Comment prier ? La méthode pour commencer

Apprendre à prier au quotidien : durée, horaire, lieu, posture, signe de la croix, puis trois grandes formes de prière chrétienne — demande, louange, lectio divina — selon le Catéchisme, sainte Thérèse d'Avila et saint Alphonse de Liguori.

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Apprendre à prier n'est ni une technique, ni une émotion, ni un privilège d'âmes mystiques : c'est une relation d'amour quotidienne à entretenir, comme une amitié réelle. La tradition catholique en parle depuis vingt siècles avec une précision déconcertante, depuis les Pères du désert jusqu'au Catéchisme de l'Église catholique, en passant par saint Benoît, Guigues le Chartreux, sainte Thérèse d'Avila, saint Ignace, saint Alphonse de Liguori et sainte Thérèse de Lisieux. Tous insistent sur la même chose : ce qui décide tout, c'est la fidélité quotidienne avant la durée, l'amour avant la méthode, l'humilité avant l'éloquence.

Cet article expose la méthode simple et éprouvée pour commencer : choisir une durée et une heure, préparer un lieu et une posture, ouvrir le temps par le signe de la croix, et entrer dans l'une des trois grandes formes de prière vocale et mentale décrites par le Catéchisme — la demande et l'intercession, la louange et l'action de grâce, la lectio divina. Il s'inscrit dans l'itinéraire d'ensemble d'une vie spirituelle catholique : connaître Dieu, vouloir Dieu, entrer en relation avec lui, le laisser transformer la vie concrète.

L'article fait droit aux deux écueils inverses qui découragent souvent les commençants : l'idéalisme qui veut tout réussir tout de suite, et l'activisme qui veut remplir le temps de prière de paroles et d'activités. Devenir une femme ou un homme de prière, comme le rappelle saint Alphonse de Liguori, n'est pas affaire d'extase mais de persévérance ordinaire et joyeuse[1].

La prière, une relation d'amour avant une méthode

Avant même la question du « comment », il faut tenir le « pourquoi ». La prière chrétienne n'est pas un exercice de concentration intérieure ni la récitation de formules. Elle est, selon la définition reprise par le Catéchisme à saint Jean Damascène, « l'élévation de l'âme vers Dieu ou la demande à Dieu des biens convenables »[2]. Et selon la définition que sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus a léguée à l'Église, elle est « un élan du cœur, un simple regard jeté vers le ciel, un cri de reconnaissance et d'amour au sein de l'épreuve comme au sein de la joie »[3].

Une amitié avec Celui dont nous nous savons aimés

Sainte Thérèse d'Avila écrivant sous l'inspiration du Saint-Esprit. Détail de la Vision du Saint-Esprit, Pierre-Paul Rubens, vers 1614, Fitzwilliam Museum (Cambridge). Wikimedia Commons.

Sainte Thérèse d'Avila, docteur de l'Église et grande maîtresse de l'oraison, a fixé une formule devenue classique : la prière mentale est « un commerce intime d'amitié, où l'on s'entretient souvent, seul à seul, avec ce Dieu dont on se sait aimé »[4].

« L'oraison mentale n'est, à mon avis, qu'un commerce intime d'amitié où l'on s'entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé. » — Sainte Thérèse d'Avila, Livre de la Vie, ch. 8, n. 5[5]

Cette définition contient tout. Une amitié : la prière n'est pas un contrat ni une démarche commerciale, c'est un rapport mutuel de connaissance et de don. Intime : elle ne se contente pas de la surface des paroles, elle descend dans le cœur. Où l'on s'entretient souvent : elle suppose la fréquence et non l'évènement exceptionnel. Seul à seul : elle requiert un retrait du bruit. Avec ce Dieu dont on se sait aimé : elle s'enracine dans la certitude qu'on est aimé avant d'aimer, comme le rappelle saint Jean : « Voici en quoi consiste l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés » (1 Jn 4, 10)[6].

Prier, c'est penser à Jésus en l'aimant

Saint Charles de Foucauld (1858-1916), prêtre ermite au Sahara, canonisé en 2022. Photographie d'archives, Wikimedia Commons.

L'une des définitions de la prière les plus condensées et les plus pédagogiques pour commencer tient en une formule simple à retenir : prier, c'est penser à Jésus en l'aimant[7]. Souvent mise sous le nom de saint Charles de Foucauld, elle ne se retrouve en ces termes dans aucun de ses écrits : qu'on la reçoive donc pour ce qu'elle est, une aide pédagogique, non une citation du saint.

Tout est dit. La prière n'est pas réservée aux moments où l'on s'agenouille devant une icône : chaque fois que la pensée se tourne vers Jésus avec amour — en cuisinant, en marchant, en conduisant —, le cœur prie déjà. La tradition catholique distingue dès lors deux grands types de prière :

  • Le temps de prière proprement dit, où l'on ne fait rien d'autre que de penser à Jésus en l'aimant — au calme, dans sa chambre, à l'église ou au coin prière.
  • La prière dite « perpétuelle », où l'on prie en faisant autre chose — étude, ménage, transports, travail manuel — en gardant le regard intérieur vers Dieu.

Ce dernier idéal est celui que saint Paul recommande aux Thessaloniciens : « Priez sans relâche » (1 Th 5, 17)[8]. Pour le commençant, il vaut mieux commencer par le premier — un temps de prière fixe et court — qui rend possible le second.

La plus belle aventure et probablement la plus difficile

Reconnaître honnêtement la difficulté n'est pas décourager le commençant — c'est le préparer. Devenir un homme ou une femme de prière demande fidélité, volonté, persévérance. Le Catéchisme parle expressément d'un « combat de la prière » :

« La prière est un don de la grâce et une réponse décidée de notre part. Elle suppose toujours un effort. […] La prière est un combat. Contre qui ? Contre nous-mêmes et contre les ruses du Tentateur qui fait tout pour détourner l'homme de la prière, de l'union à son Dieu. On prie comme on vit, parce qu'on vit comme on prie. » — Catéchisme de l'Église catholique, §2725[9]

L'aventure n'est pas pour autant amère. Plus on persévère, plus on découvre la joie d'être en relation avec son Créateur et son Sauveur. La promesse du Christ — « Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira » (Mt 7, 7)[10] — est entièrement valable dès le commencement de la vie de prière. Le Seigneur ne fait pas attendre les débutants ; c'est eux qui se font attendre eux-mêmes.

Trois écoles complémentaires qui s'éclairent

Le présent article ne réinvente rien : il s'appuie sur trois grandes écoles qui se complètent.

TraditionApport propreSource maîtresse
Bénédictine et chartreuseLectio divina en quatre marchesSaint Benoît (VIᵉ s.), Règle, ch. 48 ; Guigues II le Chartreux (XIIᵉ s.), Scala Claustralium
IgnatienneComposition de lieu, imagination, dialogue intérieurSaint Ignace de Loyola (XVIᵉ s.), Exercices spirituels
Carmélitaine et alphonsienneOraison comme amitié, persévérance, prière de demandeSainte Thérèse d'Avila, Vie ch. 8 ; saint Alphonse de Liguori, Le grand moyen de la prière (1759)
Trois traditions complémentaires de la prière catholique. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Les trois écoles ne s'opposent pas : elles convergent. La lectio fournit la matière (la Parole de Dieu) ; l'oraison ignatienne fournit la plasticité (l'imagination et l'affectivité) ; le carmel fournit le climat (l'amitié, le silence amoureux). À cela s'ajoute, partout présente, l'école élémentaire de la prière de demande, dont Jésus lui-même a fait, dans le Notre Père, le modèle universel.

Choisir l'heure et la durée : la décision fondatrice

La première chose à faire pour entrer dans une vie de prière n'est pas spirituelle, elle est pratique : choisir un horaire et une durée. C'est la décision sans laquelle aucune des autres ne tiendra.

La parabole du bocal et des cailloux

Une parabole bien connue éclaire la question des priorités. Un professeur pose devant ses élèves un grand bocal vide. Il y verse d'abord de gros cailloux, jusqu'au bord. « Est-ce que le bocal est plein ? » — « Oui. » Il verse alors du gravier ; le gravier se glisse entre les cailloux. Puis du sable ; le sable comble les interstices. Puis de l'eau ; l'eau imprègne le sable. Et il conclut :

« Si vous commencez par remplir vos journées de choses secondaires — le gravier, le sable, l'eau —, il n'y aura plus de place pour l'essentiel : les gros cailloux. Mais si vous commencez par mettre en premier ce qui compte vraiment, tout le reste pourra venir autour. » — Parabole pédagogique reprise par les maîtres spirituels contemporains[11]

Dans la vie spirituelle, la prière est un gros caillou. Si l'on ne décide pas de la poser en premier dans la journée, elle sera toujours repoussée par mille petites urgences. Si l'on commence par elle, on découvre alors que le reste trouve sa place, et même que la journée porte plus de fruits.

Quinze minutes au commencement : la juste mesure

Commencer par quinze minutes quotidiennes, à heure fixe. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Pour un commençant, quinze minutes quotidiennes sont la durée juste. Assez pour que la rencontre ait lieu, assez peu pour que la fidélité soit possible. C'est l'application moderne d'un principe ancien : il vaut mieux la constance que l'éclat. Saint Benoît, dans sa Règle du VIᵉ siècle, rythmait déjà la journée monastique par de courts offices répétés plutôt que par un seul long office occasionnel[12].

Le calcul lui-même est consolant. Une journée de 24 heures comporte 96 quarts d'heure. Quinze minutes représentent donc 1/96ᵉ d'une journée, soit environ 1 % du temps. Sur une règle de 96 centimètres figurant la journée, quinze minutes occupent à peine un centimètre. Sur une poignée de 96 billes, quinze minutes équivalent à une seule bille donnée totalement à Dieu. Et c'est précisément ce centième qui donnera sens et fécondité aux 99 % restants : car Dieu, lorsqu'il est invoqué, continue son travail de transformation tout au long de la journée.

Vouloir prier dès le commencement une heure par jour est presque toujours un piège d'orgueil : on tient deux jours, on s'épuise, on abandonne. Mieux vaut être fidèle quinze minutes tous les jours pendant dix ans qu'une heure trois fois par mois. Quand la fidélité quotidienne sera solidement ancrée, le temps de prière pourra s'allonger progressivement : 30 minutes, 45 minutes, une heure. La progression est l'œuvre de Dieu autant que la nôtre.

Quatre raisons de prier le matin

Le moment le plus recommandable, surtout au commencement, est le matin. Quatre raisons convergent.

Le matin est le moment le plus « sûr » de la journée

Le matin est dans la routine personnelle : on se lève à telle heure, on part travailler à telle heure, on est encore maître de son temps. Le soir, à l'inverse, les imprévus se sont accumulés et la fatigue souvent l'emporte. Se lever quinze minutes plus tôt que d'habitude pour prier est un effort minime ; il a l'avantage de placer Dieu avant tous les rendez-vous.

Ce qu'on fait en premier oriente toute la journée

Les psychologues confirment ce que la tradition affirmait depuis longtemps : les premières minutes de la journée déterminent l'orientation des heures suivantes. Commencer par scroller un téléphone, c'est se disperser dès la première minute. Commencer par prier, c'est tourner son cœur, dès l'aube, vers l'essentiel : le but de la vie, qui est d'aimer Dieu et de vivre en lui.

Prier le matin permet d'offrir toute la journée à Dieu

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, dont l'offrande quotidienne inspire la prière du matin. Photographie, Wikimedia Commons.

