Charles Wesley (1707-1788)

Charles Wesley, frère cadet de John Wesley, fonde à Oxford le premier cercle méthodiste et devient l'hymnographe du méthodisme : environ 8 989 poèmes religieux selon le chiffre attribué à Frank Baker, dont près de 4 400 pièces publiées recensées par l'édition critique Duke, parmi lesquels Hark! The Herald Angels Sing et Love Divine, All Loves Excelling.

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Charles Wesley (1707-1788) est un prêtre de l'Église d'Angleterre, frère cadet de John Wesley et cofondateur, à ses côtés, du méthodisme — mais c'est par le chant, plus que par l'organisation, qu'il en devient l'artisan le plus universellement connu[1]. Auteur présumé de près de neuf mille hymnes et poèmes religieux en un demi-siècle d'écriture presque quotidienne, il donne au réveil évangélique anglais sa voix la plus durable : Hark! The Herald Angels Sing, Christ the Lord Is Risen Today, And Can It Be ou Love Divine, All Loves Excelling continuent d'être chantés aujourd'hui dans des milliers d'assemblées à travers le monde, bien au-delà du seul méthodisme[2].

C'est pourtant Charles, et non John, qui fonde à Oxford en 1729 le petit groupe de piété méthodique qui vaudra à ses membres le sobriquet moqueur de « méthodistes »[3] [4]. C'est également Charles qui, le 21 mai 1738, trois jours avant l'expérience de son frère à Aldersgate Street, connaît sa propre conversion à la certitude du pardon reçu par la foi — épisode moins célèbre que celui de John, mais dont il tire aussitôt le tout premier de ses cantiques[5].

Là où John organise, structure et finit par rompre avec l'épiscopat anglican en 1784, Charles s'y oppose avec une vigueur croissante : marié, père de famille, attaché jusqu'à sa mort à son identité de clerc de l'Église établie, il meurt en 1788 en demandant expressément à être enseveli en terre consacrée anglicane — signe voulu d'une fidélité que son frère, sur ce point précis, n'aura pas partagée[6].

Cet article retrace la formation, la conversion et l'œuvre propre de Charles Wesley, expose la théologie que ses hymnes mettent en musique — Incarnation, grâce libre, sanctification, théologie sacramentelle —, avant d'examiner ce qu'une oreille catholique peut honnêtement reconnaître dans ce chant, et ce qui, malgré sa profondeur, demeure séparé de la foi catholique.

Un cadet du presbytère d'Epworth, fondateur du premier cercle méthodiste

Westminster School et Christ Church : la formation d'un lettré classique

Christ Church, Oxford, collège de Charles Wesley à partir de 1726. Photo : Bob Collowan, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Charles Wesley naît le 18 décembre 1707 (calendrier julien) au presbytère d'Epworth, dans le Lincolnshire, dix-huitième enfant de Samuel Wesley et de Susanna Wesley, et troisième de leurs fils parvenus à l'âge adulte, après Samuel Jr. et John[7]. En 1716, il entre à la Westminster School de Londres, où il est élu King's Scholar en 1721 et devient head boy (premier de l'établissement) en 1725[8]. Il poursuit ses études à Christ Church, Oxford, où il obtient sa maîtrise (Master of Arts) en 1733[9] [10].

1729 : Charles fonde le cercle de piété qui deviendra le « Holy Club »

Au printemps 1729, alors que son frère John est encore curé auxiliaire à Epworth et Wroot, Charles réunit à Oxford deux ou trois jeunes étudiants autour d'une règle de vie méthodique — communion hebdomadaire, jeûne, étude quotidienne des Écritures selon les statuts de l'université[11]. Le Dictionary of National Biography est explicite sur l'antériorité de Charles dans cette fondation :

« Dès le printemps 1729, il avait persuadé deux ou trois jeunes étudiants de l'accompagner et d'observer la méthode d'étude prescrite par les statuts de l'université [...] ce qui lui valut le nom inoffensif de méthodiste. » — Dictionary of National Biography, art. « Wesley, Charles (1707-1788) »[12]

Le DNB tient cette antériorité pour établie, citant à l'appui la lettre de Charles lui-même à Thomas Bradbury Chandler du 28 avril 1785[13]. Cette version doit toutefois être articulée avec sa contestation : l'historien Richard P. Heitzenrater fait observer qu'en mai 1729 il n'existe encore aucun groupe constitué, et que le sobriquet de « Holy Club » lui-même n'est attesté que plus tard[14]. John Wesley, alors éloigné d'Oxford, ne revient qu'en novembre 1729 et en prend aussitôt la direction, imprimant au petit groupe la discipline plus systématique qui vaudra ensuite au cercle ses divers sobriquets moqueurs, dont « Holy Club » et « méthodistes »[15] [16]. L'article retient donc une position nuancée : l'initiative première de Charles au printemps 1729 (quelques étudiants réunis autour d'une règle d'étude) est attestée par sa propre lettre de 1785, mais sans trancher qu'il s'agissait déjà d'un groupe constitué au sens de Heitzenrater — au lieu de répéter simplement, après la contestation, la version catégorique du DNB. Pour le détail de la règle de vie du groupe et de son rôle dans la genèse du méthodisme organisé, on se reportera à l'article consacré à John Wesley (1703-1791).

La mission de Géorgie et le retour anticipé (1735-1736)

Secrétaire aux Affaires indiennes du gouverneur Oglethorpe

Fort Frederica, où Charles Wesley arrive le 9 mars 1736 comme secrétaire aux Affaires indiennes. Carte du National Park Service conservée par la Library of Congress, domaine public.

Ordonné diacre puis prêtre de l'Église d'Angleterre en octobre 1735[17], Charles Wesley s'embarque le 14 octobre 1735 à bord du Simmonds, au départ de Gravesend, en compagnie de son frère John, pour la colonie naissante de Géorgie[18]. Il y est nommé secrétaire aux Affaires indiennes du gouverneur James Oglethorpe et chargé de la charge pastorale du fort Frederica, sur l'île Saint-Simon, où il débarque le 9 mars 1736[19] [20]. Sur place, sa rigueur liturgique — refus de reconnaître le baptême administré par un laïc, insistance sur une stricte discipline sacramentelle — provoque de vives résistances parmi les colons, peu enclins à une telle exigence[21] [22].

Un ministère écourté : maladie et rupture avec Oglethorpe

Affaibli par la maladie et en délicatesse croissante avec le gouverneur Oglethorpe lui-même, Charles quitte Savannah le 26 juillet 1736 en très mauvaise santé et, après des escales à Charlestown et Boston, débarque à Deal, en Angleterre, le 3 décembre 1736[23]. Son séjour effectif en Géorgie n'aura duré que cinq mois, contre près de deux ans pour John, qui ne rentrera qu'en février 1738 après l'échec, plus retentissant encore, de sa propre mission à Savannah — épisode déjà traité dans l'article consacré à John Wesley[24].

La conversion du 21 mai 1738 : « je me trouvai en paix avec Dieu »

Malade chez John Bray, un artisan pauvre de Little Britain

De retour à Londres, épuisé et gravement malade d'une pleurésie, Charles Wesley est hébergé dès mai 1738 chez John Bray, un modeste chaudronnier (brazier) de Little Britain, dont la piété simple et vive impressionne durablement le jeune clerc[25]. Le 17 mai 1738, alité, il commence la lecture du commentaire de Martin Luther sur l'Épître aux Galates, notant dans son Journal qu'il « travaillait, attendait et priait pour ressentir "celui qui m'a aimé et s'est livré lui-même pour moi" » — citation de Galates 2, 20[26].

Le récit du Journal : « In the name of Jesus of Nazareth, arise, and believe »

Le matin du dimanche de Pentecôte, 21 mai 1738, John Wesley et des amis viennent chanter à son chevet un hymne à l'Esprit Saint. Peu après, alors qu'il s'apprête à se reposer, Charles entend une voix entrer dans sa chambre et prononcer ces mots, qu'il attribue d'abord par erreur à Mrs Musgrave avant d'apprendre qu'ils venaient en réalité d'une certaine Mrs Turner :

« Au nom de Jésus de Nazareth, lève-toi, et crois, et tu seras guéri de toutes tes infirmités. » — Parole rapportée dans le Journal de Charles Wesley, 21 mai 1738[27]

Mrs Turner elle-même, interrogée aussitôt par Charles qui avait sonné pour vérifier, aurait confirmé la scène en des termes restés dans les archives méthodistes :

« C'est moi qui ai parlé, faible et pécheresse créature ; mais les paroles étaient celles du Christ : il m'a commandé de les dire, et m'y a si fort contraint que je n'ai pu m'en empêcher. » — Mrs Turner, rapportée dans le Journal de Charles Wesley, 21 mai 1738[28]

Charles note alors avoir trouvé la paix : « Je me trouvai à présent en paix avec Dieu, et me réjouis dans l'espérance d'aimer le Christ »[29]. Cette expérience survient très exactement trois jours avant celle de John à Aldersgate Street (24 mai 1738). Le Journal de Charles n'établit aucun lien causal entre les deux événements : l'article s'en tient à cette succession chronologique et au climat spirituel commun aux deux frères durant ces semaines de mai 1738, sans généraliser à l'ensemble des sources méthodistes, que la note citée ne permet pas de recenser[30].

