Pourquoi faire des pèlerinages ?

Le pèlerinage n'est pas un voyage comme les autres : c'est la vie chrétienne mise en marche, une montée vers Dieu qui engage le corps autant que l'âme. Pourquoi quitter sa maison pour Lourdes, Rome ou Compostelle, ce que l'Église en attend et ce que Dieu y donne.

Ignispedia

Chaque année, des millions de croyants quittent leur maison, prennent la route et marchent — parfois des centaines de kilomètres — vers un sanctuaire. En 2024, le seul sanctuaire de Lourdes a accueilli environ 3,2 millions de pèlerins[1], et près de 499 000 marcheurs ont reçu leur Compostela au bout des chemins de Saint-Jacques[2]. L'Année sainte 2025, placée par le pape François sous le signe des « Pèlerins d'espérance », a drainé vers Rome des foules venues franchir la Porte Sainte[3]. Le pèlerinage, loin d'être une survivance du passé, reste l'une des pratiques les plus vivantes du christianisme.

Un pèlerinage est la marche d'un croyant vers un lieu saint — un sanctuaire, un tombeau d'apôtre ou de saint, un lieu d'apparition — pour y prier, demander une grâce, faire pénitence ou rendre grâce. Le Catéchisme de l'Église catholique le range parmi les expressions classiques de la piété du peuple chrétien, à côté de la vénération des reliques, des processions et du chemin de croix[4]. Ce n'est ni du tourisme, ni une simple randonnée : c'est un acte religieux, où le déplacement du corps exprime et porte un mouvement de l'âme.

Mais une objection vient aussitôt à l'esprit moderne : si Dieu est présent partout, pourquoi faudrait-il aller quelque part pour le trouver ? Cette question n'est pas neuve — un Père de l'Église du IVᵉ siècle, Grégoire de Nysse, l'avait déjà posée avec force. Y répondre oblige à descendre au cœur de la foi chrétienne : le Dieu invisible s'est rendu visible, il a pris un corps, il a marché sur des routes précises, et il continue de se donner à travers des signes sensibles. Le pèlerinage est l'une des manières dont la foi prend chair dans l'espace et dans le temps.

Cet article répond à la question « pourquoi faire des pèlerinages ? » en remontant aux racines bibliques de la pratique, en affrontant l'objection « Dieu est partout », en dégageant le sens spirituel du pèlerinage comme image de toute vie chrétienne, en exposant ses fruits réels (conversion, prière, ascèse, fraternité), en retraçant ses 1700 ans d'histoire, et en répondant aux objections — superstition, tourisme religieux, gaspillage — par le discernement que l'Église elle-même demande.

Qu'est-ce qu'un pèlerinage ?

Marcher vers un lieu saint : une définition

Le mot français pèlerin vient du latin peregrinus, « celui qui vient d'ailleurs », « l'étranger », littéralement « celui qui marche à travers les champs » (per agros)[5]. Le pèlerin est donc, par définition, quelqu'un qui sort de chez lui et accepte d'être, pour un temps, un étranger en chemin. Le pèlerinage suppose trois éléments : un point de départ que l'on quitte, un chemin que l'on parcourt avec effort, et un terme sacré vers lequel on tend — le sanctuaire.

Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie, document de référence publié par la Congrégation pour le Culte divin en 2001, définit ce terme : le sanctuaire est un lieu où, par décision de l'autorité ecclésiastique, les fidèles se rendent en pèlerinage parce que Dieu y a manifesté une grâce particulière, et où la prière trouve une intensité singulière[6]. Le pèlerinage est le mouvement qui conduit à ce lieu.

Pèlerinage, tourisme religieux et randonnée : ne pas confondre

Le pèlerin emprunte parfois les mêmes routes que le touriste ou le randonneur, mais l'intention diffère radicalement. Le touriste visite un monument pour sa beauté ou son intérêt culturel ; le randonneur marche pour l'effort, la nature, la santé ; le pèlerin, lui, marche vers Dieu et vers une grâce attendue. Le déplacement n'est pas une fin, c'est un acte de foi.

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Cette distinction n'est pas théorique : un même chemin peut être parcouru par les trois, et un même homme peut passer du tourisme au pèlerinage au fil de la route. C'est précisément pourquoi l'Église demande un discernement : tout déplacement vers un sanctuaire n'est pas, de soi, un acte spirituel. Le pèlerinage commence quand la marche devient prière et recherche de Dieu, non simple curiosité.

Une pratique de toutes les religions, assumée et purifiée par l'Église

Le pèlerinage n'est pas une invention chrétienne : il existe dans presque toutes les grandes religions — la montée des juifs vers Jérusalem, le hajj des musulmans vers La Mecque, les pèlerinages hindous au Gange[7]. Ce caractère universel dit quelque chose de l'homme : l'être humain est un homo religiosus qui sait que tous les lieux ne sont pas équivalents, et qu'il existe des points où le ciel semble plus proche de la terre.