Offrir à Dieu le premier moment de la journée, c'est lui signifier qu'il est la priorité. C'est aussi l'occasion d'offrir, par avance, toutes les actions de la journée — travail, rencontres, repas, imprévus, peines. Sainte Thérèse de Lisieux a laissé pour cet usage un Acte d'offrande dont voici une rédaction simplifiée, adaptée pour la prière quotidienne d'après son Acte d'offrande à l'Amour miséricordieux du 9 juin 1895 :

« Mon Dieu, je vous offre toutes les actions que je vais faire aujourd'hui, dans les intentions et pour la gloire du Cœur Sacré de Jésus ; je veux sanctifier les battements de mon cœur, mes pensées et mes œuvres les plus simples en les unissant à Ses mérites infinis, et réparer mes fautes en les jetant dans la fournaise de Son amour miséricordieux. » — D'après sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Acte d'offrande à l'Amour miséricordieux (9 juin 1895), en rédaction simplifiée[13]

La prière du matin nourrit la marche du jour

Avant une longue randonnée, on mange. Avant une journée, on prie. C'est l'image que Jésus utilise dans le Notre Père quand il demande à son Père « notre pain de ce jour » — pain matériel et pain spirituel à la fois[14]. En puisant dès l'aube « à la source du Tout Amour », on recharge ses batteries d'amour. La journée s'en trouvera marquée par une attention plus calme à la présence de Dieu, par une plus grande sérénité devant les imprévus, par une charité plus disponible envers ceux que l'on croisera.

Trois rappels pratiques pour ne pas se décourager

Premièrement, ne rien dramatiser quand on oublie. Si l'on a manqué son créneau du matin, chercher un autre moment dans la journée — fût-ce cinq minutes seulement. Cinq minutes valent toujours mieux que rien, parce qu'oublier un jour entier rend la reprise plus difficile.

Deuxièmement, si le matin est impossible, prendre un autre créneau fixe. Le soir, avant le coucher, est une bonne option — à condition de choisir une posture qui n'invite pas au sommeil. Le Seigneur, dit le Psaume, « comble son bien-aimé quand il dort » (Ps 126, 2)[15], mais la relation consciente avec lui demande une vigilance que la position couchée tend à dissiper.

Troisièmement, ne pas mépriser le commencement par souci d'idéal. Quinze minutes peuvent paraître court : c'est précisément le bon dosage. Mieux vaut monter les marches doucement que vouloir grimper trop vite et chuter de plus haut.

Le lieu, la posture et le sas

Avant même de prononcer un mot, on a déjà beaucoup décidé du temps de prière par les conditions concrètes qu'on lui donne. Le lieu, la posture, le sas intérieur ne sont pas des détails techniques : ils traduisent dans le corps l'orientation de l'âme.

L'endroit secret de Matthieu 6

L'évangile est ici très précis. Jésus enseigne :

« Quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. » — Évangile selon saint Matthieu, 6, 6[16]

Un lieu silencieux, où l'on ne risque pas d'être dérangé, où le regard converge naturellement vers l'essentiel. Une chambre, une chapelle, un coin réservé. Le silence est important non par ascétisme mais par hygiène : l'esprit a déjà bien assez de distractions intérieures pour qu'on n'y ajoute pas celles du dehors. Mettre son téléphone en silencieux, se retirer dans un endroit isolé, installer un coin prière simple — une croix, une icône, une bougie — sont autant de signes posés au monde extérieur qu'ici, pendant ce temps, l'on n'est plus disponible pour les hommes, parce qu'on est disponible à Dieu.

Trois postures classiques et leur sens

Romano Guardini (1885-1968), théologien et maître spirituel attentif au langage du corps dans la prière. Wikimedia Commons.

Le corps n'est pas un accessoire de la prière ; il y participe. Romano Guardini (1885-1968), théologien italo-allemand maître spirituel du XXᵉ siècle, le rappelle dans une formule juste :

« L'attitude et les gestes expriment ce qui vit dans le fond de l'âme ; mais ils ont aussi leur influence sur l'âme ; ils lui donnent un soutien, la forment, l'éduquent. » — Romano Guardini, Initiation à la prière[17]

Trois postures classiques rythment la prière catholique, chacune porteuse d'un sens propre.

À genoux. C'est la posture de la révérence et de l'adoration. « afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers » (Ph 2, 10)[18]. Elle exprime la reconnaissance de la grandeur de Dieu et de la petitesse de l'homme. Tenue trop longtemps, elle peut devenir éprouvante ; un prie-Dieu rend la posture supportable dans la durée. Beaucoup commencent à genoux puis s'assoient pour la suite du temps de prière.

Assis. C'est la posture du disciple à l'école. Marie de Béthanie, assise aux pieds de Jésus, écoute « la part la meilleure » (Lc 10, 39-42)[19]. La position assise permet une longue stabilité sans contrainte excessive du corps ; elle est devenue la posture habituelle de l'oraison silencieuse, sur une chaise, par terre, ou sur un petit banc d'oraison.

Debout. C'est la posture de la résurrection et de la louange. Les premiers chrétiens priaient debout les bras ouverts (orant), et c'est la posture liturgique du Gloria et des cantiques. Elle convient particulièrement à la louange. Moines et moniales, à toutes époques, ont longtemps prié debout — usage que la vie sédentaire moderne rend plus difficile, mais que la louange retrouve naturellement.

La règle d'or : choisir ce qui aide

La tradition a fixé la règle générale en une formule d'esprit augustinien : quand on veut prier, prendre la position qui favorise le mieux, à ce moment-là, les affections de l'âme[20].

Et sainte Thérèse d'Avila enseigne que la prière n'est pas l'esclave de la posture mais sa maîtresse — ce qui compte est l'amour qu'on y met, non la performance physique[21]. La sagesse spirituelle catholique est, sur ce point, libre. Ce qui compte, c'est de choisir une posture qui exprime le respect et qui aide à durer. Prier allongé est possible, surtout en cas de maladie, mais expose au sommeil. Ouvrir les mains marque l'accueil ; les joindre marque la concentration ; se prosterner marque l'adoration totale. Toutes ces variations sont licites et bonnes, à condition qu'elles servent l'amour.

Le signe de la croix : ouvrir le temps

Le signe de la croix ouvre tout temps de prière digne de ce nom. Trop souvent récité à la hâte, il porte en réalité une densité théologique remarquable.

D'abord, c'est un signe d'ouverture qui engage tout le corps. On dispose tout son être sous la présence de Dieu. Il rappelle le baptême, où l'on a été baptisé « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19)[22]. C'est aussi une profession de foi en la Trinité : le Père qui crée, le Fils qui sauve, l'Esprit qui sanctifie. Le geste descend du front au cœur — du Ciel à la terre, comme le Fils s'est abaissé jusqu'à mourir sur la croix — puis s'élargit aux deux épaules, signe que l'Esprit nous enveloppe entièrement.

Enfin, c'est un véritable signe de la croix tracé sur soi-même : on s'inscrit visiblement dans la suite du Crucifié, dont la mort nous a ouvert le salut. Le faire lentement, en disant intérieurement « Au nom du Père qui m'a créé, du Fils qui m'a sauvé, du Saint-Esprit qui me sanctifie », est déjà toute une prière.

Le sas : descendre dans le cœur

Avant d'entrer véritablement dans la prière, il est précieux de prendre une ou deux minutes de calme. Respirer. Se déposer. Laisser glisser hors de soi les préoccupations, les listes mentales, les agitations. « Descendre de la tête dans le cœur », comme disent les Pères de l'Hésychasme. Ce sas n'est pas une perte de temps : c'est l'éclaircie indispensable sans laquelle la prière restera bavardage intérieur. Évagre le Pontique (IVᵉ siècle), maître spirituel des moines du désert, l'enseignait déjà :

« Si tu veux prier comme il faut, n'attriste aucune âme ; sinon, c'est en vain que tu cours. » — Évagre le Pontique, Traité de l'oraison, ch. 21[23]

Le silence intérieur n'est pas le silence absolu — il est l'attention orientée. On laisse la tête se calmer, le corps se détendre, le cœur se recentrer sur l'unique nécessaire.

Que faire pendant ce temps : être avant faire

Une fois le signe de la croix tracé et le sas passé, la question pratique se pose : que faire de ces quinze minutes ? La réponse spirituelle dépasse la question pratique.

Être avant faire : la vraie nature de la prière

La prière n'est pas avant tout une question de faire mais d'être. Ce n'est pas réciter des formules ni accumuler des lectures. Vouloir remplir le temps de prière de plein d'occupations est encore, paradoxalement, une forme d'activisme — l'activisme intérieur. « Marthe, Marthe, tu te soucies et tu t'agites pour beaucoup de choses », dit le Seigneur à la sœur de Lazare ; « il en faut peu, une seule même » (Lc 10, 41-42)[24].

L'unique nécessaire est de se tenir sous le regard du Christ et de se laisser aimer. C'est ce que le Catéchisme exprime ainsi :

« La prière est l'élévation de l'âme vers Dieu ou la demande à Dieu des biens convenables. […] D'où parlons-nous en priant ? De la hauteur de notre orgueil et de notre volonté propre, ou des « profondeurs » (Ps 130, 1) d'un cœur humble et contrit ? C'est celui qui s'abaisse qui est élevé (cf. Lc 18, 9-14). L'humilité est le fondement de la prière. » — Catéchisme de l'Église catholique, §§2559[25]

Pas de méthode unique : la liberté chrétienne

Saint Cyprien de Carthage écrivait au IIIᵉ siècle qu'il n'y a pas de prière catholique uniforme : chacun y entre selon son don propre[26]. La prière, étant relation, n'a pas plus de « méthode » universelle qu'une amitié. Ce qui marche pour l'un peut ne pas convenir à l'autre ; ce qui nourrit aujourd'hui peut sembler aride dans dix ans, et inversement. La prière n'est pas un système fixé — c'est un lieu de liberté où l'on retrouve son identité de fils ou de fille bien-aimés.

Mais cette liberté ne veut pas dire absence de repères. Tous les maîtres recommandent une structure souple où le mouvement de l'âme se déploie. La proposition qui suit n'est qu'un exemple éprouvé.

Une proposition simple en quatre temps

Premier temps : se mettre en présence de Dieu

Pendant quelques minutes, simplement se taire devant Dieu et redire son Nom. Le seul Nom de Jésus — qui signifie en hébreu « Dieu sauve » — est en lui-même très puissant. La tradition byzantine en a fait la matière du Récit du Pèlerin russe et de la prière hésychaste : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, prends pitié de moi pécheur. »[27] On peut aussi murmurer simplement « Jésus, je t'aime », « Jésus, tu es là ». Et cette présence peut occuper, si elle nourrit, tout le temps de prière. La prière est aussi simple que cela : se mettre sous le regard d'amour de Dieu, se laisser aimer, lui donner son amour en retour.

Deuxième temps : nourrir la relation par la Parole

Ouvrir l'Évangile du jour, ou un passage choisi, ou un texte spirituel d'un saint, et le lire lentement. Pas pour amasser des connaissances, mais pour se rendre attentif à ce que Dieu peut dire à travers ces mots. Quand une parole touche, s'arrêter, la savourer, y demeurer. La noter dans un carnet permet d'y revenir des mois plus tard et d'en mesurer les fruits. La méthode complète de cette lecture — la Lectio divina — est exposée plus bas.

