité par le dalaï-lama dans les années 1990 à étudier les effets cérébraux de la méditation. L'étude princeps, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences en 2004, montre que des pratiquants bouddhistes tibétains expérimentés — certains totalisant entre dix mille et cinquante mille heures de méditation — produisent, pendant la méditation de compassion, des oscillations cérébrales en bande gamma d'une amplitude jamais observée jusque-là dans un cerveau humain non pathologique, trente fois supérieure à celle d'un groupe témoin novice — du moins selon le compte rendu qu'en donne le Scientific American[57].

« Les techniques, pratiquées par les bouddhistes depuis des millénaires pour apaiser, focaliser et développer l'esprit — la face intérieure du cerveau — avaient changé le cerveau. » — Scientific American, à propos des travaux de Richard Davidson et du Mind and Life Institute[58]

En septembre 2003, l'un des dialogues les plus médiatisés de l'institut, « Investigating the Mind », se tient au Massachusetts Institute of Technology devant environ mille deux cents participants, réunissant le dalaï-lama, le prix Nobel Phillip Sharp et plusieurs neuroscientifiques de premier plan[59]. D'autres dialogues portent sur la physique quantique et la cosmologie (1997, avec le physicien Anton Zeilinger notamment) ou sur les « émotions destructrices » (2000, dialogue publié par Daniel Goleman)[60].

Des œuvres traduites dans le monde entier

Tenzin Gyatso est l'auteur ou le co-auteur de plus d'une centaine d'ouvrages. Parmi les plus marquants :

TitreÉditeurAnnée
My Land and My People (première autobiographie)McGraw-Hill / Weidenfeld & Nicolson1962
Freedom in Exile (autobiographie complète)Hodder & Stoughton / HarperCollins1990
The Art of Happiness, avec Howard C. CutlerRiverhead Books1998
Ethics for the New MillenniumRiverhead Books1999
The Universe in a Single AtomMorgan Road Books2005
Beyond Religion: Ethics for a Whole WorldHoughton Mifflin Harcourt2011
The Book of Joy, avec l'archevêque Desmond Tutu et Douglas AbramsAvery2016

Sources bibliographiques croisées[61][62][63][64][65].

Le dalaï-lama et le christianisme : un dialogue interreligieux singulier

Thomas Merton, « l'introduction au sens réel du mot chrétien » (1968)

Thomas Merton, portrait dessiné publié en 2018. — Mind meal, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

En novembre 1968, le moine trappiste Thomas Merton, en route vers une conférence monastique à Bangkok, s'arrête à Dharamsala et rencontre le dalaï-lama à trois reprises, les 4, 6 et 8 novembre 1968, quelques semaines à peine avant sa mort accidentelle à Bangkok le 10 décembre suivant[66]. Merton, alors âgé de 53 ans, note dans son Journal asiatique après leur première rencontre :

« Le dalaï-lama est des plus impressionnants comme personne. Il est solide et alerte, plus grand que je ne l'attendais [...]. Une personne très solide, énergique, généreuse et chaleureuse, s'efforçant très habilement de gérer d'énormes problèmes — dont il n'a mentionné directement aucun. » — Thomas Merton, The Asian Journal of Thomas Merton, entrée du 4 novembre 1968, p. 100-101[67]

Après leur troisième et dernier entretien, Merton écrit :

« Ce fut une discussion très chaleureuse et cordiale, et à la fin j'ai senti que nous étions devenus de très bons amis et que nous étions, d'une certaine manière, assez proches l'un de l'autre [...]. Il a remarqué que j'étais un "geshe catholique", ce qui, selon [mon ami] Harold, était le plus grand compliment possible de la part d'un Gelugpa — comme un doctorat honorifique ! » — Thomas Merton, The Asian Journal of Thomas Merton, entrée du 8 novembre 1968, p. 124-125[68]

Merton meurt le 10 décembre 1968 à Samut Prakan, près de Bangkok, dans des circonstances demeurées disputées — officiellement une électrocution accidentelle, bien que le rapport de police thaïlandais ait aussi mentionné une crise cardiaque, sans autopsie[69]. Le dalaï-lama, dans son autobiographie Freedom in Exile (1990), désignera cette rencontre comme l'un de ses « plus heureux souvenirs de cette époque », affirmant que c'est Merton qui « lui a fait découvrir le sens réel du mot "chrétien" »[70]. En 1987, dans une intervention à l'université Emory, il ira jusqu'à dire :

« Quand je pense au christianisme, je pense à Thomas Merton [...]. S'il était encore en vie aujourd'hui, son rôle dans le dialogue entre les religions serait crucial. » — Tenzin Gyatso, session avec des moines trappistes, université Emory, Atlanta, 19 septembre 1987[71]

Les audiences pontificales, entre estime et prudence diplomatique

Une autre rencontre catholique : avec le cardinal Donald Wuerl à Washington, juillet 2011 ; cette photo ne représente pas Assise 1986. — Wonderlane, Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Le dalaï-lama est reçu en audience par trois papes successifs, dans des conditions révélatrices de la prudence diplomatique du Saint-Siège à l'égard de la Chine.

Paul VI le reçoit le premier, le 30 septembre 1973, lors du tout premier voyage du dalaï-lama hors d'Asie. Le pape lui déclare :

« Nous vous remercions pour votre geste des plus courtois en venant nous rendre visite. » — Pape Paul VI, discours au dalaï-lama, 30 septembre 1973[72]

Jean-Paul II le reçoit à plusieurs reprises entre 1980 et 2003 — la presse évoque généralement huit rencontres sur cette période — dans des audiences volontairement discrètes, décrites par un responsable du Vatican comme relevant d'une politique de « profil bas » pour éviter que ces visites ne deviennent des « opérations de communication » artificielles en faveur de la cause tibétaine[73]. Leur dernière rencontre a lieu le 27 novembre 2003 ; le porte-parole du Vatican, Joaquín Navarro-Valls, la qualifie de « visite courte, de nature exclusivement religieuse »[74]. Le dalaï-lama déclare alors :

« J'ai dit au pape mon admiration pour ce qu'il a fait pour la paix et l'harmonie religieuse dans le monde. » — Tenzin Gyatso, après sa rencontre avec Jean-Paul II, 27 novembre 2003[75]

Le 27 octobre 1986, le dalaï-lama participe, à la tête d'une délégation bouddhiste, à la Journée mondiale de prière pour la paix convoquée par Jean-Paul II à Assise, aux côtés de représentants d'une douzaine de religions[76].

