Comment grandir dans le détachement

Grandir dans le détachement ne se décrète pas : c'est la liberté d'un cœur qui se délie de tout pour s'attacher à Dieu seul. Voici sa nature, ses degrés, les moyens concrets pour le faire croître et les pièges à éviter.

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Grandir dans le détachement n'est pas devenir insensible, ni mépriser ce que Dieu a créé bon, ni se durcir le cœur : c'est laisser ce cœur se délier de tout ce qui le retient en deçà de Dieu, pour qu'il puisse enfin se donner sans réserve à « l'unique nécessaire » (Lc 10, 42)[1]. Le détachement n'est pas une affaire de quantité de biens possédés : c'est une affaire de liberté du cœur. On peut tout posséder et n'être lié à rien ; on peut n'avoir rien et tenir farouchement à un souvenir, à une réputation, à sa propre volonté.

La difficulté est qu'on ne décide pas un matin d'« être détaché ». Comme l'humilité ou la confiance, le détachement est à la fois un don que l'on demande et une vertu qui se cultive ; il a des degrés, depuis le simple devoir de tout chrétien de régler ses affections jusqu'au « rien » des parfaits qui ne tiennent plus qu'à Dieu nu. Les maîtres spirituels ne se sont pas contentés d'en faire l'éloge : ils en ont décrit la croissance — l'oiseau retenu par un fil de saint Jean de la Croix, la « sainte indifférence » de saint Ignace, le « Dieu seul suffit » de Thérèse d'Avila, la course « sur la montagne de l'amour » de Thérèse de Lisieux.

Cet article est consacré à ce chemin pratique : comment le détachement grandit, par quels moyens, en évitant quels pièges. Le détachement est la racine dont plusieurs vertus sont la fleur. Pour son application aux biens matériels, voir Comment grandir dans la pauvreté évangélique ; pour son fruit le plus concret, le don au pauvre, voir Comment grandir dans l'aumône ; pour la maîtrise des désirs sensibles, voir Comment grandir dans la tempérance. Son terme n'est pas le vide mais le don de soi : voir Comment grandir dans l'abandon à Dieu. Et sa raison d'être est l'amour : un cœur se détache pour mieux aimer — voir Comment grandir dans la charité.

Pourquoi chercher à grandir dans le détachement ?

Un cœur fait pour Dieu seul

Le détachement n'a aucun sens si l'on oublie pour quoi le cœur humain est fait. Il n'est pas une mutilation, mais une mise en ordre : on ne vide le cœur que parce qu'il est fait pour être rempli — et trop grand pour tout ce qui n'est pas Dieu. Saint Augustin a dit cela une fois pour toutes au seuil de ses Confessions :

« Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose en toi. » — Saint Augustin, Confessions, livre I, ch. 1[2]

Si le cœur est cette capacité de Dieu, alors tout attachement qui l'occupe ailleurs le laisse, par définition, inquiet et insatisfait. C'est l'expérience que résumait, en substance, Léonie Martin, sœur de sainte Thérèse de Lisieux, écrivant à sa sœur que notre cœur n'est fait que pour Dieu, seul capable de le remplir, trop grand pour le monde — et qu'il est donc fou de s'attacher outre mesure aux créatures[3].

Le détachement n'est donc pas d'abord un effort de renoncement : c'est la lucidité d'un cœur qui se rappelle sa propre mesure. Les créatures, dit le P. Pierre-Julien Eymard, peuvent « amuser un instant le cœur, distraire l'esprit ; les remplir, les satisfaire, jamais »[4].

« Nul ne peut servir deux maîtres »

Le Christ ne propose pas le détachement comme une option pour âmes d'élite : il en fait une condition de la vie selon l'Évangile. Sa parole est sans partage :

« Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. » — Évangile selon saint Matthieu 6, 24[5]

Ailleurs, il pousse l'exigence jusqu'au sommet : « Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère […] et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple »[6] ; et plus nettement encore : « Celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut être mon disciple »[7]. Le Catéchisme tire de ces paroles une conséquence que beaucoup voudraient adoucir, et qu'il maintient sans l'adoucir :

« Le précepte du détachement des richesses est obligatoire pour entrer dans le Royaume des cieux. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2544[8]

Ce « précepte » ne vise pas seulement l'argent : il nomme la racine de tout attachement désordonné. Préférer quoi que ce soit à Dieu — un bien, un être, une image de soi —, c'est se donner deux maîtres, et le cœur s'y déchire.