Troisième temps : dialoguer avec le Seigneur

À la différence de la méditation philosophique, qui reste centrée sur soi, la prière chrétienne est un dialogue. On parle à Dieu — intérieurement ou à voix basse — sans formules apprêtées, comme à un ami, sans craindre que les paroles trahissent : il sait déjà tout, et il aime tel que l'on est — selon une paraphrase d'esprit augustinien souvent reprise par les maîtres spirituels modernes[28]. On confie ses questions, ses peines, ses joies ; on intercède pour les autres. On écoute aussi. Le silence n'est pas une absence : c'est l'espace dans lequel Dieu peut parler à son tour.

Quatrième temps : conclure par l'action de grâce

Avant de quitter le temps de prière, remercier. Remercier pour le temps donné — qui est, comme dit la tradition, la chose la plus précieuse qu'un homme puisse offrir à son Dieu. Refaire un signe de croix. Sortir doucement dans la journée, en prolongeant l'attitude intérieure de présence à Dieu.

Ne pas juger sa prière

Saint François de Sales (1567-1622), docteur de l'Église, conseille une douceur très concrète envers ses propres distractions. Wikimedia Commons.

C'est probablement la plus grande tentation des commençants. Beaucoup quittent le temps de prière en se disant « je n'ai rien ressenti, je n'ai pas bien prié ». Ils confondent la prière avec la perception qu'ils en ont. La règle ferme est celle-ci : l'important n'est pas ce qu'on ressent, c'est le temps donné à Dieu. Le temps est ce qu'il y a de plus précieux ; le donner à Dieu est, en soi, un acte d'amour que personne ne peut nous retirer.

Distractions, somnolence, ennui, sensation d'absence — tout cela appartient à la condition humaine ordinaire et n'enlève rien à la valeur du temps offert. Saint François de Sales (1567-1622) consolait ainsi ses pénitents :

« Si vous ne faisiez de toute votre oraison autre chose que ramener votre cœur, encore que toutes les fois que vous l'auriez ramené il s'en allât derechef, votre oraison serait fort bien employée. » — Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, partie II, ch. 9[29]

Le combat même est déjà la prière. Dieu, comme un Père, aime ses enfants tels qu'ils sont, avec leurs faiblesses, leurs distractions, leurs imperfections. Soyons doux avec nous-mêmes comme Dieu l'est avec nous.

La prière de l'Alliance : Merci, Pardon, S'il te plaît

Avant d'entrer dans les trois grandes formes de prière, il faut mentionner une méthode simple, courte et féconde, adaptée notamment à la fin de journée : la prière de l'Alliance. Elle peut tenir en cinq à dix minutes le soir, avant le coucher.

Trois pas après le signe de croix

Après le signe de croix, on se place sous le regard aimant de Jésus, par exemple en disant « Jésus, je t'aime ». Puis on parcourt la journée écoulée selon trois pas successifs.

PasMouvement intérieurType de prière catholique correspondant
MerciReconnaître les bienfaits, les joies, les rencontres reçuesLouange et action de grâce
PardonReconnaître les manques d'amour, les paroles dures, les omissionsConversion (préparation à la confession)
S'il te plaîtConfier une intention pour soi-même ou pour les autresDemande et intercession
La prière de l'Alliance en trois mouvements. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Les trois pas correspondent en réalité à trois rapports fondamentaux à Dieu que la tradition n'a cessé de cultiver : la louange pour ce qu'il donne, le repentir pour le mal qu'on a fait, l'humble demande pour ce qu'on espère. La prière de l'Alliance est donc une miniature de toute la vie de prière. Elle a aussi l'avantage de maintenir un examen quotidien sans en faire un exercice morbide : l'examen tient sa place entre une action de grâce et une supplication, ce qui en équilibre le mouvement.

Une héritière de l'examen ignatien

La formule « Merci, Pardon, S'il te plaît » n'est pas une nouveauté : elle reprend, sous une forme simplifiée pour le grand public, le célèbre examen quotidien que saint Ignace de Loyola plaçait au cœur de sa méthode spirituelle. Dans les Exercices spirituels, Ignace décrit cinq points à parcourir chaque soir : rendre grâce pour les bienfaits reçus, demander la grâce de connaître ses péchés, examiner sa journée heure par heure, demander pardon, et formuler ses propos pour le lendemain[30]. La prière de l'Alliance condense ces cinq points en trois mouvements accessibles.

Elle a été largement diffusée dans le monde francophone par les communautés nouvelles issues du Renouveau charismatique catholique des années 1970, notamment la communauté de l'Emmanuel et la communauté du Chemin Neuf, qui l'enseignent comme prière du soir en famille ou en couple. Elle ne dispense évidemment pas du sacrement de la confession régulière, mais elle prépare le cœur à se laisser réconcilier au quotidien.

La prière de demande et d'intercession

La prière de demande est la plus élémentaire de toutes les formes de prière. Cela ne signifie pas qu'elle soit basse ou rudimentaire : c'est au contraire la plus spontanée et la plus universelle. C'est le cri du cœur qui sait que seul Dieu peut répondre. Le Catéchisme en donne une définition qui mérite d'être méditée :

« C'est par la prière de demande que nous traduisons la conscience de notre relation à Dieu : créatures, nous ne sommes ni notre origine, ni maître des adversités, ni notre fin ultime, mais aussi, pécheurs, nous savons, comme chrétiens, que nous nous détournons de notre Père. La demande est déjà un retour vers Lui. » — Catéchisme de l'Église catholique, §2629[31]

Pourquoi demander à un Dieu qui sait déjà tout ?

On pourrait croire qu'il est inutile de demander quelque chose à Dieu, puisqu'il connaît déjà nos besoins. La tradition catholique répond : Dieu sait, mais il veut que nous lui demandions. Non parce qu'il aurait besoin de l'information, mais parce qu'il veut nous associer à son action et nous éprouver dans la confiance.

« Le Seigneur veut nous accorder ses grâces, mais il veut que nous les lui demandions. » — Saint Alphonse de Liguori, Le grand moyen de la prière, ch. I[32]

Saint Thomas d'Aquin, dans la Somme théologique, expose la même doctrine avec son habituelle précision :

« Il ne faut pas prier Dieu pour lui faire connaître nos besoins et nos désirs, mais pour que nous-mêmes prenions conscience qu'il faut recourir en ces nécessités au secours divin. » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 83, a. 2, ad 3[33]

Et Jésus lui-même n'a cessé d'inviter à demander :

« Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. […] Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent. » — Évangile selon saint Matthieu, 7, 7-11[34]

Et encore :

« Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu'à présent vous n'avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite. » — Évangile selon saint Jean, 16, 23-24[35]

À l'aveugle Bartimée, sur le bord du chemin de Jéricho, Jésus pose explicitement la question : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (Lc 18, 41)[36]. La question est étonnante : le Seigneur sait, évidemment, ce que veut un aveugle. Mais il attend que la demande soit formulée, parce que c'est en formulant qu'on entre dans la confiance.

Que demander ? Tout ce qui sert le salut

Peut-on demander n'importe quoi ? Le Catéchisme répond :

« La prière de demande a pour objet le pardon, la recherche du Royaume ainsi que tout vrai besoin. » — Catéchisme de l'Église catholique, §2646[37]

C'est exactement la structure du Notre Père, la prière par excellence enseignée par Jésus à ses apôtres. On y prie d'abord pour la sanctification du Nom, la venue du Royaume, l'accomplissement de la Volonté divine ; puis viennent quatre demandes concernant nos besoins propres : le pain quotidien (matériel et spirituel), le pardon des offenses (donné et reçu), le secours dans la tentation, et la délivrance du Mal. On peut donc tout demander, sauf ce qui serait contraire à notre salut : Dieu ne peut pas exaucer une prière qui serait opposée à son amour ou à sa nature même.

Demander pour soi n'est pas égoïste — c'est juste. Le risque inverse, plus subtil, est celui du pharisien qui se vante devant Dieu de ses œuvres et qui « ne demande rien » (Lc 18, 10-14)[38]. Ne pas demander peut cacher un orgueil : la conviction de n'avoir besoin de rien. Mieux vaut imiter le publicain qui sait sa faiblesse : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis. » L'humilité ouvre la prière ; l'orgueil la stérilise.

Les quatre conditions d'une vraie demande

Quatre dispositions intérieures de la prière de demande. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Saint Jean Chrysostome (IVᵉ siècle), patriarche de Constantinople et docteur de l'Église, résume en une phrase l'attitude attendue :

« Dieu est toujours prêt à écouter la voix de ses serviteurs ; jamais il n'a fait la sourde oreille quand on l'a appelé comme il faut. » — Saint Jean Chrysostome, Homélie 22 sur l'Évangile de Matthieu[39]

« Comme il faut », c'est-à-dire en réunissant quatre conditions que la tradition spirituelle a finement dégagées.

Demander avec foi et confiance

Jésus ne cesse d'exhorter ses disciples à la foi :

« Ayez foi en Dieu. Amen, je vous le dis : quiconque dira à cette montagne : « Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer », s'il ne doute pas dans son cœur, mais s'il croit que ce qu'il dit arrivera, cela lui sera accordé. C'est pourquoi, je vous le dis : tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l'avez obtenu, et cela vous sera accordé. » — Évangile selon saint Marc, 11, 22-24[40]

Et il loue la grande foi du centurion romain et de la Cananéenne, qui obtiennent l'un la guérison de son serviteur, l'autre celle de sa fille[41]. Cette foi n'est pas crédulité : c'est l'audace humble de croire que Dieu peut, veut, et se laisse toucher.

Demander avec humilité

Saint Jean Chrysostome (vers 349-407), Père grec et maître de la prédication sur l'Évangile. Icône, Wikimedia Commons.

« Dieu s'oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce. » — Lettre de saint Jacques, 4, 6[42]

L'Écriture poursuit dans le même sens : « Il ne défavorise pas le pauvre, il écoute la prière de l'opprimé. Il ne méprise pas la supplication de l'orphelin, ni la plainte répétée de la veuve » (Si 35, 16-17)[43]. On ne prie pas pour exiger, on prie pour demander en pauvre. La confiance ne repose pas sur les mérites mais sur la bonté infinie de Dieu — c'est précisément ce qui rend la demande possible.

Demander avec persévérance

C'est probablement la condition la plus difficile, parce qu'elle suppose la durée. Jésus l'enseigne explicitement par la parabole de la veuve importune (Lc 18, 1-8), introduite par cette phrase : « Il leur disait une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager »[44]. Le De Profectu religiosorum, opuscule franciscain longtemps attribué à saint Bonaventure, encourage de même :

« On obtient parfois plus vite par une courte prière ce que l'on n'obtiendrait que difficilement par de bonnes œuvres. » — De Profectu religiosorum, attribué à l'école de saint Bonaventure[45]

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, à sa première communion, avait pris une résolution fondatrice de toute sa spiritualité : « Je ne me découragerai pas. »[46] La persévérance dans la prière est, à toute époque, la première vertu du commençant — bien avant la ferveur des sentiments.

Saint Alphonse de Liguori va jusqu'à nommer la grâce qu'il faut demander chaque jour : la vertu de persévérance elle-même. Car c'est elle qui décidera, à la fin de la vie, si l'on a tenu jusqu'au bout ou si l'on a quitté la route en chemin[47].

L'histoire des saints regorge d'exemples où la prière a mis dix, vingt, parfois toute une vie avant de porter ses fruits, notamment dans les cas de conversion. Elisabeth Leseur (1866-1914), épouse d'un médecin républicain et anticlérical, pria toute sa vie pour son mari Félix sans le voir se convertir. Après sa mort, en lisant les carnets spirituels qu'elle avait tenus, Félix Leseur entreprit un chemin de conversion qui le conduisit jusqu'au sacerdoce dominicain en 1923[48]. Aucune prière n'est jamais perdue : Dieu peut redistribuer ailleurs les grâces qu'un cœur fermé refuse d'accueillir.

