Pape Constantin (708-715)

Pape de 708 à 715, Constantin est un Syrien fluent en grec et le dernier pontife à se rendre à Constantinople avant Paul VI en 1967 : voyage triomphal auprès de Justinien II en 710-711, puis résistance ferme à Philippicus le monothélite.

Ignispedia

Pape Constantin (Constantinus) gouverne l'Église de Rome du 25 mars 708 au 9 avril 715. Le Saint-Siège le présente comme le 88e pape de l'Église catholique, d'origine syrienne, fils de Jean, successeur du très bref Sisinnius et prédécesseur de saint Grégoire II.[1]

Son pontificat appartient à ce que l'historiographie appelle la papauté byzantine : ces décennies où plusieurs papes nés en Orient gouvernent la Rome chrétienne dans une Italie encore théoriquement byzantine, où l'empereur a besoin de Rome pour parler à l'Église universelle, et où Rome a besoin de l'empire pour garder ses patrimoines et la paix de la ville.[2] Constantin est sans doute le cas le plus net : Syrien, parfaitement à l'aise en grec, ancien légat romain à Constantinople III en 680-681, il connaît la cour impériale de l'intérieur avant même son élection.[3][4]

Le voyage à Constantinople de 710-711, à l'invitation de l'empereur Justinien II, est l'événement central du pontificat. Constantin est reçu au septième mille avec les honneurs réservés à un souverain ; à Nicomédie, l'empereur se prosterne à ses pieds ; le dimanche suivant, il reçoit la communion de la main du pape ; les privilèges du Siège apostolique sont confirmés ; un compromis sur les canons contestés du concile Quinisexte (in Trullo, 691-692) est négocié par le diacre Grégoire, futur saint Grégoire II. Aucun pape ne reviendra à Constantinople avant Paul VI en 1967.[5][6][7]

« Constantin, de nation syrienne, fils de Jean, siège sept ans et quinze jours. » — Liber Pontificalis, notice de Constantin (traduction française)[8]

Mais ce pape oriental, accueilli par un empereur de l'Orient, est aussi le pape qui doit refuser un empereur de l'Orient. Quelques semaines après le retour de Constantin à Rome (24 octobre 711), Justinien II est assassiné en décembre 711 ; son fils Tibère, co-empereur, est égorgé au pied de l'autel ; Philippicus Bardanès, monothélite, monte sur le trône et veut imposer à nouveau la doctrine condamnée à Constantinople III. Constantin réunit Rome, condamne en synode la lettre impériale, refuse l'effigie monétaire de Philippicus, refuse de commémorer l'empereur à la messe, et fait représenter dans Saint-Pierre les six conciles œcuméniques. Ainsi, en moins de cinq ans, le même pape négocie avec l'Orient et résiste à l'Orient — pour la même foi catholique.[9][10][11][12]

Pourquoi le Pape Constantin compte-t-il ?

Le dernier pape à Constantinople jusqu'à 1967

Le voyage de 710-711 est devenu un repère mémoriel. Pendant plus de douze siècles, aucun pape ne retournera dans la capitale de l'empire d'Orient. Il faudra attendre la visite de Paul VI au patriarche Athénagoras en 1967 pour qu'un pape réintroduise Constantinople dans son itinéraire personnel.[13]

Cette continuité d'un silence pontifical à l'égard de Constantinople appartient à l'histoire commune de l'Orient et de l'Occident chrétiens. Elle marque la rupture progressive entre Rome et l'Orient byzantin, qui aboutira au schisme de 1054 et ne sera réamorcée que par le concile Vatican II et la rencontre Paul VI-Athénagoras à Jérusalem en 1964 puis à Constantinople en 1967. Constantin est donc une borne historique précise dans la longue séparation des deux poumons de l'Église.

Un Syrien à Rome, mais un homme romain

Treccani souligne que Constantin, filius Iohannis d'origine syrienne, n'est pas un agent oriental parachuté à Rome : il appartient déjà au clergé romain au rang de sous-diacre régionnaire.[14] Le Liber Pontificalis note ensuite qu'il avait été choisi avec d'autres clercs romains par le pape Agathon pour porter à Constantinople la lettre dogmatique romaine destinée au sixième concile œcuménique, et qu'il était revenu à Rome avec les actes du concile au moment où le pape Léon II avait à charge leur confirmation occidentale.[15][16]

Treccani précise même que Constantin pourrait avoir été le frère du bref pape Sisinnius, sans certitude documentaire.[17] Le fait solide est ailleurs : avant d'être pape, il connaissait déjà personnellement Constantinople, la cour impériale, la salle du Trullus, les actes conciliaires et les codes diplomatiques romains. Quand l'empereur convoque le pape, l'empereur convoque un homme qui sait exactement ce qui se passe à Constantinople.

Le pape qui n'a pas plié devant Philippicus

L'autre raison de son importance est plus austère. Le voyage de 710-711 aurait pu rester un épisode brillant et isolé : un Syrien reçu en triomphe à Constantinople. Mais l'année 712 retourne complètement le tableau. L'empereur monothélite Philippicus prétend défaire Constantinople III ; Constantin refuse, fait condamner par synode la lettre impériale et fait représenter les six conciles dans Saint-Pierre pour fixer la mémoire orthodoxe.[18][19]

C'est ce contraste qui donne à Constantin son relief catholique. Il est le pape capable de l'accueil somptueux et capable du refus sans drame inutile : il ne casse pas la communion politique avec l'empire, mais il refuse l'effigie, le nom, la doctrine. Cette fermeté discrète prépare l'œuvre doctrinale de saint Grégoire II, qui sera lui pape de la crise iconoclaste.[20]

Les sources principales

Tableau des témoins

SourceDateCe qu'elle apportePrudence
Saint-Siègeliste actuelle88e pape, dates 25.III.708 - 9.IV.715, origine syrienneNotice officielle très brève
Liber Pontificalis, notice "Constantinus"tradition romaine, éd. DuchesneOrigine syrienne, légation à Constantinople III, voyage de 710-711 (itinéraire, Tibère et Cyrus au 7e mille, prostration de Justinien II, communion, privilèges confirmés), résistance à Philippicus, mosaïque des six conciles, Felix de Ravenne, ordinations, durée du pontificat, sépultureSource narrative principale, point de vue romain
Treccani / David Miller1984Carrière romaine antérieure, fraternité possible avec Sisinnius, négociation conduite par Grégoire diacre, retour le 24 octobre 711, mosaïque des six conciles, duché Christophorus/Pietro, paix sous Anastase II, dépendance de Pavie, restitution du patrimonium Alpium Cottiarum par Ariperto IIMeilleure synthèse moderne accessible
Catholic Encyclopedia / New Advent1908Résumé biographique, voyage, prostration et baisement de pieds, communion donnée à l'empereur, renouvellement des privilèges, Philippicus monothélite, synode romain condamnant la lettre, mosaïque des six conciles, Felix de Ravenne, mortAncienne mais riche et catholique
BritannicamoderneTrullan canons, supremacy romaine sur Ravenne, Cenred de Mercie, Justinien II convoque le pape, Philippicus monothélite, Anastase IITrès synthétique
Wikipedia anglais "Pope Constantine"contemporain, sourcé Mann/EkonomouNaissance à Tyr en 664, fluence grecque, voyage 5.X.710-24.X.711, palais Placidia, négociation par Grégoire futur Grégoire II, refus monnaies/portrait, dernier pape à Constantinople avant Paul VI 1967Sources secondaires modernes, à recouper
Wikipedia anglais "Felix of Ravenna" / "Justinian II" / "Philippicus"contemporainFelix consacré par Constantin en 709, prétention d'indépendance, capture par troupes de Justinien II, déportation, aveuglement, exil à Cherson, retour après 711 ; Justinien II mort 4.XI.711 à Damatrys ; Philippicus déposé et aveuglé 3.VI.713 dans l'hippodromeSources secondaires modernes, à recouper avec Mann/Ostrogorsky
Mann, Lives of the Popes in the Early Middle Ages1902Synthèse classique catholique du voyage de 710-711, du conflit avec Philippicus, de Felix de Ravenne et de la dépendance de PavieRéférence ancienne, à recouper avec les sources modernes
Ostrogorsky, History of the Byzantine State1956Contexte politique byzantin, succession Justinien II / Philippicus / Anastase II / Théodose III / Léon III, préfiguration de l'iconoclasmeRéférence sur la chronologie impériale

