Les missions catholiques en Asie désignent l'effort millénaire de l'Église pour porter l'Évangile dans le plus vaste et le plus peuplé des continents. Le récit commence dès le Ier siècle avec la tradition apostolique de saint Thomas en Inde du Sud, se prolonge sur la route de la soie par l'Église d'Orient jusqu'à la stèle de Xi'an (781), traverse l'aventure franciscaine auprès des Mongols au XIIIᵉ siècle, puis explose au XVIᵉ siècle avec saint François Xavier, Matteo Ricci, Roberto de Nobili et Alexandre de Rhodes.
À aucun autre endroit de la planète l'Église n'a rencontré des civilisations aussi anciennes, aussi structurées et aussi résistantes : Chine confucéenne, Inde brahmanique, Japon shintoïste, monde bouddhiste indochinois, islam indonésien. Les missions y ont connu des sommets intellectuels — Ricci à la Cité interdite, Nobili en sannyasi sanskritisant, Alexandre de Rhodes perfectionnant la romanisation du vietnamien (le quốc ngữ) — et des tragédies sans équivalent : d'environ 130 000 à 300 000 martyrs, selon les estimations, parmi les catholiques vietnamiens entre 1745 et 1862[1], 120 martyrs de Chine canonisés en 2000[2], 103 martyrs de Corée canonisés en 1984[3], 26 martyrs de Nagasaki crucifiés en 1597[4].
Aujourd'hui, l'Asie rassemble environ 11 % des catholiques du monde[5] — c'est la part de l'Asie dans le catholicisme mondial, à ne pas confondre avec la part des catholiques en Asie : à l'échelle du continent, ils restent une petite minorité. Les Philippines (≈ 80 % de catholiques) et le Timor oriental (≈ 97 %) sont les deux seuls pays asiatiques à majorité catholique[6]. Saint Jean-Paul II fait de l'Asie le grand champ missionnaire du troisième millénaire : l'exhortation Ecclesia in Asia (1999) y invite à prier pour qu'une grande moisson de la foi y soit récoltée[7].
Cet article est un hub : pour les deux grands dossiers déjà rédigés sur la Chine et le Japon, voir Les missions jésuites en Chine (1582-1773) et Les missions jésuites au Japon (1549-1644). Le présent article retrace la vue d'ensemble continentale, des origines apostoliques aux Églises asiatiques d'aujourd'hui.
Aux origines : l'Asie, premier champ apostolique
La mission chrétienne n'est pas d'abord allée vers l'Occident, mais vers l'Orient. Les Actes des Apôtres montrent les disciples partant « jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8) — et pour les chrétiens du Ier siècle, les extrémités du monde sont l'Inde, la Mésopotamie et la Perse, bien avant la Gaule. L'Asie est le berceau de la première mondialisation chrétienne, et son christianisme est antérieur de plusieurs siècles à celui de l'Europe du Nord.
Saint Thomas en Inde (Ier siècle)
La tradition la plus ancienne et la plus tenace fait de l'apôtre Thomas l'évangélisateur de l'Inde du Sud. Selon les Acta Thomae syriaques (rédigées au IIIᵉ siècle à Édesse), Thomas serait débarqué vers 52 à Muziris (Kodungallur, Kerala), aurait évangélisé la côte de Malabar, fondé sept Églises (Ezhara Pallikal), puis franchi le sous-continent jusqu'à Mylapore, près de l'actuelle Chennai, où il aurait été martyrisé en l'an 72[8].
« Quand notre Seigneur monta au ciel et que les apôtres se partagèrent le monde par le sort, l'Inde échut à Judas Thomas. » — Acta Thomae, prologue, version syriaque, IIIᵉ siècle[9]
Cette tradition est attestée par les Pères : saint Éphrem au IVᵉ siècle, saint Ambroise, saint Jérôme (Lettre 59 à Marcella, en 395/396 : le Christ ressuscité « avec Thomas en Inde ») et saint Grégoire de Tours[10]. L'historiographie contemporaine considère son fond historique comme plausible, sans pouvoir trancher entre une mission de Thomas lui-même et celle d'un missionnaire envoyé en son nom : les liaisons commerciales entre la Méditerranée romaine et le port de Muziris sont bien attestées dès le Ier siècle (le Périple de la Mer Érythrée, vers 60 ap. J.-C., décrit déjà la route maritime). La présence d'une communauté chrétienne organisée au Kerala dès le IVᵉ siècle est, elle, certaine[11].
Les chrétiens de saint Thomas (Nasrani)
Du IVᵉ au XVᵉ siècle, le christianisme du Kerala vit sans lien organique avec Rome. Rattachés à l'Église d'Orient (siège patriarcal à Séleucie-Ctésiphon puis Bagdad), les chrétiens de saint Thomas — appelés Nasrani (« nazaréens ») par leurs voisins — possèdent leur propre liturgie en syriaque oriental, leurs propres évêques métropolitains envoyés depuis la Mésopotamie, et une parfaite intégration sociale dans la société castée du Malabar, où ils tiennent le rang de caste noble[12].