Demander en s'abandonnant à Dieu

C'est le sommet et l'épreuve de la prière de demande. Jésus lui-même, au jardin des Oliviers, prie ainsi :

« Père, si tu le veux, écarte de moi cette coupe ; cependant, non pas ma volonté, mais la tienne. » — Évangile selon saint Luc, 22, 42[49]

Il faut accepter que Dieu ne donne pas toujours ce qu'on a demandé — non par indifférence, mais parce qu'il veut mieux ou autrement. Saint Paul l'assure : « Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien » (Rm 8, 28)[50]. Et saint Jean Chrysostome ajoute :

« On obtient toujours, alors même que l'on est encore en train de demander. » — Saint Jean Chrysostome, Homélie sur le psaume 129[51]

La promesse est toujours tenue — mais parfois autrement que prévu. La règle d'or, équilibrer abandon et persévérance : sans persévérance, le « que ta volonté soit faite » n'est qu'un manque de foi déguisé ; sans abandon, la persévérance devient ressentiment dès que la prière n'est pas immédiatement exaucée.

Une astuce pratique pour les choix de vie : « ferme les portes »

Quand un commençant cherche la volonté de Dieu sur une décision concrète — accepter un emploi, acheter une maison, s'engager dans un projet —, l'immobilisme au nom du discernement peut devenir un piège. La tradition propose une attitude équilibrée : avancer, en demandant au Seigneur de fermer la porte si ce chemin n'est pas le sien. La formule pratique : « Seigneur, si ce n'est pas Ta volonté, ferme-moi les portes. » Elle a le mérite d'éviter d'attendre passivement un signe et de désamorcer la culpabilité du choix. L'expérience montre que les portes se ferment assez clairement quand un chemin n'est pas celui que Dieu veut — à condition d'avoir d'abord eu le courage de s'y avancer en confiance. Cette manière de faire ne dispense évidemment ni d'un vrai discernement préalable, ni de l'accompagnement d'un directeur spirituel pour les choix importants.

L'intercession : prier en faveur des autres

À côté de la prière de demande pour soi-même, il y a l'intercession en faveur d'autrui. Le Catéchisme la définit ainsi :

« L'intercession est une prière de demande qui nous conforme de près à la prière de Jésus. C'est Lui l'unique Intercesseur auprès du Père en faveur de tous les hommes, des pécheurs en particulier. […] L'intercession chrétienne participe à celle du Christ : elle est l'expression de la communion des saints. » — Catéchisme de l'Église catholique, §§2634-2635[52]

Et il ajoute :

« L'intercession ne connaît pas de frontière et s'étend jusqu'aux ennemis. » — Catéchisme de l'Église catholique, §2647[53]

L'intercession est donc enracinée dans la compassion. Quand l'Évangile dit que Jésus, voyant les foules « était saisi de compassion parce qu'elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger » (Mt 9, 36)[54], le verbe grec (esplagchnisthē) évoque un saisissement « jusqu'aux entrailles ». À quel point sommes-nous saisis jusqu'aux entrailles devant nos frères qui souffrent ou qui ignorent l'amour du Christ ? C'est cette compassion qui motive l'intercession.

La Vierge à Pontmain, à Lourdes, à Fatima, à Medjugorje

Sainte Bernadette Soubirous (1844-1879), témoin de Lourdes. Photographie, Wikimedia Commons.

L'histoire moderne offre des témoignages saisissants de l'efficacité de l'intercession. À Pontmain, en pleine guerre franco-prussienne, le 17 janvier 1871, la Vierge Marie apparaît à plusieurs enfants dans le hameau mayennais et laisse ce message : « Mais priez, mes enfants. Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. »[55] Le village entier prie. Le lendemain, les armées prussiennes qui s'apprêtaient à prendre Laval — à 50 kilomètres — se retirent sans donner l'assaut, et quittent la Mayenne trois jours plus tard. L'armistice est signé onze jours après l'apparition. Les jeunes du village partis à la guerre rentrent sains et saufs. L'apparition a été reconnue par l'évêque de Laval Mgr Casimir Wicart par un décret du 2 février 1872[56].

À Lourdes, en 1858, la Vierge dit huit fois à Bernadette Soubirous : « Pénitence, pénitence, pénitence. Vous prierez Dieu pour les pécheurs »[57]. À Fatima, le 19 août 1917 à Valinhos, elle redit aux trois enfants : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs »[58]. À Medjugorje, dans les apparitions présumées qui auraient débuté le 24 juin 1981, la Vierge se présenterait comme « Reine de la Paix » et demanderait la prière du cœur pour la paix dans les familles, dans les âmes et dans le monde — sans que l'Église ait tranché sur la surnaturalité des phénomènes : le 19 septembre 2024, le Dicastère pour la doctrine de la foi a accordé le nihil obstat, qui autorise la dévotion publique sans déclarer le caractère surnaturel[59]. Tous ces messages insistent sur le même point : la conversion des pécheurs est l'enjeu central, et la prière d'intercession en est l'instrument.

Au XIIIᵉ siècle déjà, saint Dominique passait de longues nuits prosterné devant le tabernacle et suppliait, dans une formule qui résume toute la prière d'intercession pour les pécheurs :

« Mon Dieu, ma Miséricorde, que vont devenir les pécheurs ? » — Saint Dominique de Guzmán (1170-1221)[60]

Saint Dominique en prière devant le Crucifié, modèle de l'intercession pour les pécheurs. Tableau du Greco, Wikimedia Commons.

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, à quatorze ans, expérimenta cette puissance dans un cas devenu célèbre : la conversion du criminel Henri Pranzini, condamné à mort en juillet 1887 pour un triple meurtre. Thérèse en fit « son premier enfant » — elle pria, offrit des sacrifices et une messe pour lui. Quelques instants avant son exécution, le 31 août 1887, Pranzini saisit le crucifix tendu par l'aumônier et le baisa trois fois. Thérèse y reconnut le signe qu'elle avait demandé. Elle rapporta plus tard dans le Manuscrit A :

« Le lendemain de son exécution, je tombais sur le journal La Croix. Je l'ouvris avec empressement et que vit ma vue ? […] Pranzini ne s'était pas confessé, il était monté sur l'échafaud et s'apprêtait à passer sa tête dans le lugubre trou, quand tout à coup, saisi d'une inspiration subite, il se retourne, saisit un crucifix que lui présentait le prêtre et baise par trois fois ses plaies sacrées ! […] J'avais obtenu le signe demandé. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit A, fol. 46 v°[61]

Sœur Lucie de Fatima, dans ses Mémoires, donna plus tard une définition pédagogique des « sacrifices » que la Vierge demande pour la conversion des pécheurs : ils ne sont pas, le plus souvent, des actes héroïques mais les devoirs quotidiens offerts en réparation. La courte oraison qu'elle proposait aux fidèles peut accompagner toute la journée :

« Ô Jésus, c'est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie. » — Sœur Lucie dos Santos, Mémoires[62]

Le « pense-bête » des cinq doigts

Pour ne pas oublier les destinataires de l'intercession, une méthode mnémotechnique simple, dite « prière des cinq doigts » et attribuée au pape François (elle remonterait à ses années d'archevêque de Buenos Aires), propose de prier en s'aidant des cinq doigts de la main.

DoigtPour qui prierRaison
PouceLes proches — famille, conjoint, enfants, amisC'est le doigt le plus proche de nous
IndexCeux qui enseignent, éduquent, soignentLe doigt qui pointe et oriente
MajeurLes dirigeants — politiques, économiques, religieuxLe doigt qui se dresse, le plus haut
AnnulaireLes plus fragiles — malades, souffrants, exclusLe doigt le plus faible
AuriculairePour soi-mêmeLe plus petit, en dernier
Le pape François, qui popularisa le pense-bête des cinq doigts pour organiser l'intercession. Photographie officielle, Wikimedia Commons.

L'ordre des cinq doigts est lui-même une leçon : on prie pour soi en dernier, après avoir d'abord porté les autres devant Dieu[63].

Une intercession qui transforme l'intercesseur

Le moine copte Matta el-Maskine (1919-2006), grande figure de la renaissance monastique en Égypte au XXᵉ siècle, a thématisé un lien essentiel entre intercession et progression spirituelle :

« Notre communion aux souffrances des hommes et notre communion au Christ dépendent fondamentalement l'une de l'autre. Nous trouvons alors notre joie uniquement à demander, à supplier et à nous dépenser au profit des autres. Alors Dieu Lui-même commence à s'occuper de nous et à prendre en charge toute notre vie, tant au plan matériel que spirituel, jusque dans les plus petits détails. » — Matta el-Maskine, L'expérience de Dieu dans la vie de prière[64]

Jésus le confirmait à la mystique nantaise Gabrielle Bossis (1874-1950) dans le dialogue intérieur qu'elle a transcrit dans son Lui et moi :

« Demande chaque jour la sainteté, afin de rendre saints ceux qui t'entourent. Tu ne leur donnes que ce que tu es. » — Gabrielle Bossis, Lui et moi[65]

L'intercession est donc inséparable de la sanctification personnelle : on ne peut donner aux autres que ce que l'on porte soi-même. C'est pourquoi prier d'abord pour la paix dans son propre cœur et dans sa propre famille — comme le demandent les messages présumés de Medjugorje, où la Vierge se présenterait comme Reine de la Paix — est la condition pour pouvoir prier authentiquement pour la paix dans le monde.

Une astuce concrète : le carnet d'intentions

Attention à ne pas transformer le temps de prière en une longue liste d'intentions récitées comme un inventaire — ce serait à la fois épuisant et stérile. Beaucoup de maîtres spirituels recommandent une astuce pratique : écrire ses intentions dans un carnet ou sur une feuille. Deux bénéfices : d'abord on ne les oublie pas — combien de fois dit-on à une personne « je prie pour toi » sans réellement le faire ? Ensuite, on peut présenter ces intentions au Seigneur en bloc, sans les détailler une par une à voix haute. La formule simple « Seigneur, je te confie toutes les intentions que j'ai notées » suffit : Dieu lit le carnet et le cœur.

L'intercession à plusieurs

Jésus a promis à ses disciples une efficacité particulière à la prière en commun :

« Si deux d'entre vous, sur la terre, se mettent d'accord pour demander quoi que ce soit, ils l'obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux. » — Évangile selon saint Matthieu, 18, 19-20[66]

Et saint Jacques dans son épître : « L'un de vous se porte mal ? Qu'il prie. Un autre va bien ? Qu'il chante le Seigneur » (Jc 5, 13)[67]. La prière en groupe — en famille, dans un groupe paroissial, dans une cellule, dans un sanctuaire — réalise visiblement la communion des saints. Elle est un grand soutien spirituel, surtout pour les commençants qui hésitent à prier seuls.

La louange : faire l'éloge de Celui qui est

La louange — du latin laudare, « faire l'éloge » — est célébration et bénédiction. Elle ne demande rien : elle reconnaît qui est Dieu et le proclame. Le Catéchisme la décrit avec une précision admirable :

« La louange est la forme de prière qui reconnaît le plus immédiatement que Dieu est Dieu ! Elle le chante pour Lui-même, elle lui rend gloire, au-delà de ce qu'il fait, parce qu'IL EST. » — Catéchisme de l'Église catholique, §2639[68]

Une dynamique plus qu'une forme particulière

La louange n'est pas seulement une prière parmi d'autres ; c'est une dynamique qui peut traverser toutes les autres formes. Toute prière peut devenir louange : l'adoration, le chapelet, la lectio divina, et surtout la messe.