Benoît XVI le reçoit une seule fois, dans des conditions très discrètes, le 13 octobre 2006 : la rencontre n'apparaît ni dans l'agenda pontifical publié ce jour-là, ni dans les bulletins officiels du Vatican, sans photographe ni communiqué — un porte-parole adjoint de la salle de presse du Saint-Siège, interrogé par les journalistes, se borne à confirmer une « rencontre privée »[77]. Une audience ultérieure, annoncée pour le 13 décembre 2007, est finalement annulée après de vives protestations chinoises ; le dalaï-lama commente alors avec une pointe d'ironie contenue :

« Par le passé, chaque fois que je venais en Italie, je rencontrais [le pape]. Cette fois, le pape a rencontré quelques difficultés [...]. J'en suis désolé. » — Tenzin Gyatso, décembre 2007[78]

Le pape François, quant à lui, ne rencontrera jamais le dalaï-lama. En décembre 2014, présent à Rome pour un sommet des lauréats du prix Nobel de la paix, le dalaï-lama demande une audience privée que le Vatican refuse ; le porte-parole vatican, le P. Federico Lombardi, précise que François ne rencontrera aucun des lauréats présents, tout en assurant que le pape le « tient en très haute estime »[79]. Le dalaï-lama commentera lui-même :

« L'administration du Vatican dit que ce n'est pas possible parce que cela pourrait causer des problèmes. » — Tenzin Gyatso, décembre 2014[80]

En 2016, il n'est pas non plus invité au trentième anniversaire de la Journée de prière d'Assise, organisé par la Communauté de Sant'Egidio. À la mort du pape François, le 21 avril 2025, le dalaï-lama adresse un message de condoléances saluant un homme qui « a révélé par ses propres actions comment vivre une vie simple mais riche de sens »[81] — les deux hommes ne se seront jamais rencontrés en personne.

PapeDate(s) de rencontreCaractère
Paul VI30 septembre 1973Audience officielle, premier voyage occidental du dalaï-lama
Jean-Paul IIEnviron huit rencontres, 1980-2003, dont Assise 1986Audiences discrètes, « profil bas » assumé
Benoît XVI13 octobre 2006Rencontre privée non annoncée ; audience 2007 annulée sous pression chinoise
FrançoisAucune rencontreAudience refusée en 2014 ; absent des célébrations d'Assise 2016

Le motif constant de cette prudence croissante est, selon plusieurs analystes cités par la presse, la volonté du Saint-Siège de ménager ses relations diplomatiques avec Pékin, la Chine qualifiant systématiquement le dalaï-lama de figure « séparatiste »[82].

« The Good Heart » (1994) : un bouddhiste commente l'Évangile

Tenzin Gyatso lors d’un échange organisé par l’U.S. Institute of Peace, le 13 juin 2016 ; photographie postérieure au séminaire de 1994. — U.S. Institute of Peace, Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

En septembre 1994, à l'université Middlesex de Londres, le dalaï-lama est invité à animer le séminaire annuel John Main, organisé par la World Community for Christian Meditation en mémoire du moine bénédictin Dom John Main (1926-1982), fondateur de ce réseau international de méditation chrétienne[83]. Devant environ trois cent cinquante participants occidentaux, coanimé par le Père Laurence Freeman, successeur de John Main, le dalaï-lama commente en direct huit passages des quatre évangiles canoniques : le Sermon sur la montagne, la parabole de la graine de moutarde, la Résurrection, l'amour des ennemis, le Royaume de Dieu, la Transfiguration, l'envoi en mission des disciples et la foi[84]. Il déclare à cette occasion :

« Quand je lis ces passages des Évangiles, je me rappelle surtout l'importance de la tolérance et de l'impartialité envers toutes les créatures. » — Tenzin Gyatso, séminaire John Main « The Good Heart », Londres, septembre 1994[85]

Le dalaï-lama reconnaît lui-même, au cours du séminaire, les limites doctrinales de l'exercice, affirmant qu'« il n'existe pas de chose telle qu'un chrétien bouddhiste » et que « les deux traditions doivent, à un moment, diverger » sur les questions métaphysiques fondamentales[86]. Les échanges sont publiés en 1996 sous le titre The Good Heart: A Buddhist Perspective on the Teachings of Jesus (Wisdom Publications, Boston, et Rider Books, Londres, 1996)[87]. Une critique protestante évangélique publiée dans le Christian Research Journal en 1997 reproche aux organisateurs d'avoir estompé les frontières doctrinales entre bouddhisme et christianisme, tout en reconnaissant la qualité de l'érudition biblique déployée[88].

La controverse du « système athée » : Jean-Paul II et le boycott de Colombo (1995)

En 1994, Jean-Paul II publie, sous forme d'entretiens avec le journaliste italien Vittorio Messori, Entrez dans l'espérance (Varcare la soglia della speranza), livre dans lequel il consacre un chapitre au bouddhisme. Il y écrit une formule qui suscitera une vive controverse :

« Le bouddhisme est, dans une large mesure, un système "athée". » — Pape Jean-Paul II, Entrez dans l'espérance, 1994[89]

Le pape ajoute que « la plénitude de ce détachement n'est pas l'union avec Dieu, mais ce qu'on appelle le nirvana, un état d'indifférence parfaite à l'égard du monde », et qualifie la sotériologie bouddhiste de « presque exclusivement négative »[90]. La publication du livre, quelques jours avant une visite pontificale au Sri Lanka, déclenche une vive indignation dans la communauté bouddhiste locale : le 21 janvier 1995, à Colombo, l'ensemble des prélats bouddhistes invités à une rencontre interreligieuse boycottent collectivement l'événement, alors que les délégations hindoue et musulmane se présentent normalement[91]. Le pape n'offre aucune rétractation formelle, mais improvise une phrase de conciliation : « Il est important que nous soyons ensemble. Ne pas être ensemble est dangereux »[92]. Le moine et traducteur bouddhiste theravada Bhikkhu Bodhi publie en réponse un essai correctif, Toward a Threshold of Understanding, jugeant la caractérisation papale du bouddhisme relever d'une vision missionnaire dépassée[93]. Aucune source fiable ne documente de réaction publique spécifique du dalaï-lama à cet épisode précis.

Ombres et controverses documentées

Une encyclopédie catholique rigoureuse ne peut se limiter, sur Tenzin Gyatso, à une présentation hagiographique. Plusieurs dossiers, solidement documentés par la presse internationale et les organisations de défense des droits humains, doivent être exposés avec honnêteté.

Le Panchen Lama disparu : le cas Gedhun Choekyi Nyima

Infographie — illustration originale IA. Les étapes du dossier et les positions attribuées à leurs auteurs. Sources : documents de 1995 et déclarations citées dans le texte ; silhouettes et architecture symboliques.

Le 14 mai 1995, le dalaï-lama reconnaît officiellement Gedhun Choekyi Nyima, né le 25 avril 1989, comme la réincarnation du 10e Panchen Lama, deuxième plus haute autorité de l'école Gelug après lui-même[94]. Trois jours plus tard, le 17 mai 1995, l'enfant de six ans et sa famille sont emmenés par les autorités chinoises, officiellement pour leur « protection »[95]. Aucun observateur indépendant ne les a revus depuis. Le 8 décembre 1995, la Chine installe à Tashilhunpo un autre enfant, Gyaincain Norbu, désigné par un tirage au sort dans une « urne d'or » — procédure historique reprise pour la première fois depuis la fondation de la République populaire[96].

