Prier pour un mort, ce n'est pas douter de la miséricorde de Dieu : c'est y croire assez pour continuer d'aimer par-delà la tombe. Quand un catholique fait dire une messe pour son père défunt, allume un cierge en murmurant « qu'il repose en paix », ou récite le De profundis devant une tombe, il pose l'un des gestes les plus anciens et les plus universels du christianisme. Il affirme, sans le formuler ainsi, une conviction précise : la mort ne rompt pas la charité, et un chrétien peut encore faire du bien à celui qui n'est plus visible.
Cette pratique se heurte pourtant à une objection immédiate, qui vient à l'esprit du croyant lui-même autant que de l'incroyant : à quoi bon ? Si Dieu a déjà jugé le défunt, si son sort éternel est fixé à l'instant de la mort, que peut bien changer une prière prononcée après coup ? Et si l'âme est déjà au Ciel, ou déjà perdue, la prière ne serait-elle pas au mieux inutile, au pire une illusion consolante ?
L'objection est sérieuse, et l'Église ne la contourne pas : elle y répond par une doctrine cohérente, enracinée dans l'Écriture, attestée dès les catacombes, et défendue par les plus grands docteurs. Prier pour les morts n'a de sens que si l'on comprend trois choses : pour qui l'on prie, ce que cette prière peut réellement obtenir, et pourquoi Dieu, qui connaît tout d'avance, tient compte d'une supplique offerte dans le temps. C'est ce que cet article veut éclairer, en renvoyant pour les dossiers voisins aux articles dédiés : la réalité du purgatoire, la nature de la communion des saints, le mécanisme des indulgences et le fait que la prière change moins Dieu que nous-mêmes.
Que demande-t-on exactement en priant pour un mort ?
Avant de justifier la pratique, il faut préciser ce qu'elle vise — car une bonne part des objections repose sur un malentendu sur son objet.
Prier pour un défunt, ce n'est pas prier un défunt : la distinction est capitale. On demande à un saint du Ciel d'intercéder pour nous — c'est le sujet de l'article Faut-il prier les saints ?. On prie pour une âme qui n'est pas encore parvenue à la gloire, afin que Dieu hâte sa purification et l'introduise dans sa lumière. Dans le premier cas, le saint est au-dessus de nous et nous aide ; dans le second, le défunt a besoin de notre aide. Les deux mouvements sont inverses, mais ils reposent sur la même réalité : l'unité de l'Église par-delà la mort.
Prier pour un mort, ce n'est pas davantage prétendre forcer la main de Dieu ni racheter une âme par nos propres forces. Le seul Rédempteur est le Christ. Ce que le fidèle offre — une messe, une aumône, un jeûne, un chapelet — n'a de valeur qu'unie au sacrifice unique du Christ, comme une goutte d'eau versée dans le calice. Le vocabulaire traditionnel parle de suffrages (du latin suffragium, « appui, soutien, vote favorable ») : ce sont des secours spirituels offerts à Dieu en faveur du défunt, et non des transactions qui achèteraient le Ciel.
Enfin, prier pour les morts suppose une conviction sur l'état des défunts. L'Église enseigne qu'à la mort, trois issues sont possibles : la gloire immédiate du Ciel, la perte définitive de l'enfer, ou une purification pour ceux qui meurent dans l'amitié de Dieu mais encore imparfaits. C'est ce troisième état — la purification — qui donne son sens à la prière pour les morts. On y reviendra : sans lui, la pratique serait effectivement absurde.
Une pratique aussi ancienne que la Bible
Loin d'être une invention médiévale, comme on l'entend parfois, la prière pour les défunts plonge ses racines dans le judaïsme d'avant le Christ et traverse sans interruption les vingt siècles chrétiens.
Le témoignage de l'Ancien Testament : Judas Maccabée
Le texte le plus explicite se trouve au deuxième livre des Maccabées (ouvrage rédigé vers 124 av. J.-C.[1]), qui rapporte un épisode des campagnes de Judas Maccabée, au IIᵉ siècle av. J.-C. Après une bataille, Judas découvre que des soldats juifs tombés au combat portaient sur eux des amulettes idolâtres, péché qui explique leur mort. Loin de les abandonner, il organise une collecte et envoie de l'argent à Jérusalem pour qu'un sacrifice soit offert pour leurs péchés. L'auteur sacré commente ce geste par une phrase décisive :
« Car, s'il n'avait pas espéré que ceux qui avaient succombé ressusciteraient, la prière pour les morts était superflue et absurde. Mais il jugeait qu'une très belle récompense est réservée à ceux qui meurent avec piété : c'était là une pensée religieuse et sainte. Voilà pourquoi il fit ce sacrifice d'expiation, afin que les morts soient délivrés de leurs péchés. » — Deuxième livre des Maccabées, 12, 44-46, traduction liturgique (AELF)[2]
Ce passage est capital pour trois raisons. D'abord, il lie explicitement la prière pour les morts à la foi en la résurrection : on ne prie pas pour un néant, mais pour quelqu'un qui vit encore devant Dieu. Ensuite, il qualifie le geste de « religieuse et sainte » — non de superstition. Enfin, il suppose un état intermédiaire : ces soldats ne sont ni au Ciel (ils ont péché), ni tenus pour définitivement perdus, puisqu'on prie pour qu'ils soient « délivrés de leurs péchés ». Le Catéchisme cite d'ailleurs ce verset pour fonder la pratique[3].