L'Église n'a pas rejeté cet instinct religieux ; elle l'a assumé et purifié. Comme pour toute forme de religiosité populaire, le Catéchisme rappelle qu'un « discernement pastoral est nécessaire » pour « purifier et rectifier le sens religieux qui sous-tend ces dévotions » et les faire « progresser dans la connaissance du Mystère du Christ »[8]. Le pèlerinage chrétien n'est donc pas une magie du lieu : c'est un instinct humain élevé et orienté vers le Dieu de Jésus-Christ.

Les racines bibliques du pèlerinage

Le pèlerinage n'est pas une dévotion ajoutée tardivement par la piété médiévale : il plonge ses racines dans toute l'histoire sainte, de l'Exode jusqu'au Christ lui-même.

Les trois grandes fêtes de pèlerinage d'Israël

Dès le livre de l'Exode, Dieu ordonne à son peuple de monter trois fois par an au lieu qu'il choisira — le Temple de Jérusalem :

« Trois fois l'an, tous tes hommes se présenteront devant le Seigneur ton Dieu, au lieu qu'il aura choisi : à la fête des pains sans levain, à la fête des Semaines et à la fête des Tentes. » — Deutéronome 16, 16[9]

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Ces trois fêtes de pèlerinage (shalosh regalim en hébreu, « les trois montées à pied ») — la Pâque, la Pentecôte (Semaines) et les Tentes (Soukkot) — rythmaient la vie religieuse d'Israël et rassemblaient le peuple dispersé autour du sanctuaire unique[10]. Monter à Jérusalem n'était pas facultatif : c'était un commandement, et la ville sainte devenait le cœur géographique de l'alliance.

« Quelle joie quand on m'a dit » : les psaumes des montées

Ces montées vers Jérusalem ont produit l'un des plus beaux ensembles de la prière biblique : les psaumes des montées (Psaumes 120 à 134), aussi appelés cantiques graduels, que les pèlerins chantaient en gravissant la route vers le Temple[11]. Le plus célèbre s'ouvre sur un cri de joie :

« Quelle joie quand on m'a dit : “Nous irons à la maison du Seigneur !” Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! » — Psaume 122 (121), 1-2[12]

Un autre chante le bonheur de celui qui porte le chemin du sanctuaire au plus profond de lui :

« Heureux les hommes dont tu es la force : des chemins s'ouvrent dans leur cœur ! » — Psaume 84 (83), 6[13]

Ces textes montrent que, pour la Bible, le désir de marcher vers Dieu fait partie de la prière elle-même. Le pèlerinage n'est pas un détour : il est une forme de louange.

Jésus pèlerin : monter à Jérusalem

Le Christ lui-même a été un pèlerin. L'Évangile note que ses parents « se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque », et qu'à douze ans il y monta avec eux[14]. Adulte, Jésus « monte à Jérusalem » pour les fêtes juives de pèlerinage — l'expression revient comme un refrain dans les Évangiles[15]. Le Catéchisme souligne que la vie du Christ fut « rythmée par ses pèlerinages à Jérusalem pour les grandes fêtes juives »[16].

Loin de mépriser le sanctuaire, Jésus l'a honoré — au point de chasser les marchands qui en faisaient un lieu de commerce. Le pèlerinage chrétien s'enracine donc dans la pratique même du Seigneur.

Le chemin d'Emmaüs : l'archétype du pèlerinage chrétien

Après la Résurrection, un récit devient le modèle de tout pèlerinage chrétien : la marche vers Emmaüs (Luc 24). Deux disciples découragés cheminent ; le Ressuscité les rejoint, marche avec eux, leur explique les Écritures, « et leur cœur était brûlant » ; puis ils le reconnaissent à la fraction du pain[17]. On y trouve déjà toute la structure du pèlerinage : la route, la présence cachée du Christ, la Parole qui éclaire, et l'Eucharistie où il se laisse enfin reconnaître. Saint Jean-Paul II en faisait le cœur de la spiritualité du pèlerin, appelé à « reconnaître le Sauveur dans le pardon reçu et le pain partagé »[18].

« Pourquoi marcher si Dieu est partout ? »

C'est l'objection décisive, et il faut la prendre dans sa version la plus forte.

L'objection : « un changement de lieu ne rapproche pas de Dieu »

Au IVᵉ siècle, saint Grégoire de Nysse, l'un des grands docteurs grecs, écrivit après un voyage en Terre sainte une lettre célèbre où il critiquait l'engouement pour les pèlerinages. Son argument est redoutable :

« Un changement de lieu ne procure aucun rapprochement avec Dieu. Où que tu sois, Dieu viendra vers toi, si la demeure de ton âme se trouve telle que le Seigneur puisse habiter en toi. » — Grégoire de Nysse, Lettre 2[19]

Grégoire fait remarquer que les Béatitudes ne promettent nulle part le bonheur à ceux qui voyagent en Palestine, que l'Esprit Saint n'est pas plus abondant à Jérusalem qu'en Cappadoce, et qu'un cœur impur reste loin de Dieu « même sur le Golgotha »[20]. La même intuition se retrouve, plus tard, chez les Réformateurs protestants et chez tous ceux qui jugent le pèlerinage superflu : Dieu est esprit, il est partout, donc le lieu n'ajoute rien.