Pékin affirme régulièrement que Gedhun Choekyi Nyima « mène une vie normale » et « ne souhaite pas être dérangé » ; en 2020, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Zhao Lijian précisait qu'il avait « reçu une éducation obligatoire gratuite étant enfant, réussi l'examen d'entrée à l'université, et occupe désormais un emploi »[97]. À l'occasion du trentième anniversaire de sa disparition, en mai 2025, Human Rights Watch réaffirmait :

« Le gouvernement chinois a enlevé un enfant de six ans et sa famille, et les a soumis à une disparition forcée depuis trente ans. » — Yalkun Uluyol, chercheur Chine, Human Rights Watch, 15 mai 2025[98]

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a réclamé sa libération immédiate le même mois[99], et le Parlement européen a adopté, le 8 mai 2025, une résolution condamnant les violations de la liberté religieuse au Tibet et réitérant cette demande[100]. Gyaincain Norbu, désigné par Pékin, a quant à lui rencontré Xi Jinping le 6 juin 2025 à Pékin, promettant de « soutenir fermement la direction du Parti communiste chinois »[101].

La bataille pour la succession : Pékin contre le Gaden Phodrang Trust

En 2007, l'Administration d'État chinoise des Affaires religieuses promulgue l'« Ordre n°5 », exigeant l'approbation préalable du gouvernement pour toute reconnaissance de lama réincarné au Tibet — mesure largement interprétée comme visant directement à contrôler la succession du dalaï-lama lui-même en cas de décès[102]. Face à cette menace, Tenzin Gyatso publie le 24 septembre 2011 une déclaration officielle sur les conditions de sa propre réincarnation :

« La réincarnation est un phénomène qui devrait se produire soit par le libre choix de la personne concernée, soit au moins par la force de son karma, de son mérite et de ses prières [...]. La responsabilité en incombera principalement aux officiers concernés du Gaden Phodrang Trust du dalaï-lama. » — Tenzin Gyatso, déclaration sur la question de sa réincarnation, 24 septembre 2011[103]

Il précise qu'à l'approche de ses quatre-vingt-dix ans, il consulterait les hauts lamas et le public tibétain pour réévaluer la nécessité même de perpétuer l'institution du dalaï-lama[104]. Le 2 juillet 2025, quelques jours avant son quatre-vingt-dixième anniversaire, il diffuse une nouvelle déclaration vidéo confirmant que la lignée continuera et que seul le Gaden Phodrang Trust — la fondation qu'il a établie pour préserver l'institution — aura autorité pour reconnaître son successeur, à l'exclusion de toute autre entité, y compris le gouvernement chinois[105]. Pékin rejette cette position : un porte-parole de l'ambassade de Chine à Washington a qualifié en mai 2025 l'idée d'une « disparition forcée » du Panchen Lama de « mensonge sans fondement objectif »[106], tandis que la Chine revendique un droit de veto sur toute reconnaissance de réincarnation en vertu de sa souveraineté sur le Tibet.

La controverse Dorje Shugden

En 1996, le dalaï-lama déconseille fortement, au sein du gouvernement et des monastères sous administration tibétaine en exil, la vénération de Dorje Shugden, une divinité protectrice traditionnellement invoquée dans certains milieux de l'école Gelug, au motif que cette pratique favoriserait le sectarisme et risquerait de dégénérer en un « culte de l'esprit »[107]. Le dalaï-lama a lui-même précisé n'avoir jamais utilisé le mot « interdiction », mais reconnaît « décourager fortement » cette pratique[108].

Cette position suscite une contestation durable de la part de pratiquants tibétains et occidentaux de Dorje Shugden, qui accusent le dalaï-lama de violer la liberté religieuse et documentent des cas d'ostracisme social envers les fidèles de cette divinité. Le 4 février 1997, Geshe Lobsang Gyatso, 70 ans, directeur-fondateur de l'Institut de dialectique bouddhiste de Dharamsala et ami proche du dalaï-lama, est assassiné à coups de couteau avec deux jeunes disciples, à quelques centaines de mètres de la résidence du dalaï-lama[109]. La police du district de Kangra a publiquement nommé deux suspects présentés comme liés à l'association Dorje Shugden, sans jamais parvenir à les arrêter ; selon la presse, ils se seraient enfuis en Chine, où Interpol a délivré à leur encontre une notice rouge en 2007[110]. Le philosophe Georges Dreyfus (Williams College), tout en jugeant « non déraisonnable » l'hypothèse d'un assassinat commis au nom de la divinité par certains de ses adeptes, souligne qu'elle demeure une inférence, non une conclusion judiciaire établie ; l'affaire reste officiellement non résolue, et les groupes pro-Shugden ont publiquement condamné le crime et nié toute implication[111].

Du 13 au 21 septembre 2015, plusieurs centaines de membres de l'International Shugden Community manifestent lors d'une visite du dalaï-lama en Angleterre — environ 600 personnes rassemblées le 29 juin 2015 devant le centre bouddhiste d'Aldershot, selon la police du Hampshire —, réclamant la levée de cette restriction[112]. En décembre 2015, une enquête de l'agence Reuters affirme que le Parti communiste chinois finance et coordonne certaines de ces manifestations occidentales dans le cadre d'une campagne visant à discréditer le dalaï-lama, sans toutefois produire de preuve directe du financement ; le principal groupe organisateur annoncera sa dissolution en mars 2016[113]. La controverse a fait l'objet d'analyses académiques, notamment par l'anthropologue Martin A. Mills (Université d'Aberdeen) et par Georges Dreyfus, qui en soulignent les dimensions à la fois religieuses et politiques internes au mouvement tibétain en exil.

L'incident vidéo de 2023 et la question des limites

Le 28 février 2023, lors d'une cérémonie au temple de Tsuglagkhang à Dharamsala réunissant plus de cent vingt étudiants, un jeune garçon indien demande au dalaï-lama, alors âgé de 87 ans, s'il peut lui faire une accolade. Le dalaï-lama l'invite sur l'estrade, l'embrasse sur la joue puis sur la bouche, avant de lui demander de « sucer sa langue »[114]. La vidéo, republiée sur les réseaux sociaux début avril 2023, devient virale et suscite une indignation internationale. Le 10 avril 2023, le bureau du dalaï-lama publie des excuses officielles :

« Sa Sainteté souhaite présenter ses excuses au garçon et à sa famille, ainsi qu'à ses nombreux amis à travers le monde, pour la peine que ses propos ont pu causer. Sa Sainteté taquine souvent, de manière innocente et enjouée, les personnes qu'il rencontre, même en public et devant les caméras. Il regrette cet incident. » — Bureau de Sa Sainteté le dalaï-lama, communiqué, 10 avril 2023[115]

Des commentateurs tibétains ont rappelé que tirer la langue constitue, dans la culture tibétaine, un salut traditionnel remontant à une légende du IXe siècle sur un roi impopulaire à la langue noire — explication qu'un organisme indien de défense des droits de l'enfant, Haq: Centre for Child Rights, a jugée insuffisante : « il ne s'agit certainement pas là d'une expression culturelle, et même si c'en était une, une telle expression culturelle n'est pas acceptable »[116]. Aucune accusation directe et sérieusement documentée d'abus sexuel visant personnellement le dalaï-lama n'a par ailleurs été établie par une source de presse de référence, en dehors de cet incident.