L'arrivée des Portugais en 1498 (Vasco de Gama) et le développement du Padroado bouleversent cet équilibre. Le synode de Diamper (Udayamperur), tenu du 20 au 26 juin 1599 sous la direction d'Aleixo de Meneses, archevêque de Goa, latinise de force la liturgie, brûle de nombreux livres syriaques et place les Nasrani sous l'obédience directe de la hiérarchie portugaise[13]. Le ressentiment s'accumule.
Le 3 janvier 1653, plusieurs centaines de prêtres et de laïcs se rassemblent à Mattancherry près de Cochin, accrochent une corde à un crucifix dressé sur une place publique et jurent sur les Évangiles de refuser désormais l'obéissance aux Portugais comme aux jésuites, pour ne reconnaître qu'un évêque venu d'Orient : c'est le Serment de la Croix de Coonan[14]. La majorité finira par revenir à la communion catholique dans les décennies suivantes ; les actuels catholiques syro-malabars (près de 5 millions) et syro-malankars (≈ 0,5 million) en sont les héritiers, conservant la liturgie syriaque dans l'Église catholique[15].
L'Église d'Orient sur la route de la soie
Pendant ce temps, à l'autre bout du continent, une autre branche d'Asie chrétienne s'est déployée le long de la route de la soie. L'Église d'Orient (longtemps appelée « nestorienne » par ses adversaires[16]) a essaimé du Tigre vers la Perse, l'Asie centrale, la Mongolie et la Chine. Au VIIᵉ siècle, ses métropoles s'étendent jusqu'à Merv (Turkménistan), Samarcande, Hérat, et atteignent Chang'an, capitale de la Chine des Tang[17].
L'arrivée du moine Alopen à Chang'an en 635 est documentée par un événement majeur : l'empereur Taizong le reçoit personnellement, charge ses fonctionnaires de traduire ses livres saints et lui accorde la liberté de prêcher. Une église est construite dans la capitale en 638[18]. Pendant deux siècles, la « religion lumineuse » (jingjiao) prospère, jusqu'à ce que l'empereur Wuzong, en 845, l'interdise au même titre que le bouddhisme.
La stèle de Xi'an (781)
Le témoignage le plus spectaculaire de cette aventure est la stèle de Xi'an, dressée le 7 janvier 781. Composée par le moine Adam (Jingjing) — vraisemblablement métropolite de l'Église d'Orient pour la Chine — elle mesure 2,79 m de hauteur et porte un long texte en chinois (environ 1 800 caractères), accompagné de passages en syriaque — noms, dates et signatures[19]. Le sommet de la stèle est gravé d'une croix posée sur le lotus bouddhiste : une adaptation iconographique prudente, qui dit la volonté missionnaire d'inculturation à une époque où le terme n'existait pas encore.
Enfouie lors des persécutions de 845, la stèle est redécouverte en 1625 à proximité d'une église de la mission jésuite de Matteo Ricci, devenant aussitôt une preuve apologétique : le christianisme avait déjà été présent en Chine sept siècles avant les jésuites. Le jésuite Álvaro Semedo est le premier à en signaler l'existence à l'Europe dès 1625 ; son récit paraît dans sa Relação da propagação da Fé no Reyno da China (Madrid, 1642), et la première traduction latine de l'inscription publiée en Europe est celle du China Illustrata d'Athanase Kircher (1667)[20].
Les missions latines médiévales (XIIIᵉ-XIVᵉ siècle)
Au XIIIᵉ siècle, l'irruption brutale de l'Empire mongol transforme l'Eurasie en un espace ouvert : la Pax Mongolica sécurise la route de la soie de Pékin à Tabriz, et les souverains catholiques rêvent d'une alliance avec les Mongols pour prendre les musulmans à revers. C'est dans ce contexte que la papauté envoie ses premiers diplomates-missionnaires vers le cœur de l'Asie.
Jean de Plan Carpin (1245-1247)
Le franciscain Jean de Plan Carpin est envoyé en 1245 par le pape Innocent IV porteur de la bulle Cum non solum, qui exhorte les Mongols à cesser leurs invasions et à embrasser le baptême. Parti de Lyon, il atteint Karakorum, capitale de l'empire mongol, en juillet 1246, et assiste à l'intronisation du grand khan Güyük. Il en rapporte la première grande description occidentale des Mongols, l'Historia Mongalorum, présentée au pape en 1247[21].
Guillaume de Rubrouck (1253-1255)
Quelques années plus tard, le franciscain flamand Guillaume de Rubrouck est envoyé par saint Louis depuis Constantinople, en mai 1253. Il atteint le camp du khan Möngke, frère et prédécesseur de Kubilaï, en décembre 1253, et y reste plusieurs mois. Son récit, plus précis encore que celui de Plan Carpin, décrit pour la première fois en latin l'alphabet ouïghour, la steppe, le bouddhisme tibétain, et une dispute publique tenue à Karakorum en mai 1254 entre lui, des musulmans et des bouddhistes, présidée par le khan — l'une des premières controverses interreligieuses documentées entre chrétiens, musulmans et bouddhistes devant un souverain d'Asie[22].