« Où mon âme émerveillée commencera-t-elle » : le premier hymne de la conversion

Deux jours plus tard, le 23 mai 1738, Charles entreprend de mettre sa conversion en vers, non sans hésitation, comme il le confie lui-même :

« À neuf heures, je commençai un hymne sur ma conversion, mais je fus persuadé de l'interrompre par crainte de l'orgueil. M. Bray, survenant, m'encouragea à poursuivre malgré Satan. Je priai le Christ de se tenir à mes côtés, et achevai l'hymne. » — Charles Wesley, Journal, 23 mai 1738[31]

Le Journal du 23 mai mentionne cet hymne sans en donner le titre ; John Julian l'identifie — identification probable, non certitude documentaire — au texte publié dans les Hymns and Sacred Poems de 1739 sous le titre « Christ the Friend of Sinners », communément tenu pour le tout premier cantique de Charles Wesley, sans qu'une pièce indépendante établisse séparément cette primauté :

« Où mon âme émerveillée commencera-t-elle ? Comment m'élèverai-je tout entier vers le ciel ? Esclave racheté de la mort et du péché, tison arraché au feu éternel, comment élèverai-je un chant à la mesure d'un tel triomphe, et chanterai-je la louange de mon grand libérateur ? » (« wondering » exprime ici l'émerveillement, non l'errance : « wandering ») — Charles Wesley, Where Shall My Wondering Soul Begin, Hymns and Sacred Poems, 1739[32]

L'image du « tison arraché au feu » (a brand plucked from the burning, Zacharie 3, 2) que Charles applique ici à lui-même est celle par laquelle, selon la tradition familiale rapportée dans l'article consacré à John Wesley, sa mère Susanna aurait désigné le petit John sauvé de l'incendie du presbytère d'Epworth en 1709. Aucun document familial coté ne permet, dans le présent article, d'établir l'attribution précise à Susanna, son moment d'emploi ni le rapprochement intentionnel entre les deux frères : un simple renvoi vers l'autre article ne suffit pas pour cette attribution. Le rapprochement proposé ici entre les deux emplois fraternels de la même image biblique reste donc une hypothèse de lecture du rédacteur, non un fait historique établi.

L'œuvre hymnographique : la théologie du réveil mise en musique

Une fécondité inouïe : entre six mille et neuf mille hymnes en un demi-siècle

Frise synthétique — Charles Wesley, cinq jalons d'une vie chantée. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

Le chiffre de 8989 hymnes et poèmes religieux est celui que rapportent le Christian History Institute et Christianity Today en l'attribuant à l'historien méthodiste Frank Baker (en moyenne dix lignes de vers religieux par jour durant plus de cinquante ans, soit dix fois plus qu'Isaac Watts) — chiffre rapporté, non calcul primaire personnellement contrôlé par le présent article[33]. Il faut en distinguer, sans les réconcilier arithmétiquement : les pièces effectivement publiées, dont l'édition critique numérique du Center for Studies in the Wesleyan Tradition de l'Université Duke recense environ 4400 poèmes et hymnes distincts parus du vivant de Charles Wesley, hors le fonds manuscrit resté inédit ; les reprises dans les recueils postérieurs ; et la diffusion réellement chantée de son vivant, que le relais cité ne permet pas de chiffrer à 6500 hymnes « mis en recueil et chantés » — cette formulation est retirée[34].

Les grands recueils, de 1739 à 1747

RecueilDateDétails
Hymns and Sacred Poems1739Recueil commun aux deux frères ; environ 139 pièces, dont une cinquantaine généralement attribuées à Charles (attributions individuelles incertaines, Duke) ; comprend And Can It Be (pp. 117-119)
Hymns and Sacred Poems1740Comprend Jesu, Lover of My Soul et O for a Thousand Tongues to Sing (pp. 120-123)
Hymns for the Nativity of our Lord174518 hymnes de Noël inédits, en une série nouvelle distincte du cantique de Noël de 1739 (Hark! The Herald Angels Sing) ; au moins 25 tirages au total du vivant de Charles
Hymns on the Lord's Supper1745166 hymnes eucharistiques, préfacés d'un extrait du traité de Daniel Brevint ; neuf éditions britanniques entre 1745 et 1786
Hymns of Petition and Thanksgiving for the Promise of the Father174632 hymnes pour la Pentecôte
Hymns for those that Seek, and those that Have Redemption174752 hymnes, dont Love Divine, All Loves Excelling (n° 9) ; seize éditions entre 1747 et 1788

Ce tableau recense les principaux recueils, y compris ceux publiés sous les deux noms des frères — les Hymns and Sacred Poems et le recueil de Pentecôte de 1746 — et non les seuls recueils propres à Charles ; il exclut en revanche les rééditions ultérieures compilées dans les hymnaires méthodistes officiels à partir de 1780[35] [36] [37].

« Veiled in flesh the Godhead see » : Hark! The Herald Angels Sing et la théologie de l'Incarnation (1739)

Publié en 1739 sous le titre Hark How All the Welkin Rings dans les dix strophes de quatre vers d'un « Hymne pour le jour de Noël », ce cantique porte l'une des affirmations christologiques les plus denses de tout le corpus wesleyen :

« Voilée dans la chair, contemplez la Divinité ; saluez la Déité incarnée, heureuse de paraître en homme parmi les hommes, Jésus notre Emmanuel ici-bas. » — Charles Wesley, Hymn for Christmas-Day, Hymns and Sacred Poems, 1739, dans la formulation originale (« Pleas'd as Man with Men t'appear, / Jesus our Emmanuel here ») ; la leçon ultérieure « Pleased as man with men to dwell », rattachée par Hymnology Archive à la révision de Kempthorne (1810), est ici écartée au profit du seul texte de 1739[38]

Le texte affirme sans détour la pleine divinité du Christ unie à sa pleine humanité dans l'unique personne du Verbe incarné — en consonance doctrinale avec la définition christologique de Chalcédoine, selon l'analyse qu'en donnent Frost et Chilcote, sans que l'hymne en soit une reprise quasi littérale[39]. C'est George Whitefield qui, dans son recueil A Collection of Hymns for Social Worship de 1753, modifie le premier vers en « Hark! the Herald Angels sing, Glory to the new-born King! », supprime deux strophes et en retouche plusieurs autres — modifications que Charles Wesley, selon la tradition hymnologique, n'aurait guère appréciées[40]. La mélodie aujourd'hui universellement associée à l'hymne, empruntée à un mouvement du Festgesang profane de Felix Mendelssohn (1840), n'est adaptée aux paroles qu'en 1855 par l'organiste anglais William Hayman Cummings, soit plus de soixante ans après la mort de Charles Wesley[41].

Christ the Lord Is Risen Today : le chant de la résurrection (1739)

Composé la même année sous le titre « Hymne pour le jour de Pâques », ce cantique célèbre en onze strophes originales de quatre vers le triomphe pascal du Christ :

« Le Christ le Seigneur est aujourd'hui ressuscité, que les fils des hommes et les anges le disent, élevez vos joies et vos triomphes bien haut, chantez, ô cieux, et que la terre réponde. L'œuvre rédemptrice de l'amour est achevée, le combat mené, la bataille gagnée. » — Charles Wesley, Hymn for Easter Day, Hymns and Sacred Poems, 1739[42]

Le refrain « Alleluia ! » qui accompagne aujourd'hui chaque vers dans la plupart des hymnaires n'appartient pas au texte original de 1739 : il fut ajouté ultérieurement, par un auteur resté anonyme, pour l'adapter à la mélodie Easter Hymn à laquelle on l'associe désormais universellement[43].

O for a Thousand Tongues to Sing : l'hymne du premier anniversaire (1739)

Charles Wesley compose ce cantique pour le 21 mai 1739 — un lundi, au calendrier julien alors en usage en Angleterre, et non un dimanche malgré l'indication erronée reprise par la notice UMC —, exactement un an après sa propre conversion : un poème de dix-huit strophes intitulé à l'origine For the Anniversary Day of One's Conversion, publié dans les Hymns and Sacred Poems de 1740[44]. La septième strophe de ce long poème, devenue depuis la première strophe du cantique tel qu'on le chante aujourd'hui, s'ouvre par une formule que Charles emprunterait au missionnaire morave Peter Böhler, qui aurait confié à Wesley : « Si j'avais mille langues, je louerais le Christ avec toutes »[45] :

« Oh, puissé-je avoir mille langues pour chanter la louange de mon grand Rédempteur, la gloire de mon Dieu et Roi, les triomphes de sa grâce ! » — Charles Wesley, O for a Thousand Tongues to Sing, Hymns and Sacred Poems, 1740[46]

Régulièrement placé en tête des hymnaires méthodistes, ce cantique occupe notamment la première place de l'hymnaire méthodiste américain de 1989 (The United Methodist Hymnal) ; la source consultée n'établit pas qu'il ait tenu ce rang dans tous les hymnaires méthodistes officiels, et l'article s'en tient à cette attestation précise[47].

And Can It Be : le chant de la grâce libre (1739)

Composé en 1738 au lendemain de sa conversion, publié en 1739 dans les Hymns and Sacred Poems (pp. 117-119) sous le titre Free Grace, en six strophes de six vers, ce cantique développe le thème paulinien de la grâce imméritée :

« Et se peut-il que je gagne un intérêt dans le sang du Sauveur ? Est-il mort pour moi, qui causai sa peine ? Pour moi, qui l'ai poursuivi jusqu'à la mort ? Amour prodigieux ! comment se peut-il que Toi, mon Dieu, tu meures pour moi ? » — Charles Wesley, And Can It Be That I Should Gain, Hymns and Sacred Poems, 1739[48]

Ce cantique, classé sixième hymne préféré du Royaume-Uni lors de l'enquête de la BBC Songs of Praise en 2013, met en musique la doctrine wesleyenne de la grâce universelle offerte à tout homme — celle-là même qui, chez John, alimentera la rupture doctrinale avec George Whitefield sur la prédestination calviniste, déjà exposée dans l'article consacré à John Wesley[49].