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Cette objection est sérieuse. Elle préserve une vérité capitale : ce n'est jamais le lieu qui sauve, c'est la conversion du cœur. Un pèlerinage sans foi ni charité ne vaut rien.

La réponse de l'Incarnation : Dieu se laisse trouver dans la chair

Mais l'objection, prise jusqu'au bout, prouverait trop. Si la présence universelle de Dieu rendait inutile tout lieu, tout signe et tout corps, elle rendrait inutiles aussi les sacrements, les églises, et finalement l'Incarnation elle-même. Or le cœur du christianisme est précisément que le Dieu invisible et omniprésent a voulu se rendre trouvable dans une chair, un temps, un lieu : il est né à Bethléem, a grandi à Nazareth, est mort à Jérusalem. Le christianisme n'est pas une religion de l'esprit pur ; c'est la religion du Verbe fait chair.

Dès lors, marcher vers un lieu où Dieu a manifesté sa grâce n'est pas nier sa présence universelle : c'est honorer la manière dont il a choisi de se donner — par des signes sensibles. L'homme n'est pas un pur esprit : il a un corps, et il prie aussi avec son corps. Faire route, peiner, s'agenouiller dans un sanctuaire, ce sont des manières humaines — donc incarnées — de chercher Dieu.

« Le choix d'un lieu favorable n'est pas indifférent à la vérité de la prière »

C'est exactement ce que répond le Catéchisme. Tout en affirmant que Dieu peut être prié partout, il enseigne que le lieu compte :

« Le choix d'un lieu favorable n'est pas indifférent à la vérité de la prière. […] Les pèlerinages évoquent notre marche sur terre vers le ciel. Ils sont traditionnellement des temps forts de renouveau de la prière. Les sanctuaires sont, pour les pèlerins en quête de leurs sources vives, des lieux exceptionnels pour vivre “en Église” les formes de la prière chrétienne. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2691[21]

La réponse catholique ne nie donc pas l'objection de Grégoire : elle l'intègre et la dépasse. Oui, le cœur prime sur le lieu ; mais non, le lieu n'est pas rien, car l'homme est un être de chair pour qui l'espace, le corps et le geste ouvrent ou ferment l'âme à la grâce. Le pèlerinage est précisément ce qui empêche la foi de se réduire à une idée.

Le sens spirituel : l'homme en marche vers Dieu

Au-delà de tel ou tel sanctuaire, le pèlerinage porte un sens qui éclaire toute l'existence chrétienne.

Homo viator : toute la vie est un pèlerinage

La tradition chrétienne appelle l'homme homo viator, « l'homme en chemin ». Le croyant est sur terre comme un voyageur qui n'a pas encore atteint sa patrie. La lettre aux Hébreux le dit des grands croyants : ils se reconnaissaient « étrangers et voyageurs sur la terre », en quête d'une « patrie » meilleure, qui est céleste[22]. Et elle conclut :

« Car nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous recherchons celle qui doit venir. » — Hébreux 13, 14[23]

Saint Augustin a donné à cette vérité une formule lumineuse :

« Notre patrie est le ciel ; là, nous ne serons plus comme des étrangers. Ici-bas, chacun de nous est voyageur jusque dans sa maison. » — Saint Augustin, Sermon 111[24]

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Le pèlerinage matériel n'est donc que le signe rendu visible d'une réalité permanente : toute vie chrétienne est une marche vers Dieu. En se faisant pèlerin de quelques jours, le croyant apprend ce qu'il est toute sa vie — un être en route vers le Royaume.

L'Église pérégrinante

Cette image vaut aussi pour l'Église entière. Le concile Vatican II l'appelle l'Ecclesia peregrinans, « l'Église en pèlerinage », qui « avance dans son pèlerinage à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu » vers la patrie céleste[25]. La Vierge Marie elle-même « avança dans son pèlerinage de foi »[26], précédant le peuple de Dieu sur la route. Le pèlerinage individuel rejoint ainsi la marche de tout le Corps du Christ : on ne marche jamais seul, mais avec toute l'Église, et même avec les saints du ciel et les âmes du purgatoire, unis dans la communion des saints, « en pèlerinage sur la terre » selon l'expression du Catéchisme[27].