Le dalaï-lama s'est en revanche exprimé à plusieurs reprises sur les abus documentés commis par d'autres maîtres bouddhistes, en particulier Sogyal Rinpoche, auteur du best-seller Le Livre tibétain de la vie et de la mort et fondateur du réseau Rigpa, visé en 2017 par une lettre ouverte de huit anciens étudiants dénonçant des abus physiques, psychologiques et sexuels[117], confirmés en 2018 par une enquête indépendante du cabinet britannique Lewis Silkin[118]. En août 2017, le dalaï-lama qualifie publiquement Sogyal Rinpoche de « déshonoré » (disgraced)[119], et rencontre en septembre 2018, aux Pays-Bas, plusieurs victimes d'abus dans des communautés bouddhistes, leur déclarant : « vous m'avez donné des munitions [pour agir] »[120]. Il reconnaît alors avoir eu connaissance de tels abus dès les années 1990.

Le Tibet sous contrôle : auto-immolations et diplomatie chinoise

Rassemblement de soutien au Tibet à Paris, le 16 mars 2008. — Philippe Semanaz, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Depuis le premier cas documenté en février 2009, l'organisation International Campaign for Tibet a recensé au moins 159 auto-immolations de Tibétains, à l'intérieur du Tibet et de la Chine, en signe de protestation contre la politique chinoise — cent vingt-sept d'entre elles ayant entraîné la mort de leur auteur[121]. Le dalaï-lama n'encourage pas officiellement cette pratique, mais Pékin l'accuse régulièrement, ainsi que le gouvernement tibétain en exil, d'inciter à ces actes. La Chine qualifie systématiquement le dalaï-lama de figure « séparatiste » et exerce des pressions diplomatiques documentées sur les États tiers qui le reçoivent officiellement.

Le regard de l'Église catholique

Ce que Rome reconnaît : les semences du Verbe

Infographie — illustration originale IA. Repères du regard catholique développé dans l’article. Sources : Nostra Aetate, § 2, et Orationis Formas, § 12 et 15, cités dans cette section.

Le concile Vatican II, dans sa déclaration Nostra Aetate sur les relations de l'Église avec les religions non chrétiennes (28 octobre 1965), consacre au bouddhisme une reconnaissance mesurée mais réelle :

« Dans le bouddhisme, selon ses formes variées, l'insuffisance radicale de ce monde changeant est reconnue et on enseigne une voie par laquelle les hommes, avec un cœur dévot et confiant, pourront acquérir l'état de libération parfaite, soit atteindre l'illumination suprême par leurs propres efforts ou par un secours venu d'en haut. » — Concile œcuménique Vatican II, Nostra Aetate, § 2, 28 octobre 1965[122]

Le même paragraphe affirme aussitôt : « L'Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions [...]. Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d'annoncer sans cesse, le Christ qui est "la voie, la vérité et la vie" (Jn 14, 6) »[123]. Cette reconnaissance s'inscrit dans la doctrine patristique des « semences du Verbe » (semina Verbi), déjà présente chez saint Justin et saint Irénée, qui admet la présence de traces authentiques de vérité et de bonté dans les traditions religieuses de l'humanité, appelées à être purifiées et accomplies dans le Christ.

Orationis Formas : mise en garde contre la fusion des méditations

En 1989, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, alors présidée par le cardinal Joseph Ratzinger, publie une Lettre aux évêques de l'Église catholique sur certains aspects de la méditation chrétienne, connue sous son titre latin Orationis Formas, mettant explicitement en garde contre la tentative de fusionner méditation chrétienne et méditation bouddhiste :

« D'autres [...] ne craignent pas de placer l'absolu sans images ni concepts, propre à la théorie bouddhiste, sur le même plan que la majesté de Dieu, révélée dans le Christ, qui s'élève au-dessus de la réalité finie. » — Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Orationis Formas, § 12, 15 octobre 1989[124]

Le document précise en note que le nirvana est « compris, dans les textes religieux du bouddhisme, comme un état de quiétude qui consiste dans l'extinction de toute réalité concrète en tant que transitoire, et donc décevante et douloureuse »[125] — définition qu'un catholique ne peut confondre avec la vision béatifique chrétienne, union personnelle et non extinctive avec un Dieu qui est amour :

« "Dieu est amour" (1 Jn 4, 8) : cette affirmation profondément chrétienne peut concilier l'union parfaite avec l'altérité entre l'être qui aime et l'être aimé, avec l'éternel échange et l'éternel dialogue. » — Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Orationis Formas, § 15[126]

Une différence de nature, non de degré

L'estime que plusieurs papes ont manifestée envers la personne de Tenzin Gyatso — sa constance dans la non-violence, son engagement pour la paix, sa recherche sincère de la vérité — ne relève donc pas d'un relativisme diplomatique de circonstance, mais s'articule avec une distinction doctrinale précise. Le bouddhisme, dans sa version tibétaine comme dans ses autres formes, ne connaît ni Dieu créateur personnel, ni âme immortelle distincte appelée à l'union d'amour avec lui, ni résurrection de la chair : sa sotériologie vise l'extinction du cycle des renaissances (samsara) dans le vide (shunyata) du nirvana, non la communion éternelle d'une personne aimée avec le Dieu-Amour trinitaire. L'Église honore ce qu'il y a de vrai et de bon dans la discipline morale, la compassion universelle et la recherche spirituelle du dalaï-lama précisément parce qu'elle croit que cette vérité partielle trouve son accomplissement dans le Christ — et non parce qu'elle tiendrait bouddhisme et christianisme pour des chemins interchangeables vers un même but[127].

Sur la question spécifique de la réincarnation, fondement même de l'institution du dalaï-lama, l'enseignement catholique diverge radicalement : chaque personne humaine ne vit qu'une seule vie terrestre, suivie du jugement particulier, non d'un cycle indéfini de renaissances — question traitée en détail dans l'article Ignispedia consacré à la réfutation catholique de la réincarnation. Pour le cadre doctrinal général du bouddhisme — quatre nobles vérités, non-soi, karma, grandes écoles Theravada, Mahayana et Vajrayana —, on se reportera à l'article Ignispedia consacré au bouddhisme.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Birth to Exile, dalailama.com : « Born on 6 July 1935 [...] in the small village of Taktser, located in the province of Amdo [...] His mother gave birth to sixteen children, of whom seven survived. » Nom de naissance : « Lhamo Thondup, which literally means 'Wish-Fulfilling Goddess' ». URL : https://www.dalailama.com/the-dalai-lama/biography-and-daily-life/birth-to-exile

    1 6 8
  2. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Chronology of Events, op. cit. : « November 17, 1950 : Assumed full temporal authority following China's Tibet invasion. » Confirmé par recoupement avec Encyclopaedia Britannica, 14th Dalai Lama : « the Dalai Lama was asked to assume the role of head of state, which he did on November 17, 1950, at the age of 15. »

    2 19
  3. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Chronology of Events, op. cit. : réinstauration du Kashag à Mussoorie le 29 avril 1959, acte fondateur du gouvernement tibétain en exil ; installation permanente à Dharamsala le 30 avril 1960 (voir note précédente).

