Que dit l'Église sur l'argent ?

Ce que l'Église catholique enseigne vraiment sur l'argent : non un mal en soi, mais un bien subordonné dont seul l'amour désordonné corrompt le cœur. La destination universelle des biens, la propriété et ses devoirs, le salaire juste, l'usure, l'aumône comme justice, l'option pour les pauvres et le détachement du cœur.

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L'argent est l'un des sujets sur lesquels on prête à l'Église catholique les opinions les plus contradictoires. Pour les uns, elle aurait diabolisé la richesse au point de faire de la pauvreté un idéal morbide ; pour les autres, elle se serait accommodée de toutes les fortunes et de toutes les injustices. La doctrine réelle est plus exigeante et plus équilibrée que ces caricatures. L'Église n'enseigne ni que l'argent est mauvais, ni qu'il est innocent : elle enseigne qu'il est un bien réel mais subordonné, un instrument qui peut servir Dieu et le prochain — ou devenir une idole qui asservit le cœur.

La clé de tout est une distinction que saint Paul pose en une formule devenue proverbiale : ce n'est pas l'argent, mais l'amour de l'argent qui est « la racine de tous les maux »[1]. L'argent, comme le feu, est bon serviteur et mauvais maître. C'est pourquoi le Christ ne dit pas que la richesse est un péché, mais qu'on ne peut pas servir deux maîtres : « Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent »[2]. Tout l'enseignement catholique sur l'argent tient dans cette tension : remettre l'argent à sa juste place — instrument du bien — et empêcher qu'il prenne la place de Dieu.

De ce principe découlent des conséquences très concrètes, que cet article parcourt : à qui appartiennent en dernier ressort les biens de la terre, ce que la propriété autorise et ce qu'elle oblige, les devoirs de justice (un salaire juste, le refus de l'usure et de l'exploitation) avant même les devoirs de charité (l'aumône), l'option préférentielle pour les pauvres, et enfin le bon usage de l'argent et le détachement du cœur auxquels tout chrétien est appelé, riche ou pauvre.

L'Église a parlé de l'argent sur deux mille ans : par la bouche du Christ et des Apôtres, par les Pères de l'Église aux formules brûlantes, par saint Thomas d'Aquin, par les grandes encycliques sociales depuis Léon XIII, et par le Catéchisme. Cet article rassemble cet enseignement sous l'angle des questions que se posent aujourd'hui le croyant et le chercheur. Il ne traite pas en détail l'insistance des paraboles du Christ — c'est l'objet de l'article Pourquoi Jésus parle-t-il autant de l'argent ? — ni la question des richesses du Saint-Siège, traitée à part.

L'argent est-il mauvais en soi ?

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Avant toute morale de l'usage, il faut lever un malentendu de fond. Beaucoup croient que le christianisme condamne l'argent comme tel, et qu'un chrétien cohérent devrait le mépriser. C'est faux, et la nuance est décisive.

« La racine de tous les maux » : ce que dit vraiment saint Paul

La phrase la plus citée sur l'argent dans toute la Bible est souvent mal rapportée. On entend dire : « l'argent est la racine de tous les maux ». Or saint Paul n'a pas écrit cela. Il a écrit :

« Car l'amour de l'argent est la racine de tous les maux ; pour s'y être livrés, certains se sont égarés loin de la foi et se sont transpercé l'âme en mille tourments. » — Saint Paul, Première lettre à Timothée 6, 10[3]

Le mot grec employé, philarguria, désigne littéralement l'amour de l'argent, la cupidité — non la monnaie elle-même[4]. La nuance n'est pas un détail d'exégète : elle change tout. Ce que l'Apôtre dénonce, c'est une passion du cœur, un attachement désordonné qui fait de l'argent une fin. Le même Paul recommande par ailleurs de travailler de ses mains, de gagner son pain, de pourvoir aux siens, et organise lui-même une collecte d'argent considérable pour les pauvres de Jérusalem[5]. Un homme qui méprise l'argent ne consacre pas deux chapitres entiers à organiser une quête.

L'argent en lui-même est donc moralement neutre. Il devient bon ou mauvais selon l'usage et selon l'amour qu'on lui porte. Le Catéchisme parle en ce sens d'un « appétit désordonné de l'argent » qui « ne manque pas de produire ses effets pervers »[6] : ce n'est pas l'argent qui est désordonné, c'est l'appétit.

L'argent, un bien, un instrument, une mesure

Qu'est-ce que l'argent ? Un outil. Une mesure conventionnelle qui permet d'échanger, de conserver de la valeur, de rétribuer le travail. À ce titre, il appartient à l'ordre des biens : un don de l'intelligence humaine, qui permet à la société de fonctionner. La tradition catholique ne l'a jamais nié.

Saint Thomas d'Aquin le situe précisément. Pour lui, le rapport droit aux richesses extérieures relève d'une vertu, la libéralité, qui tient le juste milieu entre deux vices opposés : l'avarice (retenir, thésauriser, refuser de donner) et la prodigalité (dilapider sans mesure)[7]. L'argent n'est donc ni à idolâtrer ni à gaspiller : il est à bien employer. La vertu n'est pas dans la fuite de l'argent, mais dans sa maîtrise.