L'objection protestante porte sur le canon : les Réformés du XVIᵉ siècle n'ont pas retenu ces livres dans leur canon. Ils s'appuient sur le canon hébreu (les Maccabées, écrits en grec ou dont l'hébreu s'est perdu, n'y figurent pas), sur saint Jérôme — qui distinguait les livres de l'hebraica veritas des livres « ecclésiastiques », lus pour l'édification — et sur 2 M 15, 38, où l'abréviateur s'excuse de sa mise en forme (« Est-il au contraire faible et médiocre ? c'est tout ce que j'ai pu obtenir »). Mais l'Église des origines, hellénophone, a reçu la Septante comme son Ancien Testament ; les conciles d'Hippone (393) et de Carthage (397) ont listé les Maccabées dans le canon, liste reprise par Florence puis par Trente ; et 2 Maccabées reste en tout état de cause un témoin historique de premier plan de la foi juive en la résurrection. Le dossier canonique complet est traité dans l'article Les livres des Maccabées ; on y renvoie pour la discussion détaillée.
Une trace dans le Nouveau Testament : Onésiphore
Le Nouveau Testament ne consacre pas de développement à la prière pour les morts, mais saint Paul en offre un exemple probable. Dans la seconde lettre à Timothée, il prie pour un certain Onésiphore en des termes qui laissent penser que celui-ci est déjà décédé :
« Que le Seigneur fasse miséricorde à la famille d'Onésiphore [...]. Que le Seigneur lui donne de trouver miséricorde auprès de Dieu au jour de sa venue ! » — Deuxième lettre à Timothée, 1, 16-18, traduction liturgique (AELF)[4]
Paul évoque Onésiphore au passé et bénit sa famille plutôt que lui-même vivant : plusieurs commentateurs catholiques y voient une prière pour un défunt — c'est la lecture défendue notamment par Catholic Answers — demandant qu'il trouve miséricorde « au jour de sa venue », c'est-à-dire au jugement. À cela s'ajoute le passage de la première lettre aux Corinthiens où Paul décrit un homme sauvé « comme au travers du feu »[5] : image que la tradition a lue comme celle d'une purification après la mort — le socle scripturaire du purgatoire.
L'Église des catacombes et des Pères
Dès qu'on quitte le Nouveau Testament pour les premiers siècles, le témoignage devient massif. Les murs des catacombes romaines portent, dès les IIᵉ-IIIᵉ siècles, des milliers d'inscriptions funéraires[6] qui sont déjà des prières pour le repos du défunt : « in pace » (dans la paix), « vivas in Deo » (puisses-tu vivre en Dieu), « refrigeret Deus spiritum tuum » (que Dieu rafraîchisse ton âme). Ce ne sont pas des épitaphes neutres, mais des vœux gravés par les chrétiens eux-mêmes pour ceux qu'ils ensevelissent.
Les Pères confirment cet usage sans la moindre hésitation. Tertullien (De corona, 211, et De monogamia, après 213) mentionne comme une évidence que la veuve chrétienne « prie pour l'âme » de son mari défunt et fait offrir le sacrifice à l'anniversaire de sa mort[7]. Saint Cyrille de Jérusalem (IVᵉ siècle) explique aux nouveaux baptisés pourquoi, pendant la messe, on fait mémoire des défunts : cela procure aux âmes, dit-il, un « très grand profit », car on présente alors « le Christ immolé pour nos péchés »[8]. Mais le témoignage le plus émouvant est celui de sainte Monique, mère de saint Augustin. Mourante à Ostie en 387, elle demande à ses deux fils :
« Enterrez ce corps n'importe où, et ne vous mettez pas en peine à son sujet. Tout ce que je vous demande, c'est de vous souvenir de moi à l'autel du Seigneur, où que vous soyez. » — Sainte Monique, rapportée par saint Augustin, Confessions, IX[9]
Augustin obéira, et confiera dans les Confessions la prière qu'il élève pour sa mère défunte — page qui a nourri la piété chrétienne pendant seize siècles. Un peu plus tard, saint Jean Chrysostome donne à la pratique sa formulation la plus forte, que le Catéchisme cite au § 1032 :
« Portons-leur secours et faisons leur commémoraison. Si les fils de Job ont été purifiés par le sacrifice de leur père, pourquoi douterions-nous que nos offrandes pour les morts leur apportent quelque consolation ? N'hésitons pas à porter secours à ceux qui sont partis et à offrir nos prières pour eux. » — Saint Jean Chrysostome, cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 1032[10]
Pourquoi est-ce possible ? La logique de la communion des saints
Ces témoignages ne suffisent pas à répondre à l'objection de fond : comment une prière prononcée sur terre pourrait-elle atteindre un mort ? La réponse tient en une expression du Credo : la communion des saints.