    3
  4. Mind & Life Institute, Celebrating 35 Years : « Mind and Life emerged in 1987 from a meeting of three visionaries: Tenzin Gyatso, the 14th Dalai Lama [...]; Francisco Varela, a neuroscientist [...]; and Adam Engle, a lawyer and entrepreneur. » Premier dialogue, octobre 1987, Dharamsala. URL : https://www.mindandlife.org/about/celebrating-35-years/

    4 54 55
  5. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Chronology of Events, op. cit. : « March-May 2011 : Formally transferred temporal power to democratically elected leadership, ending 368 years of dual spiritual-temporal leadership. » Signature formelle le 29 mai 2011.

    5 35 52
  6. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Birth to Exile, op. cit. — trois de ses frères furent eux-mêmes reconnus comme lamas réincarnés (tulkus).

    7
  7. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Birth to Exile, op. cit. — récit officiel du processus de reconnaissance : signe de la tête du corps embaumé du 13e dalaï-lama, vision de Reting Rinpoché au lac Lhamo La-tso, expédition de recherche et tests de reconnaissance d'objets.

    9 10 11 12
  8. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Chronology of Events, dalailama.com : « 1939 : Publicly recognized as the reincarnation [...]. October 8, 1939 : Arrived in Lhasa after a three-month journey. February 22, 1940 : "Enthronement Ceremony" held in Lhasa. » URL : https://www.dalailama.com/the-dalai-lama/events-and-awards/chronology-of-events

    13 14 15
  9. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Brief Biography, dalailama.com — nom monastique complet reçu à l'intronisation. URL : https://www.dalailama.com/the-dalai-lama/biography-and-daily-life/brief-biography

    16
  10. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Brief Biography, op. cit. : « His Holiness began his monastic education at the age of six. The curriculum, derived from the Nalanda tradition, consisted of five major and five minor subjects. »

    17
  11. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Brief Biography, op. cit. : « At 23, His Holiness sat for his final examination in Lhasa's Jokhang Temple, during the annual Great Prayer Festival (Monlam Chenmo) in 1959. He passed with honors. » Confirmé par Chronology of Events, op. cit. : « February 1959 : Obtained Geshe Lharampa degree during Monlam ceremonies. »

    18
  12. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Chronology of Events, op. cit. : « May 23, 1951 : The 17-Point Agreement signed by Tibetan delegation in Peking under duress. » La répudiation de cet accord par le dalaï-lama en 1959 est documentée dans les deux notes suivantes.

    20
  13. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Chronology of Events, op. cit. : « March 10, 1959 : Tens of thousands of Tibetans gathered [...] to prevent His Holiness [from attending a Chinese military function]. »

    21
  14. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Chronology of Events, op. cit. : « March 17, 1959 : Escaped Norbulingka Palace at night. March 31, 1959 : Entered India after a 14-day escape. »

    22
  15. Claude Arpi, chercheur spécialiste des relations Inde-Tibet, The Dalai Lama arrives in India — Nehru annonce au Parlement le 3 avril 1959 l'asile accordé au dalaï-lama et à 80 personnes ; déclaration de Tezpur le 18 avril 1959 devant environ 700 personnes ; rencontre avec Nehru à Mussoorie le 24 avril 1959, entretien de plus de quatre heures. URL : https://www.claudearpi.net/the-dalai-lama-arrives-in-india

    23 26 27
  16. Free Tibet, The Seventeen Point Agreement 70 Years on : le 26 mars 1959, à Lhuntse Dzong, le dalaï-lama répudie l'accord en 17 points comme ayant été « thrust upon Tibetan Government and people by the threat of arms ».

    24
  17. Déclaration du dalaï-lama en conférence de presse à Mussoorie, 20 juin 1959 (collections de l'University of Wisconsin-Milwaukee, relayée par Tsamtruk.com) : « since China herself had broken the terms of her own Agreement, there could no longer be any legal basis for recognizing it. »

    25
  18. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Chronology of Events, op. cit. : arrivée à Dharamsala pour résidence permanente le 30 avril 1960.

    28
  19. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Five-Point Peace Plan, discours au Congressional Human Rights Caucus, Washington, 21 septembre 1987. URL : https://www.dalailama.com/messages/tibet/five-point-peace-plan

    29 31
  20. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Strasbourg Proposal 1988, discours au Parlement européen, Strasbourg, 15 juin 1988. URL : https://www.dalailama.com/messages/tibet/strasbourg-proposal-1988

    30
  21. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Chronology of Events, op. cit. : « 2001 : First direct elections held for Kalon Tripa (senior minister). »

    32
  22. NPR, Dalai Lama To Give Up Political Role In Tibet, 10 mars 2011 : annonce publique à Dharamsala, 52e anniversaire du soulèvement de Lhassa. URL : https://www.npr.org/2011/03/10/134432801/Dalai-Lama-To-Give-Up-Political-Role-In-Tibet

    33
  23. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Retirement Remarks, 19 mars 2011 : « it is most appropriate if I on own initiative, happily and with pride, end the dual authority of the Dalai Lama [...]. The leadership democratically elected by the Tibetan people should take over the complete political responsibilities of Tibet [...]. I will continue to lead Tibet in spiritual affairs like the first four Dalai Lamas. » URL : https://www.dalailama.com/the-dalai-lama/biography-and-daily-life/retirement/retirement-remarks

    34 37
  24. Administration centrale tibétaine (tibet.net) : Lobsang Sangay élu Kalon Tripa le 27 avril 2011 avec 55 % des voix ; prestation de serment le 8 août 2011 — titre devenu ensuite Sikyong.

    36
  25. NobelPrize.org, The Nobel Peace Prize 1989, citation du comité : « for advocating peaceful solutions based upon tolerance and mutual respect in order to preserve the historical and cultural heritage of his people. » URL : https://www.nobelprize.org/prizes/peace/1989/summary/

    38
  26. Tenzin Gyatso, discours de réception du prix Nobel de la paix, Université d'Oslo, 10 décembre 1989 : « The prize is a recognition of the true values of altruism, love, compassion and nonviolence which I try to practise, in accordance with the teachings of the Buddha and the great sages of India and Tibet. » URL : https://www.dalailama.com/messages/acceptance-speeches/nobel-peace-prize/nobel-peace-prize

    39 40
  27. Encyclopaedia Britannica, Dalai Lama — l'école Gelug est fondée au tournant des XIVe-XVe siècles par Je Tsongkhapa (1357-1419), dont la biographie complète fera l'objet d'un article Ignispedia dédié.