« Les biens extérieurs ont raison de choses utiles à une fin. C'est pourquoi le bien de l'homme à leur égard consiste en une certaine mesure : c'est-à-dire que l'homme cherche à posséder les richesses extérieures dans la mesure où elles sont nécessaires à sa vie selon sa condition. » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 118[8]

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C'est aussi pourquoi l'Église a toujours su recevoir, gérer et faire fructifier des biens — non par contradiction avec l'Évangile, mais pour les ordonner au culte, à la mission et au soin des pauvres. La question n'est jamais « faut-il de l'argent ? », mais « au service de quoi ? ».

Mammon : quand l'argent devient une idole

Si l'argent n'est pas mauvais, pourquoi le Christ en parle-t-il avec une telle gravité ? Parce qu'aucun bien créé n'a autant que lui le pouvoir de prendre la place de Dieu. Jésus personnifie cette puissance sous un nom araméen, Mammon — l'Argent érigé en maître :

« Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. » — Jésus, Évangile selon saint Matthieu 6, 24[9]

Le Christ ne met pas Dieu en concurrence avec un objet, mais avec un culte rival. L'argent peut devenir une fausse divinité qui réclame des sacrifices, organise une vie, promet la sécurité et le bonheur. Le Catéchisme range explicitement ce service de l'Argent parmi les formes modernes de l'idolâtrie : « On ne peut servir Dieu et la richesse », rappelle-t-il en traitant du premier commandement[10]. Le pape François a donné à cette analyse une formule retentissante :

« Nous avons créé de nouvelles idoles. L'adoration de l'antique veau d'or a trouvé une nouvelle et impitoyable version dans le fétichisme de l'argent et dans la dictature d'une économie sans visage et sans but vraiment humain. » — Pape François, Evangelii gaudium, § 55[11]

Voilà le vrai danger : non posséder de l'argent, mais être possédé par lui. Tout le reste de la doctrine catholique consiste à briser cette idolâtrie en remettant l'argent à sa place de serviteur.

Pourquoi les richesses sont-elles dangereuses ?

L'argent neutre en soi devient redoutable dès qu'on s'y attache. L'Évangile multiplie les avertissements, non par mépris des riches, mais par lucidité sur ce que la richesse fait au cœur humain. La densité de ces avertissements est telle qu'on lui consacre un article entier ; on en retient ici la logique.

Le jeune homme riche et le chameau

Heinrich Hofmann, Le Christ et le jeune homme riche, 1889. Domaine public. Source : Wikimedia Commons

La scène est célèbre. Un homme bon, fidèle aux commandements, demande au Christ ce qui lui manque. Jésus l'aime, puis lui propose de tout donner aux pauvres et de le suivre. « L'homme s'en alla tout triste, car il avait de grands biens »[12]. Le Christ commente alors :

« Amen, je vous le dis : un riche entrera difficilement dans le royaume des Cieux. Je vous le répète : il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » — Jésus, Évangile selon saint Matthieu 19, 23-24[13]

L'avertissement est sévère, mais il n'est pas un verdict : aux disciples effrayés qui demandent « qui donc peut être sauvé ? », Jésus répond que « cela est impossible aux hommes, mais à Dieu tout est possible »[14]. Le danger de la richesse est réel, mais la grâce de Dieu peut en triompher. Ce qui condamne n'est pas la possession, c'est l'attachement qui rend incapable de tout quitter pour Dieu.

Le riche insensé et le mauvais riche

Deux paraboles de saint Luc précisent la nature du danger. Le riche insensé accumule récoltes et greniers et se dit : « Te voilà avec des réserves pour de nombreuses années ; repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence. » Mais Dieu lui dit : « Insensé, cette nuit même on te redemande ta vie. Et ce que tu as accumulé, qui l'aura ? »[15]. Le péché du riche n'est pas d'avoir des biens : c'est d'avoir mis en eux sa sécurité, en oubliant Dieu et autrui.

Le mauvais riche de la parabole de Lazare est plus grave encore. Il n'a commis aucun crime ; il a simplement festoyé chaque jour sans voir le pauvre couché à sa porte. C'est cette cécité du cœur qui le perd[16]. La richesse y apparaît comme un voile : elle peut rendre aveugle à la misère qu'on côtoie. Le danger n'est pas seulement l'avarice qui retient, mais l'indifférence qui ignore.

La cupidité, un péché capital

La tradition a nommé ce désordre du cœur l'avarice ou cupidité, et l'a rangée parmi les sept péchés capitaux — c'est-à-dire parmi les racines d'où germent les autres fautes. Le Catéchisme la traite sous le dixième commandement, qui interdit la convoitise : « Le dixième commandement proscrit l'avarice née de la passion immodérée des richesses et de sa puissance »[17]. Les Pères de l'Église ont décrit cette passion avec une vigueur que rien n'a égalée. Saint Basile de Césarée, au IVᵉ siècle, démasque l'autojustification de l'avare :

« À qui fais-je tort, dit l'avare, en gardant ce qui m'appartient ? Mais dis-moi, qu'est-ce qui t'appartient ? Où l'as-tu pris pour l'introduire dans la vie ? Un Dieu bon t'a fait l'intendant de tes compagnons d'esclavage : ne crois pas que tout ait été préparé pour ton ventre. » — Saint Basile de Césarée, Homélie « Je détruirai mes greniers »[18]

L'avarice n'est pas seulement un défaut de générosité : elle repose sur un mensonge sur l'origine des biens, comme si l'homme était la source de ce qu'il a reçu. C'est ce mensonge que la doctrine de la destination universelle des biens vient corriger.