Jean de Montecorvino, premier archevêque de Pékin (1294-1328)
L'apogée de cette aventure est l'œuvre de Jean de Montecorvino (1247-1328). Envoyé par le pape Nicolas IV, ce franciscain napolitain arrive à Khanbalik (Pékin) vers 1294, juste après la mort de Kubilaï Khan. Il y reste 34 ans, jusqu'à sa mort en 1328[23].
« J'ai bâti une église dans la cité de Cambaluc, où réside le grand khan : achevée il y a six ans, j'y ai placé un cimetière. J'y ai baptisé environ six mille personnes. » — Lettre de Jean de Montecorvino, 8 janvier 1305[24]
Le 22 juillet 1307, le pape Clément V, par la bulle Rex regum, érige Khanbalik en archevêché et nomme Montecorvino premier archevêque, envoyant sept évêques franciscains pour le consacrer (seuls trois arriveront vivants à Pékin)[25]. Montecorvino traduit le Nouveau Testament et les Psaumes en mongol, fonde une école pour enfants, organise une mission à Zaytun (Quanzhou) — où des pierres tombales chrétiennes sino-latines du XIVᵉ siècle ont été mises au jour dans les années 1940[26].
L'aventure s'effondre avec la chute de la dynastie Yuan en 1368 et la prise du pouvoir par les Ming, fermement xénophobes. Lorsque les jésuites reviendront en Chine deux siècles plus tard, ils ne trouveront plus aucune trace de cette première Église latine, sinon, par hasard, la stèle de Xi'an déterrée en 1625.
Le grand élan missionnaire moderne (XVIᵉ siècle)
L'élan missionnaire du XVIᵉ siècle est sans équivalent dans l'histoire de l'Église. Il combine quatre facteurs : les grandes découvertes maritimes (Portugal et Espagne), le bouleversement de la Réforme protestante, la fondation de la Compagnie de Jésus (1540) et la création de la Congrégation pour la Propagation de la Foi (Propaganda Fide), décidée par Grégoire XV le 6 janvier 1622 puis érigée par la constitution Inscrutabili Divinae du 22 juin 1622[27].
Le Padroado portugais et la Propaganda Fide
Le Padroado portugais est le cadre juridique qui structure les missions catholiques en Asie pendant deux siècles. Par la bulle Inter Caetera (4 mai 1493) d'Alexandre VI, le traité de Tordesillas (7 juin 1494) et plusieurs autres actes pontificaux, le roi du Portugal reçoit le privilège de présenter les évêques dans tous les territoires découverts à l'est du méridien fixé[28].
Goa est érigée diocèse en 1533 par la bulle Aequum reputamus de Clément VII, suffragante de Funchal (Madère), puis archevêché en 1557. Elle devient la capitale spirituelle de l'Asie catholique, dotée d'imprimeries (première presse typographique européenne en Inde, installée en 1556 — premier livre imprimé en 1557), de collèges et de séminaires[29].
Avec le temps, la rigidité du Padroado — qui exige que toute mission passe par Lisbonne — devient un obstacle. Rome créera donc des vicariats apostoliques directement rattachés à la Propaganda Fide, hors du contrôle portugais, dont les Missions Étrangères de Paris (1659) seront le bras opérationnel.
Saint François Xavier (1506-1552), apôtre des Indes et du Japon
Aucune figure ne domine plus l'imaginaire des missions d'Asie que saint François Xavier. Né le 7 avril 1506 au château de Xavier en Navarre, condisciple d'Ignace de Loyola à Paris, il est l'un des sept premiers compagnons qui prononcent les vœux de Montmartre le 15 août 1534. Envoyé en Asie en 1541 comme nonce apostolique par Paul III à la demande du roi Jean III de Portugal, Xavier débarque à Goa en mai 1542[30].
Sa vie missionnaire ne durera que dix ans. Mais dans ces dix ans, il évangélise les Paravas de la côte de la Pêcherie (sud de l'Inde, 1543-1545), Malacca (1545-1547), les Moluques — Amboine et Ternate — (1546-1547), le Japon (1549-1551) et meurt sur l'île de Sancian, en vue des côtes chinoises, le 3 décembre 1552, sans avoir pu franchir le mur de l'Empire du Milieu[31].
Dans sa lettre du 22 janvier 1552 à Ignace de Loyola, il expose son plan : se rendre à la cour du roi de Chine, convaincu que si Dieu accorde de prêcher le Christ à ce roi, toute la Chine recevra la foi[32].