Pour aimer vraiment

La raison la plus profonde de se détacher n'est pas négative. On ne vide pas le cœur pour le laisser vide, mais pour faire place à un amour plus grand. Le détachement est au service de la charité : il n'est jamais une fin, toujours un moyen. Jésus l'a fait comprendre à Luisa Piccarreta par une image saisissante :

« L'Amour veut trouver les âmes vides de tout. Autrement il ne peut les envelopper de son vêtement. […] Il ne peut vêtir l'âme que s'il la trouve totalement vide. Autrement, déçu, il doit se retirer. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 28 août 1912[9]

Tant que le cœur reste encombré d'affections pour les choses créées, il n'y a plus de place pour que l'amour de Dieu y entre pleinement. Le détachement est donc l'autre nom d'une disponibilité : il ouvre l'espace que l'amour vient occuper. C'est pourquoi la bienheureuse Conchita Cabrera de Armida priait ainsi :

Le détachement fait place à Dieu pour mieux aimer.

« Travaillez sans vous lasser pour acquérir ce vide, afin que Jésus puisse venir véritablement se reposer en vous ! Soyons vides de tout ce qui n'est pas Dieu. » — Bienheureuse Conchita Cabrera de Armida, La Vie dans l'Esprit Saint[10]

Pour la paix et la liberté

Le désordre des attachements n'est pas seulement un obstacle spirituel : il est une source d'inquiétude immédiate, ici et maintenant. L'Imitation de Jésus-Christ en fait un constat presque clinique :

« Dès que l'homme commence à désirer quelque chose de façon désordonnée, aussitôt il devient inquiet en lui-même. Le superbe et l'avare n'ont jamais de repos ; mais le pauvre et l'humble d'esprit vivent dans l'abondance de la paix. » — L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 6[11]

L'attachement enchaîne ; le détachement libère. Le philosophe et mystique Maurice Zundel renversait la définition courante de la liberté pour en montrer le vrai ressort :

« Si je suis esclave de moi-même, je suis dans le pire des esclavages ! La seule liberté, c'est d'être libre de soi-même. » — Maurice Zundel, Un autre regard sur l'homme[12]

Saint Vincent de Paul disait la même chose à ses filles avec son bon sens habituel : « Si nous voulons être en liberté, mortifions nos passions ; car le propre de la mortification est de donner le repos à l'âme, de sorte qu'elle est toujours contente de ce qui lui arrive et ne demande ni ne refuse rien. »[13] Le détaché n'est pas un homme appauvri : c'est un homme libre.

Qu'est-ce, au juste, que le détachement ?

Ni indifférence stoïque ni mépris des créatures

Le mot prête à un double contresens qu'il faut écarter d'emblée. Le détachement chrétien n'est pas l'apathie du sage stoïcien, qui s'anesthésie pour ne plus souffrir : le Christ détaché de tout a pleuré sur Jérusalem et sur le tombeau de Lazare. Et il n'est pas le mépris des créatures, comme si le monde était mauvais : Dieu a vu que tout ce qu'il avait fait « était très bon » (Gn 1, 31). Le Catéchisme rappelle que les biens créés sont des dons à recevoir, non des pièges à fuir :

« L'usage des choses créées […] Dans la création, Dieu a posé un fondement et des lois qui demeurent stables, sur lesquelles le croyant pourra s'appuyer avec confiance. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 346[14]

Le détachement ne porte donc pas sur les créatures elles-mêmes, mais sur le désordre de notre attachement à elles. Saint Paul a donné la juste mesure dans une formule d'équilibre : ceux qui profitent de ce monde, « comme s'ils n'en profitaient pas vraiment. Car il passe, ce monde tel que nous le voyons » (1 Co 7, 31)[15]. Tenir le créé d'une main ouverte, non d'une main crispée.

Le détachement, c'est l'ordre de l'amour

Positivement, le détachement n'est pas l'absence d'amour : c'est l'amour remis dans son ordre. Saint Augustin appelait la vertu ordo amoris, l'ordre de l'amour : aimer chaque chose selon son rang, et Dieu par-dessus tout. Se détacher, ce n'est pas cesser d'aimer les biens, les êtres, la vie : c'est cesser de les aimer plus que Dieu ou à la place de Dieu. Le P. Vayssière l'expliquait à une âme pressée de monter :

« Vous voulez monter, voler, planer ? C'est bien. Mais auparavant désencombrez-vous, dégagez-vous, allégez vos ailes. Ceci avant cela, c'est de toute nécessité. » — Père Marie-Étienne Vayssière, Consentir à l'Amour[16]

C'est pourquoi le détachement croît en proportion exacte de l'amour de Dieu : on ne lâche une chose que parce qu'on en a saisi une meilleure. Saint Augustin en faisait une loi de l'expérience spirituelle : au sixième degré de la montée vers la Sagesse, l'âme purifie l'œil par lequel Dieu peut être vu — car on ne voit Dieu qu'autant que l'on meurt à ce siècle, et autant que l'on vit ici-bas, on ne le voit pas[17].