« L'Eucharistie est un sacrifice d'action de grâce au Père, une bénédiction par laquelle l'Église exprime sa reconnaissance à Dieu pour tous ses bienfaits. » — Catéchisme de l'Église catholique, §1360[69]

Quand un temps de prière commence par la louange, le cœur se dispose à la confiance et à l'humilité. Les demandes deviennent moins nerveuses, l'intercession plus large, l'action de grâce plus profonde. Saint Ignace de Loyola le formulait en une phrase devenue célèbre dans les Exercices spirituels :

« L'homme est créé pour louer, révérer et servir Dieu notre Seigneur, et par là sauver son âme. » — Saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels, n° 23[70]

Louer Dieu, c'est accomplir le but même pour lequel nous avons été créés. Au Ciel, dit l'Apocalypse, nous proclamerons sans fin « la louange, l'honneur, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles » (Ap 5, 13)[71]. La louange est à la fois la fin et le moyen : la fin, parce qu'elle est notre destin éternel ; le moyen, parce qu'elle nous oriente déjà ici-bas vers ce destin.

La louange dans toute la Bible

La louange parcourt l'Écriture du premier à la dernier livre. Dans l'Ancien Testament, le livre des Psaumes est par excellence le livre de louange du peuple de Dieu : « Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres » (Ps 33, 2)[72]. « Acclamez Dieu, terre entière, jouez pour la gloire de son nom » (Ps 65, 1)[73]. « Que tout être qui respire chante louange au Seigneur ! Alléluia ! » (Ps 150, 6)[74].

Le Nouveau Testament prolonge la chaîne. Marie chante le Magnificat (Lc 1, 46-55) : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. » Les anges au-dessus de la crèche : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! » (Lc 2, 14). Jésus, comme tout juif pieux, chantait les psaumes — c'est même sa dernière prière partagée avec les apôtres : « Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers » (Mt 26, 30)[75].

Les premiers chrétiens reprennent immédiatement ce langage : ils « fréquentaient assidûment le Temple et louaient Dieu » (Ac 2, 46-47)[76]. Saint Paul, sans cesse, exhorte les Églises :

« Récitez entre vous des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés ; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur. » — Lettre aux Éphésiens, 5, 19[77]

Et l'exemple ultime, frappant : Paul et Silas, enchaînés en prison à Philippes, « vers le milieu de la nuit, priaient et chantaient les louanges de Dieu » (Ac 16, 25)[78] — au point que Dieu intervient par un tremblement de terre qui les libère. La louange dans la nuit a une puissance singulière.

Quatre manières de louer dans la vie quotidienne

Dans la prière personnelle

Pendant le temps de prière, commencer par louer Dieu avant toute demande : « Seigneur, je te loue pour qui tu es : tu es saint, tu es bon, tu es tout amour, créateur de toutes choses. » On peut aussi prier un psaume de louange. Louer à voix haute aide à fixer l'attention et à chasser les distractions. Cela peut paraître étrange au début, mais saint Paul lui-même le recommande : « Chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur » (Ep 5, 19)[79].

Écouter ou chanter des chants de louange pendant la prière, ou plus simplement en cuisinant ou en conduisant, peut radicalement transformer la couleur d'une journée.

En groupe

La louange partagée — en famille, entre amis, dans un groupe de prière, dans une paroisse — atteint une dimension nouvelle. Elle redonne la liberté d'enfants de Dieu. Les commençants ont souvent l'impression qu'il faudrait « bien chanter » ou « être à l'aise » avec son corps : ce n'est pas la question. La louange n'est ni une performance vocale ni une technique corporelle. Le corps accompagne le cœur : on peut lever les mains en signe d'accueil, taper dans les mains pour la joie, danser pour exprimer la victoire. Il ne s'agit pas d'attendre la joie pour louer, mais de louer pour entrer dans la joie.

Au quotidien : une attitude intérieure

Madeleine Delbrêl (1904-1964), mystique au cœur de la vie ordinaire et du monde ouvrier. Wikimedia Commons.

La louange n'est pas réservée aux temps explicitement religieux. Saint Paul appelle à une vie traversée par l'action de grâce :

« Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c'est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. » — Première Lettre aux Thessaloniciens, 5, 16-18[80]

Le Catéchisme l'élargit :

« Toute joie et toute peine, tout événement et tout besoin peuvent être la matière de l'action de grâce qui, participant à celle du Christ, doit emplir toute la vie. » — Catéchisme de l'Église catholique, §2648[81]

Au réveil, offrir sa journée. Au coucher, remercier pour la journée écoulée. Au cours du jour, multiplier les petites louanges silencieuses : « Merci pour ce ciel bleu. Merci pour cette rencontre. » Madeleine Delbrêl (1904-1964), grande mystique des banlieues ouvrières, le formulait ainsi :

« Tout est si beau quand nous le regardons avec un peu d'amour. Nous avons du dédain pour des masses de choses que nous n'avons même pas regardées et dont toute notre vie ne suffirait pas à célébrer les splendeurs. » — Madeleine Delbrêl, lettre du 21 mars 1928[82]

Un carnet de gratitude — où l'on note quotidiennement quelques motifs de remerciement — soutient utilement cette habitude.

La clef « Gloire à Dieu » comme habitude de jour

Le Père Alain Dumont, prêtre français spécialiste de la prière de louange, propose un exercice concret pour transformer le regard ordinaire : prendre la « clef Gloire à Dieu ». Chaque fois qu'un événement survient — surtout un événement contrariant : une voiture coincée, une nouvelle inattendue, une difficulté au travail —, lui répondre intérieurement par « Gloire à Dieu ! ». Avec le temps, le réflexe se déplace : on dit « Gloire à Dieu » spontanément, même dans les épreuves, parce que l'on a appris que Dieu sait en tirer un bien. Variante très simple : « Dieu soit béni », « Louange à Dieu », « Tout est grâce ».

« Les paroles de louange sont comme un trait de lumière, une flèche d'amour qui éloigne les ténèbres qui nous enserrent. » — Père Alain Dumont, La louange — Une lumière sur ma route[83]

C'est la même intuition qui poussa un prêtre, racontant son histoire à un ami, à transformer le réflexe : un objet lourd lui tomba un jour sur le pied, et un « Mer…» spontané vint sur ses lèvres — qu'il termina, par un coup d'inspiration, en « merci ». La louange peut convertir jusqu'à nos jurons.

Dans les épreuves : la louange du Job moderne

Saint François d'Assise, auteur du Cantique des créatures, école de louange jusque dans la pauvreté et l'épreuve. Wikimedia Commons.

C'est là que la louange devient combat. Il est facile de louer Dieu quand tout va bien ; le louer quand le chemin grimpe est un acte de foi profond. Le pape François le rappelait aux communautés du Renouveau charismatique : « Il en est de même pour le chrétien : sans la louange et sans la mission, on ne vit pas en chrétien »[84]. Job, dans le malheur, déchire ses vêtements mais tombe face contre terre et adore :

« Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : que le nom du Seigneur soit béni ! » — Livre de Job, 1, 21[85]

Selon une formule attribuée à saint Jean d'Avila (1499-1569), maître spirituel andalou et docteur de l'Église :

Un seul « Dieu soit béni » dans le temps de l'adversité vaut mieux que mille « Je vous remercie » dans le temps de la prospérité. — Formule attribuée à saint Jean d'Avila[86]

Saint François d'Assise (1182-1226) composa son célèbre Cantique des créatures alors qu'il était presque aveugle, rongé par la maladie et l'incompréhension :

« Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement messire frère Soleil, qui donne le jour, et par qui tu nous illumines. Et il est beau et rayonnant avec grande splendeur : il porte de toi, le Très-Haut, signification. » — Saint François d'Assise, Cantique de frère Soleil[87]

Le franciscain Éloi Leclerc (1921-2016), qui réchappa du camp de Dachau, met dans la bouche de François ces mots d'adoration nue, devenus l'un des sommets de la littérature spirituelle franciscaine :

« L'homme qui adore Dieu reconnaît qu'il n'y a de Tout-Puissant que Lui seul. Il le reconnaît et il l'accepte. Profondément, cordialement. Il se réjouit que Dieu soit Dieu. Dieu est, cela suffit. Et cela le rend libre. Comprends-tu ? » — Éloi Leclerc, o.f.m., Sagesse d'un pauvre[88]

Et Marie Martin, sœur aînée de sainte Thérèse de Lisieux, lui écrivait en mai 1887 :

« Les petits oiseaux ont plus d'esprit que nous : ils louent toujours le bon Dieu, par tous les temps, même quand le ciel est sombre. » — Marie Martin (sœur Marie du Sacré-Cœur), lettre à Thérèse, 31 mai 1887[89]

Les fruits de la louange

La louange porte des fruits identifiables. Elle donne joie et paix intérieures, parce qu'elle dépose les inquiétudes au pied du Seigneur. Elle fortifie la foi : louer, c'est proclamer des vérités (« Dieu est bon, Dieu m'aime, Dieu agit ») et la proclamation édifie la croyance. Elle rend Dieu présent d'une manière particulière : beaucoup ont expérimenté, lors de temps de louange intense, une douceur, une paix, une force inhabituelle, signe que l'Esprit Saint agit. Elle décentre : louer Dieu libère de l'enfermement dans les préoccupations égocentrées. Elle chasse les ténèbres : comme l'illustre l'épisode de Paul et Silas, la louange peut littéralement « briser les chaînes » de l'âme. Enfin, elle rayonne : un cœur qui loue est rarement amer, et son rayonnement témoigne, par sa vie même, de la fidélité de Dieu.

Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906), carmélite de Dijon, exprimait son idéal en une formule devenue classique : être « louange de gloire ».

« Une louange de gloire est un être toujours dans l'action de grâces. Chacun de ses actes, de ses mouvements, chacune de ses pensées, de ses aspirations, en même temps qu'ils l'enracinent plus profondément en l'amour, sont comme un écho du Sanctus éternel. » — Sainte Élisabeth de la Trinité, Le Ciel dans la foi[90]

L'écho s'étend à des figures plus discrètes encore. Claire de Castelbajac (1953-1975), jeune Française morte à 21 ans des suites d'une encéphalite et appelée Servante de Dieu par l'Église, quelques semaines avant sa mort, s'exclamait devant ses parents :

« Je suis tellement heureuse que si je mourais maintenant, je crois que j'irais au Ciel tout droit, puisque le Ciel c'est la louange de Dieu, et j'y suis déjà. » — Servante de Dieu Claire de Castelbajac, propos rapportés par sa mère en juin 1975[91]

Le Père Francis Manoukian (1932-2017), curé arménien-catholique célèbre pour son ministère de prédication de la louange, rappelait souvent cette perspective à ses auditeurs : la joie qui nous attend au Ciel sera une louange éternelle, et autant s'y entraîner dès maintenant[92].

C'est l'horizon vers lequel la louange quotidienne fait marcher tout chrétien.

La Lectio divina : lire la Parole pour rencontrer le Christ

La lectio divina, « lecture divine » en latin, est la lecture priante et méditative de la Parole de Dieu. Elle est probablement la forme la plus ancienne de la prière chrétienne après la prière vocale, et l'une des plus nourrissantes pour l'âme. Le Christ lui-même donne le programme à Satan venu le tenter au désert :

« Il est écrit : L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » — Évangile selon saint Matthieu, 4, 4[93]

Une tradition vieille de seize siècles

Saint Benoît de Nursie, dont la Règle donne une place structurante à la lectio. Détail du retable de Pérouse de Fra Angelico, Wikimedia Commons.