    41
  28. Encyclopaedia Britannica, Dalai Lama, extrait indexé : « The Gelukpa school, which arose in the 14th century, adopted this form of succession for its leaders, the Dalai Lamas. » Le terme vient du tibétain sprul sku (« corps d'émanation ») et désigne un individu reconnu comme la réincarnation d'un maître spirituel antérieur.

    42 43
  29. Encyclopaedia Britannica, Dalai Lama, extrait indexé : « The Dalai Lama is regarded as an emanation of Avalokiteshvara [...]. Avalokiteshvara was introduced into Tibet in the 7th century, where he quickly became the most-popular figure in the pantheon. »

    44
  30. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Brief Biography, op. cit. : « The Dalai Lamas are believed to be manifestations of Avalokiteshvara or Chenrezig, the Bodhisattva of Compassion. »

    45
  31. The Office of His Holiness The Dalai Lama, The Dalai Lamas: Previous Incarnations (dalailama.com) : « the seventy-fourth in a lineage that can be traced back to a Brahmin boy who lived in the time of Buddha Shakyamuni. »

    46
  32. Treasury of Lives (projet biographique académique, Tibetan and Himalayan Library), biographie de Gendun Drup (1391-1474) : disciple principal de Tsongkhapa, fondateur du monastère de Tashilhunpo, titré dalaï-lama à titre posthume.

    47
  33. Treasury of Lives, biographie de Sonam Gyatso (3e dalaï-lama) : en 1578, Altan Khan lui confère le titre spirituel de dalaï-lama, étendu rétrospectivement à ses deux prédécesseurs dans la lignée des tulku.

    48 49
  34. Treasury of Lives, biographie du 5e dalaï-lama, recoupée avec Encyclopaedia Britannica : en 1642, au palais de Samdrubtse à Shigatse, Gushri Khan, chef des Mongols qoshots, remet formellement l'autorité temporelle au 5e dalaï-lama, unifiant le Tibet sous un gouvernement central.

    50
  35. UNESCO, Ensemble historique du palais du Potala (patrimoine mondial) : construction commencée en 1645 sur ordre du 5e dalaï-lama ; installation du gouvernement au Palais Blanc en 1649.

    51
  36. Treasury of Lives (projet biographique académique, Tibetan and Himalayan Library) : le Ganden Tripa, « détenteur du trône de Ganden », est le supérieur officiel de l'école Gelug, nommé pour un mandat de sept ans — charge distincte de celle du dalaï-lama, figure la plus influente de l'école.

    53
  37. Mind & Life Institute — incorporation en 1991 ; plus de 270 projets financés dans une trentaine d'États américains et une vingtaine de pays selon les données consolidées de l'institut.

    56
  38. A. Lutz, L. L. Greischar, N. B. Rawlings, M. Ricard, R. J. Davidson, « Long-term meditators self-induce high-amplitude gamma synchrony during mental practice », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 101, n° 46, 16 novembre 2004, p. 16369-16373. Citation Scientific American : « The techniques [...] had changed the brain [...] the largest [gamma activity] seen in nonpathological conditions and 30 times greater than in the novices. »

    57 58
  39. MIT News, Dalai Lama enlists science in quest for 'a happy mind', 2003 — dialogue « Investigating the Mind », 13-14 septembre 2003, McGovern Institute for Brain Research, MIT, environ 1200 participants.

    59
  40. Mind & Life Institute — dialogue de 1997 sur la physique quantique et la cosmologie, publié sous le titre The New Physics and Cosmology: Dialogues with the Dalai Lama (Oxford University Press, 2004) ; dialogue de mars 2000 sur les émotions destructrices, publié par Daniel Goleman, Destructive Emotions: A Scientific Dialogue with the Dalai Lama (Bantam Books, 2003).

    60
  41. Freedom in Exile: The Autobiography of the Dalai Lama, édition britannique Hodder & Stoughton, Londres, 1990, 308 p., ISBN 0-340-51818-9 ; édition américaine HarperCollins, New York, 1990, 288 p.

    61
  42. Ethics for the New Millennium, Riverhead Books, New York, 1999, ISBN 1-573-22025-6 ; édition britannique Ancient Wisdom, Modern World, Little, Brown/Abacus, 1999.

    62
  43. The Art of Happiness: A Handbook for Living, avec Howard C. Cutler, Riverhead Books, New York, 1998, ISBN 1-57322-111-2.

    63
  44. The Universe in a Single Atom: The Convergence of Science and Spirituality, Morgan Road Books, 2005, ISBN 978-0-7679-2081-0.

    64
  45. My Land and My People, McGraw-Hill/Weidenfeld & Nicolson, 1962 ; Beyond Religion: Ethics for a Whole World, Houghton Mifflin Harcourt, Boston, 2011 ; The Book of Joy: Lasting Happiness in a Changing World, avec l'archevêque Desmond Tutu et Douglas Abrams, Avery, New York, 2016.

    65
  46. Brother John Albert, O.C.S.O., « Thomas Merton and the Dalai Lama: A Special Friendship Remembered », The Merton Seasonal, vol. 12, n° 4, hiver 1987, p. 19-23 — trois rencontres les 4, 6 et 8 novembre 1968 à Dharamsala.

    66
  47. Thomas Merton, The Asian Journal of Thomas Merton, New Directions, 1973, entrée du 4 novembre 1968, p. 100-101, cité dans Brother John Albert, art. cit., p. 20. Texte original : « The Dalai Lama is most impressive as a person. He is strong and alert, bigger than I expected [...]. A very solid, energetic, generous, and warm person. »

    67
  48. Thomas Merton, The Asian Journal of Thomas Merton, op. cit., entrée du 8 novembre 1968, p. 124-125, cité dans Brother John Albert, art. cit., p. 21. Texte original : « It was a very warm and cordial discussion and at the end I felt we had become very good friends [...]. He remarked that I was a "Catholic geshe". »

    68
  49. Patricia Lefevere, « The Strange Case of the Monk in the Shower », International Thomas Merton Society — mort le 10 décembre 1968 à Samut Prakan, près de Bangkok ; cause du décès disputée dans la littérature spécialisée.

    69
  50. Tenzin Gyatso, Freedom in Exile, 1990, cité via Thomas Merton Center (merton.org/dalailama/) — « happiest memories of this time » ; Merton lui aurait « introduced [him] to the real meaning of the word "Christian" ».

    70
  51. Brother John Albert, O.C.S.O., art. cit., p. 23 — témoignage direct d'une session avec des moines trappistes à l'université Emory, Atlanta, 19 septembre 1987. Texte original : « When I think of Christianity, I think of Thomas Merton. »

    71
  52. Pape Paul VI, To His Holiness the Dalai Lama, discours du 30 septembre 1973, texte intégral sur vatican.va. Texte original : « We thank you for your most courteous gesture in coming to see us. » URL : https://www.vatican.va/content/paul-vi/en/speeches/1973/september/documents/hf_p-vi_spe_19730930_dalai-lama.html

    72
  53. National Catholic Reporter, Pope and Dalai Lama: The audience that wasn't — politique de « profil bas » assumée par le Vatican pour les audiences de Jean-Paul II avec le dalaï-lama, environ huit rencontres entre 1980 et 2003.