Détachement de la main et détachement du cœur

La tradition distingue soigneusement deux réalités que le langage confond. Le détachement effectif porte sur les choses elles-mêmes : on quitte, on donne, on se prive. Le détachement affectif porte sur le cœur : on cesse d'y mettre son appui et son trésor. Le second est l'essentiel, car « là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6, 21)[18]. On peut tout quitter et rester attaché ; on peut posséder peu et garder l'âme libre.

Mais l'un n'autorise jamais à négliger l'autre. Un cœur vraiment détaché finit toujours par ouvrir la main, et la pratique des renoncements concrets purifie en retour le cœur. C'est tout le travail spirituel : faire passer le détachement du dehors au dedans, et du dedans au dehors, jusqu'à ce que les deux coïncident. Marthe Robin formulait ainsi l'exigence intégrale :

Ce qui trouble excessivement révèle souvent ce qui retient le cœur.

« L'entière mortification des sens, le détachement absolu du créé est indispensable à l'âme qui veut atteindre la divine union. […] Le créé tourmente et abaisse ; l'Esprit de Dieu purifie et sanctifie. » — Vénérable Marthe Robin, Journal[19]

De quoi faut-il se détacher ?

Le détachement ne concerne pas seulement l'argent. Les maîtres spirituels en élargissent l'objet à tout ce qui peut occuper la place de Dieu. On distingue classiquement quatre grands domaines, du plus extérieur au plus intime :

Objet du détachementCe dont il faut se délierSa fleur / vertu correspondante
Les biensL'avoir, l'argent, le confort, la sécurité matérielleLa pauvreté évangélique
Les personnes et affectionsL'attachement possessif, jaloux ou idolâtre aux êtres aimésLa charité ordonnée
Les honneurs et l'estimeLe besoin de paraître, la réputation, l'amour-propreL'humilité
La volonté propreLe vouloir égoïste, l'attachement à ses goûts et à ses vuesL'obéissance, l'abandon

À ces quatre s'ajoute un cinquième domaine, le plus subtil, réservé aux âmes avancées : le détachement des consolations spirituelles elles-mêmes — ne plus chercher les douceurs de Dieu, mais Dieu seul. C'est la cime du chemin, traitée plus bas.

Le détachement, condition de l'union à Dieu

L'oiseau retenu par un fil

Pourquoi faut-il se détacher même des petites choses ? Parce qu'un petit lien suffit à empêcher l'envol. Saint Jean de la Croix, le docteur du détachement, en a donné l'image la plus célèbre de toute la mystique :

« Qu'importe que l'oiseau soit retenu par un fil léger ou par une corde ? Le fil a beau être léger, l'oiseau y reste pris comme à la corde, et tant qu'il ne l'aura pas rompu, il ne pourra prendre son vol. » — Saint Jean de la Croix, La Montée du Carmel, livre I, ch. 11[20]

Quatre questions pour posséder sans être possédé.

La leçon est rude et libératrice : ce n'est pas la grosseur de l'attachement qui compte, mais le fait qu'il retienne. Une habitude minuscule, un caprice tenace, une vanité chérie suffisent à clouer l'âme au sol. C'est pourquoi le détachement n'est pas un acte unique mais une œuvre patiente, qui descend jusqu'aux « riens » auxquels on s'accroche sans le savoir.

« Pour parvenir à goûter tout, n'aie de goût en rien »

Au terme du même livre, saint Jean de la Croix résume sa doctrine du « rien » (nada) en une série de maximes paradoxales, gravées au pied de son dessin de la montée :

« Pour parvenir à goûter le tout, n'aie de goût en rien. Pour parvenir à posséder le tout, ne veuille posséder rien. Pour parvenir à être tout, ne veuille être rien en rien. » — Saint Jean de la Croix, La Montée du Carmel, livre I, ch. 13[21]

Le paradoxe n'est pas un éloge du néant : c'est la logique de l'amour total. Qui veut le Tout — Dieu — doit cesser de se contenter d'un quelque chose. Jésus l'a dit à Luisa Piccarreta avec une joie presque amusée :

« Bravo, bravo, ma fille ! Finalement, j'ai trouvé quelqu'un qui ne veut rien. Tous veulent quelque chose de moi, mais pas le Tout, c'est-à-dire moi uniquement. Toi, en ne voulant rien, tu veux tout. Voilà la finesse et l'astuce du véritable Amour. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 24 février 1912[22]

Le vide qui appelle la plénitude

Le détachement n'est donc pas une perte, mais un échange : on lâche le peu pour recevoir le tout. Jésus en donnait la raison à Luisa par l'image d'une porte étroite :

« Mon Cœur est infiniment grand ; mais la porte pour y entrer est très étroite. Personne ne peut venir combler son vide, sauf les âmes dépouillées et simples. […] La moindre petite entrave, l'ombre d'un attachement […] les empêche de venir s'y délecter. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 7 mai 1899[23]

C'est le même mouvement que saint Paul décrit dans sa propre vie : avoir tout « perdu » pour le Christ, et compter désormais tout le reste « comme des ordures, afin de gagner le Christ » (Ph 3, 8)[24]. Le détachement, au fond, n'est qu'un autre nom du choix de Dieu — préféré, désiré, saisi par-dessus tout.