Ses lettres aux jésuites d'Europe, très vite recopiées, traduites et diffusées dans tout le continent, électrisent toute une génération : « Mes très chers Frères, combien d'âmes seraient sauvées si vous étiez ici ! »[33]. Plus que sa méthode (où, comme à la côte de Pêcherie, il baptise par milliers), c'est cette passion missionnaire qui fonde son influence durable. Béatifié en 1619, canonisé en 1622 par Grégoire XV (le même jour que saint Ignace), Xavier voit sa fête élevée à un rite supérieur par Pie X, dont l'acte du 25 mars 1904 recommande l'Œuvre de la Propagation de la Foi à la charité des fidèles[34] ; il est ensuite associé à sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus comme co-patronne des missions par Pie XI le 14 décembre 1927[35].
Trois géants : Chine, Japon, Inde du Sud
La mission de Chine et la Querelle des Rites (renvoi)
L'aventure chinoise est traitée en détail dans son propre article. De Matteo Ricci (à Pékin en 1601) à Schall, Verbiest et Castiglione à la cour de Kangxi et Qianlong, en passant par la Querelle des Rites chinois condamnée par Ex quo singulari en 1742 et finalement résolue par Pie XII dans Plane compertum est du 8 décembre 1939, la Chine est le théâtre du plus grand chantier intellectuel des missions catholiques.
📖 Voir l'article détaillé : Les missions jésuites en Chine (1582-1773)
La mission du Japon, du printemps à la persécution (renvoi)
Le Japon, ouvert par Xavier le 15 août 1549, compte près de 300 000 baptisés à la fin du XVIᵉ siècle avant d'être broyé par les édits Tokugawa : 26 martyrs de Nagasaki le 5 février 1597, grand martyre de 1622, et la résistance silencieuse des chrétiens cachés (kakure kirishitan) retrouvés à Urakami le 17 mars 1865 par le P. Bernard Petitjean.
📖 Voir l'article détaillé : Les missions jésuites au Japon (1549-1644)
Roberto de Nobili et la mission de Madurai (1606-1656)
Aux côtés de Ricci en Chine, Roberto de Nobili (1577-1656) est l'autre grand artisan de l'inculturation jésuite en Asie. Né à Montepulciano d'une famille noble toscane, il arrive à Goa le 20 mai 1605 et s'établit à Madurai au Tamil Nadu en novembre 1606[36].
Il y constate un échec cuisant : le christianisme est perçu comme la « religion des Paranguis » — c'est-à-dire des Portugais, considérés comme des parias par les hautes castes en raison de leur consommation de bœuf et de leur saleté supposée. Presque aucun brahmane ne s'est fait baptiser en un siècle de mission.
Nobili prend alors une décision radicale : il se présente comme un brahmane romain (raja sannyasi), revêt le kavi orange, marque son front du tilak, devient végétarien, vit dans la prière et l'étude, apprend le tamoul, le télougou et surtout le sanskrit — dont il est le premier Européen à acquérir une maîtrise réelle. En 1611, il publie en tamoul un Catéchisme qui présente le Christ avec la grammaire culturelle des Vedas[37].
Dans son Informatio de quibusdam moribus (1613), il soutient que le christianisme n'est pas la « religion des Portugais » mais la vraie loi de Dieu pour tous les hommes — et que les brahmanes eux-mêmes, à travers les Vedas, pressentent sans le savoir ce Dieu unique[38].
Sa méthode déclenche la controverse des rites malabars : peut-on tolérer chez un chrétien indien le cordon brahmanique (upanayana), la touffe de cheveux (kudumi), les ablutions rituelles et la marque sur le front ? Après vingt ans d'examen, Grégoire XV publie le 31 janvier 1623 la constitution Romanae Sedis Antistes qui autorise ces pratiques comme signes de civilité, à condition qu'elles soient purifiées de toute connotation religieuse païenne[39]. La controverse rebondira néanmoins, et Benoît XIV finira par interdire les rites malabars par Omnium sollicitudinum du 12 septembre 1744 — une décision parallèle à celle qui éteignait au même moment la mission chinoise[40].
Avant ce coup d'arrêt, Nobili et ses successeurs (Jean de Brito, martyrisé en 1693) auront néanmoins baptisé plus de 80 000 personnes dans la mission de Madurai, dont des centaines de brahmanes — un fait sans précédent. La leçon de Nobili est claire et elle dicte encore le langage du Magistère : on évangélise une culture en l'épousant, non en la méprisant.
Les Philippines, exception catholique d'Asie
Les Philippines sont, avec le Timor oriental, le seul pays asiatique à majorité catholique : environ 80 % de catholiques, soit quelque 93 millions de fidèles[41]. Cette singularité s'explique par une combinaison historique unique que l'Asie n'a connue nulle part ailleurs.
Magellan, Cebu, Lapulapu (1521)
L'évangélisation commence le 14 avril 1521 à Cebu, où l'expédition espagnole de Fernand de Magellan, après avoir traversé le Pacifique, est accueillie pacifiquement par le rajah Humabon. En quelques jours, Humabon, son épouse Hara Amihan (baptisée Juana en l'honneur de la reine de Castille) et près de 800 indigènes sont baptisés. Magellan plante une croix de bois sur la rive — la « Magellan's Cross » — toujours conservée à Cebu[42].