    73
  54. Al Jazeera, Pope meets the Dalai Lama, 27 novembre 2003 — citation du porte-parole vatican Joaquín Navarro-Valls : « It was a short visit of an exclusively religious nature. » Citation du dalaï-lama : « I told the pope of my admiration of what he has done for peace and religious harmony in the world. »

    74 75
  55. JP2online (institut Jean-Paul II, Pologne), Assisi 1986 — Day of Prayer for Peace ; Central Tibetan Administration, 25th Anniversary of World Day of Prayer for Peace in Assisi — participation confirmée du dalaï-lama à la Journée mondiale de prière pour la paix convoquée par Jean-Paul II à Assise, 27 octobre 1986.

    76
  56. VOA News, Pope Benedict Meets Dalai Lama, 13 octobre 2006 — rencontre privée non annoncée, sans photographe ni communiqué officiel, confirmée oralement par un porte-parole adjoint de la salle de presse du Saint-Siège.

    77
  57. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Dalai Lama Says Sorry He Can't Meet Pope, décembre 2007 — audience annoncée pour le 13 décembre 2007 puis annulée sous protestation chinoise. Citation : « In the past, every time I came to Italy I met (the Pope). This time the Pope has had some difficulties [...]. I am sorry about it. »

    78
  58. NPR, Vatican, Citing 'Delicate Situation,' Rejects Dalai Lama Meeting With Pope, 12 décembre 2014 — sommet des lauréats du prix Nobel de la paix, Rome, 12-14 décembre 2014 ; citation du P. Federico Lombardi et du dalaï-lama : « The Vatican administration says it is not possible because it could cause problems. »

    79 80 82
  59. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Condolences on the Death of His Holiness Pope Francis, avril 2025 : « His Holiness Pope Francis dedicated himself to the service of others [...] consistently revealing by his own actions how to live a simple, but meaningful life. »

    81
  60. World Community for Christian Meditation, The Good Heart: John Main Seminar 1994 — séminaire annuel John Main, université Middlesex, Londres, septembre 1994, environ 350 participants, coanimé par le Père Laurence Freeman. URL : https://wccm.org/outreach-areas/interfaith/the-good-heart-john-main-seminar-1994/

    83
  61. Christian Research Institute, J. Isamu Yamamoto, « The Good Heart: A Buddhist Perspective on the Teachings of Jesus », Christian Research Journal, juillet-août 1997 — huit passages évangéliques commentés : Sermon sur la montagne, graine de moutarde, Résurrection, amour des ennemis, Royaume de Dieu, Transfiguration, envoi en mission, la foi.

    84
  62. World Community for Christian Meditation, op. cit. — citation du dalaï-lama : « When I read these passages from the Gospels I am most of all reminded of the importance of tolerance and impartiality towards all creatures. »

    85
  63. Christian Research Institute, art. cit. — le dalaï-lama reconnaît que « the two traditions must diverge » sur les questions métaphysiques et qu'« there is no such thing as a Buddhist Christian ».

    86
  64. The Good Heart: A Buddhist Perspective on the Teachings of Jesus, Wisdom Publications, Boston, 1996, éd. Robert Kiely ; édition britannique Rider Books, Londres/Sydney, 1996.

    87
  65. Christian Research Institute, art. cit. — critique du Père Laurence Freeman pour avoir présenté ciel et enfer comme des « états d'esprit » plutôt que des réalités au sens orthodoxe chrétien.

    88
  66. Pape Jean-Paul II, Entrez dans l'espérance (Varcare la soglia della speranza, Mondadori, 1994 ; éd. anglaise Crossing the Threshold of Hope, Alfred A. Knopf, 1994), entretiens avec Vittorio Messori — citation reproduite par recoupement de plusieurs sources concordantes (Buddhistdoor Global, Catholic Culture) : « Buddhism is in large measure an "atheistic" system. »

    89
  67. Pape Jean-Paul II, Crossing the Threshold of Hope, op. cit. — citation recoupée : « The fullness of such a detachment is not union with God, but what is called nirvana, a state of perfect indifference with regard to the world. »

    90
  68. The Spokesman-Review, Pope Ends Asian Tour With Controversy, 22 janvier 1995 — boycott collectif des prélats bouddhistes à Colombo le 21 janvier 1995 ; discours d'improvisation du pape : « It is important that we are together. Not being together is dangerous. »

    91 92
  69. Bhikkhu Bodhi, Toward a Threshold of Understanding, Access to Insight — essai correctif publié en réponse à la controverse de 1994-1995.

    93
  70. Human Rights Watch, 25 Years After 'Disappearing' Tibetan Panchen Lama, China Is No Nearer to Its Goal, 15 mai 2020 — reconnaissance par le dalaï-lama le 14 mai 1995. URL : https://www.hrw.org/news/2020/05/15/25-years-after-disappearing-tibetan-panchen-lama-china-no-nearer-its-goal

    94
  71. Human Rights Watch, China/Tibet: Panchen Lama Forcibly Disappeared for 30 Years, 15 mai 2025 : « The Chinese government forcibly disappeared the then 6-year-old on May 17, 1995. » URL : https://www.hrw.org/news/2025/05/15/china/tibet-panchen-lama-forcibly-disappeared-30-years

    95
  72. CGTN (média officiel chinois), 30th anniversary of Panchen Erdeni Chos-kyi rGyal-po's enthronement, 9 décembre 2025 — tirage au sort le 29 novembre 1995, intronisation de Gyaincain Norbu le 8 décembre 1995 au monastère de Tashilhunpo.

    96
  73. CNN, Panchen Lama: Boy chosen as Tibetan spiritual figure disappeared in 1995. China says he's a college grad with a job, 20 mai 2020 — citation du porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Zhao Lijian, recoupée par Tibetan Review et Hong Kong Free Press.

    97
  74. Human Rights Watch, 15 mai 2025, op. cit. — citation de Yalkun Uluyol, chercheur Chine : « The Chinese government kidnapped a 6-year-old and his family and have disappeared them for 30 years. »

    98
  75. Département d'État américain, Marco Rubio, communiqué du 18 mai 2025, repris par Tribune India : « Gedhun Choekyi Nyima was only six years old when Chinese authorities abducted him 30 years ago. The Panchen Lama should be released immediately. »

    99
  76. Parlement européen, résolution adoptée le 8 mai 2025 (session de Strasbourg, 478 voix pour, 30 contre, 41 abstentions) sur les violations de la liberté religieuse au Tibet, réitérant la demande de libération du Panchen Lama.

    100
  77. Washington Times / CNN, Gyaltsen Norbu: China-appointed Panchen Lama vows to make Tibetan Buddhism more Chinese in meeting with Xi Jinping, 6 juin 2025.