Les degrés du détachement

Le détachement n'est pas un état que l'on possède ou non : c'est une croissance, qui va du devoir commun à tous jusqu'au dépouillement mystique. On peut en distinguer cinq étapes, sans cloison étanche entre elles.

DegréPour quiEn quoi il consiste
1. Se détacher du péchéTout chrétienRompre avec le mal et le désordre manifeste — premier détachement, sans lequel rien ne commence
2. Régler ses affectionsTout chrétienNe pas laisser l'usage des biens devenir un attachement qui détourne de la charité (CEC § 2545)
3. Le détachement effectif choisiÂmes généreusesSe priver volontairement, renoncer concrètement, embrasser les conseils évangéliques
4. Le détachement des consolationsÂmes avancéesNe plus chercher les douceurs sensibles de Dieu, mais Dieu nu, dans la nuit de la foi
5. Le « rien » des parfaitsÂmes unies à DieuNe tenir plus à rien de créé ni de soi — le « nada » où l'âme ne s'appuie que sur Dieu

Régler ses affections : le devoir de tous

Le premier détachement n'est pas réservé aux moines : il oblige tout baptisé. Le Catéchisme le formule comme un devoir universel, qui ne demande pas de tout quitter, mais de ne s'attacher à rien plus qu'à Dieu :

« Tous les fidèles du Christ ont à régler comme il faut leurs affections, pour que l'usage des choses du monde et un attachement aux richesses contraire à l'esprit de pauvreté évangélique ne les détournent pas de poursuivre la perfection de la charité. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2545[25]

C'est dire qu'un père de famille honnête, un travailleur, un fiancé peuvent vivre un détachement réel sans rien quitter de leur état : il leur suffit de garder le cœur libre, de tenir leurs biens et leurs joies comme reçus et offerts.

Le détachement des consolations : la nuit

Plus haut sur le chemin vient une épreuve que les commençants n'imaginent pas : se détacher non plus des biens grossiers, mais des douceurs spirituelles elles-mêmes. L'âme qui a goûté la prière, les larmes, la ferveur sensible peut s'y attacher comme à un bien, et chercher les consolations de Dieu plus que le Dieu des consolations. Sainte Thérèse de Lisieux, à dix-sept ans, avait déjà saisi cette pointe extrême du détachement :

« Détachons-nous de la terre, volons sur la montagne de l'amour où se trouve le beau Lys de nos âmes… Détachons-nous des consolations de Jésus, pour nous attacher à Lui ! » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, lettre 105[26]

C'est ici que s'ouvre la « nuit » décrite par saint Jean de la Croix : Dieu retire les douceurs pour purifier l'amour et le faire reposer sur lui seul, non sur ses dons. Jésus l'annonçait sans détour à Élisabeth Kindelmann : « Je ne te donnerai aucune consolation qui t'attachera à la terre. »[27]

Le « rien » des parfaits

Au sommet, le détachement devient total : l'âme ne tient plus à rien de créé, ni même à elle-même, mais seulement à Dieu. C'est l'état que Jésus décrivait à Luisa comme la condition de son habitation permanente :

« Pour que je puisse venir habiter dans une âme, l'essentiel, c'est qu'elle soit totalement détachée de toutes choses. […] Dès que l'âme s'est dépouillée de tout, j'y entre. Et avec elle, nous construisons une maison. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 29 octobre 1899[28]

Ce « rien » n'est pas un appauvrissement, mais l'entrée dans la possession de Dieu — et, dans la spiritualité de la Divine Volonté, le seuil de la vie dans le Fiat : Jésus expliquait à Luisa que c'est dans la mesure où l'âme se détache de tout ce qui n'est pas totalement à lui qu'elle devient toujours plus plongée dans sa Volonté[29].

Les moyens concrets pour grandir dans le détachement

Regarder le Christ dépouillé

Premier moyen, source de tous les autres : contempler Jésus pauvre et dépouillé jusqu'à l'aimer. On ne se détache pas par volontarisme, mais par amour d'un plus grand bien aperçu. Méditer la crèche où le Verbe n'a qu'une mangeoire, les trente ans cachés de Nazareth, la vie itinérante « sans avoir où reposer la tête » (Mt 8, 20), et surtout la Croix où il est dépouillé de tout, jusqu'à ses vêtements et au sentiment même de la présence du Père : voilà ce qui rend le détachement désirable. Saint Paul résume tout le secret :

« Je considère tout comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui j'ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures, afin de gagner le Christ. » — Épître aux Philippiens 3, 8[30]

Le détachement cesse alors d'être une perte pour devenir une ressemblance : on se dépouille comme le Bien-Aimé s'est dépouillé.