Ni les damnés ni les bienheureux : les âmes en voie de purification
La prière pour les morts n'aurait aucun sens si tout se jouait de façon absolue et instantanée à la mort. Or l'Église distingue soigneusement trois états, et un seul rend la prière opérante.
| État du défunt | Situation | La prière des vivants… |
|---|---|---|
| Au Ciel | Déjà dans la gloire, pleinement uni à Dieu | …n'ajoute rien à sa béatitude, mais notre honneur lui revient, et lui intercède pour nous |
| En purification | Sauvé, mais encore à purifier de ses attaches au péché | …le soulage et hâte son entrée dans la gloire |
| En enfer | Définitivement séparé de Dieu par son propre refus | …ne peut plus l'atteindre : le choix est irrévocable |
C'est donc pour le deuxième état que l'on prie utilement. Un damné s'est fermé à Dieu pour toujours ; un bienheureux n'a plus besoin de rien. Mais l'âme qui meurt aimant Dieu tout en gardant des « dettes » de péché — ces attaches, ces réparations non faites, cette suie que la charité parfaite n'a pas encore consumée — celle-là peut être aidée. Hormis les saints canonisés — pour qui l'Église ne prie plus, mais qu'elle invoque[11] —, elle ne prétend pas savoir qui se trouve dans quel état : c'est pourquoi elle prie pour tous ses morts, s'en remettant à Dieu du reste, sans jamais déclarer personne damné. Prier pour un défunt, c'est donc un acte d'espérance : on le confie à la miséricorde, sans jamais le juger perdu.
Une seule famille répartie en trois états
Pourquoi cette aide est-elle possible ? Parce que le baptême crée entre tous les membres du Christ un lien que la mort ne coupe pas. L'Église comprend trois « états » — les fidèles en marche sur terre (l'Église militante), les âmes en purification (l'Église souffrante), les bienheureux du Ciel (l'Église triomphante) — mais un seul Corps, celui du Christ. Or, dans un corps vivant, les membres se portent secours. Le Catéchisme l'énonce directement :
« Reconnaissant dès l'abord cette communion qui existe à l'intérieur du Corps mystique de Jésus Christ, l'Église, en ses membres qui cheminent sur la terre dès les premiers temps du christianisme, a entouré de beaucoup de piété la mémoire des défunts en offrant aussi pour eux ses suffrages, car "la pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés, est une pensée sainte et pieuse" (2 M 12, 45). » — Concile Vatican II, constitution Lumen Gentium, § 50, cité par le Catéchisme, § 958[12]
C'est le même échange spirituel qui circule dans les trois états : les saints du Ciel intercèdent pour nous, nous prions pour les défunts en purification, et ceux-ci peuvent, selon le Catéchisme, « rendre efficace leur intercession en notre faveur » (CEC 958)[13]. La prière pour les morts n'est donc pas un canal isolé : elle est un flux dans la circulation de charité qui unit toute l'Église. Le dossier complet est développé dans Qu'est-ce que la communion des saints ?.
« Si Dieu sait déjà tout, à quoi bon prier ? »
Reste l'objection la plus philosophique, et la plus fréquente. Dieu connaît de toute éternité le sort de chaque âme ; il a déjà « décidé ». Une prière ajoutée après coup ne serait-elle pas soit inutile (si Dieu allait le faire de toute façon), soit vaine (si sa décision est arrêtée) ?
L'erreur est de se représenter Dieu comme un souverain qui délibère dans le temps et changerait d'avis. Dieu est éternel : il n'attend pas nos prières pour les découvrir, il les voit toutes présentes dans son unique regard. Quand il dispose la purification et la gloire d'une âme, il y inclut de toute éternité les prières que ses proches offriront pour elle. La prière ne modifie donc pas un décret déjà pris ; elle est, dans le plan de Dieu, une des causes par lesquelles il a voulu accorder ce qu'il accorde. Saint Thomas d'Aquin résume : Dieu ordonne certains effets à être obtenus par la prière, non pour que nous l'informions, mais pour que nous ayons « la dignité de la causalité » et grandissions dans la confiance[14] — cette charité unissant vivants et défunts étant, selon lui, la condition même de l'utilité des suffrages[15].
Autrement dit, la question « Dieu allait-il le faire de toute façon ? » est mal posée. Dans le dessein réel de Dieu, la délivrance de tel défunt passe précisément par la messe que sa fille fait célébrer. Supprimez la prière, et vous ne trouvez pas « le même résultat sans elle » : vous trouvez un autre plan, où cette âme n'a pas reçu ce secours-là. C'est exactement le mécanisme analysé, pour les vivants, dans l'article Pourquoi prier si Dieu sait déjà tout ? : la prière ne renseigne ni ne fléchit Dieu, elle nous associe à son action.
Que « fait » concrètement la prière pour un défunt ?