Love Divine, All Loves Excelling : la perfection chrétienne en cantique (1747)

Publié en 1747 dans le recueil Hymns for those that Seek, and those that Have Redemption, ce cantique en quatre strophes met en vers la doctrine wesleyenne de la sanctification entière :

« Achève alors ta nouvelle création, rends-nous purs et sans péché, fais-nous voir ton grand salut, parfaitement restaurés en toi ; changés de gloire en gloire, jusqu'à ce qu'au ciel nous prenions place, jusqu'à ce que nous déposions nos couronnes devant toi, perdus d'émerveillement, d'amour et de louange. » — Charles Wesley, Love Divine, All Loves Excelling, Hymns for those that Seek... Redemption, 1747[50]

Le vers original de 1747 porte « ôte notre pouvoir de pécher » (take away our power of sinning)[51]. La leçon « ôte notre penchant au péché » (take away our bent to sinning) se lit dans des recueils postérieurs identifiés — par exemple A Collection of Hymns for the Use of the Methodist Episcopal Church, New York, 1849 — sans que l'auteur ni la date de cette substitution soient établis ; le recueil wesleyen de 1780, lui, omet entièrement la strophe, de sorte qu'aucune datation « post-1779 » n'est retenue[52]. L'article n'en déduit aucune « impeccabilité pratique immédiate » : une telle thèse demanderait une démonstration historique et une définition, non une déduction tirée d'un seul vers — d'autant que John Wesley distinguait la perfection chrétienne de l'impossibilité de retomber, comme le développe l'article qui lui est consacré.

Jesu, Lover of My Soul : l'hymne le plus intime (1740)

Publié en 1740 sous le titre In Temptation, ce cantique d'une facture plus personnelle ouvre ainsi[53] :

« Jésus, amant de mon âme, laisse-moi me réfugier en ton sein, tandis que les eaux proches se soulèvent, tandis que la tempête est encore à son plus fort : cache-moi, ô mon Sauveur, cache-moi, jusqu'à ce que l'orage de la vie soit passé ; conduis-moi sain et sauf au port, ô reçois mon âme à la fin. » — Charles Wesley, Jesu, Lover of My Soul, Hymns and Sacred Poems, 1740, sous le titre « In Temptation »[54]

Fait notable : John Wesley ne retient pas ce cantique dans son grand recueil méthodiste de 1780 — omission que Mark A. Noll rapporte au jugement de John lui-même, qui trouvait le cantique trop personnel et trop sentimental ; largement adopté par la suite, il devient le deuxième texte le plus réimprimé dans les hymnaires américains entre 1737 et 1960[55].

Les hymnes eucharistiques de 1745 : une haute théologie sacramentelle, ni catholique ni zwinglienne

Schéma pédagogique — les grands accents théologiques chantés par Charles Wesley. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

Publié en mars 1745, le recueil Hymns on the Lord's Supper rassemble 166 hymnes organisés en six sections — le mémorial de la Passion, le sacrement comme signe et moyen de grâce, le gage du Ciel, l'implication sacrificielle de l'eucharistie, le sacrifice de nos personnes, l'action de grâce après la communion — et s'ouvre sur un long extrait du traité anglican de haute église de Daniel Brevint, The Christian Sacrament and Sacrifice (1673)[56]. La théologie qui s'y déploie est d'une densité sacramentelle inhabituelle chez des auteurs protestants du XVIIIᵉ siècle :

« Ce n'est pas une déité locale que nous adorons, Seigneur, en toi. » (« locale » : confinée à un lieu) — Charles Wesley, Hymns on the Lord's Supper, 1745, hymne 63, strophe 2[57]

« Qui peut dire comment le pain et le vin communiquent Dieu à l'homme ? Comment le pain communique sa chair, comment le vin transmet son sang, et remplit de toute la vie de Dieu le cœur fidèle de son peuple ! [...] Sûre et réelle est la grâce, la manière en demeure inconnue ; rencontre-nous seulement dans tes voies, et parfais-nous en un. » — Charles Wesley, Hymns on the Lord's Supper, 1745, hymne 57, strophe 1 puis extrait de la strophe 4, p. 41 (deux strophes intermédiaires omises, coupure signalée par [...])[58]

L'étude de référence de l'historien J. Ernest Rattenbury, The Eucharistic Hymns of John and Charles Wesley (Epworth Press, Londres, 1948), analysée en détail par le théologien anglican Frank Colquhoun dans le Churchman (1949), résume ainsi la position théologique des deux frères :

« Leurs vues sacramentelles étaient aussi fortement anti-romaines qu'anti-zwingliennes. Ils rejetaient résolument le dogme romain de la transsubstantiation [...] Et si une doctrine de la "présence réelle" y est clairement enseignée, il n'y a aucune notion que cette Présence soit confinée aux éléments consacrés. La Présence du Seigneur était recherchée non dans le pain et le vin, mais dans le banquet lui-même, dont il était l'Hôte qui préside. » — Frank Colquhoun, Charles Wesley's Eucharistic Hymns, The Churchman, vol. 63, n° 2, 1949, citant J. Ernest Rattenbury[59]

Le vers cité ci-dessus (hymne 63, strophe 2, sur la grâce non confinée à un lieu) exprime le refus d'une présence enfermée dans les éléments consacrés ; il ne démontre pas à lui seul le rejet de toute présence corporelle et permanente, et l'article ne le présente plus comme la déclaration explicite d'un tel rejet. C'est l'interprétation qu'en donne Colquhoun d'après Rattenbury — une présence réelle chantée avec force, mais cherchée dans le banquet lui-même, dont le Christ est l'hôte qui préside, plutôt que dans les espèces — qui fonde ici la différence avec la foi catholique[60]. Celle-ci tient une présence substantielle du Christ sous les espèces, sans localisation corporelle au sens spatial (Thomas d'Aquin, Somme théologique, III, q. 76, a. 5[61]) ; et c'est par les textes pertinents — chapitre IV du décret de Trente sur l'Eucharistie (DS 1642), repris au CEC § 1376 — que se démontre la différence réelle avec la transsubstantiation, que les hymnes wesleyens refusent[62] [63]. La théologie eucharistique de Charles Wesley se situe ainsi entre le réalisme sacramentel catholique et le mémorialisme purement symbolique de Zwingli — position que la section finale de cet article examinera d'un point de vue catholique.

  1. 18 décembre 1707
    Naissance à Epworth

    Charles Wesley naît au presbytère d'Epworth, dix-huitième enfant de Samuel et Susanna Wesley.

  2. Printemps 1729
    Fondation du premier cercle méthodique à Oxford

    Charles réunit à Christ Church le groupe de piété que John dirigera à partir de novembre de la même année.

  3. 1735-1736
    La mission de Géorgie

    Secrétaire aux Affaires indiennes à Frederica ; retour anticipé en Angleterre en décembre 1736.

  4. 21 mai 1738
    La conversion, chez John Bray

    « Je me trouvai en paix avec Dieu » — trois jours avant l'expérience de John à Aldersgate Street.

  5. 23 mai 1738
    Where Shall My Wondering Soul Begin

    Hymne tenu pour le premier de Charles Wesley, écrit deux jours après sa conversion (texte du 23 mai sans titre dans le Journal ; identification proposée par Julian).

  6. 1739-1747
    Les grands recueils

    Hymns and Sacred Poems, Hymns for the Nativity, Hymns on the Lord's Supper, Hymns for those that Seek Redemption.

  7. 8 avril 1749
    Mariage avec Sarah Gwynne

    Cérémonie célébrée par John Wesley lui-même en l'église de Llanlleonfel, au pays de Galles.

  8. 1784
    Les ordinations méthodistes

    John ordonne Thomas Coke hors de toute autorité épiscopale ; Charles s'y oppose dans ses écrits.

  9. Vers 1786
    Le cahier MS Ordinations

    Cahier manuscrit (daté vers 1786 par Duke) contenant l'épigramme satirique attribuée à Charles contre ces ordinations — sans que la composition du poème puisse être automatiquement datée de l'année de l'événement.

  10. 29 mars 1788
    Mort à Londres

    Charles meurt en demandant à être enseveli en terre consacrée anglicane, à Marylebone.

Le mariage avec Sarah Gwynne et une vie de famille éprouvée

Les noces de 1749 : un contraste avec le mariage malheureux de John

Église de Llanlleonfel, où Charles Wesley épouse Sarah Gwynne le 8 avril 1749. Photo : Bill Nicholls / Geograph, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Charles rencontre Sarah « Sally » Gwynne, alors âgée de vingt ans, fille du magistrat gallois Marmaduke Gwynne, lors d'une tournée de prédication au pays de Galles en 1747[64]. Les deux se marient le 8 avril 1749 en l'église de Llanlleonfel, dans le Breconshire, cérémonie célébrée par John Wesley lui-même, qui garantit à son frère un revenu annuel de cent livres prélevé sur les produits des publications communes — et non sur les seules publications propres de John — afin de rassurer la famille de la mariée[65]. Contrairement au mariage de John avec Molly Vazeille, qui tournera au désastre conjugal, l'union de Charles et Sarah demeure, jusqu'à la mort de celui-ci en 1788, une source de stabilité et de soutien mutuel — c'est Sarah qui, lui devenu incapable d'écrire, recueillera sous sa dictée ses derniers vers[66] [67].

Huit enfants, cinq tombes : le deuil qui frappe le foyer Wesley

Le couple a huit enfants, dont cinq meurent en bas âge[68]. Seuls trois enfants parviennent à l'âge adulte : Charles Wesley Jr. (1757-1834), Sarah « Sally » Wesley, morte à Bristol en 1828, et Samuel Wesley (1766-1837)[69].