Treize jours plus tard, le 27 avril 1521, Magellan meurt à la bataille de Mactan, tué par le chef Lapulapu, et l'éphémère christianisme de Cebu disparaît avec lui. Les Philippines redeviennent païennes.
Legazpi et la conquête de Luzon (1565-1571)
L'évangélisation durable commence avec l'expédition de Miguel López de Legazpi, arrivée à Cebu en avril 1565. Cinq augustins l'accompagnent, dont le célèbre Andrés de Urdaneta, qui découvre la même année la route du retour Manille-Acapulco par les hautes latitudes du Pacifique Nord — le fameux « tornaviaje » qui rendra possible le galion de Manille pendant 250 ans[43].
Manille est fondée le 24 juin 1571 par Legazpi. En quelques décennies, quatre ordres religieux se partagent le territoire : augustins (1565), franciscains (1578), jésuites (1581), dominicains (1587), rejoints par les récollets en 1606. Le premier concile provincial de Manille se tient en 1582 sous le premier évêque, Domingo de Salazar OP, qui défendra avec courage les droits des Philippins contre les abus de l'encomienda[44].
Pourquoi l'évangélisation s'est-elle enracinée ?
Trois facteurs convergent pour faire des Philippines une exception :
| Facteur | Particularité philippine | Comparaison |
|---|---|---|
| Pas de grande religion structurée | Animisme local, chamanisme (babaylan), absence de clergé organisé, pas d'écritures | À l'inverse de la Chine confucéenne, du Japon shintoïste, de l'Inde brahmanique |
| Conquête politique stable | Domination espagnole continue de 1565 à 1898 | À l'inverse de Tokugawa, des Manchus, des Moghols |
| Inculturation linguistique | Catéchismes en tagalog, cebuano, ilocano dès le XVIᵉ siècle | Doctrina Christiana imprimée à Manille en 1593 (le premier livre imprimé aux Philippines) |
| Statut social favorable | Les Espagnols, contrairement aux Portugais d'Inde, exigent l'apprentissage des langues locales | Manille voit naître en 1611 le collège dominicain qui deviendra l'Université Santo Tomás, élevée au rang d'université par Innocent X en 1645[45] — la plus ancienne université d'Asie à charte encore en vigueur (titre disputé par l'université San Carlos de Cebu, qui se réclame d'un collège jésuite de 1595 sans continuité : fermeture à l'expulsion des jésuites en 1768, statut d'université en 1948 seulement) |
Le résultat est unique : une identité catholique populaire profondément enracinée, qui survit à la perte du pouvoir espagnol (1898), à l'occupation américaine, à la guerre, et qui fait des Philippines la première puissance démographique catholique d'Asie.
Saint Lorenzo Ruiz, premier saint philippin (né entre 1600 et 1610 – mort à Nagasaki en 1637)
Le premier saint philippin de l'époque moderne n'est ni Chinois ni Japonais : c'est un laïc né à Manille. La date exacte de la naissance de Lorenzo Ruiz à Binondo (Manille) est inconnue : les historiens la situent entre 1600 et 1610. Fils d'un père chinois (Sangley) et d'une mère tagalog, tous deux catholiques. Greffier (escribano) à l'église de Binondo, marié et père de trois enfants, il fuit Manille en 1636 après avoir été injustement accusé du meurtre d'un Espagnol[46].
Il embarque sur un navire en partance avec trois dominicains japonais et un prêtre français, sans savoir qu'il met le cap sur Okinawa, puis Nagasaki, alors en pleine persécution Tokugawa. Arrêté, soumis au supplice de l'eau, à la torture des aiguilles sous les ongles, finalement pendu par les pieds dans la fosse (tsurushi) à Nagasaki, il meurt le 29 septembre 1637 après avoir refusé l'apostasie en déclarant :
« Je suis catholique, et je veux mourir pour Dieu. S'il m'était donné mille vies, je les offrirais toutes pour Lui. Ne me demandez pas de renoncer à Lui. Jamais ! » — Saint Lorenzo Ruiz, paroles rapportées par les chroniques dominicaines de Nagasaki, 1637[47]
Béatifié le 18 février 1981 par Jean-Paul II à Manille — première béatification jamais célébrée hors de Rome[48] — il est canonisé en 1987 comme premier saint philippin et figure du martyre laïc.
Le Vietnam : Alexandre de Rhodes et les martyrs annamites
Le Vietnam, divisé au XVIIᵉ siècle entre le royaume du Tonkin (Nord) gouverné par les seigneurs Trịnh et celui de la Cochinchine (Sud) gouverné par les Nguyễn, devient le deuxième grand champ de mission jésuite d'Asie continentale, juste après la Chine.
Les jésuites au Tonkin et en Cochinchine (1615-1660)
Le 18 janvier 1615, les jésuites Francesco Buzomi (italien) et Diogo Carvalho (portugais), avec le frère japonais Antonio Diaz, débarquent au port de Hội An en Cochinchine — premiers expulsés du Japon de la grande vague de 1614. Quelques années plus tard, en mars 1627, le P. Alexandre de Rhodes débarque à son tour, cette fois au Tonkin, où il évangélise à Thăng Long (Hanoï) pendant plus de trois ans avant d'être expulsé[49].