Le Saint-Siège : les bornes sûres

La fiche officielle du Vatican fixe les bornes : début du pontificat le 25 mars 708, fin le 9 avril 715, origine syrienne.[21] Le titre le plus juste est donc : Pape Constantin (708-715).

Le Liber Pontificalis donne une durée de sept ans et quinze jours, suivie d'une vacance de quarante jours avant l'élection de Grégoire II.[22][23] Ces chiffres correspondent à la chronologie officielle du Saint-Siège et fournissent l'ordre de grandeur exact.

Le Liber Pontificalis : un récit proche des événements

La notice romaine commence par l'identité : Constantin, de nation syrienne, fils de Jean, siège sept ans et quinze jours.[24] Le portrait moral est sobre : la notice insiste sur sa simplicité, sa douceur, sa libéralité avec les pauvres, et fait du voyage à Constantinople la grande narration du pontificat.[25]

Le texte donne ensuite le cœur historique : convocation par l'empereur, départ avec une délégation de clercs, itinéraire par Naples, Sicile, Reggio, Otrante, traversée vers Constantinople, accueil au septième mille par Tibère et le patriarche Cyrus, prostration de Justinien II, communion donnée à l'empereur, confirmation des privilèges, retour à Rome, ordinations, résistance à Philippicus, mosaïque des six conciles, sépulture à Saint-Pierre.[26][27]

Treccani : la clé d'interprétation moderne

La notice de David Miller dans le Dizionario Biografico degli Italiani est précieuse parce qu'elle replace Constantin dans le siècle byzantin de la papauté. Elle refuse de réduire ces papes orientaux à des marionnettes impériales : leur compétence linguistique et leur ancrage dans la diaspora orientale leur permettent au contraire d'être les meilleurs négociateurs de Rome face à Constantinople.[28]

Elle souligne aussi la dimension géopolitique : le voyage de 710-711 ne se limite pas à un débat doctrinal sur les canons quinisextes ; il touche la question de Ravenne, l'équilibre fiscal de l'empire en Italie, le statut de Pavie, et l'identité même de la papauté dans une Italie où l'autorité impériale est encore présente mais déjà fragile.[29]

Avant le pontificat : un Syrien dans la Rome grecque

Origine syrienne

Le Liber Pontificalis donne deux informations sûres : Constantin est de nationalité syrienne et son père s'appelle Jean.[30] La notice anglophone de Wikipédia (« Pope Constantine ») place sa naissance à Tyr (aujourd'hui au Liban) vers 664.[31] Ni le Liber Pontificalis, ni la fiche du Saint-Siège (qui indique seulement la Syrie), ni la notice Treccani ne donnent ce lieu ni cette année : Tyr 664 reste une donnée non corroborée, à recevoir avec prudence.[32][33]

La prudence n'enlève rien à l'essentiel : Constantin appartient à cette diaspora orientale chrétienne qui afflue vers Rome au VIIᵉ siècle, fuyant ou suivant les bouleversements provoqués par l'expansion musulmane, l'écrasement de l'Empire perse, les conquêtes en Syrie, en Égypte et en Afrique du Nord. Plusieurs papes du milieu et de la fin du VIIᵉ siècle viennent du même monde : Jean V le Syrien d'Antioche, Serge I de famille antiochienne, Sisinnius le Syrien, Constantin lui aussi.[34][35]

Sous-diacre régionnaire et clerc romain

Le Liber Pontificalis rappelle que Constantin est entré dans le clergé romain et qu'il en avait atteint le rang de sous-diacre régionnaire avant 680.[36] Ce point est important : il n'est pas un évêque oriental parachuté au pontificat, ni un moine étranger imposé par l'empereur. Il est entré dans la hiérarchie romaine par les portes normales et a servi dans l'administration ecclésiale de la ville.

Treccani précise que Constantin était probablement le frère du bref pape Sisinnius, prédécesseur immédiat, mort vingt jours après son élection en 708. La donnée reste une hypothèse, mais elle s'inscrit bien dans le profil familial d'un clergé romain à forte composante orientale.[37]

Légat à Constantinople III (680-681)

L'élément le plus solide de sa biographie pré-pontificale est sa légation conciliaire. Le Liber Pontificalis raconte que le pape Agathon avait envoyé Constantin, avec les prêtres Georges et Théodore et le diacre Jean, comme représentants romains au sixième concile œcuménique réuni à Constantinople du 7 novembre 680 au 16 septembre 681.[38][39] Ce concile définit la doctrine catholique des deux volontés naturelles et deux opérations naturelles dans le Christ.[40]

Constantin n'est donc pas seulement un témoin du dossier monothélite ; il est un acteur, à un poste subalterne mais essentiel. Quand, plus de trente ans plus tard, le monothélisme reviendra avec Philippicus, Constantin parlera en homme qui a connu la salle du Trullus, vu les évêques voter, écouté Macaire d'Antioche défendre sa cause et entendu la définition finale acclamée le 16 septembre 681.

Porteur des actes en 682

Le Liber Pontificalis ajoute encore que Constantin avait été choisi par le pape Léon II pour porter les actes du concile et la confession synodale romaine à l'empereur Constantin IV en 682.[41][42] On voit alors un homme déjà investi de la confiance romaine pour parler à l'empereur byzantin.

Avant d'être pape : sous-diacre régionnaire, légat au concile de Constantinople III et porteur des actes conciliaires — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Cette continuité est précieuse pour comprendre 710-711 : le pape qui accomplit le voyage royal vers Constantinople l'a déjà fait trente ans plus tôt comme légat. Il connaît la diplomatie impériale, la cour, les chambellans, la langue. C'est probablement l'une des raisons pour lesquelles Justinien II l'appelle plutôt que d'imposer à Rome une procédure plus violente.