Charles Wesley Jr. et Samuel Wesley : une dynastie de musiciens

Les deux fils survivants se révèlent, dès l'enfance, des prodiges musicaux : Charles Jr. devient organiste réputé, tandis que Samuel Wesley, salué enfant par le Dr William Boyce comme un « Mozart anglais », s'impose comme le plus grand organiste de son temps et un compositeur prolifique[70]. Le fils de Samuel, Samuel Sebastian Wesley (1810-1876), poursuivra cette lignée comme compositeur et organiste — descendance musicale que Charles Wesley, mort en 1788, n'aura pas connue[71].

Le désaccord fondamental avec John : rester dans l'Église d'Angleterre

« L'ordination, c'est la séparation »

Schéma explicatif — le désaccord final entre John et Charles Wesley sur les ordinations de 1784. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

Dès les années 1750, tandis que John s'accommode toujours davantage des irrégularités canoniques que réclame la croissance du mouvement — prédicateurs laïcs, chapelles non consacrées par un évêque, puis en 1784 ordinations pratiquées de sa seule autorité de prêtre —, Charles s'y oppose avec constance dans ses derniers écrits. Sa formule la plus souvent citée par les historiens du méthodisme résume à elle seule tout son désaccord de fond avec son frère :

« L'ordination, c'est la séparation. » — Formule reprise par Charles Wesley (mot de Lord Mansfield cité par Charles dans sa lettre à John du 27 juillet 1786), relayée par l'historiographie de l'épiscopat méthodiste[72]

Pour Charles, franchir le pas d'ordonner des ministres sans le concours d'aucun évêque revient, de fait, à consommer une rupture avec l'Église établie que ni lui ni John, croyait-il, n'avaient jamais voulue ni recherchée[73].

L'épigramme contre l'ordination de Thomas Coke (cahier daté vers 1786)

Lorsque John ordonne, en septembre 1784, Thomas Coke comme « surintendant » des sociétés méthodistes d'Amérique — geste déjà relaté en détail dans l'article consacré à John Wesley —, Charles n'est pas consulté et réagit avec une amertume mordante. Une épigramme satirique, conservée dans les archives méthodistes de la John Rylands Library de Manchester, lui est attribuée :

« On fait si aisément des évêques, au gré d'un homme ou d'une femme. Wesley a posé ses mains sur Coke, mais qui donc les a posées sur lui ? » — Charles Wesley, épigramme attribuée, manuscrit MS Ordinations, Methodist Archive and Research Centre, John Rylands Library, Université de Manchester[74]

Le texte de cette épigramme (poème V, strophe 1, page manuscrite 5 du cahier MS Ordinations) est ici donné d'après la transcription du Duke Center for Studies in the Wesleyan Tradition, établie avec la permission de la John Rylands Library ; le cahier porte des variantes et des ratures relevées par les éditeurs, et les noms abrégés dans le manuscrit (W[esley], C[oke]) sont explicités par les éditeurs[75]. Le poème figure dans l'édition critique de référence de la poésie inédite de Charles Wesley[76]. Charles aurait également commenté avec une tristesse résignée le grand âge de John comme la cause véritable, selon lui, de cette dérive : « C'est l'âge qui a fait la brèche, non lui » — « Twas Age that made the breach not He »[77].

Pourquoi Charles s'accroche à l'épiscopat historique

Le tableau suivant résume l'écart, sur cette question précise, entre les positions des deux frères :

QuestionJohn WesleyCharles Wesley
Ordinations sans évêqueLes pratique lui-même en 1784, convaincu que prêtre et évêque partagent une autorité identiqueS'y oppose dans ses écrits, y voit une rupture de fait avec l'Église établie
Rapport à l'Église d'AngleterreSe déclare fidèle jusqu'à sa mort, tout en organisant une structure méthodiste autonomeRefuse toute structure qui prendrait ses distances avec l'épiscopat historique
Lieu de sépulture choisiWesley's Chapel, City Road (cimetière méthodiste)Cimetière anglican de la Marylebone Parish Church
Postérité institutionnelleLe méthodisme devient une Église distincte dès 1795 en Grande-BretagneSa position n'empêche pas la séparation, mais témoigne d'une fidélité jusqu'au bout

Cette fidélité de Charles à l'épiscopat historique, quoique restée minoritaire et sans effet durable sur le cours du méthodisme institutionnel, mérite d'être relevée : elle traduit, chez un réformateur pourtant lui-même séparé de Rome, un instinct théologique juste sur l'importance d'une transmission ordonnée et continue du ministère — instinct que la section finale de cet article reprendra d'un point de vue catholique.

Les dernières années et la mort (1788)

Le dernier hymne, dicté à Sally

St Marylebone Parish Church, lieu de la sépulture anglicane voulue par Charles Wesley. Photo : Dietmar Rabich, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Cloué au lit au début de 1788, trop faible pour tenir lui-même une plume[78], Charles Wesley dicte, quelques jours avant sa mort du 29 mars 1788 — et non le jour même, contrairement à ce qu'indiquait la version précédente : Whitehead, p. 227, place cette dictée quelques jours avant le décès —, une dernière strophe de six vers à son épouse Sarah, qui l'écrit sous sa dictée[79] :

« Dans l'âge et la faiblesse extrême, qui rachètera un ver pécheur ? Jésus, tu es mon seul espoir, force de ma chair et de mon cœur défaillants ; oh, puissé-je saisir un de tes sourires, et sombrer dans l'éternité ! » — Charles Wesley, dernier hymne dicté à son épouse quelques jours avant sa mort (mars 1788)[80]

Son médecin, le Dr Whitehead, témoignera avoir observé chez lui, jusqu'au bout, « une humilité sincère et une sainte résignation à la volonté de Dieu », soutenues par « une espérance solide et une confiance inébranlable dans le Christ »[81].

Une sépulture volontairement anglicane, à Marylebone

Peu avant sa mort, Charles Wesley aurait déclaré au recteur venu le visiter une dernière volonté restée célèbre dans l'historiographie méthodiste (la notice officielle de St Marylebone situe seulement cette démarche avant la mort, sans la précision des « quelques instants », qui est retirée) :

« Monsieur, quoi que le monde puisse dire de moi, j'ai vécu, et je meurs, membre de l'Église d'Angleterre. Je vous prie de m'ensevelir dans votre cimetière. » — Derniers mots attribués à Charles Wesley, Londres, mars 1788[82]

Conformément à ce vœu, il est inhumé au cimetière de la St Marylebone Parish Church : il avait ordonné que son cercueil fût porté par six clercs de l'Église d'Angleterre[83], tandis que la tradition hymnologique et biographique retient huit porteurs effectifs le jour des obsèques[84] [85] — contraste délibéré avec John, qui sera enseveli trois ans plus tard au cimetière méthodiste de la Wesley's Chapel de City Road, comme le rapporte l'article qui lui est consacré[86].

L'héritage mondial de l'hymnaire wesleyen

Carte synthétique — les hymnes de Charles Wesley au-delà du monde méthodiste. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

Plusieurs des cantiques de Charles Wesley continuent d'être chantés aujourd'hui bien au-delà du seul méthodisme — And Can It Be, O for a Thousand Tongues to Sing, Christ the Lord Is Risen Today, Love Divine, All Loves Excelling et Hark! The Herald Angels Sing figurent couramment dans les hymnaires anglicans, presbytériens et baptistes du monde anglophone. Une reprise dans des recueils catholiques anglophones est plausible et partiellement documentée par les relais cités, mais les recueils, éditions et numéros de chants précis — notamment pour l'usage catholique —, ainsi que les versions effectivement retenues, restent à identifier : l'article ne tire donc de cette diffusion aucune conclusion sur la solidité doctrinale de l'ensemble[87]. Les classiques de l'hymnologie anglaise, du Dictionary of Hymnology de John Julian (1892) aux Hymns of Wesley and Watts de Bernard Manning (1942), continuent de faire de Charles Wesley l'objet d'une étude savante à part entière, distincte de celle consacrée à l'œuvre organisationnelle de son frère John[88].

Le regard catholique sur Charles Wesley et son œuvre

Ce qu'une oreille catholique peut reconnaître : une théologie christologique et trinitaire mise en chant

Une lecture catholique honnête des hymnes de Charles Wesley ne peut qu'être frappée par leur solidité doctrinale sur la Trinité et le Christ. L'affirmation de la pleine divinité du Christ uni à sa pleine humanité dans Hark! The Herald Angels Sing — « voilée dans la chair, contemplez la Divinité » — est en consonance doctrinale avec la définition christologique de Chalcédoine, selon l'argument précis de Frost et Chilcote, sans en être une reprise quasi littérale[89]. De même, la théologie eucharistique des Hymns on the Lord's Supper de 1745, avec son insistance sur une présence réelle du Christ dans le sacrement et sur la dimension proprement sacrificielle de la Cène — « nous atteignons, par ce grand instrument, le sacrifice éternel »[90] —, témoigne d'un instinct sacramentel bien plus proche du réalisme catholique que du mémorialisme purement symbolique qui dominera ensuite une grande partie du protestantisme évangélique. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'Église catholique reconnaît, chez les communautés chrétiennes séparées, des « éléments nombreux de sanctification et de vérité » qui appartiennent par droit à l'unique Église du Christ et poussent vers l'unité catholique[91], et si le Concile Vatican II invite précisément à discerner de tels éléments authentiques chez les frères issus de la Réforme[92].