Alexandre de Rhodes et le quốc ngữ
Alexandre de Rhodes (1593-1660), né à Avignon, est le grand artisan de la romanisation de la langue vietnamienne. Reprenant et perfectionnant les travaux de Francisco de Pina (mort en 1625) et de Gaspar do Amaral, il publie en 1651 à Rome, sur les presses de la Propaganda Fide, trois ouvrages décisifs :
- Dictionarium Annamiticum, Lusitanum et Latinum — premier dictionnaire vietnamien ;
- Catechismus pro iis qui volunt suscipere baptismum, in octo dies divisus — premier livre imprimé en vietnamien romanisé, bilingue latin–annamite ;
- Linguae Annamiticae seu Tunchinensis brevis declaratio — première grammaire[50].
Le système d'écriture romanisée mis au point — le quốc ngữ, « langue nationale » — restera longtemps utilisé seulement par les missionnaires et leurs convertis, avant d'être adopté officiellement par le Vietnam au XXᵉ siècle. Aujourd'hui, cet alphabet romanisé systématisé pour la catéchèse est devenu l'écriture nationale du Vietnam[51].
Les Missions Étrangères de Paris en Indochine
Le succès rapide des missions (Rhodes baptise plusieurs milliers de personnes en quelques années) entraîne une crise : il faut un clergé local et des évêques résidants, mais le Padroado portugais bloque toute initiative non lusitanienne. À son retour à Rome en 1649, Rhodes plaide pour la création de vicaires apostoliques directement rattachés à la Propaganda Fide — initiative qui aboutira à la fondation des Missions Étrangères de Paris (MEP) en 1658-1659 et à la nomination de François Pallu comme vicaire apostolique du Tonkin (nommé le 29 juillet 1658 ; territoire fixé par la bulle d'Alexandre VII du 9 septembre 1659)[52].
Dès lors, et pendant trois siècles, les MEP seront le bras opérationnel de Rome en Indochine : des générations de missionnaires y sont envoyées, et beaucoup y laissent leur vie — dix Français figurent parmi les 117 martyrs du Vietnam canonisés en 1988, comme dix parmi les 103 martyrs de Corée canonisés en 1984[53].
Les 117 martyrs canonisés par Jean-Paul II (19 juin 1988)
Le Vietnam est, après le Japon, le continent du martyre catholique d'Asie. Entre 1745 et 1862, sous les empereurs Trịnh, Nguyễn, Minh Mạng (1820-1840), Thiệu Trị et Tự Đức (1847-1883), les chrétiens subissent une persécution systématique — édits, bûchers, décapitations, mutilations rituelles (lăng trì), apostasies forcées par marche sur le crucifix.
Les historiens estiment qu'entre 130 000 et 300 000 catholiques vietnamiens ont été tués pour leur foi entre 1745 et 1862[54]. Le 19 juin 1988, Jean-Paul II canonise 117 d'entre eux — un groupe collectif comprenant 96 Vietnamiens, 11 Espagnols dominicains et 10 Français MEP, dont 8 évêques, 50 prêtres et 59 laïcs[55].
Dans son homélie, Jean-Paul II rend grâce pour le témoignage des martyrs — Vietnamiens comme missionnaires venus de pays déjà enracinés dans la foi — et rappelle que leur sang versé demeure pour les chrétiens du Vietnam une source de grâce pour grandir dans la foi[56].
Le saint le plus connu de ce groupe, André Dũng-Lạc (Trần An Dũng), prêtre vietnamien diocésain né vers 1795 et décapité à Hanoï le 21 décembre 1839, donne son nom à la mémoire liturgique : « Saints André Dũng-Lạc, prêtre, et ses compagnons, martyrs », célébrée chaque 24 novembre.
La Corée : l'unique Église née de laïcs (1784)
L'Église de Corée présente un trait sans équivalent dans toute l'histoire missionnaire : elle est née sans missionnaire étranger. Au XVIIIᵉ siècle, des lettrés confucéens de l'école Silhak (« savoir pratique »), à la recherche d'une réponse aux impasses du néo-confucianisme, étudient des ouvrages chinois ramenés des ambassades à Pékin. Parmi ces livres, ils découvrent les écrits de Matteo Ricci — notamment Le vrai sens du maître du ciel (Tianzhu shiyi) — et certains se convertissent intellectuellement avant tout contact avec un prêtre[57].
Yi Seung-hun et le baptême de Pékin (1784)
Le tournant historique date de l'hiver 1783-1784 : le jeune lettré Yi Seung-hun (이승훈), vingt-cinq ans, accompagne son père dans la mission diplomatique annuelle à Pékin. Sur les conseils de ses amis (notamment Yi Byeok), il s'y fait baptiser par le jésuite français Jean-Baptiste-Joseph de Grammont sous le nom de Pierre (Petrus), au début de 1784[58].