708 : succéder à Sisinnius

Sisinnius : vingt jours au Latran

Le 15 janvier 708, le pape Sisinnius est consacré. Sa santé est très mauvaise ; le Liber Pontificalis note qu'il était incapable d'amener ses mains à sa bouche à cause de la goutte, mais qu'il avait néanmoins une volonté ferme et qu'il commanda la cuisson de chaux pour la restauration des murs de Rome.[43] Il meurt le 4 février 708, après vingt jours de pontificat — dates de la liste officielle des papes du Saint-Siège (15.I.708 – 4.II.708).[44][45]

Cette mort précipitée explique le contexte de l'élection de Constantin. La ville est déjà en chantier de fortifications ; les patrimoines romains en Sicile et en Calabre sont menacés par les pressions fiscales ; Ravenne murmure ; Justinien II règne depuis son retour spectaculaire sur le trône en 705 et veut faire reconnaître les canons quinisextes. Le Siège ne peut pas rester vacant longtemps.

Élection 25 mars 708

Constantin est élu et consacré le 25 mars 708. Le Liber Pontificalis indique qu'il prend possession du Latran ; la fiche du Saint-Siège confirme la date.[46][47]

Treccani souligne que la procédure d'élection romaine, depuis la réforme obtenue par Benoît II auprès de Constantin IV en 684-685, n'exige plus une confirmation impériale longue qui paralyse le siège.[48][49] Constantin peut donc être consacré assez vite. Cette autonomie procédurale relative est l'un des acquis discrets de la papauté byzantine du VIIᵉ siècle.

709 : la question de Felix, archevêque de Ravenne

Une consécration aussitôt contestée

L'une des premières affaires graves du pontificat est la consécration de Felix, nouvel archevêque de Ravenne, par Constantin en 709.[50][51] À peine ordonné, Felix se dérobe à l'obéissance romaine et s'appuie sur le pouvoir séculier ravennate pour affirmer une forme d'autocéphalie : Ravenne aurait des droits propres qui la dispensent de la juridiction romaine.[52]

Ce dossier n'est pas nouveau. Sous Vitalien (657-672), Constant II avait soutenu une autocéphalie ravennate ; sous Donus (676-678) et Agathon (678-681), le retour vers Rome avait commencé ; il n'est jamais totalement clos. Felix prolonge la tentation autocéphale dans le contexte fragile du début du VIIIᵉ siècle.

Une expédition impériale punit Ravenne

Indépendamment du conflit avec Rome, Justinien II veut punir Ravenne pour avoir, selon lui, joué un rôle dans son éviction et son exil en 695-705. Une expédition byzantine est envoyée en 709 ; la ville est prise ; plusieurs notables sont déportés à Constantinople ; Felix est jugé, aveuglé et exilé à Cherson, sur la mer Noire.[53][54]

Le détail compte. Avant même le voyage du pape à Constantinople, Justinien II a montré qu'il peut frapper Ravenne avec une violence extrême. Cette intervention impériale renforce paradoxalement la position romaine : sans avoir besoin d'agir lui-même, le pape voit Ravenne soumise par la force impériale.

Le retour et la soumission de Felix

Après l'assassinat de Justinien II en décembre 711, Felix est libéré et revient de Pontus à Ravenne.[55][56] Treccani indique qu'il finit par se soumettre au Saint-Siège, en remettant au pape les documents d'obéissance qu'il avait d'abord refusé de signer.[57] La Catholic Encyclopedia résume la scène : Constantin soutient la suprématie romaine contre l'insubordination de Felix ; Felix se soumet après un grand malheur.[58][59]

L'épisode montre l'articulation typique de cette époque : Rome n'a pas besoin de forcer l'autorité, l'empire frappe de son côté pour des raisons politiques, et la conséquence est une réintégration ecclésiale. Mais Constantin n'instrumentalise jamais l'aveuglement impérial : il accueille la soumission de Felix dans les formes canoniques, et son successeur Grégoire II achèvera la pacification de Ravenne.[60]

Les canons du Quinisexte (in Trullo) : l'enjeu du voyage

Un concile disciplinaire de 691-692

Le concile Quinisexte ou in Trullo s'est tenu à Constantinople en 691-692, sous la première partie du règne de Justinien II. Convoqué pour compléter les cinquième et sixième conciles œcuméniques (Constantinople II en 553 et Constantinople III en 680-681) par une législation disciplinaire, il a promulgué 102 canons.[61]

Plusieurs canons heurtent profondément la discipline romaine : le canon 13 autorise les prêtres et les diacres mariés à continuer la vie conjugale ; le canon 55 interdit le jeûne romain du samedi en Carême ; le canon 82 interdit la représentation du Christ sous la figure de l'Agneau, image courtoise en Orient mais déjà chère à Rome. Le canon 36 réaffirme la parité entre Constantinople et Rome dans les termes du canon 28 de Chalcédoine, ce qui choque la sensibilité romaine.

Le refus de Serge I (701)

Serge I (687-701) refuse formellement de signer les actes en 692. La tradition rapporte qu'il préféra mourir plutôt que d'approuver les nouveautés contraires aux usages romains. Justinien II envoie le protospathaire Zacharie pour le ramener à Constantinople, comme jadis le pape Martin I, mais l'armée italienne défend le pape et la mission échoue.[62] Le protospathaire est un officier supérieur de la cour de Constantinople, chef des gardes qui portent l'épée.

Cette résistance romaine sous Serge I a posé un précédent : aucune signature pontificale ne sera donnée pour valider tels quels les canons quinisextes. Mais l'empereur Justinien II n'a pas oublié l'affront. Quand il revient au pouvoir en 705 après dix ans d'exil et de mutilation (d'où son surnom de Rhinotmète), il rouvre le dossier.

Jean VII (705-707) tergiverse

Le successeur lointain de Serge I, Jean VII (705-707), reçoit aussi des sollicitations impériales pour faire approuver les canons. Le Liber Pontificalis rapporte qu'il les renvoie à l'empereur sans approuver ni rejeter formellement, par crainte humaine selon la notice romaine elle-même.[63] L'attitude est jugée timide mais elle laisse le dossier ouvert.

C'est ce dossier ouvert que Justinien II rouvre une troisième fois en 710 en convoquant Constantin : après le refus de Serge I puis le renvoi des actes sans approbation par Jean VII, l'empereur tente à nouveau d'obtenir l'adhésion romaine aux canons du concile Quinisexte de 692.[64]

La pression impériale n'a pas faibli en vingt ans : trois papes successifs ont eu à dire non, ou à ne pas dire oui.

710-711 : le voyage à Constantinople

L'iussio impériale et la décision romaine

En 710, l'empereur Justinien II adresse à Constantin une iussio impériale lui demandant de venir à Constantinople.[65][66] Le pape accepte. La décision n'est pas évidente : Constantin sait que les précédents convoqués (Vigile en 547, Martin I en 653) ont mal fini.[67][68] Mais il sait aussi que Justinien II vient de châtier Ravenne, qu'il a rétabli partiellement les patrimoines romains en restituant les biens, et qu'il a montré, lors d'autres dossiers, une attention au prestige romain.

Le voyage n'est donc pas un déplacement de soumission. C'est une visite diplomatique d'État : le pape se déplace en chef de l'Église universelle, à l'invitation officielle de l'empereur, pour négocier des dossiers ecclésiaux. Le Liber Pontificalis précise qu'avant le départ, Constantin laisse à Rome l'archiprêtre, l'archidiacre et le primicerius des notaires pour gouverner l'Église en son absence, selon la coutume.[69][70] Le primicerius des notaires est le chef de la chancellerie romaine, le premier des clercs chargés des actes officiels.