Il faut être précis sur ce que la prière obtient — et sur ce qu'elle n'obtient pas — pour ne pas promettre au fidèle une magie que la foi ne connaît pas.
Ce que la prière pour les morts ne peut pas faire : elle ne fait pas passer une âme de l'enfer au Ciel, car l'orientation ultime de la volonté est fixée à la mort. Elle ne « rachète » pas non plus un défunt par nos mérites propres, comme si le salut se monnayait. Et elle n'oblige pas Dieu.
Ce qu'elle peut faire, en revanche, est immense. Pour une âme en voie de purification, nos suffrages obtiennent un soulagement réel et une purification hâtée : ce que le défunt aurait accompli seul, dans la souffrance de l'attente, la charité de l'Église l'obtient plus vite et plus doucement. C'est la doctrine constante, formulée dès le concile de Lyon II (1274) puis de Florence (1439) : les âmes du purgatoire « sont soulagées par les suffrages des fidèles vivants, à savoir les sacrifices de la messe, les prières, les aumônes et les autres œuvres de piété »[16]. Le concile de Trente la confirmera contre les Réformateurs :
« Il existe un purgatoire, et les âmes qui y sont retenues sont soulagées par les suffrages des fidèles, et principalement par l'acceptable sacrifice de l'autel. » — Concile de Trente, XXVᵉ session (1563), décret sur le purgatoire[17]
On notera l'expression « principalement par l'acceptable sacrifice de l'autel » : de tous les suffrages, la messe est le plus grand, parce qu'elle offre non pas nos pauvres œuvres, mais le sacrifice même du Christ. C'est le sens de l'adage souvent répété : le plus beau cadeau que l'on puisse faire à un défunt n'est pas une fleur, mais une messe.
Comment prier pour les morts ? Les formes concrètes
La prière pour les défunts n'est pas une intention vague : l'Église lui a donné des formes précises. Le Magistère n'enseigne qu'une primauté : celle de la messe (Trente : « potissimum », « principalement ») ; le classement eucharistie, aumône, prière vient de saint Augustin, repris par le Supplément de la Somme théologique (q. 71, a. 9)[18].
Dans son Traité des fins dernières, Arnaud Dumouch explique cette comparaison par deux critères. Du point de vue de la charité, le sacrifice eucharistique et l'aumône ont le plus de valeur : l'Eucharistie contient le Christ, qui unit l'Église, et l'aumône est le principal effet de la charité. Du point de vue de l'intention, la prière vient en premier, parce qu'elle vise directement celui pour qui elle est faite. Cette distinction laisse leur utilité aux autres bonnes œuvres accomplies en état de grâce pour les âmes du purgatoire : c'est la charité, et non la seule matérialité des œuvres, qui est source de vie[19].
La messe offerte pour le défunt
Le suffrage par excellence est l'offrande de la messe à l'intention d'un défunt. Faire « dire une messe » pour un mort, c'est demander au prêtre d'appliquer les fruits du saint sacrifice à cette âme particulière. Le Catéchisme le rappelle : l'Eucharistie est offerte « aussi pour les fidèles défunts qui sont morts dans le Christ et ne sont pas encore pleinement purifiés »[20]. Toute messe comporte d'ailleurs un memento des morts, où le célébrant nomme et confie les défunts. La forme la plus solennelle en est la messe de requiem, dont le nom vient de l'introït « Requiem aeternam dona eis, Domine » — « Donne-leur, Seigneur, le repos éternel ».
Les indulgences appliquées aux défunts
Le fidèle peut aussi appliquer aux âmes du purgatoire une indulgence, c'est-à-dire la remise, puisée dans le trésor des mérites du Christ et des saints, de la peine temporelle due au péché — c'est-à-dire des suites du péché qui demeurent après le pardon de la faute et appellent purification (CEC 1472). L'Église permet expressément d'en offrir le fruit « aux défunts par mode de suffrage » (CIC 994, cité au CEC 1471)[21]. Ainsi, visiter pieusement un cimetière en y priant pour les défunts, du 1ᵉʳ au 8 novembre, permet d'obtenir chaque jour une indulgence plénière applicable à un défunt (Enchiridion Indulgentiarum, conc. 29, § 1)[22]. Le mécanisme exact — peine temporelle, indulgence partielle ou plénière, conditions — est expliqué dans Qu'est-ce qu'une indulgence ?.
L'aumône, le jeûne et les œuvres de pénitence
Dès le sacrifice offert à Jérusalem pour les soldats tombés — une collecte envoyée au Temple (2 M 12, 43) —, la prière pour les morts s'accompagne d'œuvres : donner aux pauvres à l'intention d'un défunt, s'imposer une pénitence pour lui, offrir ses souffrances. L'aumône compte, avec l'eucharistie et la prière, parmi les trois principaux suffrages (saint Augustin ; Supplément, q. 71, a. 9 ; cf. CEC 1032 : « les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence »)[23]. Le jeûne, lui aussi utile, n'est pas compté par saint Augustin parmi les principaux : il n'y est joint que par la charité et la direction d'intention. La logique de ces dons est celle de la satisfaction offerte pour un autre — la réparation présentée à Dieu en faveur du défunt —, dans la solidarité du Corps du Christ.