Quitter, marcher, arriver : la structure spirituelle

La structure même du pèlerinage est une catéchèse en acte. Quitter sa maison, c'est apprendre le détachement et la confiance. Marcher avec effort, c'est entrer dans l'ascèse et accepter sa pauvreté. Arriver au sanctuaire, c'est goûter par avance le terme de la vie : la rencontre de Dieu. Le pape François l'a redit à l'occasion de l'Année sainte 2025 :

« Le pèlerinage est un élément fondamental de tout événement jubilaire. Se mettre en marche est caractéristique de celui qui va à la recherche du sens de la vie. » — Pape François, Spes non confundit[28]

Pourquoi le faire ? Les fruits du pèlerinage

Infographie originale Ignispedia créée par IA

La question « pourquoi faire des pèlerinages ? » trouve sa réponse la plus concrète dans les fruits spirituels que l'expérience millénaire de l'Église a constatés.

Conversion et pénitence

Le pèlerinage est, depuis les origines, un chemin de conversion. Quitter ses habitudes, marcher dans l'inconfort, prendre le temps de relire sa vie : tout cela dispose à la réconciliation avec Dieu. C'est pourquoi les grands sanctuaires sont d'abord des lieux de confession : à Lourdes, à Fatima, à Compostelle, des files de pénitents attendent le sacrement. Le pape François rappelle que le pèlerinage jubilaire conduit « au sacrement de la réconciliation, point de départ irremplaçable d'un véritable chemin de conversion »[29]. Le pèlerinage n'est pas une performance : c'est une demande de pardon mise en marche.

La prière renouvelée et la rencontre

Le Catéchisme range les sanctuaires de pèlerinage parmi les « lieux les plus favorables pour la prière »[30]. Arraché à la dispersion quotidienne, le pèlerin redécouvre une prière plus intense, plus simple, plus vraie. Beaucoup témoignent qu'ils ont rencontré Dieu — ou retrouvé la foi — sur une route ou devant une grotte. Le sanctuaire offre ce que le Catéchisme appelle un lieu pour « vivre en Église » la prière : adoration, chapelet, messe, silence[31].

L'effort du corps : ascèse, silence, dépouillement

Le pèlerinage engage le corps, et c'est une part de sa valeur. La fatigue, les ampoules, le poids du sac, la lenteur de la marche : tout cela est une ascèse qui détache du superflu et ramène à l'essentiel. Marcher des jours durant apprend le silence et l'attention, denrées rares à l'époque du bruit permanent. Le corps, en peinant, prie à sa manière — et l'âme, allégée, s'ouvre. C'est l'inverse exact d'une religion désincarnée.

La fraternité : marcher ensemble, faire Église

On part souvent seul ou en petit groupe ; on arrive frère de mille inconnus. Le pèlerinage crée une fraternité singulière : sur le chemin, les différences sociales s'effacent, l'entraide naît spontanément, et la prière commune soude des inconnus. C'est une expérience d'Église au sens le plus charnel : un peuple en marche, partageant la même espérance. Beaucoup de vocations, de réconciliations familiales et d'amitiés durables sont nées sur ces routes.

Pèlerinage et indulgences : le trésor de l'Église

Depuis le premier Jubilé de 1300, l'Église attache à certains pèlerinages la possibilité de gagner une indulgence — la « rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée »[32]. Il ne s'agit pas d'« acheter » le pardon : le péché doit d'abord avoir été pardonné par la confession. L'indulgence puise dans le « trésor » de la communion des saints, et suppose toujours la conversion du cœur, la confession, la communion et la prière aux intentions du pape. Le pèlerinage en est l'une des conditions traditionnelles. Pour le détail de cette doctrine, voir l'article consacré aux indulgences et les indulgences plénières.

Guérison et grâces

Le sanctuaire de Lourdes — Moahim, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Enfin, l'histoire des sanctuaires est jalonnée de grâces — conversions, paix retrouvée, et parfois guérisons physiques rigoureusement examinées. Lourdes possède depuis 1883 un Bureau médical qui soumet les guérisons inexpliquées à une enquête scientifique sévère avant toute reconnaissance ecclésiale ; sur des millions de pèlerins malades, seules soixante-douze guérisons ont été officiellement reconnues comme miraculeuses par l'Église, preuve de la rigueur du tri[33]. L'Église ne promet jamais le miracle ; mais elle ne s'étonne pas que le Dieu de l'Incarnation continue d'agir là où des foules viennent le prier. Sur ce point, voir le dossier des guérisons de Lourdes.

Une histoire ininterrompue de dix-sept siècles

Le pèlerinage chrétien n'a jamais cessé. Sa continuité historique est elle-même un argument : ce n'est pas une mode, mais une constante de la foi.

  1. vers 326
    Sainte Hélène en Terre sainte

    La mère de l'empereur Constantin se rend à Jérusalem et Bethléem, fait dégager les Lieux saints et, selon la tradition rapportée par saint Ambroise et Paulin de Nole, retrouve la Vraie Croix. Les premières grandes basiliques constantiniennes s'élèvent sur les lieux de la Nativité, du Calvaire et du tombeau.