Demander la grâce : on ne se détache pas seul

Le détachement est d'abord un don. Vouloir l'arracher à soi-même par la seule force de la volonté mène à l'orgueil ou au découragement. Il faut le demander, et laisser Dieu opérer ce que nous ne pouvons pas. Jésus le rappelait à Conchita : « C'est lui qui nettoie son nid, mais l'âme doit se laisser faire. »[31] La part de l'homme est de consentir, de désirer, d'ouvrir la main ; la part de Dieu est de délier réellement le cœur. Sainte Catherine de Gênes l'a dit dans une formule extrême : il faut que Dieu « consume » l'homme intérieurement, et que l'âme « se laisse faire »[32].

La sainte indifférence de saint Ignace

Saint Ignace de Loyola a donné au détachement sa formule la plus opérationnelle, au cœur du Principe et Fondement des Exercices spirituels : la « sainte indifférence », qui n'est pas froideur mais équilibre du désir devant tout ce qui n'est pas la fin dernière :

« Il est nécessaire de nous rendre indifférents à toutes les choses créées […] de telle manière que, de notre part, nous ne voulions pas plus la santé que la maladie, la richesse que la pauvreté, l'honneur que le déshonneur, une vie longue qu'une vie courte ; et ainsi de tout le reste, ne désirant et ne choisissant que ce qui nous conduit davantage à la fin pour laquelle nous sommes créés. » — Saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels, n° 23[33]

Le progrès se mesure à la liberté d'aimer.

L'indifférence ignatienne n'est pas l'absence de préférence, mais la subordination de toute préférence à la volonté de Dieu : je tiens également prêt à recevoir santé ou maladie, parce que je ne cherche en tout que lui.

Mortifier les petits attachements

Demander la grâce, nommer l'attache, accepter le manque, choisir un petit non, donner, recevoir l'imprévu et remettre à Dieu.

Puisque même un fil léger empêche l'envol (saint Jean de la Croix), le détachement se gagne dans les petites choses quotidiennes, par des actes réitérés. Saint Vincent de Paul est catégorique : « La mortification, comme les autres vertus, ne s'acquiert que par les actes réitérés. »[34] Il ne s'agit pas de prouesses extraordinaires, mais de mille renoncements minuscules : céder son confort, taire une repartie, lâcher un caprice, ne pas exiger la dernière satisfaction. Jésus le demandait à sœur Léonie-Marie Nastal en des termes presque tendres :

« À toutes les âmes je demande un renoncement à soi-même pour ce qui fait plaisir, mais dont on pourrait faire un sacrifice. C'est si peu. À un mendiant on donne quelquefois un sou, alors que des âmes me refusent même ce peu. » — Jésus à sœur Léonie-Marie Nastal, J'ai cru à l'Amour[35]

Détacher le cœur des personnes sans cesser d'aimer

Le détachement des affections est le plus délicat, car il ne s'agit pas d'aimer moins, mais d'aimer en Dieu et non à sa place. Sainte Thérèse d'Avila, qui aimait ses amis d'une affection ardente, comptait pourtant le détachement de tout le créé parmi les trois choses qu'elle exigeait de ses sœurs, avec l'amour mutuel et l'humilité[36]. Aimer dans l'ordre, ce n'est pas se durcir : c'est cesser de faire d'un être aimé une idole, un absolu, une sécurité dernière — et le rendre à Dieu pour le retrouver en lui, purifié et grandi. L'attachement possessif étouffe ; la charité détachée libère et celui qui aime et celui qui est aimé.

Se détacher de soi-même et de sa volonté propre

Le détachement le plus difficile n'est pas celui des biens ni même des personnes : c'est celui de la volonté propre. L'Imitation le note avec finesse :

« Il est dur de renoncer à ses habitudes, mais il est plus dur encore de courber sa propre volonté. » — L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 11[37]

C'est pourtant là que tout se joue, car l'attachement à soi est la racine de tous les autres. Maître Eckhart le ramenait à un seul mouvement : « Sors totalement de toi-même pour Dieu, et Dieu sortira totalement de lui-même pour toi. »[38] Ce détachement de soi n'est pas la destruction de la personne, mais sa libération : l'âme cesse de tourner autour de son petit moi pour graviter autour de Dieu.

Accueillir les détachements que l'on n'a pas choisis

Tous les détachements ne sont pas volontaires. La vie en impose — épreuves, deuils, échecs, maladies, dépouillements de toute sorte — que l'on ne choisit pas. Reçus dans la foi, ces arrachements deviennent les plus purifiants, car ils atteignent ce à quoi l'on tenait vraiment. Jésus le disait à Luisa : « Une âme résignée est toujours en paix, et je trouve en elle mon repos. »[39] Accepter ce que l'on ne peut changer, le remettre à Dieu, en faire une offrande plutôt qu'une révolte : c'est transformer une perte subie en détachement aimant.