Les Pères de l'Église méditaient les Écritures dès le IIᵉ siècle. Saint Benoît, dans sa Règle du VIᵉ siècle, demandait aux moines de consacrer chaque jour un temps important à la lectio divina — la Règle parle expressément de la lectio divina comme partie intégrante de la vie monastique[94].

Au XIIᵉ siècle, Guigues II le Chartreux († vers 1188 ou 1193 selon les historiens), neuvième prieur de la Grande Chartreuse, écrivit une petite épître qui devint le manuel classique de la lectio divina : la Scala Claustralium (L'Échelle des moines ou L'Échelle du paradis). Il y décrit quatre marches d'une échelle qui monte de la terre au ciel.

« La lecture met la nourriture dans la bouche, la méditation la mâche et la broie, la prière en retire la saveur, la contemplation est la douceur même qui réjouit et qui restaure. » — Guigues II le Chartreux, Scala Claustralium, ch. 2[95]

Cette image culinaire reste insurpassable. La lectio mastique le texte, la meditatio en extrait le suc, l'oratio le savoure, la contemplatio en demeure rassasiée.

Saint Ignace de Loyola (1491-1556), dont les Exercices spirituels ont marqué l'oraison imaginative. Wikimedia Commons.

Au XVIᵉ siècle, saint Ignace de Loyola développa une méthode complémentaire dans ses Exercices spirituels : l'oraison ignatienne, où l'on utilise l'imagination pour entrer dans la scène évangélique, en voir les couleurs, en entendre les voix, en sentir les odeurs. La méthode contemporaine de lectio divina combine souvent les deux approches.

Le Concile Vatican II, dans la constitution dogmatique Dei Verbum, a remis en valeur la pratique pour tous les fidèles. Et le pape Benoît XVI, dans son discours aux participants du congrès international pour le 40e anniversaire de Dei Verbum (Castel Gandolfo, 16 septembre 2005), recommandait :

« Cette pratique, si elle est promue de façon efficace, apportera à l'Eglise, j'en suis convaincu, un nouveau printemps spirituel. » — Pape Benoît XVI, discours du 16 septembre 2005[96]

Plus largement, dans son exhortation apostolique Verbum Domini (2010), il consacre les paragraphes 86-87 à la lectio divina, rappelant qu'elle « est capable d'ouvrir au fidèle le trésor de la Parole de Dieu, et de provoquer ainsi la rencontre avec le Christ, Parole divine vivante »[97].

Les quatre marches détaillées

Les quatre marches classiques de la lectio divina selon Guigues II le Chartreux. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Avant tout, choisir un passage — le plus simple est l'Évangile du jour ou un passage en lecture continue (un chapitre par jour). Avoir un carnet pour noter. Et invoquer l'Esprit Saint : on ne lit pas l'Écriture comme un texte profane.

Étape 1 — Lectio : lire et comprendre objectivement

Le but de cette première étape est de percevoir ce que dit réellement le texte. On lit lentement, attentivement, parfois plusieurs fois.

L'intelligence cherche à saisir :

  • Quel type de texte ? Discours, récit, dialogue, prière, enseignement ?
  • Quel est son mouvement, son plan ?
  • Quels personnages sont présents ? Sont-ils actifs, passifs, parlants, silencieux ?
  • Comment évoluent-ils au fil du texte ?
  • Quel est le contexte (ce qui précède, ce qui suit) ?

À la fin de l'étape, on note une phrase ou un détail qui résume ce que l'on a compris.

Étape 2 — Meditatio : entendre ce que Dieu me dit

C'est le passage à un autre niveau : non plus seulement « le texte dit », mais « le texte me dit ». On relit le passage en se demandant : « Que me dit le Seigneur à travers ces mots ? » Certaines paroles touchent, questionnent, rejoignent. On s'attarde dessus.

C'est ici que l'oraison ignatienne trouve sa place. On peut entrer dans la scène avec l'imagination :

  • Dans quel lieu sommes-nous ? À quelle heure ? Quelle saison ?
  • Comment sont disposés les personnages ? Que font-ils ? Que disent leurs visages ?
  • Où l'Esprit Saint me place-t-il ? Suis-je l'un des personnages, ou un spectateur ?

À la fin de l'étape, on écrit l'appel reçu, à la première personne : « Aujourd'hui, le Seigneur me dit : ‹ Pierre, je t'aime, et je te demande… › » La tournure directe est plus forte que la tournure indirecte ; elle crée l'écoute personnelle.

Étape 3 — Oratio : répondre par la prière

Le but de la lectio n'est pas l'étude académique mais la rencontre du Christ. Cette rencontre se prolonge dans une réponse, qui prend la forme d'une prière au Seigneur. C'est moi qui parle à Dieu après l'avoir écouté.

À la fin de l'étape, on peut noter cette réponse sous forme de courte prière : « Seigneur, je…»

Étape 4 — Contemplatio : se laisser travailler par la Parole

Après avoir répondu, on laisse simplement la Parole prendre chair en soi. C'est l'étape la plus silencieuse et la plus « féminine » de la lectio : on ne fait plus rien, on demeure. Guigues II l'avait déjà écrit :

« Il ne s'agit pas seulement de comprendre, mais d'aimer ce qu'on a compris pour ne pas négliger de l'accomplir. » — Guigues II le Chartreux, L'Échelle du Paradis[98]

L'aimer ne dispense pas de l'accomplir : la lectio porte du fruit dans la vie concrète. Une sentence de la tradition ignatienne en formule l'équilibre — sans qu'on puisse l'attribuer à saint Ignace lui-même, car elle ne figure pas dans les Exercices spirituels :

« Prie comme si tout dépendait de Dieu ; agis comme si tout dépendait de toi. » — Sentence de la tradition spirituelle ignatienne, d'attribution incertaine[99]

Le verset peut être emporté dans la journée comme un viatique : on le redit intérieurement, on en laisse résonner les harmoniques. La lectio se prolonge ainsi bien au-delà du temps de prière formel.

Un exemple : la parabole du fils prodigue

L'évangile de Luc, chapitre 15, propose un cas d'école. Trois personnages : le fils prodigue, le père, le fils aîné. Trois mouvements : la fuite, la chute et le retour ; l'accueil et la fête ; la résistance et la supplication finale du père.

À l'étape de la lectio, on observe le mouvement des trois personnages, on remarque par exemple que c'est « le père qui court vers son fils alors qu'il est encore loin » (Lc 15, 20)[100], et non l'inverse — détail décisif sur le visage de Dieu.

À l'étape de la meditatio, on entre dans la scène. « Mettons-nous dans la peau du fils prodigue. Comment le Père nous regarde-t-il ? Comment nous embrasse-t-il ? Laissons-le nous remettre un anneau au doigt, contemplons le vêtement magnifique qu'il nous donne. » On peut aussi se reconnaître dans le fils aîné, jaloux, qui ne comprend pas la bonté du père — « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi » (Lc 15, 31)[101]. On note ensuite : « Aujourd'hui, le Père me dit : ‹ Mon enfant, tu es toujours avec moi… › »

À l'étape de l'oratio, on répond : « Seigneur, je te demande pardon d'avoir vécu comme un serviteur quand tu m'appelles à vivre en fils… »

À l'étape de la contemplatio, on demeure dans la joie de cet accueil, on garde la phrase « Tout ce qui est à moi est à toi » pour la journée.

Les deux écueils

Premier écueil : chercher dans la Parole ce qu'on veut entendre. Parfois, on a déjà en tête ce qu'on veut recevoir, et on lit le texte à travers ce filtre. Il faut garder le cœur ouvert : Dieu aime nous surprendre.

Second écueil : la curiosité intellectuelle. Vouloir toujours trouver des sens inédits, accumuler des connaissances, paraître plus intelligent ne nourrit pas la vie spirituelle. Saint Paul met en garde : « Si quelqu'un pense être arrivé à connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faudrait ; mais si quelqu'un aime Dieu, celui-là est vraiment connu de lui » (1 Co 8, 2-3)[102]. Le but de la lectio est l'union à Dieu, pas la performance exégétique. Cherchons la relation avant la connaissance, et que la connaissance soit au service de la relation.

Une question pratique de durée

Pour une lectio de trente minutes, la répartition équilibrée est : 10 minutes pour la lectio, 10 minutes pour la meditatio, 5 minutes pour l'oratio, 5 minutes pour la contemplatio. Pour une heure : 20-20-10-10. Cette répartition n'est qu'un repère ; elle peut varier selon le passage et selon les mouvements intérieurs du jour.

Pour les commençants qui prient 15 minutes, on peut commencer par une lectio plus simple chaque dimanche sur l'Évangile du jour, avant d'introduire la méthode au quotidien.

Trois priorités pour ne pas se décourager

Le présent article a livré beaucoup d'informations. La tentation, pour un commençant, est de vouloir tout mettre en place le même jour. Ce serait précisément l'erreur. Trois priorités, par ordre, suffisent.

D'abord, fixer le temps de prière quotidien. Quinze minutes par jour, à heure fixe, de préférence le matin. Avec un lieu décidé et une posture stable. Tenir cela une à deux semaines avant d'ajouter quoi que ce soit.

Ensuite, ajouter une forme structurée à l'intérieur. Soit la prière de l'Alliance le soir (Merci, Pardon, S'il te plaît). Soit un temps d'intercession pendant le temps du matin. Soit une louange chantée une fois par semaine en famille ou en groupe.

Enfin, introduire la lectio divina une fois par semaine, le dimanche. Sur l'Évangile du jour. Avec un carnet pour noter l'appel reçu. Et progressivement, le quotidien pourra l'intégrer.

Saint Padre Pio de Pietrelcina (1887-1968), confesseur infatigable et homme de prière, résumait toute cette pédagogie du commençant en une formule devenue célèbre dans le monde catholique :

« Priez, espérez, et ne vous inquiétez pas. » — Saint Padre Pio, formule récurrente dans sa correspondance spirituelle[103]

Cette parole donne le bon ton à toute vie de prière, surtout chez le commençant : prier, comme premier acte de la journée et premier acte de l'âme ; espérer, parce que la fidélité quotidienne porte toujours du fruit, même quand le sentiment fait défaut ; et ne pas s'inquiéter, parce que c'est Dieu qui agit dans la prière, non nous-mêmes. « On prie comme on vit, parce qu'on vit comme on prie », rappelle le Catéchisme — la prière, posée chaque matin, finira par dessiner la vie tout entière.

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Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Saint Alphonse-Marie de Liguori, Du grand moyen de la prière, introduction, ouvrage paru en italien en 1759 sous le titre Del gran mezzo della preghiera. Édition française de référence : Œuvres complètes du Bienheureux Alphonse-Marie de Liguori, trad. dirigée par J.-M. Dujardin, éd. Vivès, Paris, 1879, t. 13. PDF intégral disponible dans la bibliothèque locale Benoît : alphonse_le_grand_moyen_de_la_priere.pdf.

    1
  2. Catéchisme de l'Église catholique, §2559, citant saint Jean Damascène (Defide orthodoxa 3, 24, PG 94, 1089 D). Texte officiel sur vatican.va.

    2
  3. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit C, folio 25 r°. Cité par le Catéchisme de l'Église catholique au §2558. Édition critique : Œuvres complètes, Cerf-DDB, Paris, 1992, p. 252.