Départ : 5 octobre 710

Le départ a lieu le 5 octobre 710 depuis Porto, port de Rome.[71][72] La délégation comprend treize personnes, parmi lesquelles plusieurs clercs orientaux et le futur saint Grégoire II, alors diacre du Siège apostolique.[73][74]

L'itinéraire suit la côte tyrrhénienne puis l'Adriatique :

  • Naples, où le pape est reçu avec honneur ;
  • Sicile : Palerme et Reggio en Calabre ;
  • Gallipoli ;
  • Otrante, où la délégation passe l'hiver 710-711 ;
  • Île de Chios, où le strategos (le général byzantin qui commande la flotte impériale de la région) les rejoint ;
  • traversée de la mer Ionienne et de l'Égée ;
  • Constantinople au printemps 711.[75][76]

Le pape réside au palais Placidia, qui avait jadis hébergé le pape Vigile en 547 et les apocrisiaires romains.[77] Les apocrisiaires sont les représentants permanents du pape auprès de l'empereur à Constantinople.

Accueil au septième mille

L'accueil est conçu comme un adventus impérial. Au septième mille de la ville, la délégation impériale attend le pape : le co-empereur Tibère, fils âgé d'environ six ans de Justinien II ; le patriarche Cyrus de Constantinople ; les sénateurs ; les nobles ; le clergé palatial.[78][79]

Le Liber Pontificalis précise un détail iconographique célèbre : Constantin entre dans la ville monté sur un cheval aux selles dorées, les rênes d'or, et portant sur la tête le kamelaukion, c'est-à-dire le diadème impérial que seul le souverain est autorisé à porter et seulement pour « une grande fête publique du Seigneur ».[80][81]

Le geste n'est pas une plaisanterie : c'est une déclaration publique. L'empereur reconnaît au pape une dignité quasi impériale dans le triomphe.

« Le jour suivant, revêtu de la chape, portant autour de la tête le diadème de soie, monté sur un cheval enharnaché, les rênes et les harnais ornés d'or, il entra dans la cité royale. » — Liber Pontificalis, notice de Constantin (l'entrée triomphale dans Constantinople)[82]

La rencontre à Nicomédie : la prostration de Justinien II

Nicomédie, 711 : Justinien II reçoit Constantin avec les honneurs impériaux — illustration originale Ignispedia créée par IA.

Justinien II, lui, attend le pape à Nicomédie, au lieu de l'attendre à Constantinople même. Le Liber Pontificalis raconte qu'il se prosterne aux pieds du pape, lui baise les pieds et l'embrasse mutuellement. La Catholic Encyclopedia commente sobrement que l'empereur cruel reçut le pape avec le plus grand honneur, « se prosternant devant lui et lui baisant les pieds ».[83][84]

« Le jour où ils se virent l'un l'autre, le très chrétien Auguste, la couronne sur la tête, se prosterna et baisa les pieds du pontife ; puis ils tombèrent dans une mutuelle étreinte. » — Liber Pontificalis, notice de Constantin (la prostration de Justinien II)[85]

Le Liber Pontificalis atteste ainsi une prostration publique de l'empereur devant le pape, la couronne sur la tête, suivie d'une mutuelle étreinte[86] ; la Catholic Encyclopedia reprend le même geste : l'empereur reçoit le pape avec le plus grand honneur, se prosternant devant lui et lui baisant les pieds.[87] L'important est moins le degré exact de l'humiliation impériale que la nature publique du geste : Justinien II met en scène la dignité du Siège apostolique au cœur même de l'Orient.

La messe du dimanche : la communion donnée à l'empereur

Le dimanche suivant, le pape célèbre la messe et donne la communion à Justinien II. À cette occasion, l'empereur renouvelle ou confirme « tous les privilèges » de l'Église romaine.[88][89]

Ce détail liturgique a une portée ecclésiale très précise. L'empereur byzantin a souvent prétendu communier selon les modes impériaux, c'est-à-dire à part, dans le sanctuaire. Justinien II reçoit ici la communion des mains du pape, dans la position normale du fidèle. Le geste ne nie pas la dignité impériale, mais il rappelle que l'empereur reçoit l'Eucharistie de la main du successeur de Pierre, comme tout chrétien.

La négociation du diacre Grégoire

Le grand débat doctrinal et disciplinaire est conduit, selon Treccani, par le diacre Grégoire, futur saint Grégoire II.[90] Le résultat est ce que la littérature moderne appelle parfois le compromis de Nicomédie ou compromis de Constantinople.

Le contenu : Constantin n'approuve pas en bloc les canons quinisextes. Il accepte seulement les dispositions déjà approuvées par les conciles précédents et compatibles avec la foi catholique. Les canons qui contredisent l'usage romain — célibat strict du clergé, jeûne du samedi, interdiction de la figure de l'Agneau — sont laissés sans approbation explicite.[91][92][93]

Canon QuinisexteContenuPosition romaine sous Constantin
Canon 13Maintien de la vie conjugale des prêtres et diacres mariésNon approuvé : Rome maintient son usage du célibat
Canon 36Parité Rome / Constantinople (reprise du canon 28 de Chalcédoine)Non approuvé tel quel
Canon 55Interdiction du jeûne du samedi en CarêmeNon approuvé : Rome maintient son usage
Canon 82Interdiction de représenter le Christ sous la figure de l'AgneauNon approuvé : l'iconographie romaine est libre
Canons disciplinaires compatiblesMœurs du clergé, jeux, taverne, etc.Acceptés dans la mesure de leur conformité aux conciles précédents
Le compromis de Nicomédie : Rome distingue les canons compatibles des usages disciplinaires qu'elle ne reçoit pas tels quels — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le compromis est habile. Il évite la rupture mais sauve l'essentiel : la liberté liturgique et disciplinaire de l'Occident. Treccani souligne que l'empereur, après l'échec des procédés coercitifs employés contre Serge I, donne cette fois au pape des assurances qui ôtent à l'invitation tout contenu contraignant — et que les résultats restent les mêmes.[94]

Retour à Rome : 24 octobre 711

Le pape reprend la mer en automne ; il rentre à Gaète, puis à Rome le 24 octobre 711, exactement un an et dix-neuf jours après son départ.[95][96] Le Liber Pontificalis note la joie de la ville et l'organisation des cérémonies du retour.[97]

Le voyage pontifical de 710-711, de Porto à Constantinople puis retour par Gaète et Rome — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le voyage est, en lui-même, un succès. Il restera dans la mémoire ecclésiale comme la dernière démonstration de la communion politique et liturgique entre Rome et Constantinople avant la longue crise iconoclaste et le schisme.

Les pèlerins anglo-saxons à Rome (709)

Coenred de Mercie et Offa d'Essex

Coenred de Mercie et Offa d'Essex déposent leurs insignes royaux à Rome et embrassent la vie monastique — illustration originale Ignispedia créée par IA.