Ce qui sépare : l'absence de transsubstantiation et de sacerdoce ministériel valide

Cette proximité de vocabulaire ne doit cependant pas masquer un écart doctrinal réel. Le vers cité plus haut, dans l'interprétation qu'en donne Colquhoun — refus d'une présence confinée aux espèces, présence cherchée dans le banquet présidé par le Christ plutôt que dans les éléments eux-mêmes —, marque la distance avec la doctrine catholique de la transsubstantiation, définie comme le changement de toute la substance du pain et du vin en la substance du Corps et du Sang du Christ :

« Parce que le Christ notre Rédempteur a dit que ce qu'il offrait sous l'espèce du pain était vraiment son Corps, on a toujours eu, dans l'Église, cette conviction [...] : par la consécration du pain et du vin s'opère le changement de toute la substance du pain en la substance du Corps du Christ notre Seigneur et de toute la substance du vin en la substance de son Sang ; ce changement, l'Église catholique l'a justement et exactement appelé transsubstantiation. » — Concile de Trente, XIIIᵉ session (11 octobre 1551), Décret sur la Très Sainte Eucharistie, chapitre IV (et non le canon 2), Denzinger-Hünermann n° 1642, cité au Catéchisme de l'Église catholique, § 1376[93] [94]

Le mode de présence du Christ sous les espèces eucharistiques est, pour l'Église catholique, unique en son genre et ne se réduit à aucune autre forme de présence spirituelle ou symbolique[95]. Or les hymnes eucharistiques de Charles Wesley, pour hautes qu'elles soient, refusent explicitement cette conversion substantielle et permanente : la présence qu'elles chantent demeure celle d'un banquet où le Christ préside comme hôte, non celle d'une conversion opérée une fois pour toutes à la consécration[96]. De même, si Charles Wesley récuse, contrairement à son frère, la validité des ordinations de 1784, il n'en demeure pas moins lui-même dépourvu, du point de vue catholique, d'un sacerdoce ministériel valide au sens strict : ordonné selon l'Ordinal anglican réformé du XVIᵉ siècle, dont Léon XIII a déclaré les ordinations « absolument nulles et entièrement vaines » pour défaut de forme et d'intention[97] — jugement d'Apostolicae curae propre aux ordinations anglicanes et fondé sur ses motifs distincts, que l'article maintient. Ce critère ne se confond pas avec la pleine communion : l'Église reconnaît des ordres valides dans les Églises orientales séparées (CEC § 1399) et des évêques validement ordonnés hors de sa communion visible (CEC § 1576) ; c'est le défaut de forme et d'intention du rite anglican, et non la séparation comme telle, qui fonde ici le jugement d'invalidité[98] — question déjà développée en détail, à propos de John, dans l'article qui lui est consacré.

Sur la justification et la sanctification — la certitude du pardon reçu par la foi chantée dès 1738, la grâce offerte à tout homme d'And Can It Be, la perfection chrétienne de Love Divine —, le lecteur catholique distinguera : la perfection de la charité (croître dans l'amour de Dieu et du prochain, sans que l'Église définisse un état d'impeccabilité acquise ici-bas) ; la confiance dans la grâce (l'espérance assurée du secours divin) ; la certitude subjective du salut (le sentiment d'être pardonné, que le méthodisme érige en expérience normative) ; et l'impossibilité de pécher (que ni l'Écriture — « que celui qui croit être debout prenne garde de tomber », 1 Co 10, 12 ; « travaillez à votre salut avec crainte et tremblement », Ph 2, 12 — ni la doctrine catholique de la persévérance ne reconnaissent aux viateurs). John Wesley lui-même distinguait la perfection de l'impossibilité de retomber. Charles Wesley parle ici en hymnographe du réveil méthodiste, jamais en docteur de l'Église ni en magistère ; ses formules valent comme le témoignage d'une tradition séparée, à recevoir selon la mesure des éléments de vérité qu'elles portent[99], sans que l'Église ait à y reconnaître sa propre doctrine de la justification et de la sainteté.

Une fidélité instinctive à l'ordre apostolique, malgré la séparation

Ce qui rend cependant le cas de Charles Wesley singulier, et digne d'un relevé apologétique honnête, c'est précisément sa résistance aux ordinations irrégulières de 1784 : Charles y voyait un point théologiquement décisif, au point de s'opposer sur ce seul sujet à son propre frère et cofondateur du mouvement — désaccord ecclésiologique que l'article distingue des relations fraternelles, sans en faire une rupture personnelle. Cet instinct — la conviction qu'un ministère authentique ne peut naître d'une simple décision privée, mais suppose une transmission ordonnée et reçue — rejoint, sans jamais y conduire pleinement Charles Wesley lui-même, l'intuition centrale que l'Église catholique tient pour un point de foi : que l'épiscopat, transmis sans interruption depuis les Apôtres, constitue le degré plénier du sacrement de l'Ordre, sans lequel nulle Église ne saurait valablement s'ordonner elle-même[100]. Reconnaître cette intuition juste chez un hymnographe protestant du XVIIIᵉ siècle n'efface en rien la séparation ecclésiale réelle qui demeure entre son œuvre et la pleine communion catholique ; elle invite seulement à ne jamais réduire Charles Wesley à une simple antithèse de la foi catholique, mais à discerner, dans son chant comme dans sa fidélité obstinée à l'ordre reçu, des semences de vérité que l'Esprit sait faire fructifier même hors des frontières visibles de l'Église.

Pour aller plus loin

  • John Wesley (1703-1791) — le frère aîné, fondateur et organisateur du méthodisme, dont l'article détaille la mission de Géorgie, l'expérience d'Aldersgate, la rupture avec Whitefield et les ordinations de 1784.
  • Jacob Arminius (1560-1609) — le théologien néerlandais dont la doctrine de la grâce résistible inspire l'arminianisme wesleyen mis en cantique dans And Can It Be.
  • Jean Calvin (1509-1564) — le réformateur dont la doctrine de la prédestination fonde le calvinisme opposé par les Wesley à George Whitefield.
  • Martin Luther (1483-1546) — dont le commentaire sur l'Épître aux Galates, lu par Charles Wesley chez John Bray en mai 1738, accompagne sa conversion.
  • George Fox (1624-1691) — autre grande figure du dissentiment religieux anglais, contemporain plus ancien du mouvement quaker.
  • John Knox (v. 1514-1572) — réformateur écossais et fondateur du presbytérianisme calviniste.
  • Sola Scriptura — le principe protestant de l'autorité exclusive de l'Écriture.
  • Réponses au protestantisme — synthèse catholique des grandes objections issues de la Réforme.
  • Le Concile de Trente (1545-1563) — les définitions doctrinales catholiques sur l'Eucharistie et le sacrement de l'Ordre invoquées dans cet article.

Notes et références

  1. The Catholic Encyclopedia, vol. X, New York, Robert Appleton Company, 1911, art. « Methodism » — mention de Charles Wesley, né le 18 décembre 1707, comme « son frère, l'hymnographe » aux côtés de John Wesley « son auteur et organisateur » et de George Whitefield « l'éloquent prédicateur et revivaliste » ; mention des « General Rules » édictées conjointement par les deux frères le 1er mai 1743 ; sur le Holy Club : « the little band of students organized by his brother Charles », dont John prend la direction à son retour à Oxford le 22 novembre 1729, groupe surnommé par dérision « the holy club » et « the Methodists ». Texte intégral : newadvent.org/cathen/10237b.htm.

    1 15
  2. Christian History Institute, art. « The Forgotten Wesley » et Christianity Today, art. « Two Brothers Who Changed the Course of Church Singing », consultés en juillet 2026 — chiffre rapporté et attribué à l'historien Frank Baker : Charles Wesley aurait écrit en moyenne dix lignes de vers religieux par jour pendant plus de cinquante ans, soit environ 8989 hymnes et poèmes religieux au total (calcul primaire non contrôlé par le présent article) ; à distinguer des près de 4400 pièces publiées recensées par l'édition critique Duke, hors fonds manuscrit inédit ; le chiffre de 6500 hymnes « effectivement mis en recueil et chantés de son vivant » n'est pas établi par ce relais et n'est pas repris dans le corps de l'article ; rencontre avec Sarah Gwynne en 1747 lors d'une tournée galloise ; hymnes toujours chantés aujourd'hui au-delà du méthodisme, parfois repris dans des recueils catholiques anglophones (recueils et numéros restant à identifier, voir section héritage) ; références classiques : John Julian, A Dictionary of Hymnology (1892, 2ᵉ éd. 1907) et Bernard Manning, The Hymns of Wesley and Watts, Epworth Press, 1942 (texte intégral sur ccel.org). URL : christianhistoryinstitute.org/magazine/article/forgotten-wesley ; christianitytoday.com/1984/09/two-brothers-who-changed-course-of-church-singing-for-57/.

    2 33 34 64 87 88
  3. Dictionary of National Biography, vol. 60, Londres, Smith, Elder & Co., 1899, pp. 298-301, art. « Wesley, Charles (1707-1788) » par Alexander Gordon, reproduit sur Wikisource — naissance le 18 décembre 1707 à Epworth, dix-huitième enfant de Samuel et Susanna Wesley, troisième fils parvenu à l'âge adulte ; éducation à Westminster School (King's Scholar 1721, capitaine de l'école en 1725) puis Christ Church, Oxford (immatriculation le 13 juin 1726) ; fondation du cercle de piété au printemps 1729, six mois avant le retour de John en novembre de la même année : « By the spring of 1729 he had persuaded two or three young scholars to accompany him, and to observe the method of study prescribed by the statutes of the university. This gained me the harmless nickname of methodist » (lettre de Charles à Thomas Bradbury Chandler, 28 avril 1785) ; ordination diaconale (John Potter, Oxford) puis presbytérale (Edmund Gibson, Londres) en octobre 1735 ; mission de Géorgie (Frederica dès le 9 mars 1736, refus du baptême laïc, départ de Savannah le 26 juillet 1736, débarquement à Deal le 3 décembre 1736) ; mariage le 8 avril 1749 avec Sarah, fille de Marmaduke Gwynne de Garth, célébré par John ; huit enfants dont cinq morts en bas âge (Charles 1757-1834, Samuel 1766-1837, Sarah morte à Bristol en 1828) ; forces déclinantes au début de 1788, incapable d'écrire en mars, soigné par John Whitehead, mort le 29 mars 1788, inhumé à son désir exprès le 5 avril à St Marylebone : « the pall was borne by eight Anglican divines » (Tyerman, John Wesley, iii. 225) ; opposition véhémente aux ordinations de 1784. URL : en.wikisource.org/wiki/Dictionary_of_National_Biography,_1885-1900/Wesley,Charles(1707-1788).