  2. 381-384
    Le journal d'Égérie

    Une moniale venue d'Occident, Égérie, parcourt la Terre sainte et rédige pour ses sœurs un Itinéraire détaillé, précieux témoin des liturgies des Lieux saints. C'est l'un des plus anciens récits de pèlerinage qui nous soient parvenus.

  3. IXe siècle
    La découverte du tombeau de saint Jacques

    En Galice, la tradition situe la découverte du tombeau de l'apôtre Jacques, autour duquel naît Saint-Jacques-de-Compostelle. Les chemins de Compostelle deviendront, avec Rome et Jérusalem, l'un des trois grands pèlerinages de la chrétienté médiévale.

  4. 1300
    Le premier Jubilé

    Le pape Boniface VIII proclame la première Année sainte par la bulle Antiquorum habet fida relatio, accordant une large indulgence aux pèlerins qui visitent les basiliques des apôtres Pierre et Paul à Rome. Après des intervalles d'abord variables (1350, puis tous les trente-trois ans), le rythme des vingt-cinq ans s'impose à partir de 1475.

  5. 1531-1917
    Les grands sanctuaires modernes

    Les apparitions mariales suscitent de nouveaux foyers de pèlerinage : Guadalupe au Mexique (1531), Lourdes en France (1858), Fatima au Portugal (1917). Ils attirent aujourd'hui des dizaines de millions de pèlerins chaque année.

  6. 2025
    Le Jubilé « Pèlerins d'espérance »

    Le pape François a ouvert la Porte Sainte de Saint-Pierre et convoqué l'Église entière à un pèlerinage d'espérance, signe que la pratique reste, dix-sept siècles après Hélène, au cœur de la vie catholique.

Les premiers pèlerins : Hélène et Égérie

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Dès que la paix de l'Église le permit, au IVᵉ siècle, les chrétiens affluèrent vers la Terre sainte. Sainte Hélène, mère de Constantin, lança le mouvement vers 326 en faisant dégager et honorer les Lieux saints[34]. Quelques décennies plus tard, la pèlerine Égérie laissa un Itinéraire qui décrit avec précision les liturgies de Jérusalem[35]. Saint Jérôme s'installa près de Bethléem ; des matrones romaines comme Paula quittèrent tout pour vivre près du sépulcre. Le pèlerinage chrétien était né, et il ne s'arrêterait plus.

Rome et les chemins de l'Europe médiévale

À Rome, on venait prier ad limina apostolorum, « au seuil des apôtres », sur les tombes de Pierre et Paul. Au Moyen Âge, trois grandes destinations dominent : Jérusalem, Rome et Compostelle. Les routes se couvrent d'hospices, de ponts et d'églises ; le Codex Calixtinus du XIIᵉ siècle, dont le cinquième livre est un véritable guide des chemins, des sanctuaires et des étapes, sert de premier « guide » du pèlerin de Saint-Jacques[36]. Le pèlerinage structure la géographie, l'économie et la spiritualité de l'Europe.

Les jubilés, de 1300 à 2025

En 1300, le pape Boniface VIII proclame le premier Jubilé par la bulle Antiquorum habet fida relatio, accordant une indulgence exceptionnelle aux pèlerins de Rome[37]. L'affluence est telle que l'institution se pérennise. Sept siècles plus tard, le Jubilé 2025 a rassemblé à nouveau l'Église autour de la même intuition : marcher ensemble vers la Porte Sainte, signe du Christ qui est « la porte » (Jn 10, 9).

Objections et discernement

L'Église ne défend pas le pèlerinage de manière naïve. Elle connaît ses dérives et appelle elle-même au discernement. Voici les principales objections, et la réponse catholique.

« C'est de la superstition » ou « des œuvres pour gagner le ciel »

C'est l'objection la plus grave. Le risque existe : croire que le seul fait de toucher une pierre ou d'atteindre un sanctuaire produit automatiquement un effet, indépendamment de la foi. Ce serait de la superstition, que le Catéchisme condamne nettement : attacher l'efficacité d'un acte religieux à sa « seule matérialité », « en dehors des dispositions intérieures », « c'est tomber dans la superstition »[38].

Mais le pèlerinage bien compris est l'exact contraire : il ne sauve pas par le déplacement, mais par la conversion qu'il sert. Et il n'est pas davantage un « salut par les œuvres » : le pèlerin ne mérite pas le pardon par ses kilomètres ; il dispose son cœur à recevoir une grâce qui reste un don gratuit de Dieu. La distinction est nette : le lieu et l'effort sont des moyens, jamais des causes magiques.

« Du tourisme religieux et du commerce »

Le reproche est ancien — Jésus a chassé les marchands du Temple — et parfois fondé : certains hauts lieux peuvent se transformer en marchés. L'Église ne le nie pas. C'est précisément pourquoi elle demande un « discernement pastoral » pour « purifier » la piété populaire[39], et pourquoi le Directoire de 2001 encadre l'organisation des pèlerinages afin qu'ils restent des actes de foi et non des produits de consommation[40]. Le risque de dérive n'invalide pas la pratique : il appelle à la vivre droitement.