De retour à Séoul à l'automne 1784, Yi baptise ses propres compagnons et constitue une communauté laïque autonome d'environ un millier de fidèles en quelques années — avec un « faux clergé » (Yi Seung-hun et ses compagnons s'attribuant les fonctions d'« évêques » et de « prêtres »), abandonné ensuite sur ordre de l'évêque de Pékin[59].
Les grandes persécutions du XIXᵉ siècle
Quand la dynastie Joseon prend conscience de l'existence de cette communauté chrétienne autonome — soupçonnée de subversion confucéenne et de loyauté à un « Père de Rome » — elle déclenche une succession de quatre grandes persécutions :
- 1791 — persécution ShinhaePremier martyr
Paul Yun Ji-chung est décapité après avoir refusé d'accomplir les rites confucéens pour sa mère. Premier sang chrétien versé sur le sol coréen.
- 1801 — persécution SinyuPrès de 300 martyrs
Sous la régente Jeongsun, les chrétiens sont systématiquement traqués. Yi Seung-hun lui-même est décapité le 8 avril 1801 (26e jour du 2e mois lunaire). La communauté plonge dans la clandestinité.
- 1839 — persécution GihaePlus de 130 martyrs
Premier évêque français Mgr Laurent Imbert (MEP), le P. Pierre Maubant et le P. Jacques Chastan sont décapités à Saenamteo.
- 1846 — persécution ByeongoMartyre de saint André Kim
André Kim Tae-gon, premier prêtre coréen, est décapité à Saenamteo le 16 septembre 1846, à 25 ans, après huit ans de séminaire à Macao.
- 1866 — persécution ByeonginLe plus grand bain de sang
Sous Daewongun, environ 8 000 à 10 000 catholiques sont tués sur plusieurs années. Neuf prêtres MEP sur douze présents sont martyrisés.
Saint André Kim Tae-gon, premier prêtre coréen
André Kim Tae-gon (안드레아 김대건) naît le 21 août 1821 à Solmoe dans une famille catholique persécutée — son père et son grand-père sont déjà martyrs. À 14 ans, il est envoyé clandestinement par les MEP au séminaire de Macao, où il étudie le latin, la théologie et la philosophie pendant huit ans[60].
Ordonné prêtre à Shanghai par Mgr Jean-Joseph Ferréol le 17 août 1845, il rentre clandestinement en Corée pour préparer l'arrivée d'autres missionnaires. Arrêté en juin 1846, il est décapité le 16 septembre 1846 à Saenamteo, sur les berges du fleuve Han à Séoul. Avant de mourir, à 25 ans, il lance à haute voix devant la foule assemblée pour l'exécution :
« C'est avec un grand bonheur que je vais maintenant mourir. La vie éternelle est sur le point de commencer pour moi. Si vous voulez être heureux, faites-vous chrétiens. » — Saint André Kim Tae-gon, paroles rapportées par les chroniques MEP, septembre 1846[61]
Les 103 martyrs canonisés à Séoul (6 mai 1984)
Le 6 mai 1984, à l'occasion du bicentenaire de l'Église coréenne, Jean-Paul II se rend à Séoul et y canonise les 103 martyrs de Corée, dont André Kim Tae-gon, son père Ignace Kim, Paul Chong Hasang (laïc, fils d'un autre martyr) et 10 missionnaires MEP français — la première canonisation jamais célébrée hors de Rome dans l'histoire de l'Église[62].
Dans son homélie, Jean-Paul II salue une Église née sans aucun missionnaire étranger, fondée tout entière par des laïcs, et dont la floraison d'aujourd'hui est le fruit du témoignage héroïque des martyrs[63].
En 2014, le pape François, lors de son voyage en Corée, béatifie à son tour 124 autres martyrs — principalement de la persécution Sinyu de 1801 — portant à plus de 225 le nombre de saints et bienheureux coréens reconnus.
Le XIXᵉ siècle : grand siècle missionnaire
Le XIXᵉ siècle est le « grand siècle missionnaire » catholique : effondrement du Padroado, expansion des MEP, des Spiritains, des Lazaristes, des Pères Blancs, des PIME (Pontificio Istituto Missioni Estere, Milan, 1850), explosion des congrégations féminines — Sœurs de Saint-Paul de Chartres en Asie, Filles de la Charité, Franciscaines missionnaires de Marie (1877), Sœurs Auxiliatrices, etc.
L'œuvre cachée de Pauline Jaricot
À l'arrière, à Lyon, une jeune femme révolutionne l'organisation missionnaire. Pauline Jaricot (1799-1862), béatifiée à Lyon le 22 mai 2022 (le card. Tagle, au nom de François), fonde en 1822 l'Œuvre de la Propagation de la Foi : un système simple de « dizaines » — chaque participant recrute neuf personnes, lesquelles donnent un sou par semaine — qui finance les missions du monde entier. Elle imagine également en 1826 le Rosaire vivant, qui groupe quinze personnes pour réciter chacune une dizaine du chapelet[64].