À qui appartiennent les biens de la terre ?

Voici le cœur doctrinal de la question de l'argent. Avant de dire ce que chacun doit faire de ses biens, l'Église affirme un principe sur leur origine et leur finalité. Il s'énonce simplement, mais il commande toute la doctrine sociale.

La destination universelle des biens

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Le principe premier n'est pas la propriété, mais le don : Dieu a confié la terre à toute l'humanité, pour que tous y trouvent de quoi vivre. C'est ce que l'Église appelle la destination universelle des biens.

« Au commencement, Dieu a confié la terre et ses ressources à la gérance commune de l'humanité pour qu'elle en prenne soin, la maîtrise par son travail et en jouisse les fruits. Les biens de la création sont destinés à tout le genre humain. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2402[19]

Ce principe est antérieur et supérieur à tout droit de propriété : il en constitue le fondement et la limite. Les biens existent d'abord pour tous. Toute appropriation particulière reste seconde par rapport à cette destination première. Le Compendium de la doctrine sociale en fait « le premier principe de tout l'ordre éthico-social » en matière économique[20].

La propriété privée, un droit réel mais non absolu

La destination universelle ne supprime pas la propriété privée — au contraire, l'Église la défend fermement comme un droit naturel. Léon XIII, contre le socialisme naissant, affirme que « la propriété privée et personnelle est pour l'homme de droit naturel »[21], et le Catéchisme la juge légitime et même nécessaire : elle garantit la liberté, l'initiative, la responsabilité, et un espace pour la famille[22].

Mais ce droit n'est pas absolu. Il est ordonné à la destination universelle, qui demeure son critère. Saint Thomas d'Aquin avait déjà fixé la distinction décisive : l'homme peut légitimement posséder en propre, mais il doit user de ses biens comme communs.

« L'homme ne doit pas posséder les choses extérieures comme propres, mais comme communes, de manière à en faire part facilement aux autres dans leurs nécessités. » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 66, repris par Léon XIII[23]

Propriété de la chose, mais usage commun des fruits : telle est la formule classique. Le Catéchisme la reprend : le propriétaire n'est qu'un « gérant de la Providence », chargé de faire fructifier les biens et d'en « faire part aux autres, et d'abord à ses proches »[24]. La propriété n'est pas un absolu de jouissance, mais une gérance responsable au service de tous.

L'« hypothèque sociale » sur la propriété

Saint Jean-Paul II a forgé pour cela une image juridique frappante. Sur toute propriété privée pèse une « hypothèque sociale » : elle porte en elle, comme une qualité intrinsèque, une fonction sociale fondée précisément sur le principe de la destination universelle des biens[25]. Autrement dit, on ne possède jamais seulement pour soi : une part de ce qu'on a engage une responsabilité envers les autres, surtout envers ceux qui manquent du nécessaire.

Cette doctrine explique la parole la plus radicale des Pères de l'Église sur l'aumône, que Paul VI a élevée au rang de citation magistérielle dans Populorum progressio :

« Ce n'est pas de ton bien que tu fais largesse au pauvre, tu lui rends ce qui lui appartient. Car ce qui est donné en commun pour l'usage de tous, voilà ce que tu t'arroges. La terre est donnée à tout le monde, et pas seulement aux riches. » — Saint Ambroise de Milan, De Nabuthe, cité par Paul VI dans Populorum progressio, § 23[26]

Le superflu du riche, devant le nécessaire du pauvre, n'est donc pas un simple objet de générosité facultative : il relève déjà, en un sens, de la justice. C'est ce basculement de la charité vers la justice qui fonde les devoirs concrets du possédant.

Deux principes en tension fécondeLa destination universelle des biensLa propriété privée
FondementLe don de Dieu : la terre est confiée à tous (Gn 1)Le droit naturel de la personne au fruit de son travail
RangPrincipe premier, supérieurPrincipe second, ordonné au premier
Ce qu'il garantitQue personne ne soit privé du nécessaireLa liberté, l'initiative, la responsabilité, la famille
Sa limiteDoit passer par des appropriations concrètesGrevée d'une « hypothèque sociale » (Jean-Paul II)
RéférenceCEC § 2402 ; Compendium § 171CEC §§ 2403-2406 ; Rerum novarum

Les devoirs du riche : d'abord la justice, ensuite la charité

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L'erreur la plus fréquente consiste à croire que le devoir du possédant se réduit à l'aumône, c'est-à-dire à un surplus de bonté. L'Église enseigne l'inverse de l'ordre habituel : la justice précède la charité. On ne donne pas d'abord en aumône ce qu'on a d'abord soustrait par injustice. Trois devoirs structurent ce chapitre.