    3 7 8 11 12 13 17 21 23 66 68 69 78 84
  4. Christian History Institute, art. sur le Holy Club d'Oxford, consulté en juillet 2026 — « The Holy Club was begun by Charles Wesley and led by John after his return to Oxford University in 1729 », convergent avec la datation du Dictionary of National Biography et de Wikipédia. URL : christianhistoryinstitute.org/magazine/article/holy-club.

    4
  5. Charles Wesley, The Journal of Charles Wesley, entrées du 17 et du 21 mai 1738, Wesley Center Online, texte intégral — lecture du commentaire de Luther sur les Galates dès le 17 mai (« I labored, waited, and prayed to feel 'who loved me, and gave himself for me' », citant Galates 2, 20) ; récit de la scène du 21 mai chez John Bray : parole rapportée « In the name of Jesus of Nazareth, arise, and believe, and thou shalt be healed of all thy infirmities », prononcée par Mrs Turner (que Charles crut d'abord être Mrs Musgrave) ; témoignage de Mrs Turner elle-même : « It was I, a weak, sinful creature, spoke; but the words were Christ's: he commanded me to say them, and so constrained me that I could not forbear » ; conclusion de Charles : « I now found myself at peace with God, and rejoice in hope of loving Christ. » URL : wesley.nnu.edu/charles-wesley/the-journal-of-charles-wesley-1707-1788/the-journal-of-charles-wesley-may-1-august-31-1738/.

    5 25 26 27 28 29 30
  6. St Marylebone Parish Church, page officielle « Heritage — People associated with the church », consultée en juillet 2026 — derniers mots attribués à Charles Wesley : « Sir, whatever the world may say of me, I have lived, and I die, a member of the Church of England. I pray you to bury me in your churchyard » ; inhumation au cimetière de la paroisse. URL : stmarylebone.org/about-us/heritage/people-of-st-marylebone/famous-people-associated-with-the-church/charles-wesley/.

    6 82 86
  7. New Georgia Encyclopedia, art. « Charles Wesley (1707-1788) » par Frederick V. Mills (LaGrange College), publié le 20 janvier 2006 — né à Epworth le 18 décembre 1707, troisième fils survivant ; Holy Club initié en 1729 ; B.A. 1730 et M.A. 1733 ; ordonné diacre et prêtre en 1735 ; secrétaire de James Edward Oglethorpe et aumônier du fort Frederica sur l'île Saint-Simon ; rigueur religieuse source de difficultés, retour en Angleterre en 1736 ; mariage avec Sarah Gwynne en 1749, huit enfants dont trois seulement parviennent à l'âge adulte ; ses deux fils Charles et Samuel considérés comme des prodiges musicaux. URL : georgiaencyclopedia.org/articles/arts-culture/charles-wesley-1707-1788/.

    9 19 22 24
  8. Joseph Foster, Alumni Oxonienses: The Members of the University of Oxford, 1715-1886, Oxford, Parker & Co., art. « Wesley, Charles » — fils de Samuel, d'Epworth, Christ Church, immatriculation le 13 juin 1726 à 18 ans ; B.A. 1730 ; M.A. 12 mars 1732-1733 (double millésime de l'ancien style anglais, la nouvelle année commençant le 25 mars : année civile moderne 1733, retenue dans le corps de l'article) ; mort le 5 avril 1788 (date des obsèques), inhumé au cimetière paroissial de Marylebone. URL : en.wikisource.org/wiki/Alumni_Oxonienses:_the_Members_of_the_University_of_Oxford,_1715-1886/Wesley,_Charles.

    10
  9. Position de Richard P. Heitzenrater (Duke Divinity School), connue ici uniquement par la médiation explicite de Martin E. Brose, « Charles Wesley's Life and Poetry in German », Proceedings of the Charles Wesley Society, vol. 10, 2005, pp. 7-19 (p. 11) : citant l'introduction de Heitzenrater au Diary of an Oxford Methodist : Benjamin Ingham, 1733-1734 (« there was no group in May 1729 », nom de « Holy Club » forgé en novembre 1730 seulement), Brose rapporte cette contestation de la fondation d'un groupe dès mai 1729 — ouvrage original de Heitzenrater non contrôlé directement (document divinityarchive.com inaccessible, octobre 2026). La reprise de la direction par John en novembre 1729 reste elle-même solidement établie : Encyclopaedia Britannica, art. « Holy Club » (« organized by Charles Wesley, who soon turned the leadership over to John in November 1729 ») ; The Catholic Encyclopedia, art. « Methodism » (retour de John à Oxford en novembre 1729). URL : britannica.com/topic/Holy-Club ; newadvent.org/cathen/10237b.htm.

    14 16
  10. John Wesley, The Journal of the Rev. John Wesley, A.M., entrée du mardi 14 octobre 1735, Christian Classics Ethereal Library — « Mr. Benjamin Ingham, of Queen College, Oxford; Mr. Charles Delamotte [...] my brother, Charles Wesley, and myself, took boat for Gravesend, in order to embark for Georgia » ; « In the afternoon we found the "Simmonds" off Gravesend and immediately went on board. » URL : ccel.org/ccel/wesley/journal.vi.i.iii.html.

    18
  11. National Park Service (gouvernement des États-Unis), Fort Frederica National Monument, art. « John and Charles Wesley », consulté en juillet 2026 — arrivée de Charles Wesley à Frederica le 9 mars 1736 comme secrétaire aux Affaires indiennes et chargé du ministère religieux du fort. URL : nps.gov/fofr/learn/historyculture/john-and-charles-wesley.htm.

    20
  12. Charles Wesley, Journal, entrée du 23 mai 1738 (« At nine I began a hymn on my conversion, but was persuaded to break off for fear of pride... I finished the hymn ») et Where Shall My Wondering Soul Begin, in Hymns and Sacred Poems, 1739, sous le titre « Christ the Friend of Sinners » — texte de la première strophe : « Where shall my wondering soul begin? How shall I all to heaven aspire? A slave redeemed from death and sin, a brand plucked from eternal fire, how shall I equal triumphs raise, and sing my great deliverer's praise? ». Sources : hymnary.org/text/where_shall_my_wondering_soul_begin ; umcdiscipleship.org/articles/history-of-hymns-where-shall-my-wondering-soul-begin.

    31 32
  13. Duke Center for Studies in the Wesleyan Tradition, édition critique numérique de Hymns on the Lord's Supper, Bristol, Farley, mars 1745 [Baker list n° 98], dirigée par Randy L. Maddox — 166 hymnes en six sections (mémorial de la Passion, sacrement comme signe et moyen de grâce, gage du Ciel, implication sacrificielle de l'eucharistie, sacrifice de nos personnes, action de grâce après la communion), précédés d'un extrait du traité de Daniel Brevint, The Christian Sacrament and Sacrifice (1673) ; neuf éditions britanniques entre 1745 et 1786 ; l'écrasante majorité des 166 hymnes est attribuée à Charles Wesley. Voir aussi Frank Baker, « Approaching a Variorum Edition of Hymns on the Lord's Supper », Proceedings of the Charles Wesley Society, vol. 2, 1995, p. 7-15. URL : divinity.duke.edu (Center for Studies in the Wesleyan Tradition, corpus « Hymns on the Lord's Supper »).

    35 56
  14. Duke Center for Studies in the Wesleyan Tradition (Duke Divinity School), édition critique numérique dirigée par Randy L. Maddox, « Redemption Hymns (1747) » — recueil Hymns for those that Seek, and those that Have Redemption in the Blood of Jesus Christ, Londres, William Strahan, juillet 1747, 52 hymnes ; Frank Baker y recense seize éditions britanniques et irlandaises entre 1747 et 1788 [Baker list n° 140] ; hymne n° 9 : Love Divine, All Loves Excelling. URL : divinity.duke.edu/sites/default/files/documents/44_Redemption_Hymns_(1747).pdf.

    36
  15. Duke Center for Studies in the Wesleyan Tradition, édition critique de Hymns for the Nativity of our Lord [Baker list n° 112], dirigée par Randy L. Maddox — 18 hymnes entièrement inédits pour Noël, en une série nouvelle parue pour Noël 1745 (première édition : Londres, 17 décembre 1745), distincte du cantique de Noël de 1739 (Hark! The Herald Angels Sing, Hymns and Sacred Poems, 1739) que Duke distingue explicitement de cette série ; au moins 25 tirages au total en Grande-Bretagne avant la mort de Charles Wesley — et non 25 réimpressions au sens strict. URL complémentaire : umcdiscipleship.org/articles/a-service-of-lessons-and-carols-text-from-charles-wesleys-hymns-for-the-nativity-of-our-lord.

    37
  16. Hymnology Archive, art. « Hark! the Herald Angels Sing », consulté en juillet 2026 — texte original « Hark how all the Welkin rings, Glory to the King of Kings », dix strophes de quatre vers, publié dans Hymns and Sacred Poems (1739) sous le titre « Hymn for Christmas-Day » ; strophe dans sa formulation originale de 1739 : « Veil'd in Flesh, the Godhead see, Hail th' Incarnate Deity, Pleas'd as Man with Men t'appear, Jesus our Emmanuel here » — et non la leçon ultérieure « Pleased as man with men to dwell, Jesus our Emmanuel », que Hymnology Archive rattache à la révision de Kempthorne (1810) et que le corps de l'article n'emploie ni ne traduit ; modification du premier vers par George Whitefield dans son recueil A Collection of Hymns for Social Worship de 1753 (« Hark! the Herald Angels sing, Glory to the new-born King! »), suppression de deux strophes et retouches diverses ; adaptation de la mélodie du Festgesang profane de Felix Mendelssohn (1840) aux paroles par l'organiste William Hayman Cummings en 1855. URL : hymnologyarchive.com/hark-the-herald-angels.