Du détachement à l'abandon

Le détachement n'est pas un but en soi : il s'achève dans l'abandon. Se délier de tout ne suffit pas ; il faut encore se remettre tout entier à Celui pour qui l'on s'est délié. Dom Vital Lehodey, dans Le Saint Abandon, et le P. de Caussade, dans L'Abandon à la divine Providence, ont montré que le détachement n'est que la face purificatrice d'un même mouvement dont l'abandon est la face filiale et reposante. Jésus le résumait à sœur Marie de la Trinité en cinq mots : « Laisse tout, tout, puis laisse-moi faire. »[40] Sur ce passage du détachement à la remise confiante, voir Comment grandir dans l'abandon à Dieu.

Les pièges et contrefaçons

L'insensibilité prise pour de la vertu

La première contrefaçon est la plus grave : confondre le détachement avec la dureté de cœur. Se rendre insensible, ne plus s'attacher pour ne plus souffrir, traiter les êtres avec froideur sous prétexte de spiritualité — ce n'est pas le détachement évangélique, c'est son contraire. Le Christ détaché de tout est aussi le plus tendre des hommes : il pleure, il s'émeut, il aime « d'un amour de prédilection ». Le vrai détachement augmente la capacité d'aimer au lieu de l'éteindre, parce qu'il purifie l'amour de son égoisme. Un cœur qui se durcit ne s'est pas détaché : il s'est rétréci.

L'orgueil du renoncement

Plus subtil : s'attacher à son propre détachement, tirer vanité de ses austérités, se comparer aux moins fervents. On peut alors avoir tout quitté et tenir farouchement à l'image de soi-même comme âme détachée — ce qui est le plus tenace des attachements. Le remède est l'humilité, qui creuse le détachement jusqu'à la racine du moi : voir Comment grandir dans l'humilité.

Le détachement comme prétexte ou comme fuite

Troisième contrefaçon : couvrir du beau nom de détachement une négligence de ses devoirs. Abandonner les siens, fuir ses responsabilités, négliger son travail ou sa santé en invoquant la spiritualité, ce n'est pas se détacher : c'est se dérober. Le détachement véritable rend plus présent, plus fidèle, plus serviable — non moins. Saint Vincent de Paul, le plus détaché et le plus actif des hommes, en est la preuve vivante.

Tenir secrètement à ses « riens »

Dernier piège, le plus difficile à débusquer : les attachements cachés que l'on ne soupçonne pas. Une habitude, un confort, une susceptibilité, un petit pouvoir, une réputation — autant de « fils légers » qui retiennent l'oiseau. Le détachement est un travail d'examen patient, qui descend jusqu'aux recoins où le cœur s'est niché à son insu. C'est pourquoi il ne s'achève jamais ici-bas : il y a toujours un fil de plus à rompre.

Les fruits du détachement

La liberté et la paix du cœur

Le premier fruit du détachement est une liberté que rien ne peut donner d'autre. L'âme déliée n'est plus ballottée par ses désirs ni écrasée par ses pertes ; elle repose, parce qu'elle ne s'appuie plus sur ce qui passe. « Le pauvre et l'humble d'esprit vivent dans l'abondance de la paix », dit l'Imitation[41]. Cette paix n'est pas de l'indifférence : c'est la stabilité d'un cœur qui a trouvé son centre.

La transparence à la lumière de Dieu

Plus l'âme se dépouille, plus la lumière de Dieu la traverse sans obstacle. Jésus en donnait à Luisa une image lumineuse :

Quand le créé reprend sa juste place, l'amour respire.

« Je suis tellement fier des âmes détachées de tout. Au fur et à mesure qu'elles se dépouillent, ma lumière les envahit et elles deviennent transparentes comme le cristal, de sorte que rien n'empêche la lumière de mon soleil de pénétrer en elles. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 26 avril 1899[42]

La charité dilatée

Le détachement n'aboutit pas au vide, mais à un surcroît d'amour. La place faite en se déliant, c'est l'amour qui vient l'occuper. Jésus le disait à Luisa : la charité ne peut régner pleinement que dans une âme « dépouillée de tout »[43]. Loin de refroidir le cœur, le détachement le dilate : il rend disponible pour Dieu et pour le prochain, libre de servir, de donner, d'aimer sans retour. C'est le lien profond entre cette racine et sa fleur la plus haute, la charité.