« L'argent serait mieux donné aux pauvres »

C'est l'objection de Judas devant le parfum répandu sur Jésus : « Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum pour le donner aux pauvres ? » (Jn 12, 5). La réponse du Christ vaut ici : le service des pauvres et le culte rendu à Dieu ne s'opposent pas. Un pèlerinage authentique nourrit la charité plutôt qu'il ne la concurrence : il convertit le cœur, et les sanctuaires sont souvent des foyers de service des malades et des indigents — Lourdes, par excellence, est organisée autour de l'accueil des plus fragiles. Le faux dilemme « Dieu ou les pauvres » méconnaît que l'amour de Dieu est la source de l'amour des pauvres.

Les Réformateurs ont aboli les pèlerinages

Au XVIᵉ siècle, Luther et Calvin rejetèrent les pèlerinages, les jugeant non bibliques et propices aux abus — Luther les vise dès 1520 parmi les pratiques à supprimer, et Calvin dénonce le culte des reliques qui en était souvent le but[41]. Le concile de Trente, en réponse, confirma la légitimité de la vénération des reliques et des sanctuaires, tout en exigeant la correction des abus[42]. L'Église catholique n'a donc pas ignoré la critique protestante : elle l'a entendue là où elle était juste (corriger les excès), tout en refusant de jeter avec l'abus une pratique enracinée dans la Bible, vécue par le Christ et attestée sans interruption depuis les Pères. C'est l'herméneutique de la continuité appliquée à la dévotion populaire.

Comment bien vivre un pèlerinage

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Puisque le pèlerinage vaut par l'intention et la conversion qu'il sert, l'Église propose quelques repères pour le vivre fructueusement.

Avant : l'intention et la préparation

Un pèlerinage se prépare. Il est bon de définir une intention — une grâce demandée, une action de grâce, une pénitence, le souvenir d'un défunt — et de se disposer par la prière. Beaucoup confient leur intention à un proche défunt ou l'unissent à celle de toute l'Église. La préparation spirituelle compte plus que la préparation logistique.

Pendant : prière, sacrements, silence

Sur la route et au sanctuaire, le cœur du pèlerinage est sacramentel : la confession, qui remet à neuf, et l'Eucharistie, terme de la marche comme à Emmaüs. On y joint le chapelet, le chemin de croix, l'adoration, et de larges plages de silence, sans lesquelles la marche redevient simple tourisme. Le pèlerin garde son intention présente et accueille les rencontres comme des dons.

Au retour : porter le fruit

Le pèlerinage ne s'achève pas à la porte du sanctuaire : il doit transformer la vie. Le Directoire souligne que le retour à la maison fait partie du pèlerinage : le pèlerin revient porteur d'une grâce qu'il doit faire fructifier dans sa vie ordinaire[43]. Un pèlerinage réussi ne se mesure pas aux kilomètres parcourus, mais à la conversion qui demeure une fois rentré chez soi. C'est là que se vérifie qu'on a vraiment marché vers Dieu — et non seulement vers un lieu.

Pour aller plus loin

Le pèlerinage touche à de nombreuses autres questions traitées dans Ignispedia :

Notes et références

  1. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, bilan de fréquentation 2024 (environ 3,2 millions de pèlerins sur l'année). Chiffres communiqués par le service de communication du sanctuaire (lourdes-france.org).

    1
  2. Oficina del Peregrino de Santiago de Compostela, statistiques 2024 : environ 499 000 Compostelas délivrées. Données publiées par le bureau d'accueil des pèlerins de Saint-Jacques (oficinadelperegrino.com).

    2
  3. Pape François, Spes non confundit, bulle d'indiction du Jubilé ordinaire de l'an 2025, 9 mai 2024, n° 1 — les « pèlerins de l'espérance » convoqués à Rome pour l'Année sainte (texte intégral sur vatican.va).

    3
  4. Catéchisme de l'Église catholique, § 1674 : le sens religieux du peuple chrétien s'exprime dans « des formes variées de piété qui entourent la vie sacramentelle de l'Église, tels que la vénération des reliques, les visites aux sanctuaires, les pèlerinages, les processions, le chemin de croix, les danses religieuses, le rosaire, les médailles, etc. » (cf. Cc. Nicée II : DS 601 ; 603 ; Cc. Trente : DS 1822).

    4
  5. Du latin peregrinus (« étranger, voyageur »), composé de per (« à travers ») et ager (« champ, campagne ») : littéralement « celui qui chemine à travers les champs ». Cf. Dictionnaire étymologique de la langue latine, A. Ernout et A. Meillet, Klincksieck, art. peregrinus.