Les prières de la piété populaire
Enfin, la piété chrétienne a multiplié les formules courtes que tout fidèle peut faire siennes : le De profundis (psaume 129, « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur »), l'oraison « Requiem aeternam », le chapelet offert pour un défunt, ou la simple invocation « Mon Dieu, accueille-le dans ta paix ». Ces prières brèves, répétées surtout au moment du décès, aux obsèques, et à chaque anniversaire, tissent le lien quotidien du croyant avec ses morts. Elles trouvent leur cadre liturgique dans les funérailles chrétiennes.
Un jour et un mois pour les défunts
L'Église a fini par consacrer un jour entier à cette prière. En 998 selon la date traditionnelle — les historiens situent plutôt l'institution après 1030[24] —, saint Odilon, abbé de Cluny, prescrit à tous les monastères de son ordre de célébrer, le lendemain de la Toussaint, un office pour tous les fidèles défunts. La coutume se répand dans toute la chrétienté et devient la Commémoration de tous les fidèles défunts du 2 novembre.
- IIᵉ siècle av. J.-C.Judas Maccabée
Le sacrifice offert pour les soldats tombés (campagnes de Judas ; livre rédigé vers 124 av. J.-C.), qualifié de « pensée sainte et pieuse » (2 M 12, 45).
- IIᵉ-IIIᵉ siècleLes catacombes
Les inscriptions funéraires romaines (« in pace », « refrigeret Deus ») sont autant de prières pour le repos des défunts.
- 387Sainte Monique
Mourante, la mère de saint Augustin demande seulement qu'on se souvienne d'elle « à l'autel du Seigneur ».
- 998 (date traditionnelle)La commémoration des défunts
Saint Odilon de Cluny institue l'office du 2 novembre pour tous les fidèles défunts (les historiens situent plutôt l'institution après 1030) ; il gagnera l'Église universelle.
- 1274 · 1439 · 1563Les conciles
Lyon II, Florence puis Trente définissent que les âmes du purgatoire sont soulagées par les suffrages des vivants.
Ce qu'en disent les saints et les mystiques
La théologie donne la structure ; les saints donnent la chaleur. Aucun n'a douté de l'utilité de prier pour les morts, et plusieurs en ont fait l'un des cœurs de leur vie spirituelle.
Sainte Catherine de Gênes (✝ 1510), dans son Traité du purgatoire, décrit les âmes qui s'y purifient comme brûlant d'un amour immense de Dieu, souffrant de ne pas encore le voir, mais acceptant cette purification avec paix — sans même pouvoir se retourner vers les secours qu'on leur offre : l'aumône faite pour elles diminue leur peine, mais elles « ne peuvent se retourner pour en prendre connaissance et s'y attacher », laissant tout à la volonté de Dieu[25]. Saint Alphonse de Liguori (✝ 1787) rappelle qu'« il est certain et même de foi que nous pouvons soulager ces saintes âmes par nos suffrages personnels », les âmes du purgatoire étant « aussi notre prochain »[26]. Le saint Curé d'Ars recommandait « surtout trois dévotions », dont « la dévotion aux âmes du purgatoire », et soutint la fondation d'une œuvre de prières pour elles, dont la devise était « prier, souffrir, agir pour les âmes du purgatoire »[27].
Plus près de nous, sainte Faustine Kowalska (✝ 1938) raconte dans son Petit Journal qu'ayant demandé au Seigneur « pour qui je devais encore prier », elle fut conduite par son ange gardien au purgatoire : les âmes y « prient avec ferveur, mais sans efficacité pour elles-mêmes ; nous seuls pouvons les aider », et leur plus grande souffrance est « la nostalgie de Dieu »[28]. C'est à elle aussi que Jésus confie, au huitième jour de la neuvaine à la Miséricorde : « Puise dans le trésor de Mon Église toutes les indulgences, et offre-les en leur nom »[29]. Ce que ces saints attestent d'expérience recoupe exactement la doctrine : nos morts ne sont pas hors d'atteinte, ils attendent notre charité.
Les objections, une à une
« La Bible ne parle pas de prière pour les morts »
C'est faux si l'on tient le canon catholique : 2 Maccabées 12 est explicite. La véritable objection porte donc sur le canon : les Réformés n'ont pas retenu dans leur canon les livres dits deutérocanoniques — reçus dans la Septante et le canon catholique, absents de la Bible hébraïque. Ils s'appuient sur le canon hébreu, sur saint Jérôme et sur 2 M 15, 38 (voir plus haut). Mais ces livres étaient lus par les Juifs de langue grecque, cités par les Pères et listés par les conciles d'Hippone (393) et de Carthage (397) bien avant la Réforme. Le dossier est traité dans Les livres des Maccabées.