Dieu pour tout : « Dieu seul suffit »

Le fruit ultime du détachement est que Dieu devient tout. Quand le cœur ne tient plus à rien, il découvre que rien ne lui manque, parce qu'il possède Celui qui contient tout. C'est l'expérience que sainte Thérèse d'Avila avait inscrite sur le signet de son bréviaire :

« Que rien ne te trouble, que rien ne t'effraie ; tout passe, Dieu ne change pas. La patience obtient tout ; à qui possède Dieu, rien ne manque : Dieu seul suffit. » — Sainte Thérèse d'Avila, Poésie (« Nada te turbe »)[44]

Marthe Robin disait, par la pointe inverse, la même chose : « Il est bien à plaindre, celui à qui Dieu ne suffit pas. »[45] Tel est le terme du chemin : non pas un homme privé de tout, mais un homme à qui Dieu suffit — c'est-à-dire un homme comblé.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Évangile selon saint Luc 10, 42, traduction liturgique officielle (AELF) : « Une seule chose est nécessaire. » La part de Marie de Béthanie, opposée à l'agitation des nombreux soucis.

    1
  2. Saint Augustin, Confessions, livre I, ch. 1 (« Fecisti nos ad te, et inquietum est cor nostrum, donec requiescat in te »). Traduction française couramment reçue ; texte latin de référence dans les Corpus Christianorum, Series Latina 27.

    2
  3. Propos attribué à Léonie Martin (1863-1941), sœur de sainte Thérèse de Lisieux, dans une lettre à sa sœur Thérèse datée du 15 octobre 1887, telle que rapportée par le recueil Les paroles de la vie éternelle (sans pagination indiquée). La lettre n'ayant pu être vérifiée sur une correspondance publiée, le propos est rendu ici en paraphrase, non en citation littérale.

    3
  4. Saint Pierre-Julien Eymard (1811-1868), Conseils de vie spirituelle, Nouvelle Cité, 2015, p. 18.

    4
  5. Évangile selon saint Matthieu 6, 24, traduction liturgique officielle (AELF). Parallèle en Lc 16, 13.

    5
  6. Évangile selon saint Luc 14, 26, traduction liturgique officielle (AELF). Le verbe « haïr » est un sémitisme signifiant « aimer moins, ne pas préférer à ».

    6
  7. Évangile selon saint Luc 14, 33, traduction liturgique officielle (AELF). Conclusion du discours sur les conditions pour suivre le Christ.

    7
  8. Catéchisme de l'Église catholique, § 2544, citant Lc 14, 33 ; Mc 8, 35 et l'exemple de la veuve de Jérusalem (Lc 21, 4).

    8
  9. Jésus à Luisa Piccarreta (1865-1947), Le Livre du Ciel, tome 11, 28 août 1912 (entrée « 11-32 — L'amour transforme l'âme en Dieu, moyennant qu'elle soit vide de tout »), passage vérifié dans l'édition Centro Studi Piccarreta / Résiac.

    9
  10. Bienheureuse Conchita Cabrera de Armida (1862-1937), La Vie dans l'Esprit Saint, éd. de l'Emmanuel, 2009, p. 19.

    10
  11. L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 6, § 1. Œuvre anonyme du XVᵉ siècle, traditionnellement attribuée à Thomas a Kempis (v. 1380-1471).

    11
  12. Maurice Zundel (1897-1975), Un autre regard sur l'homme, éd. Jubilé, 2005, p. 25.

    12
  13. Saint Vincent de Paul (1581-1660), Saint Vincent de Paul par ses écrits, Médiaspaul, 2003, p. 94.

    13
  14. Catéchisme de l'Église catholique, § 346 : « Dans la création, Dieu a posé un fondement et des lois qui demeurent stables, sur lesquelles le croyant pourra s'appuyer avec confiance », signe et gage de la fidélité inébranlable de l'Alliance.

    14
  15. Première lettre aux Corinthiens 7, 29-31, traduction liturgique officielle (AELF) : « ceux qui profitent de ce monde, comme s'ils n'en profitaient pas vraiment. Car il passe, ce monde tel que nous le voyons. »

    15
  16. Père Marie-Étienne Vayssière (1864-1940), o.p., Consentir à l'Amour. Lettres choisies, éd. des Béatitudes, 2018, p. 34.

    16
  17. Saint Augustin, De la doctrine chrétienne, livre II, ch. 7 (les sept degrés vers la Sagesse, sixième degré). Texte latin : « Nam in tantum vident in quantum moriuntur huic saeculo, in quantum autem huic vivunt, non vident » ; rendu ici en traduction littérale.

    17
  18. Évangile selon saint Matthieu 6, 21, traduction liturgique officielle (AELF) : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. »

    18
  19. Vénérable Marthe Robin (1902-1981), Journal : décembre 1929 - novembre 1932, Éditions Foyer de Charité, 2012, p. 37.