    3
  4. Sainte Thérèse d'Avila, Livre de la Vie (autobiographie), ch. 8, n. 5. Le texte français cité est repris mot pour mot du Catéchisme de l'Église catholique au §2709. Texte original espagnol : « No es otra cosa oración mental, a mi parecer, sino tratar de amistad, estando muchas veces tratando a solas con quien sabemos nos ama. » Édition française de référence : Œuvres complètes de sainte Thérèse de Jésus, trad. Marcelle Auclair, éd. du Seuil, Paris, 1949.

    4 5
  5. Première Lettre de saint Jean, 4, 10. Traduction liturgique officielle (AELF).

    6
  6. Formule pédagogique très diffusée, souvent attribuée à saint Charles de Foucauld sans qu'aucune source primaire exacte ait pu être établie — ni dans René Bazin, Charles de Foucauld, explorateur du Maroc, ermite au Sahara, Plon, Paris, 1921, ni dans les Œuvres spirituelles (éd. Denise et Robert Barrat, Le Seuil, 1958), ni par recherche web (octobre 2026) : elle est donc donnée ici comme une paraphrase pédagogique non attribuée, non comme une citation du saint.

    7
  7. Première Lettre aux Thessaloniciens, 5, 17. Précepte fondateur de la spiritualité de la « prière perpétuelle » développée par les Pères du désert, puis par la tradition hésychaste byzantine et la spiritualité de la Divine Volonté — où « vivre dans la Divine Volonté » ne signifie pas seulement faire la volonté de Dieu, mais n'avoir plus qu'une seule volonté avec Lui, Dieu posant Lui-même l'acte en nous, ce qui est infiniment plus que la simple obéissance.

    8
  8. Catéchisme de l'Église catholique, §2725. Voir aussi §§2726-2745, sur les difficultés de la prière et le combat spirituel.

    9
  9. Évangile selon saint Matthieu, 7, 7. Formulation de la Bible de Jérusalem (éd. du Cerf) ; la traduction liturgique officielle (AELF) porte : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. »

    10
  10. Parabole pédagogique des « gros cailloux » popularisée par Stephen R. Covey, A. Roger Merrill et Rebecca R. Merrill, First Things First, Simon & Schuster, New York, 1994, ch. 2. Elle est utilisée ici comme analogie pratique de priorité, non comme source doctrinale.

    11
  11. Saint Benoît de Nursie, Règle, ch. 48 : « De opera manuum cottidiana ». La règle bénédictine alterne travail manuel (opus manuum), lectio divina (lectio) et prière liturgique des Heures (opus Dei). Édition critique : SC 181-186, trad. A. de Vogüé et J. Neufville, Cerf, 1972-1977.

    12 94
  12. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Acte d'offrande au Cœur Sacré de Jésus. La formule courante reprend des éléments de l'Acte d'offrande à l'Amour miséricordieux composé le 9 juin 1895, mais sous une rédaction plus simple pour usage quotidien laïc. Voir Œuvres complètes, Cerf-DDB, 1992, p. 962.

    13
  13. Évangile selon saint Matthieu, 6, 11. Sur le double sens (matériel et spirituel) du pain quotidien, voir CEC §§2828-2837.

    14
  14. Psaume 126 (127 selon l'hébreu), v. 2. « Frustra vobis est ante lucem surgere : surgite postquam sederitis, qui manducatis panem doloris. Cum dederit dilectis suis somnum. »

    15
  15. Évangile selon saint Matthieu, 6, 6. Traduction liturgique officielle (AELF). Sur la prière dans le secret, voir CEC §§2655-2658.

    16
  16. Romano Guardini, Initiation à la prière, traduction française de M.-J. Roumeguière, éd. Alsatia, Paris, 1957, p. 54. Édition originale allemande : Vorschule des Betens, Einsiedeln-Zurich, Benziger Verlag, 1948.

    17
  17. Lettre aux Philippiens, 2, 10. Hymne christologique de la kénose (Ph 2, 6-11), peut-être préexistant à Paul.

    18
  18. Évangile selon saint Luc, 10, 39-42. La scène de Marie et Marthe est commentée par saint Augustin (Sermon 104) comme image de la vie active et de la vie contemplative.

    19
  19. Sentence transmise par la tradition spirituelle dans l'esprit de saint Augustin, notamment relayée par Romano Guardini dans Initiation à la prière, p. 56. Aucun passage des œuvres d'Augustin n'a pu être identifié comme source exacte de cette formulation : elle n'est donc pas présentée comme un écrit d'Augustin.

    20
  20. Sainte Thérèse d'Avila, Le Château intérieur, 4ᵉ demeure, ch. 1, n. 7 et passim. La sainte y enseigne la liberté de l'oraison face aux formes corporelles.

    21
  21. Évangile selon saint Matthieu, 28, 19. Formule baptismale trinitaire reprise dans tous les rituels de baptême depuis le IIIᵉ siècle (Tradition apostolique d'Hippolyte de Rome).

    22
  22. Évagre le Pontique, Traité de l'oraison, ch. 21. PG 79, 1173. Édition critique : SC 589, trad. P. Géhin, Cerf, 2017. Évagre (vers 345-399) est l'un des fondateurs de la spiritualité du désert.

    23
  23. Évangile selon saint Luc, 10, 41-42. « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

    24
  24. Catéchisme de l'Église catholique, §2559, sur l'humilité comme fondement de la prière.

    25
  25. Saint Cyprien de Carthage, De Dominica oratione, ch. 4-5. PL 4, 521-524. Cyprien († 258), évêque de Carthage et martyr, a écrit le premier grand traité chrétien sur la prière, et notamment sur le Notre Père.

    26
  26. Anonyme russe du XIXᵉ siècle, Récits d'un pèlerin russe. Traduction française de référence : Récits d'un pèlerin russe, trad. Jean Laloy, éd. du Seuil, Paris, 1948 (réédité dans la collection « Points-Sagesses »). Le texte décrit la pratique de la prière de Jésus (« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, prends pitié de moi pécheur ») dans la tradition hésychaste.

    27
  27. Paraphrase d'esprit augustinien (cf. saint Augustin, Confessions, livre I, ch. 1 et livre X, ch. 27-29, sur la connaissance mutuelle entre Dieu et l'âme), reprise par de nombreux maîtres spirituels modernes (notamment Romano Guardini, Initiation à la prière, p. 18). Elle ne reproduit aucune phrase exacte d'Augustin et n'est pas présentée comme telle.

    28
  28. Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, partie II, ch. 9. Édition critique : Œuvres, éd. d'Annecy, 1893, t. III, p. 87. L'Introduction est parue en 1609.

    29
  29. Saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels, n° 43, « Méthode pour faire l'examen général de conscience ». Édition critique : Monumenta Historica Societatis Iesu, Ex. Spir., Madrid, 1919. Les cinq points sont : (1) action de grâce, (2) demande de la grâce de connaître ses péchés, (3) examen des pensées, paroles et actes heure par heure, (4) demande de pardon, (5) propos d'amendement. Les communautés du Renouveau charismatique francophone (Emmanuel, Chemin Neuf, Béatitudes) ont diffusé la forme abrégée « Merci, Pardon, S'il te plaît » à partir des années 1970.

    30
  30. Catéchisme de l'Église catholique, §2629. Texte officiel sur vatican.va.

    31
  31. Saint Alphonse de Liguori, Du grand moyen de la prière, première partie, ch. I : « De la nécessité de la prière. » Édition Vivès, 1879, t. 13.

    32
  32. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 83, a. 2, ad 3. Texte latin : « Non oramus ut Deo nostros defectus aut affectus notificemus, sed ut nosmetipsi consideremus in his necessitatibus ad divinum auxilium esse confugiendum. »

    33
  33. Évangile selon saint Matthieu, 7, 7-11. Le passage parallèle se trouve en Lc 11, 9-13, où Jésus conclut sur le don de l'Esprit Saint.

    34
  34. Évangile selon saint Jean, 16, 23-24. Discours de l'avant-Passion.

    35
  35. Évangile selon saint Luc, 18, 41. Récit de la guérison de l'aveugle de Jéricho.

    36
  36. Catéchisme de l'Église catholique, §2646. Voir aussi §§2628-2643 sur les formes de la prière.

    37
  37. Évangile selon saint Luc, 18, 10-14. Parabole du pharisien et du publicain au Temple.

    38
  38. Saint Jean Chrysostome, Homélies sur l'Évangile de saint Matthieu, homélie 22, n. 5. PG 57, 308. Édition française : Homélies sur l'Évangile de saint Matthieu, trad. Jeannin, Bar-le-Duc, 1864.

    39
  39. Évangile selon saint Marc, 11, 22-24. Discours sur la foi du grain de sénevé.

    40
  40. Évangile selon saint Matthieu, 8, 10 (centurion de Capharnaüm) ; et Mt 15, 28 (Cananéenne).

    41
  41. Lettre de saint Jacques, 4, 6, citant Pr 3, 34. Voir aussi 1 P 5, 5.

    42
  42. Livre de Ben Sira le Sage (Siracide), 35, 16-17. TOB. Sira (vers 200 av. J.-C.) est un sage juif de Jérusalem dont l'œuvre est canonique pour l'Église catholique.

    43
  43. Évangile selon saint Luc, 18, 1-8. Parabole de la veuve et du juge inique.

    44
  44. Saint Bonaventure, De Profectu religiosorum, livre II, ch. 67. Opera Omnia, t. VIII, Quaracchi, 1898. Cet opuscule, longtemps attribué à Bonaventure (1217-1274), est plus probablement dû à un de ses disciples ; il a néanmoins joui d'une autorité considérable dans la tradition franciscaine.

    45
  45. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit A, fol. 35 r°. Première communion de Thérèse Martin le 8 mai 1884 à Lisieux. Œuvres complètes, Cerf-DDB, Paris, 1992, p. 105.

    46
  46. Saint Alphonse-Marie de Liguori, Du grand moyen de la prière, deuxième partie, ch. III : « De la nécessité de demander à Dieu la grâce de la persévérance. » Édition Vivès, Paris, 1879, t. 13.

    47
  47. Élisabeth Leseur, Journal et pensées de chaque jour, et son Journal d'une âme. Édition française : Journal et pensées, Beauchesne, Paris, 1918. La conversion de Félix Leseur (1861-1950), neurologue et anticlérical convaincu, suivie de son entrée dans l'ordre dominicain (ordination en 1923), a été retracée par lui-même dans La conversion de Félix Leseur (1925).

    48
  48. Évangile selon saint Luc, 22, 42. Prière de Jésus à Gethsémani.

    49
  49. Lettre aux Romains, 8, 28. « Diligentibus Deum omnia cooperantur in bonum. »

    50
  50. Saint Jean Chrysostome, Homélie sur le psaume 129 (130 selon la numérotation hébraïque). PG 55, 369-380.

    51
  51. Catéchisme de l'Église catholique, §§2634-2635, sur l'intercession ; voir aussi §2636.

    52
  52. Catéchisme de l'Église catholique, §2647.

    53
  53. Évangile selon saint Matthieu, 9, 36. Le verbe grec esplagchnisthē (« il fut saisi de compassion ») dérive de splagchna (« les entrailles »).

    54
  54. Message de la Vierge à Pontmain, 17 janvier 1871. Voir Edmond Richard, Les apparitions de Pontmain, éd. Téqui, Paris, 1971 ; et René Laurentin, Pontmain : histoire authentique, éd. Apostolat des Éditions, Paris, 1979, t. I-III.