« Après la mort, il est trop tard »
On cite l'épître aux Hébreux : « comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d'être jugés » (He 9, 27, traduction liturgique AELF)[30]. C'est vrai — mais cela vise l'orientation ultime de la vie, qui se fixe à la mort : on ne peut plus, après elle, choisir Dieu ou le refuser. Cela ne dit rien de la purification de celui qui est mort en ami de Dieu mais imparfait. Le « trop tard » vaut pour se convertir, non pour être purifié. Prier pour les morts ne suppose nullement une seconde chance de salut : cela suppose seulement que le salut déjà acquis puisse s'achever, et que la charité de l'Église y aide.
« C'est une invention médiévale pour vendre des messes »
L'accusation confond deux choses. La prière pour les morts est attestée avant le christianisme (Maccabées) et dès les catacombes : elle est donc antérieure de plus de mille ans au Moyen Âge. Ce sont certains abus tardifs autour des indulgences et des honoraires de messe qui ont, au XVIᵉ siècle, prêté le flanc à la critique — abus que l'Église elle-même a condamnés et réformés. Confondre la pratique apostolique avec ses déformations ultérieures, c'est jeter la doctrine avec les abus. La prière pour les morts n'a jamais eu besoin d'argent : une prière murmurée devant une tombe suffit.
Pour aller plus loin
- Le purgatoire est-il biblique ? — le fondement scripturaire de l'état de purification, sans lequel la prière pour les morts n'aurait pas d'objet.
- Que dit l'Église sur le purgatoire ? — la doctrine précise sur l'état des âmes que l'on aide par nos suffrages.
- Qu'est-ce que la communion des saints ? — le lien qui rend possible l'entraide entre les trois états de l'Église.
- Qu'est-ce qu'une indulgence ? — le mécanisme des indulgences applicables aux défunts.
- Faut-il prier les saints ? — le mouvement inverse : demander aux bienheureux de prier pour nous.
- Pourquoi prier si Dieu sait déjà tout ? — la réponse à l'objection « Dieu a déjà décidé ».
- Les livres des Maccabées — le dossier canonique du texte clé, 2 M 12, 44-46.
- La messe de requiem dans l'histoire — le suffrage suprême, offert pour les défunts.
- Les funérailles chrétiennes — le cadre liturgique de la prière pour un défunt.
Notes et références
Le deuxième livre des Maccabées est un abrégé de l'œuvre perdue de Jason de Cyrène ; sa rédaction est communément datée vers 124 av. J.-C. L'épisode du sacrifice pour les soldats tombés appartient aux campagnes de Judas Maccabée (mort au combat en 160 av. J.-C.), dont le récit couvre environ 180-161 av. J.-C. (cf. l'article Les livres des Maccabées).
1Deuxième livre des Maccabées, 12, 44-46, traduction liturgique officielle francophone (AELF). Le récit complet (12, 38-46) rapporte la découverte des amulettes idolâtres sur les soldats tombés, la collecte de deux mille pièces d'argent envoyée à Jérusalem, et le sacrifice offert « afin que les morts soient délivrés de leurs péchés ».
2Catéchisme de l'Église catholique, § 958 (Mame/Plon, 1992 ; texte officiel français sur vatican.va), citant Lumen Gentium, § 50 : « Reconnaissant dès l'abord cette communion qui existe à l'intérieur de tout le corps mystique de Jésus-Christ, l'Église en ses membres qui cheminent sur terre a entouré de beaucoup de piété la mémoire des défunts dès les premiers temps du christianisme en offrant aussi pour eux ses suffrages ; car "la pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés, est une pensée sainte et pieuse" (2 M 12, 45). » Et : « Notre prière pour eux peut non seulement les aider mais aussi rendre efficace leur intercession en notre faveur. »
3 13Deuxième lettre à Timothée, 1, 16-18, traduction liturgique officielle (AELF) : « Que le Seigneur fasse miséricorde à la famille d'Onésiphore... Que le Seigneur lui donne de trouver miséricorde auprès de Dieu au jour de sa venue ! » Lecture défendue notamment par Catholic Answers, tract « All Souls Day » (https://www.catholic.com/tract/all-souls-day-day-of-the-dead-dia-de-los-muertos) : « in 2 Timothy 1:16-18, Paul prays for the soul of Onesiphorus ».
4Première lettre aux Corinthiens, 3, 15, traduction liturgique officielle (AELF) : « si l'ouvrage est entièrement brûlé, il en subira le préjudice. Lui-même sera sauvé, mais comme au travers du feu. » Passage lu par la tradition (cf. CEC § 1031) comme évoquant une purification.
5Cf. le corpus de G. B. De Rossi, Inscriptiones christianae urbis Romae septimo saeculo antiquiores (Rome, t. 1, 1857-1861), qui recueille par milliers les inscriptions funéraires chrétiennes des premiers siècles, dont beaucoup portent ces vœux pour le repos du défunt.