En 709, deux rois anglo-saxons quittent leurs royaumes pour Rome. Coenred, roi de Mercie depuis 704, abdique en faveur de son cousin Ceolred. Offa, roi des Saxons de l'Est, l'accompagne. Tous deux veulent devenir moines à Rome, dans la mouvance des grandes conversions anglo-saxonnes lancées par Grégoire le Grand et continuées par Vitalien.[98][99]

Le Liber Pontificalis note simplement, dans la notice de Constantin, que « en son temps, deux rois des Saxons sont venus avec beaucoup d'autres prier les apôtres ; comme ils l'espéraient, leur vie a vite pris fin ».[100] La phrase est sobre, mais elle dit beaucoup : les rois ont obtenu la grâce qu'ils cherchaient — mourir à Rome dans la prière auprès du tombeau de Pierre.

Tonsure par le pape

Coenred et Offa reçoivent la tonsure des mains du pape Constantin, embrassent la vie monastique et meurent peu après à Rome.[101] L'événement est rapporté aussi par Bède le Vénérable dans son Historia ecclesiastica gentis Anglorum, livre V.[102]

L'épisode dit la place de Rome dans l'imaginaire anglo-saxon au début du VIIIᵉ siècle : un sanctuaire, une école monastique, une dernière demeure souhaitée par des rois chrétiens. C'est aussi pour la papauté un témoignage que la mission anglaise lancée plus de cent ans plus tôt continue de porter ses fruits.

Pavie soumise au Saint-Siège (711)

Le conflit avec Milan

En 711, l'archevêque Benoît de Milan revendique son droit de consacrer le nouvel évêque de Pavie, Armentaire. L'affaire touche un partage juridictionnel ancien entre Milan, Pavie et le Saint-Siège dans la Lombardie. Le roi lombard Ariperto II est intervenu, et le pape Constantin tranche.[103][104]

Treccani précise que Constantin soustrait Pavie à Milan et la place dans la dépendance directe du Saint-Siège.[105] Cette décision n'est pas une nouveauté arbitraire : elle correspond à une situation existante, mais elle la fixe juridiquement.

Le patrimonium Alpium Cottiarum

Treccani relie cette décision à un autre fait : entre 705 et 707, Ariperto II avait restitué à l'Église romaine le patrimonium Alpium Cottiarum, c'est-à-dire les patrimoines pontificaux des Alpes Cottiennes que les Lombards avaient confisqués.[106][107]

La dépendance directe de Pavie peut donc être lue comme une réponse de Constantin à un geste lombard amical : Rome reçoit ses biens patrimoniaux, et confirme en retour l'autorité directe du Saint-Siège sur Pavie. Le dossier est mineur dans la mémoire collective, mais il manifeste l'attention de Constantin aux équilibres concrets de l'Italie chrétienne.

711-713 : la crise Philippicus Bardanès

Mort de Justinien II, meurtre du jeune Tibère

Quelques semaines après le retour du pape à Rome (24 octobre 711), Justinien II est assassiné en décembre 711 à Damatrys en Opsikion, lors d'une révolte partie de Cherson sous l'usurpateur Bardanes, qui prend le nom de Philippicus.[108][109][110] L'épisode est l'un des plus tragiques du Bas-Empire byzantin : la mère de Justinien réfugie le jeune Tibère, son fils de six ans et co-empereur, à l'autel de l'église Sainte-Marie des Blachernes ; les soldats de Philippicus le traînent hors du sanctuaire et l'égorgent sur place.[111]

Ce drame n'est pas seulement une violence politique : c'est la disparition brutale du co-empereur de six ans qui avait, quelques mois plus tôt, accueilli Constantin au septième mille de Constantinople. Le pape vient de perdre un interlocuteur impérial et un enfant qu'il avait approché.

Philippicus monothélite

Le nouveau régime est monothélite. Philippicus, ancien officier exilé à Cherson, soutient publiquement la doctrine condamnée par Constantinople III : une seule volonté dans le Christ. Il dépose dès son arrivée le patriarche Cyrus, qui avait accueilli Constantin, et installe à sa place un patriarche monothélite, Jean VI de Constantinople.[112]

Pour Constantin, le coup est d'une grande gravité doctrinale : l'empereur attaque non pas seulement une discipline, mais le sixième concile œcuménique lui-même. Et Constantin, ancien légat de 680-681, ne peut pas accepter une telle remise en cause.

Conciliabule de 712 et lettres impériales

En 712, Philippicus convoque à Constantinople un conciliabule d'évêques orientaux. Ce concile sans valeur catholique abolit les canons du sixième concile œcuménique, réinstalle dans les diptyques les noms des hérétiques monothélites que Constantinople III avait fait effacer (Sergius, Cyrus, Honorius, Pyrrhus, Paul, Pierre, Macaire), et enlève la mosaïque du sixième concile qui ornait le palais impérial.[113][114][115] Les diptyques sont les listes officielles des noms lus pendant la messe : y être inscrit signifie être reconnu en communion avec l'Église.

Philippicus envoie ensuite à Rome une lettre impériale demandant au pape Constantin l'adhésion. Le pape réunit à Rome un synode ; la lettre est examinée et condamnée.[116][117]

« Car Constantin, n'admettant en rien l'empereur hérétique lui-même, rejeta sa lettre. » — Liber Pontificalis, notice de Constantin (le pape refuse Philippicus monothélite)[118]

La mosaïque des six conciles à Saint-Pierre

Rome fixe les six conciles œcuméniques à Saint-Pierre pendant que Philippicus tente d'effacer Constantinople III — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Au moment où Philippicus efface la mosaïque du sixième concile à Constantinople, Constantin fait à Rome le geste exactement inverse : il fait représenter dans la basilique Saint-Pierre les six conciles œcuméniques, à l'intérieur d'une arca (un édicule).[119][120]

L'image n'a pas été conservée, mais l'intention est claire : ce qu'un empereur monothélite essaie d'effacer à Constantinople, Rome le fixe dans le marbre, le verre et la pierre. Le décor de Saint-Pierre devient un manuel doctrinal pour les pèlerins : Nicée 325, Constantinople I 381, Éphèse 431, Chalcédoine 451, Constantinople II 553, Constantinople III 680-681 — les six conciles que les catholiques reçoivent en commun.

Refus du portrait, des monnaies et de la commémoration

Le pape pousse encore plus loin la rupture liturgique et symbolique :

  • Il refuse de recevoir le portrait impérial envoyé par Philippicus, contrairement à l'usage qui voulait qu'il fût accroché dans la résidence pontificale et acclamé.
  • Il refuse de faire entrer en circulation à Rome les monnaies portant l'effigie de Philippicus.
  • Il refuse de commémorer le nom de l'empereur à la messe, ce qui est une rupture liturgique grave dans la tradition byzantine.[121][122][123]
Face à Philippicus : pas de portrait, pas de monnaie, pas de commémoration liturgique — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Ces trois refus ne sont pas des gestes anecdotiques : à l'époque, ils signifient publiquement que Rome ne reconnaît plus l'empereur hérétique comme empereur catholique. Constantin n'invente pas la révolte ; il pose un acte canonique.