Le salaire juste et le refus de l'exploitation

Le premier devoir n'est pas de donner, mais de ne pas prendre injustement. La rétribution du travail doit être juste : un salaire qui permette au travailleur et à sa famille de vivre dignement. Léon XIII a rompu avec l'idée libérale selon laquelle un salaire librement consenti serait toujours juste :

« Le salaire ne doit pas être insuffisant à faire subsister l'ouvrier sobre et honnête. » — Léon XIII, Rerum novarum, 1891[27]

Le Catéchisme en fait une exigence de justice qui ne peut être contournée par un simple accord : « Le juste salaire est le fruit légitime du travail. Le refuser ou le retenir peut constituer une grave injustice »[28]. Frauder le salaire de l'ouvrier est l'un des péchés qui crient vengeance vers le Ciel, selon l'expression biblique de saint Jacques : « Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur »[29]. La justice sociale n'est donc pas un supplément politique ajouté à l'Évangile : elle en est une exigence directe.

L'usure : pourquoi l'Église l'a condamnée

Pendant des siècles, l'Église a condamné l'usure — au sens classique : exiger un intérêt du seul fait du prêt d'argent, sans titre légitime. Le fondement en est scripturaire (l'Ancien Testament interdit de prêter à intérêt à son frère pauvre[30]) et rationnel : pour saint Thomas, l'argent prêté à consommation ne produit rien par lui-même ; faire payer son usage comme s'il était fécond revient à « vendre ce qui n'existe pas », donc à une injustice[31]. La dernière grande mise au point doctrinale est l'encyclique de Benoît XIV, Vix pervenit (1745) :

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« Le péché d'usure consiste à vouloir, en vertu du prêt lui-même, recevoir plus qu'on n'a prêté ; à tenir que, par le contrat de prêt, un gain est dû au-delà du capital. » — Benoît XIV, encyclique Vix pervenit, 1ᵉʳ novembre 1745[32]

La même encyclique reconnaît cependant que d'autres titres — le risque réel encouru, le dommage subi, le manque à gagner, les contrats de société — peuvent légitimement justifier un intérêt[33]. La doctrine n'a donc pas été abolie mais précisée : ce que l'Église a toujours condamné, c'est l'exploitation du besoin d'autrui par le prêt — ce que le langage courant appelle aujourd'hui encore l'usure. Le Catéchisme la range parmi les pratiques contraires à la dignité de la personne et au bien commun[34].

L'aumône : un devoir de justice, pas une option

Vient enfin la charité — mais une charité qui, devant la détresse, prend la forme d'un devoir. L'aumône n'est pas, dans la tradition, un luxe de l'âme généreuse : elle est due. Le Catéchisme cite à ce sujet l'une des paroles les plus fortes de saint Jean Chrysostome :

« Ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens, c'est les voler et leur ôter la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, ce sont les leurs. » — Saint Jean Chrysostome, cité au Catéchisme § 2446[35]

Donner aux pauvres le nécessaire qu'ils n'ont pas, ce n'est donc pas, à proprement parler, faire un cadeau : c'est « accomplir un devoir de justice plutôt qu'une œuvre de charité », selon la formule de saint Grégoire le Grand reprise par la tradition[36]. Le Catéchisme inscrit l'aumône parmi les œuvres de miséricorde par lesquelles nous secourons le prochain dans ses nécessités, et la qualifie de « témoignage de la charité fraternelle » qui est aussi « une pratique de justice agréable à Dieu »[37]. L'Écriture la lie même au salut : « L'aumône délivre de la mort et purifie de tout péché », dit le livre de Tobie[38]. Donner n'appauvrit pas : c'est placer son trésor au Ciel.

L'option préférentielle pour les pauvres

De ces principes — destination universelle des biens, primat de la justice, devoir de l'aumône — l'Église tire une orientation d'ensemble qu'elle appelle l'option préférentielle pour les pauvres. Ce n'est pas une opinion politique, mais une exigence évangélique enracinée dans l'attitude même du Christ.

Le Christ dans le pauvre

Le fondement est une parole du Jugement dernier où Jésus s'identifie au pauvre. Ce que l'on fait — ou ne fait pas — au plus petit, on le fait au Christ lui-même :

« J'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire... Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » — Jésus, Évangile selon saint Matthieu 25, 35.40[39]

Fra Angelico, Saint Laurent distribuant l’aumône, 1447–1449, chapelle Niccoline. Domaine public, reproduction Web Gallery of Art. Source : Wikimedia Commons

Ce texte fait de l'attitude envers les pauvres un critère du salut. Le Catéchisme le souligne : « L'amour de l'Église pour les pauvres... appartient à sa tradition constante », et il s'inspire de l'Évangile des béatitudes et de la pauvreté de Jésus[40]. Le pauvre n'est pas d'abord un problème social : il est un sacrement du Christ.