    101
  78. State Administration for Religious Affairs (Chine), Measures on the Management of the Reincarnation of Living Buddhas in Tibetan Buddhism (« Ordre n°5 »), promulgué le 18 juillet 2007, effectif au 1er septembre 2007 — exige l'approbation gouvernementale préalable pour toute reconnaissance de tulku.

    102
  79. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Statement of His Holiness the Fourteenth Dalai Lama Tenzin Gyatso on the Issue of His Reincarnation, 24 septembre 2011 : « Reincarnation is a phenomenon which should take place either through the voluntary choice of the concerned person or at least on the strength of his or her karma, merit and prayers [...]. Responsibility for doing so will primarily rest on the concerned officers of the Dalai Lama's Gaden Phodrang Trust. »

    103 104
  80. NPR, The Dalai Lama announces plans for a successor, signaling China won't have a say, 2 juillet 2025 — déclaration vidéo confirmant la continuation de l'institution et l'autorité exclusive du Gaden Phodrang Trust.

    105
  81. Radio Free Asia, 30 years on, rights groups press China for word of Tibet's missing Panchen Lama, 16 mai 2025 — citation du porte-parole de l'ambassade de Chine à Washington, Liu Pengyu : « The so-called 'forced disappearance' of the Panchen Lama is a lie without any objective basis. »

    106
  82. Robert Barnett (université Columbia), entretien relayé par Info-Buddhism — déconseil formalisé en 1996 pour les départements gouvernementaux et les monastères sous administration tibétaine en exil ; le dalaï-lama précise en 2008 n'avoir jamais employé le mot d'« interdiction ».

    107 108
  83. Newsweek, Murder In A Monastery, 4-5 mai 1997 — assassinat de Geshe Lobsang Gyatso et de deux disciples (Lobsang Ngawang, 25 ans, et Ngawang Latto, 23 ans), chacun poignardé quinze à vingt fois, sur le campus de l'Institut de dialectique bouddhiste, Dharamsala.

    109
  84. The Times (Londres), Jane Macartney, Interpol on trail of Buddhist killers, 22 juin 2007 — suspects nommés Lobsang Chodak (36 ans) et Tenzin Chozin (40 ans), notices rouges Interpol émises à la demande de la police indienne ; « Yesterday China had no immediate response. »

    110
  85. Georges Dreyfus, « The Predicament of Evil: The Case of Dorje Shukden », in Deliver Us From Evil, éd. M. David Eckel et Bradley L. Herling, Boston University Studies in Philosophy and Religion, 2011, p. 57-74 : « it is not unreasonable to assume that this gruesome murder was committed by some in the name of this deity [...]. But even if this were true, it would not be enough to establish a meaningful connection between Shukden and a robust notion of evil. »

    111
  86. IBTimes UK, Callum Paton, Dalai Lama: Hundreds protest as Buddhist leader addresses faithful in Aldershot, 29 juin 2015 — environ 600 manifestants selon un porte-parole de la police du Hampshire, Graeme Barbour, lors de l'inauguration du centre bouddhiste d'Aldershot.

    112
  87. Reuters, David Lague, Paul Mooney, Benjamin Kang Lim, China co-opts a Buddhist sect in global effort to smear Dalai Lama, série « The Long Arm of China », 21 décembre 2015 (Human Rights Press Award 2015) — l'enquête cite un document interne du Parti communiste chinois qualifiant le dossier Shugden de « an important front in our struggle with the Dalai clique », tout en précisant : « Reuters has no independent evidence of direct Chinese financing of the protests. » L'International Shugden Community annonce l'arrêt de ses manifestations le 1er décembre 2015 et sa dissolution le 10 mars 2016.

    113
  88. CBS News, Dalai Lama, Tibetan spiritual leader, apologizes for asking boy to suck his tongue ; NBC News — événement du 28 février 2023 au temple de Tsuglagkhang, Dharamsala, plus de 120 étudiants présents (événement de la M3M Foundation).

    114
  89. The Office of His Holiness The Dalai Lama, Statement by His Holiness the Dalai Lama, 10 avril 2023, texte intégral vérifié : « His Holiness wishes to apologize to the boy and his family, as well as his many friends across the world, for the hurt his words may have caused. His Holiness often teases people he meets in an innocent and playful way, even in public and before cameras. He regrets the incident. » URL : https://www.dalailama.com/news/2023/statement-by-his-holiness-the-dalai-lama

    115
  90. South China Morning Post, Dalai Lama apologises for asking boy to suck his tongue — citation de Haq: Centre for Child Rights : « Some news refers to Tibetan culture about showing tongue. But this video is certainly not about any cultural expression and even if it is, such cultural expressions are not acceptable. »

    116
  91. Lion's Roar, Letter to Sogyal Rinpoche from current and ex-Rigpa members details abuse allegations, 20 juillet 2017 — lettre datée du 14 juillet 2017, signée par huit anciens et actuels membres de Rigpa.

    117
  92. Karen Baxter (Lewis Silkin LLP), rapport d'enquête indépendante sur Rigpa, daté du 22 août 2018, publié le 5 septembre 2018 : « confirmed that, on the balance of probabilities, some students of Sogyal Lakar [...] have been subjected to serious physical, sexual and emotional abuse by him. »

    118
  93. Lion's Roar, Dalai Lama denounces ethical misconduct by Buddhist teachers — citation du dalaï-lama, 1er août 2017, Institut central d'études bouddhistes, Ladakh : « Sogyal Rinpoche, my very good friend. Now he is disgraced. »

    119
  94. Tricycle, Wendy Biddlecombe Agsar, Dalai Lama Admits to Knowing about Decades-long Abuse in Tibetan Buddhism, 17 septembre 2018 — rencontre à Rotterdam, 14 septembre 2018, avec des victimes d'abus dans des communautés bouddhistes ; citation rapportée : « You have given me ammunition. »

    120
  95. International Campaign for Tibet, Self-immolations — 159 auto-immolations documentées au Tibet et en Chine depuis février 2009, dont 127 mortelles ; plus de 170 au total en comptant les cas hors de Chine.

    121
  96. Concile œcuménique Vatican II, déclaration Nostra Aetate sur les relations de l'Église avec les religions non chrétiennes, 28 octobre 1965, § 2, texte officiel français sur vatican.va. URL : https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decl_19651028_nostra-aetate_fr.html

    122 123 127
  97. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre aux évêques de l'Église catholique sur certains aspects de la méditation chrétienne (Orationis Formas), 15 octobre 1989, § 12, signée par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet, et Mgr Alberto Bovone, secrétaire. Texte officiel français sur vatican.va. URL : https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19891015_meditazione-cristiana_fr.html

    124
  98. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Orationis Formas, op. cit., note 14 : « Le concept de "nirvana" est compris, dans les textes religieux du bouddhisme, comme un état de quiétude qui consiste dans l'extinction de toute réalité concrète en tant que transitoire, et donc décevante et douloureuse. »

    125
  99. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Orationis Formas, op. cit., § 15.

    126