Conflit urbain à Rome : Christophorus et Pietro

À Rome même, la résistance romaine s'organise. Le duc Christophorus, favorable à la position du pape, est déposé par les autorités impériales. Philippicus envoie un nouveau duc, Pietro, qui doit imposer l'autorité de Constantinople.[124]

Le Liber Pontificalis et Treccani rapportent un combat sur la Via Sacra, où les partisans du duc déposé et ceux du nouveau duc s'affrontent. Constantin intervient pacifiquement : il dépêche des prêtres portant des croix et des Évangiles pour faire cesser le combat. La scène est très belle et très typique : le pape ne mobilise pas la milice romaine ; il interpose la liturgie.[125][126]

Via Sacra, 712-713 : Constantin envoie des prêtres portant la croix et l'Évangile pour pacifier l'affrontement urbain — illustration originale Ignispedia créée par IA.

Le pape envoie des prêtres avec la croix et l'Évangile au milieu du sang urbain.

L'incident dit deux choses. D'abord, la papauté byzantine n'est pas une dictature ecclésiale : Rome reste une ville politique avec ses ducs, ses milices, ses partis. Ensuite, le pape pèse réellement dans la ville : il a l'autorité morale d'arrêter une bagarre civique. Constantin est le pape de la résistance non violente à un empereur hérétique.

713-715 : la paix retrouvée sous Anastase II

La chute de Philippicus : 3 juin 713

Le 3 juin 713, les troupes du thème de l'Opsikion, mécontentes de l'empereur, aveuglent Philippicus dans l'hippodrome de Constantinople. Il est déposé. Son règne aura duré moins de deux ans.[127]

Le Liber Pontificalis et la Catholic Encyclopedia relient explicitement cette chute à la persistance romaine : pendant que Philippicus essayait de défaire un concile, Rome avait gardé la foi des six conciles, et Constantinople elle-même finit par rejeter son empereur. Sans en tirer un récit miraculeux, l'historiographie ecclésiale a vu dans cette concordance un signe de la fragilité du pouvoir hérétique.[128][129]

Anastase II : la profession de foi orthodoxe

Anastase II, qui succède à Philippicus, est orthodoxe. Dès la Pentecôte 713, il envoie à Rome une profession de foi catholique par l'intermédiaire de l'exarque Scholasticus, c'est-à-dire le gouverneur byzantin d'Italie qui réside à Ravenne. Le Liber Pontificalis note que la lettre impériale affirme la foi du sixième concile œcuménique et garantit que les Romains qui avaient résisté à Philippicus ne seraient pas punis.[130][131][132]

C'est le couronnement non spectaculaire mais décisif du pontificat. La résistance n'a pas brisé l'empire ; elle a, au contraire, ramené l'empire à la foi commune. Constantin, qui avait reçu Justinien II avec splendeur, reçoit Anastase II avec sobriété mais avec la même intégrité doctrinale.

Reprise de la communion liturgique

La Catholic Encyclopedia rapporte que le patriarche Jean, qui avait participé sous Philippicus à un acte hérétique, redevient orthodoxe et écrit que la prééminence apostolique du pape est à toute l'Église ce que la tête est au corps.[133]

La formule est ancienne — elle vient de la tradition patristique sur le primat — mais sa reprise dans cette lettre impériale signifie une chose : la résistance romaine n'a pas servi à humilier Constantinople, elle a servi à la sauver doctrinalement.

Administration romaine et œuvre concrète

Les ordinations

Le Liber Pontificalis donne un bilan administratif. Constantin a ordonné dans diverses Églises soixante-quatre évêques, et à Rome quatorze prêtres et trois diacres (les chiffres varient légèrement selon les éditions et selon ce qui est compté à Rome ou hors de Rome).[134][135] Même en pleine crise impériale, un pontificat de sept ans continue donc de pourvoir l'Église dans les routines normales.

Un document : le privilège des monastères anglais

L'Encyclopedia.com (New Catholic Encyclopedia) présente comme le document pontifical survivant de Constantin le privilège qui autorise les monastères anglais à élire leurs supérieurs.[136] La Catholic Encyclopedia (Mann, 1908) corrobore qu'un tel privilège anglais a pu se conserver : citant Haddan et Stubbs (Councils, III, 276), elle juge possiblement authentique le privilège accordé aux monastères de Bermondsey et de Woking — et écarte en revanche comme apocryphes les pièces d'Evesham portant le nom de Constantin.[137] Le détail est précieux : il montre qu'au-delà des grandes affaires, Constantin gère la liberté ecclésiale ordinaire — celle des monastères anglais qui doivent pouvoir choisir leurs abbés sans dépendre d'un pouvoir civil ou d'une instance locale ambiguë.

Soin des pauvres et des pèlerins

Le Liber Pontificalis, dans sa partie biographique, insiste aussi sur la libéralité de Constantin envers le clergé et les pauvres. Au retour du voyage, il aurait distribué des sommes considérables ; il aurait soutenu les hospices et les diaconies romaines.[138] Cette dimension caritative se trouve dans presque toutes les notices des papes du VIIᵉ siècle, mais elle vaut la peine d'être rappelée : un pape ne se définit pas par les seuls dossiers diplomatiques.

Mort, sépulture, héritage

9 avril 715

Constantin meurt à Rome le 9 avril 715, après sept ans et quinze jours de pontificat selon le Liber Pontificalis.[139][140] Le siège reste vacant quarante jours avant l'élection de saint Grégoire II.[141]

Sa sépulture est dans la basilique constantinienne de Saint-Pierre, près des autres papes du VIIᵉ et du début du VIIIᵉ siècle. La basilique disparaîtra avec la reconstruction de la Renaissance, mais la mémoire du pape est conservée dans les livres pontificaux et dans la liste officielle du Saint-Siège.

Le successeur

Le successeur n'est pas un inconnu : c'est précisément Grégoire, le diacre qui avait négocié à Nicomédie. Devenu pape sous le nom de Grégoire II, il sera le pape de la grande crise iconoclaste sous l'empereur Léon III l'Isaurien.[142] La continuité doctrinale et personnelle entre Constantin et Grégoire II est presque parfaite : c'est l'équipe romaine de 710-711 qui gouverne encore l'Église en 715.

Le dernier pape à Constantinople

Le voyage de 710-711 reste, jusqu'en 1967, la dernière visite officielle d'un pape à Constantinople.[143] Cette donnée chronologique a une valeur symbolique : elle marque la fin d'un mode d'unité impériale et liturgique entre Rome et l'Orient grec.

Sous saint Grégoire II, la crise iconoclaste rompra publiquement les relations religieuses ; les empereurs séquestreront les patrimoines pontificaux du Sud de l'Italie ; les Lombards prendront Ravenne en 751 ; le pape se tournera vers les Francs ; le couronnement de Charlemagne en 800 ouvrira un autre monde. Le voyage de Constantin est donc, dans la grande structure historique, l'ultime acte d'unité diplomatique entre la papauté et Constantinople pendant plus d'un millénaire.

Lecture spirituelle et doctrinale

La fidélité dans la diplomatie

708-715 : sept ans entre Constantinople et Rome — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le premier enseignement du pontificat est qu'accepter une rencontre n'est pas céder. Constantin va à Constantinople ; il reçoit avec dignité ; il célèbre publiquement la messe pour l'empereur ; mais sur les canons quinisextes qui contredisent l'usage romain, il ne signe pas. La diplomatie n'est jamais une dilution du dépôt.

La leçon vaut aussi pour les dossiers contemporains. Un dialogue avec un interlocuteur lointain n'oblige pas à approuver ses positions ; il oblige seulement à les écouter sérieusement, à parler clairement, et à laisser intacte la confession catholique.