Les pauvres, « trésors de l'Église »

Cette conviction a façonné les saints. Sommé par le préfet de Rome de livrer les trésors de l'Église, le diacre saint Laurent rassembla les pauvres, les malades et les estropiés, et déclara : « Voici les trésors de l'Église. » Il le paya de sa vie en 258[41]. Saint François d'Assise épousa « Dame Pauvreté » et fit du dépouillement volontaire une prophétie vivante contre l'idolâtrie de l'argent[42]. Ces figures ne méprisent pas l'argent par dégoût : elles le relativisent par amour, en plaçant le pauvre au centre.

Ni capitalisme sans frein, ni collectivisme

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Appliquée à l'économie, cette orientation conduit l'Église à refuser deux extrêmes symétriques. Elle condamne le collectivisme athée, qui nie la propriété et la liberté de la personne ; mais elle refuse tout autant un capitalisme livré à lui-même, où le profit serait l'unique règle.

« L'Église a rejeté les idéologies totalitaires et athées associées, dans les temps modernes, au "communisme" ou au "socialisme". Par ailleurs, elle a refusé, dans la pratique du "capitalisme", l'individualisme et le primat absolu de la loi du marché sur le travail humain. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2425[43]

Le Catéchisme précise qu'« une théorie qui fait du profit la règle exclusive et la fin ultime de l'activité économique est moralement inacceptable »[44]. Cette voie de crête — ni l'un ni l'autre extrême — est celle de toute la doctrine sociale, depuis Léon XIII jusqu'à François. Dès 1931, Pie XI dénonçait « l'impérialisme international de l'argent »[45] ; Paul VI réclamait que le développement profite à tous ; Jean-Paul II distinguait un capitalisme acceptable, encadré par le droit et au service de la liberté, d'un capitalisme « sauvage » à rejeter[46] ; et le pape François a lancé son avertissement le plus net :

« De même que le commandement de "ne pas tuer" pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd'hui nous devons dire "non à une économie de l'exclusion et de la disparité sociale". Une telle économie tue. » — Pape François, Evangelii gaudium, § 53[47]

Trois regards sur l'économieLe collectivisme athéeLa doctrine sociale catholiqueLe capitalisme sans frein
La propriété privéeNiée ou abolieReconnue, mais à fonction socialeAbsolutisée, sans devoirs
Le critère ultimeL'État et le collectifLa personne et le bien communLe profit et le marché
Le travailleurSoumis au collectifSujet de droits, salaire juste dûVariable d'ajustement
Verdict de l'ÉgliseRejeté (CEC § 2425)PromuRefusé (CEC §§ 2424-2425)

L'argent, à l'échelle des sociétés comme des personnes, doit donc servir et non gouverner : « L'argent doit servir et non pas gouverner ! », résume François[48].

Le bon usage de l'argent : que doit faire le chrétien ?

La doctrine ne reste pas abstraite : elle débouche sur une pratique. Que doit faire concrètement un chrétien de son argent ? Trois gestes, ordonnés.

Gagner honnêtement, pourvoir aux siens

Le premier devoir est positif : gagner son pain par un travail honnête et pourvoir aux besoins de sa famille. Saint Paul est sans appel : « Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus »[49], et « celui qui ne prend pas soin des siens a renié la foi »[50]. Gagner de l'argent licitement, épargner avec mesure, assurer l'avenir des siens : tout cela est non seulement permis mais commandé. La question du travail et de sa juste rétribution est développée à part[51].

Donner : aumône, soutien de l'Église et du bien commun

James Tissot, Le denier de la veuve, 1886–1894, Brooklyn Museum. Domaine public. Source : Wikimedia Commons

Le deuxième geste est le don, sous toutes ses formes : l'aumône directe au pauvre, le soutien des œuvres de charité, la contribution aux besoins de l'Église et au bien commun. L'Écriture invite à donner non par contrainte mais avec joie : « Dieu aime celui qui donne avec joie »[52]. La mesure n'est pas fixée par un pourcentage mécanique : elle se prend sur le superflu, et, dans la nécessité grave d'autrui, peut aller jusqu'à entamer le nécessaire. Le critère évangélique n'est pas le montant donné mais l'amour qui donne — comme l'illustre l'obole de la veuve, dont les deux piécettes valent plus, aux yeux du Christ, que les largesses des riches « car ils ont pris sur leur superflu, mais elle, sur son indigence »[53].

Le détachement du cœur : la pauvreté en esprit

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Le troisième geste est intérieur, et il concerne tous les chrétiens, riches ou pauvres : la pauvreté en esprit, ou détachement du cœur. La première béatitude — « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux »[54] — ne canonise pas la misère matérielle : elle béatifie la liberté intérieure de celui qui ne met pas son cœur dans l'argent. Le Catéchisme l'explique :

« Le Seigneur s'attriste sur les riches, parce qu'ils trouvent leur consolation dans l'abondance des biens. "Que l'orgueilleux cherche et aime les royaumes de la terre ; mais bienheureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux." L'abandon à la Providence du Père du ciel libère de l'inquiétude pour le lendemain. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2547[55]

Cette liberté n'est pas réservée aux moines. Saint Pier Giorgio Frassati, jeune Turinois riche et sportif du XXᵉ siècle, canonisé par le pape Léon XIV le 7 septembre 2025, vivait au milieu du monde tout en donnant secrètement aux pauvres jusqu'à son argent de poche et ses billets de train :

« Notre vie, pour être chrétienne, doit être un renoncement continuel, un continuel sacrifice... quand on songe au petit nombre d'années de difficultés en comparaison d'une éternité de bonheur. » — Saint Pier Giorgio Frassati, discours aux jeunes de la « Jeunesse catholique » de Pollone, 29 juillet 1923[56]

Le détachement n'est pas le mépris du bien créé : c'est la priorité absolue donnée à Dieu, qui rend l'argent enfin disponible pour servir.