    5
  6. Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie. Principes et orientations, 17 décembre 2001, chap. VIII (« Sanctuaires et pèlerinages »), n° 262 sq. sur la notion de sanctuaire comme lieu de grâce reconnu par l'autorité ecclésiastique.

    6
  7. Le pèlerinage est un fait religieux quasi universel : aliyah la-regel (la montée) dans le judaïsme, le hajj vers La Mecque (cinquième pilier de l'islam), les tirtha-yatra hindous vers les rives sacrées du Gange, ou encore les pèlerinages bouddhistes vers les lieux de la vie du Bouddha. Cf. Mircea Eliade, Le Sacré et le Profane, Gallimard, 1965, sur la non-homogénéité de l'espace sacré.

    7
  8. Catéchisme de l'Église catholique, § 1676 : un « discernement pastoral est nécessaire pour soutenir et appuyer la religiosité populaire et, le cas échéant, pour purifier et rectifier le sens religieux qui sous-tend ces dévotions et pour les faire progresser dans la connaissance du Mystère du Christ » (cf. CT 54).

    8 39
  9. Deutéronome 16, 16, traduction liturgique (AELF). Le terme hébreu regel (« pied ») donne shalosh regalim, « les trois fêtes de pèlerinage à pied ».

    9
  10. Exode 23, 14-17 : « Trois fois l'an, tu célébreras une fête en mon honneur. » Les trois fêtes sont la Pâque (avec les Azymes), la fête des Semaines (Pentecôte juive) et la fête des Tentes (Soukkot). Cf. aussi Ex 34, 23 et Dt 16, 1-17.

    10
  11. Les Psaumes 120 à 134 portent le titre hébreu shir ha-ma'alot, « cantique des montées » (ou « cantiques graduels »), traditionnellement associés à la montée des pèlerins vers le Temple de Jérusalem. Cf. introduction aux Psaumes, Bible de Jérusalem, Cerf.

    11
  12. Psaume 122 (121), 1-2, traduction liturgique (AELF).

    12
  13. Psaume 84 (83), 6, traduction liturgique (AELF). La Vulgate porte « ascensiones in corde suo disposuit » : « il a disposé dans son cœur des montées ».

    13
  14. Évangile selon saint Luc 2, 41-42 : « Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. » (traduction liturgique AELF).

    14
  15. Cf. Jean 2, 13 ; 5, 1 ; 7, 10 ; 11, 55. L'expression « monter à Jérusalem » (en raison de l'altitude de la ville sainte) est le vocabulaire technique du pèlerinage juif, repris pour la dernière montée de Jésus vers sa Passion (Lc 18, 31).

    15
  16. Catéchisme de l'Église catholique, § 583 : la vie de Jésus fut « rythmée par ses pèlerinages à Jérusalem pour les grandes fêtes juives » (cf. Jn 2, 13-14 ; 5, 1. 14 ; 7, 1. 10. 14).

    16
  17. Évangile selon saint Luc 24, 13-35 : la marche des disciples vers Emmaüs, l'explication des Écritures (« Notre cœur n'était-il pas brûlant en nous ? », v. 32) et la reconnaissance du Christ « à la fraction du pain » (v. 35).

    17
  18. Saint Jean-Paul II, discours aux participants au Ier Congrès mondial de pastorale des sanctuaires et des pèlerinages, 28 février 1992, où le pape présente le pèlerinage comme image de la vie chrétienne et appelle le pèlerin à reconnaître le Sauveur « dans le pardon reçu et le pain partagé » (texte sur vatican.va).

    18
  19. Saint Grégoire de Nysse, Lettre 2 (« À ceux qui se rendent à Jérusalem »), dans Lettres, introduction, texte critique, traduction et notes par Pierre Maraval, coll. Sources Chrétiennes n° 363, Cerf, 1990, p. 105-119. Grégoire ne condamne pas absolument le pèlerinage, mais en relativise la nécessité face à la pureté du cœur. Texte original grec dans l'édition Maraval.

    19 20
  20. Catéchisme de l'Église catholique, § 2691.

    21 31
  21. Lettre aux Hébreux 11, 13-16 : les patriarches « se reconnaissaient étrangers et voyageurs sur la terre » et désiraient « une patrie meilleure, celle des cieux » (traduction liturgique AELF). Cf. aussi 1 P 2, 11.

    22
  22. Lettre aux Hébreux 13, 14, traduction liturgique (AELF).

    23
  23. Saint Augustin, Sermon 111, ch. 2 (PL 38, 643). Cité d'après Les paroles de la vie éternelle (recueil thématique de citations patristiques), section « Tourner son regard vers le Ciel ».

    24
  24. Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 8 : l'Église « avance dans son pèlerinage à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu » (citant saint Augustin, La Cité de Dieu, XVIII, 51). Cf. aussi LG 48-50 sur le caractère eschatologique de l'Église pérégrinante.