6Tertullien, De corona, III, 3 (211) : « Oblationes pro defunctis, pro nataliciis, annua die facimus » (« Nous faisons des offrandes pour les défunts, pour les anniversaires, chaque année ») ; et De monogamia, X, 5 (œuvre montaniste, postérieure à 213) : « Enimvero et pro anima eius orat et refrigerium interim adpostulat ei et in prima resurrectione consortium et offert annuis diebus dormitionis eius » (« Et elle prie pour son âme, lui demande en attendant le rafraîchissement et la participation à la première résurrection, et offre [le sacrifice] aux jours anniversaires de son endormissement »). Textes latins : Patrologia Latina, t. 2.
7Saint Cyrille de Jérusalem (IVᵉ siècle), Catéchèses mystagogiques, V, § 9-10, cité au CEC § 1371 : la supplication offerte pendant l'anaphore procure aux âmes un « très grand profit », car l'on y présente « le Christ immolé pour nos péchés » (Patrologia Graeca, t. 33, 1116B-1117A).
8Saint Augustin, Confessions, livre IX, ch. 11 (§ 27) pour les dernières paroles de sainte Monique à Ostie (387), et ch. 13 (§ 36-37) pour la prière qu'Augustin élève ensuite pour sa mère défunte. Traduction française classique ; texte latin dans la Patrologia Latina, t. 32. « Ponite hoc corpus ubicumque; nihil vos eius cura conturbet: tantum illud vos rogo, ut ad Domini altare memineritis mei, ubiubi fueritis. »
9Catéchisme de l'Église catholique, § 1032 (texte officiel français), citant saint Jean Chrysostome, Homélies sur la première épître aux Corinthiens, 41, 5 (Patrologia Graeca, t. 61, 361C) : « Portons-leur secours et faisons leur commémoraison. Si les fils de Job ont été purifiés par le sacrifice de leur père (cf. Jb 1, 5), pourquoi douterions-nous que nos offrandes pour les morts leur apportent quelque consolation ? [...] N'hésitons pas à porter secours à ceux qui sont partis et à offrir nos prières pour eux. »
10Saint Augustin, Serm. 159, 1 (PL 38, 356-357) : « Iniuria est enim pro martyre orare, cujus nos debemus orationibus commendari » (« C'est faire injure au martyr que de prier pour lui, alors que nous devons nous recommander à ses prières » ; trad. libre) ; cf. Serm. 284, 5 et 285, 5.
11Concile Vatican II, constitution Lumen Gentium, § 50 (texte officiel français sur vatican.va), cité au CEC § 958. Ce n'est pas le CEC § 1032, qui cite, lui, saint Jean Chrysostome (voir note précédente).
12Saint Thomas d'Aquin, Summa Theologiae, Iᵃ, q. 22, a. 3 : Dieu gouverne les inférieurs par les supérieurs, non par manque de puissance, mais pour communiquer aux créatures jusqu'à « la dignité de la causalité » ; et IIᵃ-IIᵃᵉ, q. 83, a. 2 : on ne prie pas pour changer le dessein de Dieu, mais pour obtenir ce que Dieu a disposé d'accorder à nos prières — avec le mot de saint Grégoire cité par Thomas : c'est en demandant que les hommes méritent de recevoir ce que Dieu a disposé de toute éternité de donner (Dialogues, I, 8) ; et si Dieu exige en certains cas notre prière, c'est pour notre bien : que nous prenions confiance dans le recours à lui (sol. 3).
14Saint Thomas d'Aquin, Summa Theologiae, Supplément, q. 71, a. 9 (les prières de l'Église, le sacrifice de l'autel et les aumônes profitent-ils aux défunts ?) : ces trois suffrages — le sacrifice eucharistique, l'aumône et la prière, déjà énumérés par saint Augustin (De la sollicitude due aux morts, XVIII) — sont comptés comme les principaux secours des défunts ; ils ne profitent qu'autant que les vivants et les défunts sont unis dans la charité. Le jeûne, utile lui aussi par la charité et la direction d'intention, n'est pas compté par saint Augustin parmi les principaux (sol. 1-2).
15 18 23Concile de Florence, décret pour les Grecs Laetentur caeli (6 juillet 1439), Denzinger-Hünermann n° 1304 : les âmes du purgatoire « sont soulagées par les suffrages des fidèles vivants, à savoir les sacrifices de la messe, les prières, les aumônes et les autres œuvres de piété ». Reprend la définition du deuxième concile de Lyon (1274, DH 856).
16Concile de Trente, XXVᵉ session (3-4 décembre 1563), Decretum de purgatorio, Denzinger-Hünermann n° 1820 : « Cum catholica Ecclesia [...] docuerit purgatorium esse, animasque ibi detentas fidelium suffragiis, potissimum vero acceptabili altaris sacrificio iuvari [...]. » (« ... qu'il existe un purgatoire, et que les âmes qui y sont retenues sont soulagées par les suffrages des fidèles, et principalement par l'acceptable sacrifice de l'autel. »)
17Arnaud Dumouch, Le retour du Christ en gloire, un événement vécu à l'heure de la mort comme à la fin du monde, suivi du Traité des fins dernières, version du 6 août 2019, éditeur non indiqué, Traité des fins dernières, question 21, article 10, conclusion et solutions ; page PDF 516. Aucune pagination imprimée n'est visible dans l'extraction ; le contexte de l'article 10 s'étend sur les pages PDF 515-517.