Faut-il être pauvre pour être sauvé ?

Une dernière question, souvent posée, mérite une réponse nette. L'Évangile condamne-t-il les riches comme tels ? Faut-il se dépouiller de tout pour entrer au Ciel ?

Riches sauvés et pauvres damnés

La réponse de la tradition est claire : la richesse n'est ni un mérite ni un péché. L'Écriture connaît des riches saints — Abraham, riche en troupeaux ; Joseph d'Arimathie, « homme riche » qui ensevelit le Christ[57] ; Zachée, le publicain fortuné qui, sans tout abandonner, donne la moitié de ses biens aux pauvres et rend au quadruple ce qu'il a volé, et s'entend dire : « Aujourd'hui, le salut est arrivé pour cette maison »[58]. L'histoire connaît aussi des rois saints, comme saint Louis, et d'innombrables bienfaiteurs dont la fortune a nourri les pauvres et bâti des hôpitaux. À l'inverse, la pauvreté subie n'est pas automatiquement vertueuse : un pauvre peut être rongé par l'envie, le vol ou la cupidité du peu qu'il convoite.

Le critère décisif n'est donc pas le montant possédé, mais l'ordre du cœur et l'usage des biens. Le cas de Zachée le montre parfaitement : il est sauvé non parce qu'il devient pauvre, mais parce qu'il devient juste et généreux.

Les conseils évangéliques et la voie commune

Il faut distinguer deux appels. À tous, l'Évangile commande le bon usage et le détachement du cœur. À certains, il propose en plus un conseil — non un commandement — : tout quitter pour le suivre dans la pauvreté volontaire. C'est la voie des conseils évangéliques (pauvreté, chasteté, obéissance) embrassée par les consacrés. La pauvreté religieuse est un signe prophétique au cœur de l'Église ; elle n'est pas la règle imposée à tout baptisé. Le laïc, lui, est appelé à sanctifier les réalités temporelles — dont l'argent — en les ordonnant à Dieu et au prochain, non à les fuir.

« Que ceux qui usent de ce monde fassent comme s'ils n'en usaient pas, car elle passe, la figure de ce monde. » — Saint Paul, Première lettre aux Corinthiens 7, 31[59]

User des biens « comme n'en usant pas » : voilà la formule qui réconcilie la possession et la liberté. On peut avoir de l'argent sans lui appartenir.

L'argent, serviteur ou maître

Tout l'enseignement de l'Église sur l'argent peut se ramener à une seule question, qui est celle du premier maître servi. L'argent est un excellent serviteur et un tyran redoutable. Mis au service de Dieu et du prochain — gagné justement, dépensé sobrement, partagé généreusement, possédé d'un cœur libre — il devient instrument de charité et matière de salut. Érigé en maître, il devient Mammon, l'idole qui « transperce l'âme en mille tourments ». Entre les deux, il n'y a pas de neutralité durable : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur »[60].

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Première lettre de saint Paul à Timothée 6, 10 (traduction liturgique AELF) : « L'amour de l'argent est la racine de tous les maux. » Le grec philarguria désigne l'amour/l'avidité de l'argent, non la monnaie elle-même.

    1 3
  2. Évangile selon saint Matthieu 6, 24 (AELF) : « Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent (Mamon). » Parallèle en Lc 16, 13.

    2 9
  3. Sur le sens du terme grec philarguria (littéralement « amour de l'argent », cupidité), cf. les apparats des éditions critiques du Nouveau Testament (Nestle-Aland) et la Bible de Jérusalem, note sur 1 Tm 6, 10, Éd. du Cerf.

    4
  4. Deuxième lettre de saint Paul aux Corinthiens 8-9 (AELF) : organisation de la collecte au profit des pauvres de Jérusalem ; « Dieu aime celui qui donne avec joie » (9, 7).

    5
  5. Catéchisme de l'Église catholique, § 2424, Librairie Éditrice Vaticane / Mame-Plon, Paris, 1992 : « Une théorie qui fait du profit la règle exclusive et la fin ultime de l'activité économique est moralement inacceptable. L'appétit désordonné de l'argent ne manque pas de produire ses effets pervers. »

    6 44
  6. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 117-119 : la libéralité, vertu du juste rapport aux richesses, entre l'avarice (q. 118) et la prodigalité (q. 119).

    7
  7. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 118, a. 1 : les biens extérieurs sont des moyens ordonnés à une fin ; le bien de l'homme à leur égard consiste dans une juste mesure.