La résistance dans la liturgie

Le deuxième enseignement est le rôle politique de la liturgie. Face à Philippicus, Constantin n'écrit pas seulement des lettres : il refuse l'effigie, il refuse les monnaies, il refuse la commémoration. Et il fait peindre les six conciles dans Saint-Pierre.

Ces gestes ne sont pas mineurs. Ils manifestent qu'à Rome, la foi se voit, se chante, se grave dans la pierre. C'est la même intuition qui inspirera plus tard la résistance romaine à l'iconoclasme : la vérité chrétienne n'est pas seulement une thèse, elle est une image, un texte liturgique, un nom prononcé à l'autel.

Le pape pacifique au milieu de la violence

Le troisième enseignement est la paix active. Sur la Via Sacra, pendant que deux factions s'affrontent autour des ducs Christophorus et Pietro, Constantin n'arme personne, ne convoque personne au tribunal civil ; il envoie des prêtres avec la croix et l'Évangile et fait cesser le combat.[144]

L'image vaut comme principe pastoral. Quand la violence éclate dans la cité, le pape n'a pas d'autre arme que le Christ ; mais cette arme suffit, à condition d'être portée au milieu du sang.

« ...jusqu'à ce que le pontife envoyât des prêtres avec les Évangiles et la croix du Seigneur, et qu'ainsi les partis s'apaisent. » — Liber Pontificalis, notice de Constantin (l'intervention sur la Via Sacra)[145]

Chronologie

DateÉvénementImportance
vers 664Naissance de Constantin en Syrie (Tyr selon Wikipédia, non corroboré)Origine syrienne, fluence grecque
680Légat romain au sixième concile œcuméniquePrésence directe à Constantinople III
682Porte les actes du concile à Constantin IVMission diplomatique sous Léon II
4 février 708Mort de Sisinnius après 20 jours de pontificatVacance courte
25 mars 708Élection et consécration de ConstantinDébut du pontificat
709Consécration de Felix de RavenneAffaire d'autocéphalie ravennate
709Pèlerinage de Coenred de Mercie et Offa d'EssexTonsure par le pape
709Capture de Ravenne par Justinien II, aveuglement de FelixFrappe impériale
5 octobre 710Départ de Porto pour ConstantinopleVoyage diplomatique
Printemps 711Arrivée à Constantinople, réception à NicomédieProstration de Justinien II
711Dépendance directe de Pavie au Saint-SiègeDécision juridique italienne
24 octobre 711Retour du pape à RomeFin du voyage, accueil triomphal
décembre 711Assassinat de Justinien IIFin du règne
711Meurtre du jeune Tibère co-empereur à Sainte-Marie des BlachernesTragédie successorale
712Conciliabule monothélite à Constantinople sous PhilippicusTentative de défaire Constantinople III
712Synode romain condamnant la lettre de PhilippicusRésistance doctrinale
712-713Refus de l'effigie monétaire, du portrait, de la commémorationRupture symbolique avec Philippicus
712-713Mosaïque des six conciles à Saint-PierreManifeste doctrinal romain
712-713Combat sur la Via Sacra ; intervention du pape avec la croix et l'ÉvangilePacification urbaine
3 juin 713Aveuglement et chute de Philippicus dans l'hippodromeFin du règne hérétique
Pentecôte 713Profession de foi orthodoxe d'Anastase II au papeReprise de la communion
9 avril 715Mort de Constantin à RomeFin du pontificat
19 mai 715 (~)Élection de saint Grégoire IIContinuité doctrinale, ancien diacre

Pour aller plus loin

Notes et sources

Notes et références

  1. Saint-Siège, fiche officielle "Constantine" : 88e pape de l'Église catholique, début du pontificat 25.III.708, fin 9.IV.715, naissance en Syrie (sans lieu ni année). URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/costantino.html.

    1 21 32 46 139
  2. Andrew J. Ekonomou, Byzantine Rome and the Greek Popes : Eastern Influences on Rome and the Papacy from Gregory the Great to Zacharias, A.D. 590-752, Lexington Books, Lanham (MD), 2007 ; chapitre sur la papauté byzantine et l'élection successive de papes nés en Orient, dont Constantin.

    2 35
  3. David Miller, "Costantino I, papa", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 30, Treccani, 1984 : Syrien, fils de Jean, possible frère de Sisinnius, sous-diacre régionnaire, légat à Constantinople III, élection après Sisinnius, voyage de 710-711 (départ de Porto 5 octobre 710, retour 24 octobre 711), assassinat de Justinien II en décembre 711, négociation par Grégoire diacre, refus de Philippicus, mosaïque des six conciles, conflit du duché Christophorus/Pietro, profession de foi d'Anastase II, dépendance de Pavie, patrimonium Alpium Cottiarum, mort 9 avril 715. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-costantino-i_(Dizionario-Biografico)/.

    3 11 14 17 23 28 29 33 34 37 38 42 45 48 51 54 56 57 60 64 66 71 73 90 91 94 95 103 105 106 108 115 119 122 124 125 129 131 141 144
  4. Liber Pontificalis, notice "Constantinus", éd. Louis Duchesne, Le Liber Pontificalis, t. I, Paris, 1886, p. 389-395 ; Constantin Syrien, fils de Jean, durée du pontificat de sept ans et quinze jours, portrait moral, ordinations et sépulture à Saint-Pierre.

    4 8 15 22 24 30 36 47 69 135 138 140
  5. Liber Pontificalis, notice "Constantinus", éd. Duchesne, t. I, p. 390-392 ; itinéraire, accueil à Nicomédie, prostration de Justinien II, communion donnée à l'empereur, confirmation des privilèges, retour à Rome.

    5 25 26 75 78 80 83 88 97
  6. Wikipedia (en), "Pope Constantine" : naissance en 664 à Tyr, mort le 9 avril 715, Syrien d'origine grecque, fluent en grec, légat à Constantinople III en 680-681, voyage à Constantinople 5 octobre 710 - 24 octobre 711, palais Placidia, négociation par Grégoire futur Grégoire II, compromis de Nicomédie, refus de Philippicus, dernier pape à Constantinople avant Paul VI 1967. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Constantine.

    6 31 62 63 65 70 72 74 76 77 79 81 96 123
  7. Wikipedia (en), "Papal travel" : voyages pontificaux ; Constantin 710-711 reste le dernier voyage pontifical à Constantinople avant la rencontre de Paul VI avec le patriarche Athénagoras à Constantinople en 1967. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Papal_travel.

    7 13 143
  8. Liber Pontificalis, notice "Constantinus", éd. Duchesne, t. I, p. 392-394 ; refus de la lettre de Philippicus, synode romain de condamnation, mosaïque des six conciles à Saint-Pierre, conflit urbain du duché et intervention du pape avec croix et Évangiles.

    9 18 27 116 126
  9. Horace Mann, "Pope Constantine", The Catholic Encyclopedia, vol. 4, Robert Appleton Company, New York, 1908 ; transcription New Advent : voyage à Constantinople, prostration de Justinien II, communion à l'empereur, renouvellement des privilèges, conflit avec Philippicus monothélite, synode romain, mosaïque des six conciles, Felix de Ravenne, mort à Rome, succession par Grégoire II. Privilèges anglais : pièces d'Evesham à son nom toutes apocryphes ; privilège pour les monastères de Bermondsey et de Woking possiblement authentique (Haddan et Stubbs, Councils, III, 276). URL : https://www.newadvent.org/cathen/04294b.htm.