    25
  25. Concile Vatican II, Lumen Gentium, n° 58 : la Vierge Marie « avança dans son pèlerinage de foi, gardant fidèlement l'union avec son Fils jusqu'à la croix ».

    26
  26. Catéchisme de l'Église catholique, § 1475, sur la communion des saints entre « ceux qui sont en possession de la patrie céleste, ceux qui ont été admis à expier au purgatoire ou ceux qui sont encore en pèlerinage sur la terre » (citant Paul VI, const. ap. Indulgentiarum doctrina, n° 5).

    27
  27. Pape François, Spes non confundit, 9 mai 2024, n° 5.

    28
  28. Pape François, Spes non confundit, 9 mai 2024, n° 5, sur le pèlerinage qui conduit « au sacrement de la réconciliation, point de départ irremplaçable d'un véritable chemin de conversion ».

    29
  29. Catéchisme de l'Église catholique, § 2696 : « Les lieux les plus favorables pour la prière sont l'oratoire personnel ou familial, les monastères, les sanctuaires de pèlerinage et, surtout, l'église. »

    30
  30. Catéchisme de l'Église catholique, § 1471, citant Paul VI, constitution apostolique Indulgentiarum doctrina (1967), Norme 1 : « L'indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée. »

    32
  31. Le Bureau des constatations médicales de Lourdes, fondé en 1883, examine les déclarations de guérison ; une guérison n'est reconnue comme inexpliquée qu'après l'avis du Comité médical international de Lourdes (CMIL), avant la reconnaissance canonique par l'évêque du malade. Soixante-douze guérisons ont été officiellement reconnues comme miraculeuses depuis 1858, la dernière en date (16 avril 2025) étant celle de l'Italienne Antonia Raco, guérie d'une sclérose latérale primitive lors de son pèlerinage en 2009 et reconnue par l'évêque de Tursi-Lagonegro ; la précédente (8 décembre 2024) était celle du soldat britannique John Traynor, guéri lors d'un pèlerinage en 1923. Cf. les communications du sanctuaire et du Bureau médical (lourdes-france.org).

    33
  32. Pierre Maraval, Lieux saints et pèlerinages d'Orient. Histoire et géographie des origines à la conquête arabe, Cerf, 1985, sur le rôle de l'impératrice Hélène (vers 326-327) et l'essor du pèlerinage de Terre sainte au IVᵉ siècle. La tradition de l'Inventio Crucis est rapportée par saint Ambroise (De obitu Theodosii, 43-48) et Paulin de Nole (Lettre 31).

    34
  33. Égérie, Journal de voyage (Itinéraire), introduction, texte critique et traduction par Pierre Maraval, coll. Sources Chrétiennes n° 296, Cerf, 1982. Le voyage est habituellement daté de 381-384.

    35
  34. Le Codex Calixtinus (ou Liber Sancti Iacobi), manuscrit du XIIᵉ siècle conservé à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, attribué pour partie au pape Calixte II ; son livre V, l'Iter pro peregrinis ad Compostellam attribué à Aymeric Picaud, décrit les routes, les étapes, les sanctuaires et les coutumes des pèlerins. Il est souvent considéré comme le premier guide touristique de l'histoire.

    36
  35. Boniface VIII, bulle Antiquorum habet fida relatio, 22 février 1300, instituant le premier Jubilé et l'indulgence plénière pour les pèlerins visitant les basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul de Rome. Cf. Enchiridion indulgentiarum, Vatican.

    37
  36. Catéchisme de l'Église catholique, § 2111 : attacher l'efficacité d'un signe religieux « à la seule matérialité […] en dehors des dispositions intérieures qu'ils exigent, c'est tomber dans la superstition » (cf. Mt 23, 16-22).

    38
  37. Directoire sur la piété populaire et la liturgie (2001), chap. VIII, sur l'organisation et la finalité du pèlerinage, qui doit demeurer un acte de foi et de conversion et non glisser vers le tourisme ou le commerce. Cf. CEC § 1676.

    40
  38. Martin Luther, À la noblesse chrétienne de la nation allemande (1520), range les pèlerinages parmi les abus à supprimer ; Jean Calvin, Traité des reliques (1543), tourne en dérision le culte des reliques qui motivait nombre de pèlerinages. Voir aussi Institution de la religion chrétienne, livre III.

    41
  39. Concile de Trente, session XXV (3-4 décembre 1563), décret De invocatione, veneratione et reliquiis sanctorum et de sacris imaginibus (DS 1821-1825), réaffirmant la légitimité de la vénération des reliques et des saints face aux critiques des Réformateurs, tout en demandant la correction des abus.

    42
  40. Directoire sur la piété populaire et la liturgie (2001), chap. VIII, qui décrit le pèlerinage en plusieurs moments — le départ, la marche, la station au sanctuaire et le retour à la maison — le retour étant le temps où la grâce reçue doit porter du fruit dans la vie quotidienne.

    43