    8
  8. Catéchisme de l'Église catholique, § 2113, op. cit. : « L'idolâtrie est une perversion du sens religieux inné de l'homme... On ne peut servir Dieu et la richesse (Mt 6, 24). »

    10
  9. Pape François, exhortation apostolique Evangelii gaudium, 24 novembre 2013, § 55, texte officiel sur vatican.va : « L'adoration de l'antique veau d'or a trouvé une nouvelle et impitoyable version dans le fétichisme de l'argent et dans la dictature d'une économie sans visage. »

    11
  10. Évangile selon saint Matthieu 19, 22 (AELF) : le jeune homme riche s'en va tout triste, « car il avait de grands biens ».

    12
  11. Évangile selon saint Matthieu 19, 23-24 (AELF) : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. »

    13
  12. Évangile selon saint Matthieu 19, 25-26 (AELF) : « Pour les hommes, c'est impossible ; mais pour Dieu, tout est possible. »

    14
  13. Évangile selon saint Luc 12, 16-21 (AELF) : parabole du riche insensé ; « Insensé, cette nuit même on te redemande ta vie. »

    15
  14. Évangile selon saint Luc 16, 19-31 (AELF) : parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare.

    16
  15. Catéchisme de l'Église catholique, § 2536, op. cit. : « Le dixième commandement proscrit l'avarice née de la passion immodérée des richesses et de sa puissance. »

    17
  16. Saint Basile de Césarée, Homélie sur ces paroles de l'Évangile : « Je détruirai mes greniers » (Hom. VI-VII, contre l'avarice), texte sur remacle.org ; trad. de référence S. Giet, Les idées et l'action sociale de saint Basile, Paris, 1941. Texte : « À qui fais-je tort, dit l'avare, en gardant ce qui m'appartient ? »

    18
  17. Catéchisme de l'Église catholique, § 2402, op. cit. : « Au commencement, Dieu a confié la terre et ses ressources à la gérance commune de l'humanité... Les biens de la création sont destinés à tout le genre humain. »

    19
  18. Conseil pontifical Justice et Paix, Compendium de la doctrine sociale de l'Église, Libreria Editrice Vaticana, 2004, § 171-172 : la destination universelle des biens comme « premier principe de tout l'ordre éthico-social ».

    20
  19. Léon XIII, encyclique Rerum novarum, 15 mai 1891, texte officiel sur vatican.va : « La propriété privée et personnelle est pour l'homme de droit naturel. »

    21
  20. Catéchisme de l'Église catholique, § 2403, op. cit. : le droit à la propriété privée, acquise ou reçue de façon juste, n'abolit pas la donation originelle de la terre à l'ensemble de l'humanité.

    22
  21. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 66, a. 2 : l'homme peut posséder en propre, mais doit user des choses extérieures comme communes. Repris par Léon XIII, Rerum novarum.

    23
  22. Catéchisme de l'Église catholique, § 2404, op. cit. : « L'homme, dans l'usage qu'il en fait, ne doit jamais tenir les choses... comme n'appartenant qu'à lui... La propriété d'un bien fait de son détenteur un gérant de la Providence. »

    24
  23. Jean-Paul II, encyclique Sollicitudo rei socialis, 30 décembre 1987, § 42, texte officiel sur vatican.va : sur la propriété privée pèse « une hypothèque sociale », fonction intrinsèque fondée sur la destination universelle des biens. Le même paragraphe consacre « l'option ou l'amour préférentiel pour les pauvres ».

    25
  24. Paul VI, encyclique Populorum progressio, 26 mars 1967, § 23, citant saint Ambroise, De Nabuthe, ch. 12, n. 53 (P.L. 14, 747) : « Ce n'est pas de ton bien que tu fais largesse au pauvre, tu lui rends ce qui lui appartient... La terre est donnée à tout le monde, et pas seulement aux riches. »

    26
  25. Léon XIII, Rerum novarum, 1891, op. cit. : le salaire ne doit pas être insuffisant à faire subsister l'ouvrier sobre et honnête ; la justice prime sur le seul libre accord.

    27
  26. Catéchisme de l'Église catholique, § 2434, op. cit. : « Le juste salaire est le fruit légitime du travail. Le refuser ou le retenir peut constituer une grave injustice. »

    28
  27. Lettre de saint Jacques 5, 4 (AELF) : « Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers... crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur. » Cf. CEC § 1867 (péchés qui crient vengeance).

    29
  28. Deutéronome 23, 20-21 (AELF) : interdiction de prêter à intérêt à son frère. Cf. Exode 22, 24 ; Lévitique 25, 35-37.

    30
  29. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 78, a. 1 : recevoir un intérêt pour le seul prêt d'argent (chose de consommation) revient à vendre ce qui n'existe pas — une injustice.

    31
  30. Benoît XIV, encyclique Vix pervenit, 1ᵉʳ novembre 1745 : l'usure consiste à exiger, en vertu du prêt lui-même, plus que le capital prêté ; mais d'autres titres (risque, dommage, manque à gagner, contrat de société) peuvent légitimer un intérêt.

    32 33
  31. Catéchisme de l'Église catholique, § 2438-2439, op. cit. : dénonciation des mécanismes financiers qui aggravent la misère des nations pauvres ; exigence de justice dans les rapports économiques.