    19
  20. Saint Jean de la Croix (1542-1591), La Montée du Carmel, livre I, ch. 11, sur l'âme retenue par le moindre attachement comme l'oiseau par un fil. Œuvre rédigée vers 1579-1585.

    20
  21. Saint Jean de la Croix, La Montée du Carmel, livre I, ch. 13, § 11 — les maximes du « nada » (« Pour parvenir à goûter le tout… »), gravées au pied du dessin du Mont de perfection. Texte original espagnol : « Para venir a gustarlo todo, no quieras tener gusto en nada… »

    21
  22. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 24 février 1912 (entrée « 11-6 — L'âme qui vit dans la Divine Volonté perd son tempérament et acquiert celui de Jésus »), passage vérifié dans l'édition Centro Studi Piccarreta / Résiac.

    22
  23. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 7 mai 1899 (entrée « La pureté d'intention »), passage vérifié dans l'édition Centro Studi Piccarreta / Résiac.

    23
  24. Épître aux Philippiens 3, 7-8, traduction liturgique officielle (AELF).

    24
  25. Catéchisme de l'Église catholique, § 2545, citant la Constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 42 (Vatican II).

    25
  26. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (1873-1897), lettre 105 (à Céline, juillet 1890). Édition : Correspondance générale, Cerf / DDB.

    26
  27. Jésus à Élisabeth Kindelmann (1913-1985), Le Journal Spirituel (La Flamme d'Amour), éd. du Parvis, 2018, p. 46.

    27
  28. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 29 octobre 1899 (entrée « La formation de la demeure de Jésus dans l'âme »), passage vérifié dans l'édition Centro Studi Piccarreta / Résiac.

    28
  29. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1, ch. 90 (« Jésus donne à Luisa cinq nouvelles règles de vie », 5e règle : « Finalement, dans la mesure où tu te détacheras de tout ce qui n'est pas totalement Mien, tu deviendras toujours plus plongée dans ma Volonté absolue »). Les chapitres du tome 1, antérieurs au journal daté qui commence au tome 2 (1899), ne portent pas de date de dictée : le propos est donc rendu ici en paraphrase, non en citation littérale.

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  30. Épître aux Philippiens 3, 8, traduction liturgique officielle (AELF). Le terme grec skybala (« balayures, ordures ») marque le radicalisme du choix paulinien.

    30
  31. Le Seigneur à la bienheureuse Conchita Cabrera de Armida, La Vie dans l'Esprit Saint, éd. de l'Emmanuel, 2009, p. 21 : « C'est lui qui nettoie son nid, mais l'âme doit se laisser faire. »

    31
  32. Sainte Catherine de Gênes (1447-1510), Livre de la Vie, ch. 35 : il faut que l'être de l'homme soit comme « anéanti » pour que Dieu le consume et le possède.

    32
  33. Saint Ignace de Loyola (1491-1556), Exercices spirituels, n° 23, « Principe et Fondement ». Texte de référence : Exercices spirituels, trad. Édouard Gueydan, Desclée de Brouwer / Bellarmin, 1986.

    33
  34. Saint Vincent de Paul, Saint Vincent de Paul par ses écrits, Médiaspaul, 2003, p. 95.

    34
  35. Jésus à sœur Léonie-Marie Nastal (1903-1940), J'ai cru à l'Amour, éd. du Parvis, 2014, p. 33.

    35
  36. Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), Le Chemin de la perfection, ch. 4 : les trois choses qu'elle recommande à ses sœurs — l'amour mutuel, le détachement de tout le créé, et l'humilité. Édition : Œuvres complètes, trad. carmélitaine, Cerf.

    36
  37. L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 11, § 6.

    37
  38. Maître Eckhart (v. 1260-1328), Sermon 5b (« In hoc apparuit caritas Dei in nobis »). Traduction française d'après Sermons, trad. Jeanne Ancelet-Hustache, Seuil.

    38
  39. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 8 août 1899 : « Une âme résignée est toujours en paix. Et je trouve en elle mon repos. »

    39
  40. Jésus à sœur Marie de la Trinité (1903-1980), Consens à n'être rien, éd. Arfuyen, 2004, p. 46.

    40
  41. L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 6, § 1.

    41
  42. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 26 avril 1899 (entrée « La grandeur des âmes dépouillées »), passage vérifié dans l'édition Centro Studi Piccarreta / Résiac.

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  43. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 12 mai 1899 : « La charité ne peut être reconnue par moi que si elle est dépouillée de tout. »

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  44. Sainte Thérèse d'Avila, Poésie dite « Nada te turbe », retrouvée sur son signet de bréviaire. Texte original espagnol : « Nada te turbe, nada te espante… Solo Dios basta. »

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  45. Vénérable Marthe Robin, Journal : décembre 1929 - novembre 1932, Éditions Foyer de Charité, 2012, p. 34.

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