19Catéchisme de l'Église catholique, § 1371 (texte officiel français) : « Le sacrifice eucharistique est aussi offert pour les fidèles défunts "qui sont morts dans le Christ et ne sont pas encore pleinement purifiés" (cf. Concile de Trente : DS 1743), pour qu'ils puissent entrer dans la lumière et la paix du Christ. » Le paragraphe cite ensuite sainte Monique (« à S. Augustin et son frère ») puis saint Cyrille de Jérusalem (« très grand profit pour les âmes » ; PG 33, 1116B-1117A).
20Catéchisme de l'Église catholique, § 1471 (texte officiel français) : « Tout fidèle peut gagner des indulgences pour soi-même ou les appliquer aux défunts » (CIC, can. 994). Le Code de droit canonique, can. 994, précise : « Tout fidèle peut gagner pour lui-même ou appliquer aux défunts par mode de suffrage des indulgences partielles ou totales. » Cf. CEC § 1479 : « Puisque les fidèles défunts en voie de purification sont aussi membres de la même communion des saints, nous pouvons les aider entre autres en obtenant pour eux des indulgences, de sorte qu'ils soient acquittés des peines temporelles dues pour leurs péchés. »
21Enchiridion Indulgentiarum (Manuel des indulgences), conc. 29, § 1 : indulgence plénière, applicable aux seules âmes du purgatoire, chaque jour du 1ᵉʳ au 8 novembre, pour qui visite pieusement un cimetière en y priant, même mentalement, pour les défunts (conditions ordinaires : confession, communion, prière aux intentions du pape).
22La date de 998 est traditionnelle ; la Catholic Encyclopedia (art. « St. Odilo ») la tient pour improbable et place l'institution de la commémoration du 2 novembre dans les monastères clunisiens après 1030.
24Sainte Catherine de Gênes (1447-1510), Traité du purgatoire, ch. 15 : « Si quelqu'un en ce monde fait une aumône à leur intention et qu'ainsi la durée de leur peine soit diminuée, elles ne peuvent se retourner pour en prendre connaissance et s'y attacher. » Trad. française in La grande Dame du pur amour (Namur, Éd. du Soleil Levant ; texte et divisions d'après le P. Valeriano da Finalmaria, 1929, sur l'édition princeps de 1551).
25Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), Le Grand Moyen de la prière, Iʳᵉ partie, chap. « Il est de notre devoir de prier pour les âmes du purgatoire » : « il est certain et même de foi que, par nos suffrages, et surtout par nos prières, nous pouvons soulager ces saintes âmes » ; « la charité nous oblige à secourir le prochain... Or, il est certain que les âmes du purgatoire sont à compter parmi notre prochain. » (passage vérifié dans la traduction anglaise des Rédemptoristes, Prayer: The Great Means of Salvation and of Perfection, Iʳᵉ partie).
26Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars (1786-1859) : « M. Vianney recommandait surtout trois dévotions : la dévotion à la passion de Notre-Seigneur et à son Eucharistie, la dévotion à la sainte Vierge et la dévotion aux âmes du purgatoire » (Alfred Monnin, Vie du Curé d'Ars, Paris, Douniol, 1861, p. 504-505) ; sur l'œuvre des Auxiliatrices, dont la devise était « prier, souffrir, agir pour les âmes du purgatoire » (ibid., p. 404-407 — devise vérifiée p. 406 sur la réimpression Douniol de 1864, de même pagination). La parole souvent citée sur « le pouvoir » des âmes du purgatoire « sur le Cœur de Dieu » n'a pas été retrouvée dans l'imprimé vérifié (ni dans la Vie de 1861, ni dans la traduction anglaise de l'Esprit, 1865) : elle n'est pas reprise ici entre guillemets.
27Sainte Faustine Kowalska, Petit Journal. La Miséricorde divine dans mon âme, § 20 : ayant demandé au Seigneur « pour qui je devais encore prier », elle est conduite par son ange gardien au purgatoire, où les âmes « prient avec ferveur, mais sans efficacité pour elles-mêmes ; nous seuls pouvons les aider » ; leur plus grande souffrance est « la nostalgie de Dieu », et Dieu dit : « Ma Miséricorde ne veut pas cela, mais la justice l'exige. » (numérotation des §§ commune aux éditions).
28Sainte Faustine Kowalska, Petit Journal, § 1226 (huitième jour de la neuvaine à la Miséricorde), parole de Jésus : « Puise dans le trésor de Mon Eglise toutes les indulgences, et offre-les en leur nom. » (Le § 1225 est la prière du septième jour ; les paroles du huitième jour — « Draw all the indulgences from the treasury of My Church and offer them on their behalf » — sont au § 1226.)
29Épître aux Hébreux, 9, 27, traduction liturgique officielle (AELF) : « comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d'être jugés ».
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