    38 40 41
  17. Paul W. Chilcote (Duke Divinity School), « "Claim Me for Thy Service": Charles Wesley's Vision of Servant Vocation », communication à l'Oxford Institute of Methodist Theological Studies, citant Francis Frost, « The Veiled Unveiling of the Glory of God in the Eucharistic Hymns of Charles Wesley », Proceedings of The Charles Wesley Society, vol. 2, 1995, p. 87-99 — analyse théologique de la strophe « Veil'd in flesh, the Godhead see » (Hymns and Sacred Poems, 1739, p. 207) comme affirmation de la pleine divinité et de la pleine humanité du Christ dans l'unique personne du Verbe incarné, en consonance avec Chalcédoine ; ni Frost ni Chilcote ne démontrent une reprise quasi littérale de la définition conciliaire, et l'article ne l'affirme pas. URL : oxford-institute.org/wp-content/uploads/2013/04/2007-2-chilcote.pdf.

    39 89
  18. UMC Discipleship Ministries, « History of Hymns: Christ the Lord Is Risen Today », par Michael Hawn — « Christ the Lord Is Risen Today » de Charles Wesley (1707-1788) ; sur les onze strophes originales publiées sous le titre « Hymn for Easter Day » dans Hymns and Sacred Poems (1739), la plupart des hymnaires n'en retiennent que quatre, parfois jusqu'à sept. URL : umcdiscipleship.org/articles/history-of-hymns-christ-the-lord-is-risen-today.

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  19. Hymnary.org, « Christ the Lord Is Risen Today » — « Hymn for Easter Day » composé par Charles Wesley en onze strophes, publié dans Hymns and Sacred Poems (1739) ; les réponses « alleluia », relevant d'une pratique juive et chrétienne ancienne, ont été ajoutées par des éditeurs ultérieurs pour l'adapter à la mélodie. URL : hymnary.org/hymn/LUYH2013/182.

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  20. UMC Discipleship Ministries, « History of Hymns: O for a Thousand Tongues to Sing », consulté en juillet 2026 — poème original de dix-huit strophes intitulé For the Anniversary Day of One's Conversion, écrit pour le 21 mai 1739 (un lundi au calendrier julien, et non un dimanche comme l'indique par erreur la notice), exactement un an après la conversion de Charles Wesley, publié dans Hymns and Sacred Poems (1740) ; septième strophe devenue la première strophe du cantique actuel ; formule attribuée au missionnaire morave Peter Böhler : « Had I a thousand tongues, I would praise him with them all » ; placé notamment en tête de l'hymnaire méthodiste américain de 1989, sans que l'universalité de ce rang dans tous les hymnaires officiels soit établie par la source consultée. Comput calendaire : l'Angleterre suit alors le calendrier julien (jusqu'en septembre 1752 : le mercredi 2 septembre julien est suivi du jeudi 14 septembre grégorien) ; à 365 jours d'intervalle du 21 mai 1738 (année commune, février 1739 non bissextile), le 21 mai 1739 (julien) tombe un lundi — contrôle croisé : le 21 mai 1738 (julien) tombe un dimanche, jour de la Pentecôte (Pâques juliennes le 2 avril 1738, + 49 jours), en accord avec le Journal. URL : umcdiscipleship.org/resources/history-of-hymns-o-for-a-thousand-tongues-to-sing.

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  21. Hymnary.org, « And Can It Be, That I Should Gain? » — texte composé en 1738 dans les jours qui suivent sa conversion (21 mai), chanté avec son frère John peu après l'expérience d'Aldersgate ; publié dans les Hymns and Sacred Poems de John et Charles Wesley (1739), pp. 117-119, en 6 strophes de 6 vers, sous le titre « Free Grace ». La composition (1738, date d'auteur Hymnary) est ici distinguée de la publication (1739 seul) : le texte hymnologique repris par Hymnary (Julian) affirme une première publication dans les Psalms and Hymns de J. Wesley (1738) puis dans les Hymns and Sacred Poems (1739, p. 117), tandis que l'édition critique Duke ne retient que 1739 — aucun exemplaire de 1738 n'ayant été contrôlé directement, l'article ne retient 1738 ni comme année de publication ni comme titre de section. URL : hymnary.org/text/and_can_it_be_that_i_should_gain.

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  22. BBC, Songs of Praise, « Big Sing: The UK's Top Ten Hymns » (2013) — « And can it be » présenté comme « the hymn at number six in our top ten », sixième hymne du palmarès britannique. URL : bbc.co.uk/music/songs-of-praise/big-sing-the-uks-top-ten-hymns (miroir : subsaga.com/bbc/music/songs-of-praise/big-sing-the-uks-top-ten-hymns.html).

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  23. Hymnary.org, art. « Love Divine, All Loves Excelling », consulté en octobre 2026 (page accessible) — publié en 1747 dans Hymns for those that Seek, and those that Have Redemption in the Blood of Christ comme hymne n° 9, quatre strophes, sur une mélodie de John Frederick Lampe ; vers original « take away our power of sinning ». Leçon « take away our bent to sinning » contrôlée sur l'exemplaire A Collection of Hymns for the Use of the Methodist Episcopal Church, New York, 1849 (archive.org, cote bwb_T3-CBR-272) ; auteur et date de la substitution non établis. Le recueil A Collection of Hymns for the Use of the People Called Methodists, Londres, 1780 (archive.org, cote bim_eighteenth-century_a-collection-of-hymns-f_wesley-john_1780, hymne CCCLXXIV, p. 369), omet entièrement la strophe « Breathe, O breathe » : aucune datation « post-1779 » n'est donc retenue. URL : hymnary.org/text/love_divine_all_loves_excelling.

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  24. Mark A. Noll, « We Are What We Sing: Watts and Wesley », document de travail (handout), Immanuel Presbyterian Church, 2 octobre 2022, 2 pages — passage p. 2, texte verbatim : « #508, "Jesus, lover of my soul." Written, 1738, as "In Temptation"; published as poem, 1740; then in several hymn collections, but not 1780 (according to John, too personal, too sentimental), but later widely adopted (2nd most reprinted in American hymnals, 1737-1960). » Document retrouvé et lu (octobre 2026) ; Hymnary.org, « Jesus, lover of my soul » — Hymns and Sacred Poems (1740), intitulé à l'origine « In Temptation », imagerie de l'âme en perdition dans la tempête ne trouvant refuge qu'en Jésus-Christ. URL : hymnary.org/hymn/PsH/578 ; handout : immanuelpresbyterian.squarespace.com/s/Mark-Noll-2022-Oct-2-Watts-Wesley-Handout.pdf.

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  25. Frank Colquhoun, « Charles Wesley's Eucharistic Hymns », The Churchman, vol. 63, n° 2, 1949, d'après J. Ernest Rattenbury, The Eucharistic Hymns of John and Charles Wesley, Epworth Press, Londres, 1948 — citations textuelles des Hymns on the Lord's Supper (1745), hymne 63, strophe 2 (sur la grâce non confinée) : « No local Deity we worship, Lord, in Thee » ; hymne 57, strophe 1 puis extrait de la strophe 4, p. 41 (deux strophes intermédiaires omises, coupure signalée par [...] dans la traduction du corps de l'article) : « Who can say how bread and wine God into man conveys? How the bread His flesh imparts, how the wine transmits His blood, fills His faithful people's hearts with all the life of God! Sure and real is the grace, the manner be unknown; only meet us in Thy ways, and perfect us in one » (le pain et le vin y sont sujets : ce sont eux qui communiquent Dieu à l'homme, et non l'inverse) ; « We reach by this great instrument th' eternal sacrifice » ; synthèse de Colquhoun résumant Rattenbury : « Their sacramental views were as strongly anti-Roman as they were anti-Zwinglian [...] while a doctrine of the 'real Presence' is clearly taught, there is no notion that the Presence is confined to the sacred elements. The Presence of the Lord was sought not in the bread and wine but in the banquet itself, of which He was the presiding Host. » Texte intégral : churchsociety.org/wp-content/uploads/2021/05/Cman_063_2_Colquhoun.pdf.

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  26. Thomas d'Aquin, Somme théologique, III, q. 76, a. 5 — le corps du Christ est présent sous les espèces eucharistiques de façon substantielle et sacramentelle, et non à la manière locale d'un corps occupant un lieu et s'y déplaçant ; la présence catholique est donc substantielle sans être une localisation corporelle au sens spatial visé par la critique wesleyenne.

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  27. Concile de Trente, XIIIᵉ session (11 octobre 1551), Décret sur la Très Sainte Eucharistie — la citation donnée dans le corps de l'article (« Parce que le Christ notre Rédempteur a dit... ») est celle du chapitre IV du décret, Denzinger-Hünermann, n° 1642, reprise au CEC § 1376 ; elle n'est pas le texte du canon 2, qu'il faut en distinguer (le canon 2 frappe d'anathème qui nierait la conversion de toute la substance, là où le chapitre IV expose positivement la doctrine). Par la consécration du pain et du vin s'opère le changement de toute la substance du pain en la substance du Corps du Christ et de toute la substance du vin en la substance de son Sang, changement que l'Église catholique appelle transsubstantiation. Texte : Symboles et définitions de la foi catholique (Denzinger), Paris, Cerf.