    55
  55. Décret de reconnaissance des apparitions de Pontmain par Mgr Casimir Wicart, évêque de Laval, 2 février 1872. Texte intégral dans René Laurentin, Pontmain : histoire authentique, t. III, pp. 348-352.

    56
  56. Bernadette Soubirous, paroles rapportées de la Vierge à la 8ᵉ apparition (24 février 1858). Voir René Laurentin, Lourdes : documents authentiques, éd. Lethielleux, Paris, 1958-1964, t. I. La reconnaissance ecclésiale des apparitions a été prononcée par Mgr Bertrand-Sévère Laurence le 18 janvier 1862.

    57
  57. Paroles de la Vierge à Fatima, le 19 août 1917 à Valinhos (quatrième apparition ; les enfants, retenus à Ourém, n'avaient pu se rendre à la Cova da Iria le 13 août). Voir Mémoires de sœur Lucie, éd. Secrétariat des pastoureaux, Fatima, 1976. Reconnaissance épiscopale par Mgr José Alves Correia da Silva, évêque de Leiria, le 13 octobre 1930.

    58
  58. Sur les apparitions présumées de Medjugorje (1981-aujourd'hui), voir l'article spécialisé. Le 19 septembre 2024, le Dicastère pour la doctrine de la foi a publié la note « La Reine de la Paix » qui accorde le nihil obstat : la dévotion publique est autorisée, sans que soit tranché le jugement définitif sur la surnaturalité des phénomènes. Texte officiel sur vatican.va.

    59
  59. Bienheureux Jourdain de Saxe, Libellus de principiis Ordinis Praedicatorum, ch. 12 (« Mira misericordia eius »), composé vers 1233-1234. Jourdain (vers 1190-1237), second maître général de l'ordre des Prêcheurs, livre dans ce Libellus le premier témoignage écrit sur la vie de saint Dominique. Édition critique : Monumenta Ordinis Fratrum Praedicatorum Historica, t. XVI, Rome, 1935.

    60
  60. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit A, folio 46 v°. Œuvres complètes, Cerf-DDB, Paris, 1992, p. 144. Le triple meurtre du 17 mars 1887 et l'exécution de Pranzini le 31 août 1887 sont documentés par les Archives nationales (dossier de procès), série BB/24/759.

    61
  61. Sœur Lucie dos Santos (1907-2005), Memórias (Mémoires de sœur Lucie), Postulação, Fatima, 1976-1989, six volumes. La formule courte est utilisée par Lucie comme oraison jaculatoire à offrir à tout moment de la journée — sur le modèle de l'enseignement reçu de l'ange en 1916 et de la Vierge le 13 juillet 1917.

    62
  62. Prière dite « des cinq doigts de la main », attribuée à Jorge Mario Bergoglio du temps où il était archevêque de Buenos Aires et largement diffusée depuis dans les paroisses et la catéchèse (voir par ex. la fiche YOUCAT en ligne). Aucun acte magistériel pontifical identifié ne la reprend : l'Audience générale du 22 mai 2013, consacrée à l'Esprit Saint et à l'Église, ne contient pas cette méthode.

    63
  63. Matta el-Maskine (Matthieu le Pauvre, 1919-2006), L'expérience de Dieu dans la vie de prière, traduit du copte par les moines du monastère Saint-Macaire (Wadi El-Natroun), Bellefontaine, coll. « Spiritualité orientale » n° 70, 1997. Matta el-Maskine est l'un des grands rénovateurs du monachisme copte au XXᵉ siècle.

    64
  64. Gabrielle Bossis (1874-1950), Lui et moi — entretiens spirituels, t. III, Beauchesne, Paris, 1959. Gabrielle Bossis, comédienne et auteur dramatique nantaise, transcrit dans ces « entretiens » les paroles que le Christ lui dictait intérieurement de 1936 à 1950. L'œuvre a reçu un Nihil obstat en 1948 et bénéficie d'une vaste réception spirituelle.

    65
  65. Évangile selon saint Matthieu, 18, 19-20. « Ubi enim sunt duo vel tres congregati in nomine meo, ibi sum in medio eorum. »

    66
  66. Lettre de saint Jacques, 5, 13. Le verset poursuit en 5, 14-15 sur l'onction des malades : « L'un de vous est-il malade ? Qu'il appelle les Anciens en prière sur lui en l'oignant d'huile. »

    67
  67. Catéchisme de l'Église catholique, §2639.

    68
  68. Catéchisme de l'Église catholique, §1360.

    69
  69. Saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels, n° 23, « Principe et fondement ». Édition critique : Monumenta Historica Societatis Iesu, Ex. Spir., Madrid, 1919.

    70
  70. Apocalypse, 5, 13. Vision liturgique du trône de l'Agneau.

    71
  71. Psaume 33 (34 selon l'hébreu), v. 2. « Benedicam Dominum in omni tempore : semper laus eius in ore meo. »

    72
  72. Psaume 65 (66 selon l'hébreu), v. 1-2. « Iubilate Deo, omnis terra. »

    73
  73. Psaume 150, v. 6. Verset final du psautier, conclusion de toute la prière biblique.

    74
  74. Évangile selon saint Matthieu, 26, 30. Le « chant » désigne le Hallel (Ps 113-118), récité traditionnellement à la fin du repas pascal juif.

    75
  75. Actes des Apôtres, 2, 46-47. Description de la première communauté chrétienne après la Pentecôte.

    76
  76. Lettre aux Éphésiens, 5, 19. Texte parallèle en Col 3, 16.

    77
  77. Actes des Apôtres, 16, 25. Récit de l'emprisonnement de Paul et Silas à Philippes et de leur libération miraculeuse (Ac 16, 16-40).

    78
  78. Lettre aux Éphésiens, 5, 19.

    79
  79. Première Lettre aux Thessaloniciens, 5, 16-18. Une des plus anciennes lettres de saint Paul (vers 50-51).

    80
  80. Catéchisme de l'Église catholique, §2648.

    81
  81. Madeleine Delbrêl, lettre du 21 mars 1928, dans L'Éblouie de Dieu, éd. Centurion, Paris, 1973, p. 33. Madeleine Delbrêl (1904-1964), assistante sociale et mystique, a vécu à Ivry-sur-Seine au cœur du monde communiste ; elle est en cause de béatification depuis 1993.

    82
  82. Père Alain Dumont, La louange — une lumière sur ma route, éd. de l'Emmanuel, Paris, 2018. Le Père Dumont est prêtre du diocèse de Strasbourg et accompagnateur spirituel des sessions de louange de la communauté de l'Emmanuel.

    83
  83. Pape François, discours aux membres de la « Catholic Fraternity of Charismatic Covenant Communities and Fellowships », salle Paul VI, Rome, 31 octobre 2014. Texte intégral sur vatican.va.

    84
  84. Livre de Job, 1, 21. Réaction de Job à l'annonce de la perte de ses biens et de la mort de ses enfants.

    85
  85. Formule attribuée à saint Jean d'Avila (1499-1569) par la tradition spirituelle hispanique, reprise dans les recueils de sentences. La référence souvent citée (Luis de Granada, Vita del padre maestro Iuan de Avila, Madrid, 1588) n'a pas été vérifiée à la page : la formule est donc présentée comme attribuée, non comme une citation établie.

    86
  86. Saint François d'Assise, Cantique de frère Soleil ou Cantique des créatures, composé vers 1224-1225 à Saint-Damien (Assise), peu avant la mort du saint. Édition critique : Opuscules de saint François d'Assise, trad. D. Vorreux, éd. Franciscaines, Paris, 1955.

    87
  87. Éloi Leclerc, o.f.m., Sagesse d'un pauvre, Desclée de Brouwer, Paris, 1959 (rééd. 2020), p. 110. Éloi Leclerc (1921-2016), franciscain rescapé du camp de Dachau, est l'un des grands maîtres de la spiritualité franciscaine contemporaine.

    88
  88. Marie Martin (en religion sœur Marie du Sacré-Cœur, 1860-1940), lettre à sa sœur Thérèse, 31 mai 1887. Correspondance familiale de la famille Martin, archives du Carmel de Lisieux.

    89
  89. Sainte Élisabeth de la Trinité, Le Ciel dans la foi, retraite préparée en août 1906. Œuvres complètes, Cerf, Paris, 1979, p. 100 (« Ma sainte vocation : louange de gloire »). Élisabeth Catez (1880-1906), carmélite dijonnaise, a été canonisée par le pape François le 16 octobre 2016.

    90
  90. Claire de Castelbajac (1953-1975), propos rapportés par sa mère Madeleine de Castelbajac dans Claire — une jeune fille amie de Dieu, Téqui, Paris, 1981. Les sources récentes la titrent « Servante de Dieu » ; aucun décret de vénérabilité n'a été identifié.

    91
  91. Père Francis Manoukian (1932-2017), prêtre arménien-catholique, fondateur de la communauté « L'Eau Vive » et prédicateur de la louange dans le monde francophone. Formule rapportée de son enseignement oral ; aucune référence éditoriale précise identifiée, d'où sa présentation en paraphrase dans le corps du texte.

    92
  92. Évangile selon saint Matthieu, 4, 4. Citant Dt 8, 3. La réponse au Tentateur introduit l'Écriture comme nourriture vitale.

    93
  93. Guigues II le Chartreux, Scala Claustralium, ch. 2. Édition critique : SC 163, Lettre sur la vie contemplative, trad. E. Colledge et J. Walsh, Cerf, 1970. Composée vers 1170-1180 à la Grande Chartreuse.

    95
  94. Pape Benoît XVI, discours aux participants au congrès international pour le 40e anniversaire de la constitution dogmatique Dei Verbum, Castel Gandolfo, 16 septembre 2005. Texte intégral sur vatican.va.

    96
  95. Pape Benoît XVI, exhortation apostolique post-synodale Verbum Domini, 30 septembre 2010, §§86-87. Texte officiel sur vatican.va. L'exhortation fait suite au Synode des évêques de 2008 consacré à la Parole de Dieu.

    97
  96. Guigues II le Chartreux, Scala Claustralium, ch. 13. SC 163, p. 110. Texte latin : « Non sufficit intelligere, sed amare quod intelligimus, ut quod intelligimus non negligamus implere. »

    98
  97. Sentence traditionnellement attribuée à saint Ignace de Loyola (1491-1556) et popularisée dès le XVIIᵉ siècle dans la spiritualité jésuite, sous deux formes voisines : « Aie confiance en Dieu comme si tout dépendait de toi et de rien de Dieu ; mais agis comme si tout dépendait de Dieu et de rien de toi » (forme polonaise rapportée par Gabriel Hevenesi, Scintillae Ignatianae, 1705). La forme courte donnée ici est la plus diffusée dans la prédication catholique francophone.

    99
  98. Évangile selon saint Luc, 15, 20. Parabole du fils prodigue, racontée par Jésus en réponse aux pharisiens qui lui reprochaient d'accueillir les pécheurs.

    100
  99. Évangile selon saint Luc, 15, 31. Parole du père au fils aîné.

    101
  100. Première Lettre aux Corinthiens, 8, 2-3.

    102
  101. Saint Padre Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin stigmatisé, canonisé par saint Jean-Paul II le 16 juin 2002. Formule italienne originale : « Pregate, sperate e non agitatevi. » Elle apparaît à plusieurs reprises dans sa correspondance spirituelle (Epistolario, éd. Padre Melchiorre da Pobladura et Padre Alessandro da Ripabottoni, Edizioni Padre Pio, San Giovanni Rotondo, 4 vol., 1971-1984). Voir notamment lettres à Maria Gargani et Cleonice Morcaldi.

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