    10 16 19 39 41 52 58 84 87 89 92 114 117 120 121 128 130 133 137
  10. Wikipedia (en), "Justinian II" : révolte conduite par Bardanes depuis Cherson, meurtre du jeune co-empereur Tibère réfugié à l'autel de Sainte-Marie des Blachernes par les hommes de Philippicus. Wikipédia date l'assassinat au 4 novembre 711, quantième non repris par les notices savantes : Treccani (Miller) indique décembre 711. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Justinian_II.

    12 109 111
  11. Georg Ostrogorsky, History of the Byzantine State, trad. anglaise Joan Hussey, Rutgers University Press, New Brunswick (NJ), 1969 (éd. originale allemande 1956) ; chronologie des empereurs 711-717 (Philippicus, Anastase II, Théodose III, Léon III), contexte religieux et politique de la papauté byzantine et préparation de l'iconoclasme.

    20 142
  12. Voir l'article Ignispedia Concile de Constantinople III (680-681) sur la définition des deux volontés et deux opérations du Christ.

    40
  13. Liber Pontificalis, notice "Sisinnius", éd. Duchesne, t. I, p. 388 ; Sisinnius Syrien, pontificat très bref (15 janvier - 4 février 708), incapable d'amener ses mains à sa bouche à cause de la goutte, mais commande la cuisson de chaux pour la restauration des murs de Rome.

    43
  14. Saint-Siège, liste officielle des Souverains Pontifes : Sisinnius, 87e pape, 15.I.708 – 4.II.708, Syrie ; Constantin, 88e pape, 25.III.708 – 9.IV.715. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father.html (fiches : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/sisinnio.html et /costantino.html).

    44
  15. Voir l'article Ignispedia Pape saint Benoît II (684-685) sur l'allègement de la confirmation impériale obtenue de Constantin IV.

    49
  16. Wikipedia (en), "Felix of Ravenna" : consacré par Constantin en 709, prétention d'autocéphalie ravennate, capture par Justinien II, aveuglement et exil à Cherson/Pontus, retour après 711, soumission au Saint-Siège, mort en 724, collection des sermons de Pierre Chrysologue. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Felix_of_Ravenna.

    50 53 55
  17. Encyclopaedia Britannica, "Constantine, pope" : Constantin pape de 708 à 715, Syrien, défenseur de la suprématie romaine contre Felix de Ravenne, Cenred de Mercie reçu en 709, opposition aux canons du concile Trullan de 691, convocation à Constantinople par Justinien II en 710, condamnation du successeur monothélite Philippicus Bardanès, retour à l'orthodoxie sous Anastase II. URL : https://www.britannica.com/biography/Constantine-pope.

    59
  18. Wikipedia (en), "Quinisext Council" : concile in Trullo, Constantinople 691-692, sous Justinien II, 102 canons disciplinaires, rejet par Serge I, position intermédiaire de Jean VIII et Hadrien I, divergences avec Rome sur le célibat, le jeûne du samedi et la figure de l'Agneau. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Quinisext_Council.

    61 93
  19. Voir l'article Ignispedia Pape Vigile sur le voyage forcé à Constantinople en 547 et le séjour au palais Placidia.

    67
  20. Voir l'article Ignispedia Pape saint Martin I (649-655), pape martyr emmené à Constantinople sous Constant II.

    68
  21. Liber Pontificalis, notice "Constantinus", éd. Duchesne, t. I, p. 390 ; entrée triomphale du pape à Constantinople. Texte original latin : « Postera autem die, indutus stola, sericeo capitellio circa caput, ascendens equum strato, frenis et capistris aureis adornatum, ingressus est urbem regiam. »

    82
  22. Liber Pontificalis, notice "Constantinus", éd. Duchesne, t. I, p. 391 ; prostration de Justinien II : le jour de la rencontre, l'empereur se prosterne, baise les pieds du pontife, puis ils s'étreignent mutuellement. Texte original latin : « In die autem qua se vicissim viderunt Augustus christianissimus cum regno in capite sese prostravit et pedes osculans pontificis ; deinde in amplexu mutuo corruerunt. »

    85 86
  23. Wikipedia (en), "Coenred of Mercia" : roi de Mercie 704-709, abdication en faveur de Ceolred, pèlerinage à Rome avec Offa des Saxons de l'Est, tonsure par le pape Constantin, vie monastique à Rome, source : Bède, Historia ecclesiastica gentis Anglorum, V. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Coenred_of_Mercia.

    98 101
  24. Liber Pontificalis, notice "Constantinus", éd. Duchesne, t. I, p. 391 ; arrivée à Rome en 709 de deux rois saxons (Coenred et Offa), tonsure et brève vie monastique romaine.

    99 100
  25. Bède le Vénérable, Historia ecclesiastica gentis Anglorum, livre V, chap. 19 ; pèlerinage de Coenred et Offa à Rome en 709, tonsure et vie monastique sous le pape Constantin.

    102
  26. Paul Diacre, Historia Langobardorum, livre VI : règne d'Ariperto II, restitution du patrimonium Alpium Cottiarum à l'Église romaine entre 705 et 707, contexte du conflit Milan-Pavie-Saint-Siège.

    104 107
  27. Wikipedia (en), "Philippicus (emperor)" : règne du 4 novembre 711 au 3 juin 713, monothélite, dépose le patriarche Cyrus, conciliabule de 712 abolissant les canons de Constantinople III, déposition par les troupes du thème de l'Opsikion, aveuglé dans l'hippodrome, remplacé par Anastase II. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Philippicus.

    110 112 113 127
  28. Liber Pontificalis, notice "Constantinus", éd. Duchesne, t. I, p. 392 ; rejet de la lettre de Philippicus. Texte original latin : « Constantinus enim ipsum hereticum imperatorem in nullo recipiens, eius epistolam abdicavit. »

    118
  29. New Catholic Encyclopedia, "Constantine, Pope", via Encyclopedia.com : pontificat 25.III.708 - 9.IV.715, quatrième pape syrien depuis 685, voyage octobre 710 - octobre 711 à l'invitation de Justinien II, refus de reconnaître Philippicus en 711, profession de foi d'Anastase II en juin 713, document survivant autorisant les monastères anglais à élire leurs supérieurs. URL : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/constantine-pope.

    132 136
  30. Liber Pontificalis, notice "Constantinus", éd. Duchesne, t. I, p. 394 ; ordinations épiscopales et romaines, bilan administratif du pontificat.

    134
  31. Liber Pontificalis, notice "Constantinus", éd. Duchesne, t. I, p. 392 ; intervention pacifique du pape sur la Via Sacra : combat civil devant le palais, envoi de prêtres avec les Évangiles et la croix du Seigneur, apaisement des partis. Texte original latin : « bellum civile exortum est, ita ut in via Sacra, ante palatium, sese committerent et ex utrisque partibus amplius quam XXX flagellarentur atque interirentur, donec pontifex mitteret sacerdotes cum evangelia et crucem Domini, sicque partes sedarent. »

    145