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  28. Catéchisme de l'Église catholique, § 1376, citant le Concile de Trente (DS 1642) — définition de la transsubstantiation comme changement de toute la substance du pain et du vin en la substance du Corps et du Sang du Christ, les espèces seules demeurant.

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  29. Methodist Heritage, art. « Llanlleonfel Parish Church », site officiel, consulté en juillet 2026 — mariage de Charles Wesley et Sarah Gwynne le 8 avril 1749 en l'église de Llanlleonfel, Breconshire, pays de Galles, cérémonie célébrée par John Wesley. Les 100 livres annuelles proviennent des produits des publications communes, d'après l'édition des lettres reçues par Charles Wesley (note éditoriale relative au document du 9 août 1749) — et non des seules publications propres de John, comme l'indiquait la version précédente. URL : methodistheritage.org.uk/visit/Llanlleonfel-parish-church/.

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  30. John Julian, A Dictionary of Hymnology, 2ᵉ éd., Londres, John Murray, 1907, art. « In age and feebleness extreme », repris par Hymnary.org — strophe de six vers, la dernière de Charles Wesley : le Dr Whitehead, son médecin, en donna le premier le récit au public dans sa Life of John Wesley ; détails repris dans les Memoirs de Jackson (petite éd., 1848, p. 455) : « While he remained in a state of extreme feebleness, having been silent and quiet for some time, he called Mrs. Wesley to him, and requested her to write the following lines at his dictation:— 'In age and feebleness extreme, Who shall a sinful worm redeem? Jesus, my only hope Thou art, Strength of my failing flesh and heart; O could I catch a smile from Thee, And drop into eternity.' » Mort le 29 mars 1788 — à quatre-vingts ans, étant né le 18 décembre 1707, et non « à soixante-dix-neuf ans et trois mois » comme l'indique par erreur la notice ancienne reprise ici. URL : hymnary.org/text/in_age_and_feebleness_extreme.

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  31. Dictionary of National Biography, vol. 60, art. « Wesley, Samuel (1766-1837) » par Frederick George Edwards, reproduit sur Wikisource — fils de Charles Wesley, né à Bristol le 24 février 1766, dons musicaux précoces (moins marqués toutefois que ceux de son frère Charles, 1757-1834) ; le Dr William Boyce déclare à son père : « Sir, I hear you have an English Mozart in your house » ; plus grand organiste de son temps, improvisateur sans égal, compositeur prolifique (motets latins Dixit Dominus, Exultate Deo, In Exitu Israel). URL : en.wikisource.org/wiki/Dictionary_of_National_Biography,_1885-1900/Wesley,Samuel(1766-1837).

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  32. Dictionary of National Biography, art. « Wesley, Samuel Sebastian (1810-1876) », reproduit sur Wikisource — compositeur et organiste, fils de Samuel Wesley (1766-1837), né à Londres le 14 août 1810, prénommé Sebastian d'après Jean-Sébastien Bach, l'idole de son père ; enfant de la Chapelle royale de Saint-James. URL : en.wikisource.org/wiki/Dictionary_of_National_Biography,_1885-1900/Wesley,_Samuel_Sebastian.

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  33. La formule « ordination is separation » est présentée ici comme reprise par Charles Wesley — non comme son invention : Charles cite les « decisive words » de Lord Mansfield dans sa lettre à John du 27 juillet 1786 (« I believe Lord Mansfield's decisive words to me — "Ordination is separation." »), citée par T. G. Williams, Methodism and Anglicanism, in the light of Scripture and history, Toronto, William Briggs, 1888, pp. 17-18 (exemplaire archive.org) ; même attribution dans l'Encyclopaedia Britannica (1911), art. « Wesley, John » (« as Lord Mansfield put it, "ordination is separation" »). Proceedings of the Wesley Historical Society, vol. XXXI, décembre 1957 — numéro du 250ᵉ anniversaire de la naissance de Charles Wesley, contrôlé intégralement (octobre 2026) : non l'éditorial, mais l'article de John C. Bowmer, « The Churchmanship of Charles Wesley », pp. 78 et suiv., citation p. 79 : « The step which Charles feared in 1755 was taken in 1784 when his brother ordained his preachers, first for America and then for Scotland and England. [...] He maintained to the end that "ordination is separation", and that no consideration of urgency or expediency justified it. » URL : biblicalstudies.org.uk/pdf/whs/31-4.pdf.

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  34. Duke Center for Studies in the Wesleyan Tradition (Duke Divinity School), transcription du manuscrit MS Ordinations sous la direction éditoriale de Randy L. Maddox (mise à jour : 9 octobre 2014), reproduite avec la permission du bibliothécaire de la John Rylands Library, Université de Manchester — cahier in-octavo désigné par Frank Baker comme MS Ordinations (Methodist Archive and Research Centre, cote MA 1977/157), proses et dix poèmes sur les ordinations méthodistes pour l'Amérique du Nord, rédigés vers 1786 (et non automatiquement datés de l'année 1784 de l'événement) ; épigramme [V.][1.], strophe 1, page manuscrite 5 : « So easily are Bishops made / By man's, or woman's whim? / W[esley] his hands on C[oke] hath laid, / But who laid hands on Him? » (noms développés par les éditeurs ; poème publié dans Representative Verse, 368, et Unpublished Poetry, 3:89). La copie de la main de Samuel Wesley, MARC DDWF 15/53, mentionnée dans l'appareil critique, concerne le poème I du même cahier et ne documente pas les noms de l'épigramme V ; même cahier : « But you who censure his ductility, / His hoary hairs with my compassion see, / And own—Twas Age that made the breach not He. » URL : divinityarchive.com (transcription « 58_MS_Ordinations »).

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  35. S. T. Kimbrough Jr. et Oliver A. Beckerlegge (éd.), The Unpublished Poetry of Charles Wesley, vol. 3, Kingswood Books / Abingdon Press, Nashville, 1992, p. 89 — édition critique de référence de la poésie inédite de Charles Wesley, incluant les épigrammes satiriques contre les ordinations méthodistes de 1784.

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  36. Thomas Jackson, The Life of the Rev. Charles Wesley, vol. 2, Londres, John Mason (Wesleyan Conference Office), 1841, p. 439 (pagination et texte contrôlés directement sur l'exemplaire numérisé, octobre 2026 : en-tête « THE REV. CHARLES WESLEY. 439 », passage Whitehead verbatim) — témoignage du Dr Whitehead, médecin de Charles Wesley, sur ses derniers jours : « "I visited him several times," says the Doctor, "in his last sickness; and his body was indeed reduced to the most extreme state of weakness. He possessed that state of mind which he had been always pleased to see in others: unaffected humility, and holy resignation to the will of God. He had no transports of joy, but solid hope, and unshaken confidence in Christ, which kept his mind in perfect peace." » Texte : archive.org/details/lifeofrevcharles02jack.

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  37. John Walsh (Jesus College, Oxford), « John Wesley's Deathbed: Sarah Wesley's Account », Proceedings of the Wesley Historical Society, vol. 56, février 2007, page imprimée 4, note 13 (et non page 5) — « In a symbolic gesture he [John Wesley] laid down that his body was to be carried to the grave by six poor men. In a similarly symbolic gesture Charles ordered that his pall-bearers should be six clergymen of the Church of England; Jackson, Charles Wesley, 2 p. 445. » URL : biblicalstudies.org.uk/pdf/whs/56-1.pdf.

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  38. John Julian, A Dictionary of Hymnology, 2ᵉ éd., Londres, John Murray, 1907, art. « Wesley, Charles », repris par Hymnary.org — « He died in London, March 29, 1788, and was buried in Marylebone churchyard. [...] Charles said, "I have lived, and I die, in the Communion of the Church of England, and I will be buried in the yard of my parish church." Eight clergymen of the Church of England bore his pall. » URL : hymnary.org/person/Wesley_C.

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  39. Catéchisme de l'Église catholique, § 819 — sur les éléments de sanctification et de vérité présents chez les frères chrétiens séparés de la pleine communion catholique, appartenant par droit à l'unique Église du Christ et poussant vers l'unité catholique.

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  40. Concile Vatican II, Décret Unitatis Redintegratio sur l'œcuménisme, 21 novembre 1964, n° 3 — reconnaissance des éléments ecclésiaux authentiques (Écriture, vie de grâce, foi, espérance, charité) présents chez les communautés issues de la Réforme, tout en maintenant que la plénitude des moyens de salut ne subsiste que dans l'Église catholique.

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  41. Catéchisme de l'Église catholique, § 1374 — le mode de présence du Christ sous les espèces eucharistiques est unique en son genre ; la présence eucharistique commence au moment de la consécration. Sa durée — aussi longtemps que subsistent les espèces eucharistiques — se rattache au § 1377 ; pour la présence après l'usage sacramentel (hosties réservées ou restes après la communion), le canon 4 de la XIIIᵉ session de Trente est également pertinent : il frappe d'anathème qui soutiendrait que le vrai corps du Seigneur ne demeure que dans l'usage, au moment où il est reçu, et non avant ni après.

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  42. Léon XIII, lettre apostolique Apostolicae Curae, 13 septembre 1896 — les ordinations conférées selon l'Ordinal anglican réformé sont déclarées « absolument nulles et entièrement vaines » pour défaut de forme et d'intention du rite (texte sur vatican.va ; cf. article Ignispedia « Pape Léon XIII », section Apostolicae Curae).

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  43. Catéchisme de l'Église catholique, § 1576 — seul un évêque validement ordonné peut conférer validement les trois degrés du sacrement de l'Ordre (épiscopat, presbytérat, diaconat), par transmission ininterrompue depuis les Apôtres.

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  44. Catéchisme de l'Église catholique, § 1557-1558 — l'ordination épiscopale confère la plénitude du sacrement de l'Ordre ; les évêques, successeurs des Apôtres, en constituent le degré suprême.

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