    34
  32. Catéchisme de l'Église catholique, § 2446, op. cit., citant saint Jean Chrysostome, Homélie sur Lazare 2, 5 (PG 48, 992) : « Ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens, c'est les voler et leur ôter la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, ce sont les leurs. »

    35
  33. Saint Grégoire le Grand, Règle pastorale, III, 21 : en donnant aux pauvres le nécessaire, « nous accomplissons un devoir de justice plutôt qu'une œuvre de charité ».

    36
  34. Catéchisme de l'Église catholique, § 2447, op. cit. : les œuvres de miséricorde ; « L'aumône faite aux pauvres est un des principaux témoignages de la charité fraternelle : elle est aussi une pratique de justice qui plaît à Dieu. »

    37
  35. Livre de Tobie 4, 7-11 et 12, 8-9 (AELF) : « L'aumône délivre de la mort et purifie de tout péché. »

    38
  36. Évangile selon saint Matthieu 25, 31-46 (AELF) : le Jugement dernier ; « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. »

    39
  37. Catéchisme de l'Église catholique, § 2443-2444, op. cit. : « L'amour de l'Église pour les pauvres... appartient à sa tradition constante. »

    40
  38. Saint Ambroise, De officiis ministrorum, II, 28, rapporte le mot de saint Laurent, diacre de Rome martyrisé en 258, présentant les pauvres comme « les trésors de l'Église ».

    41
  39. Sources franciscaines (Légende des trois compagnons, Vita prima de Thomas de Celano) : le mariage symbolique de saint François d'Assise avec « Dame Pauvreté ».

    42
  40. Catéchisme de l'Église catholique, § 2425, op. cit. : « L'Église a rejeté les idéologies totalitaires et athées associées... au "communisme" ou au "socialisme". Par ailleurs, elle a refusé, dans la pratique du "capitalisme", l'individualisme et le primat absolu de la loi du marché sur le travail humain. »

    43
  41. Pie XI, encyclique Quadragesimo anno, 15 mai 1931, texte officiel sur vatican.va : dénonciation de « l'impérialisme international de l'argent ».

    45
  42. Jean-Paul II, encyclique Centesimus annus, 1ᵉʳ mai 1991, § 42 : distinction entre une économie de marché encadrée par le droit et au service de la liberté humaine, et un capitalisme « sauvage » à rejeter.

    46
  43. Pape François, Evangelii gaudium, § 53, op. cit. : « Aujourd'hui nous devons dire "non à une économie de l'exclusion et de la disparité sociale". Une telle économie tue. »

    47
  44. Pape François, Evangelii gaudium, § 57-58, op. cit. : « L'argent doit servir et non pas gouverner ! »

    48
  45. Deuxième lettre de saint Paul aux Thessaloniciens 3, 10 (AELF) : « Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus. »

    49
  46. Première lettre de saint Paul à Timothée 5, 8 (AELF) : « Si quelqu'un ne prend pas soin des siens... il a renié la foi : il est pire qu'un incroyant. »

    50
  47. Pour la doctrine du travail et du salaire, voir l'article Ignispedia Que dit l'Église sur le travail ? et Jean-Paul II, encyclique Laborem exercens, 14 septembre 1981.

    51
  48. Deuxième lettre de saint Paul aux Corinthiens 9, 7 (AELF) : « Dieu aime celui qui donne avec joie. »

    52
  49. Évangile selon saint Luc 21, 1-4 (AELF) ; parallèle Mc 12, 41-44 : l'obole de la veuve, qui « a pris sur son indigence ».

    53
  50. Évangile selon saint Matthieu 5, 3 (AELF) : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. »

    54
  51. Catéchisme de l'Église catholique, § 2547, op. cit. : « Le Seigneur s'attriste sur les riches, parce qu'ils trouvent leur consolation dans l'abondance des biens... L'abandon à la Providence du Père du ciel libère de l'inquiétude pour le lendemain. »

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  52. Saint Pier Giorgio Frassati (1901-1925), canonisé le 7 septembre 2025 par le pape Léon XIV, discours aux membres de la « Jeunesse catholique » de Pollone, dimanche 29 juillet 1923 (bénédiction du drapeau ; texte repris sur usccb.org) : « Notre vie, pour être chrétienne, doit être un renoncement continuel, un continuel sacrifice... quand on songe au petit nombre d'années de difficultés en comparaison d'une éternité de bonheur. »

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  53. Évangile selon saint Matthieu 27, 57 (AELF) : Joseph d'Arimathie, « un homme riche », disciple de Jésus, qui l'ensevelit dans son tombeau neuf.

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  54. Évangile selon saint Luc 19, 1-10 (AELF) : Zachée donne la moitié de ses biens aux pauvres et rend au quadruple ; « Aujourd'hui, le salut est arrivé pour cette maison. »

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  55. Première lettre de saint Paul aux Corinthiens 7, 29-31 (AELF) : « Que ceux qui usent de ce monde fassent comme s'ils n'en usaient pas, car elle passe, la figure de ce monde. »

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  56. Évangile selon saint Matthieu 6, 21 (AELF) : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. »

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