Devenue Œuvres Pontificales Missionnaires en 1922 sous Pie XI, l'Œuvre de la Propagation de la Foi a financé pendant un siècle l'écrasante majorité des missions catholiques en Asie. Elle illustre une vérité oubliée : le grand siècle missionnaire d'Asie est aussi le siècle des laïques mobilisés en Europe, et pas seulement des missionnaires en route.
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, patronne des missions
La même logique vaut pour sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897), morte à 24 ans, qui n'a jamais quitté son carmel mais qui a soutenu spirituellement deux missionnaires — le P. Maurice Bellière en Afrique (Soudan) et le P. Adolphe Roulland en Chine (Sichuan) — et qui a écrit :
« Ma vocation, je l'ai trouvée enfin... ma vocation, c'est l'Amour ! [...] Dans le Cœur de l'Église, ma Mère, je serai l'Amour. [...] Ainsi je serai tout, ainsi mon rêve sera réalisé ! » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit B, septembre 1896[65]
Pie XI la proclame patronne universelle des missions le 14 décembre 1927, sur le même pied que saint François Xavier[66] — affirmation théologique forte : la mission est d'abord œuvre de l'Esprit dans la prière, et l'Asie ne sera évangélisée ni par la conquête, ni par la diplomatie, mais d'abord par des saints offerts.
Le XXᵉ siècle : persécutions, décolonisation, renouveau
La révolte des Boxers et les 120 martyrs de Chine (2000)
L'aube du XXᵉ siècle apporte un drame asiatique majeur : la révolte des Boxers (1899-1901). Mouvement nationaliste xénophobe, les Boxers (Yihequan, « Société des Poings de la Justice ») ciblent les Européens et les chrétiens chinois, accusés d'être complices de l'invasion étrangère. Entre juin et août 1900, plus de 30 000 catholiques chinois sont massacrés[67].
Le 1ᵉʳ octobre 2000, Jean-Paul II canonise 120 martyrs de Chine issus de l'ensemble de la période 1648-1930 — dont 86 victimes des Boxers ; le groupe comprend 6 évêques, 23 prêtres, 15 religieuses, 8 séminaristes, 4 catéchistes, 2 catéchumènes et 62 laïcs, dont l'enfant André Wang martyrisé à neuf ans[68]. La canonisation, choisie au jour de la fête nationale chinoise, suscite une vive protestation officielle de Pékin — illustration du contentieux durable entre Rome et la Chine populaire.
Les chrétiens cachés du Japon retrouvés à Urakami (17 mars 1865)
Le XIXᵉ siècle apporte aussi son lot de miracles missionnaires. Le plus célèbre est la « découverte des chrétiens cachés » à Nagasaki. Le 17 mars 1865, peu après l'achèvement de l'église d'Ōura dédiée aux 26 martyrs de Nagasaki, des paysans du quartier d'Urakami s'approchent du P. Bernard Petitjean (MEP) et lui révèlent, à mi-voix :
« Nous avons tous le même cœur que vous. Où est la statue de Sainte Marie ? » — Paroles rapportées par le P. Bernard Petitjean, lettre du 18 mars 1865 au Séminaire des MEP[69]
Pendant deux cent cinquante ans, sans prêtre, sans Bible, sans liturgie, plusieurs dizaines de milliers de descendants des chrétiens du XVIᵉ siècle avaient transmis discrètement le baptême, la prière mariale et le calendrier liturgique. Pie IX salue la nouvelle comme un miracle[70]. Le site est aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'UNESCO (2018).
Le drame du communisme : Chine, Vietnam, Corée du Nord, Cambodge
La seconde moitié du XXᵉ siècle est marquée par la persécution communiste des chrétiens en Asie :
- Chine : prise de pouvoir maoïste en 1949, expulsion des missionnaires étrangers (1949-1954), fondation de l'Association patriotique des catholiques chinois en 1957 — qui ordonne sans mandat romain des évêques jusqu'à l'accord provisoire Vatican-Pékin du 22 septembre 2018. L'Église chinoise est aujourd'hui divisée entre une Église officielle et une Église souterraine — environ 12 millions de catholiques au total[71].
- Vietnam : la victoire du Việt-Minh en 1954 entraîne l'exode de près de 800 000 catholiques du Nord vers le Sud, dans l'opération Passage to Freedom. Après 1975, persécution généralisée du clergé sud-vietnamien.
- Corée du Nord : à partir de 1948, le régime de Kim Il-sung élimine systématiquement le clergé. Le diocèse de Pyongyang, jadis siège archiépiscopal, est aujourd'hui sans aucun prêtre ; le siège est tenu in absentia par l'archevêque de Séoul.
- Cambodge : sous les Khmers rouges, l'évêque de Phnom Penh Mgr Joseph Chhmar Salas meurt d'épuisement en 1977 dans un camp de travail ; la communauté catholique — quelque 60 000 fidèles au début des années 1970 — est presque entièrement anéantie sous leur régime (1975-1979)[72].
Sainte Mère Teresa de Calcutta (1910-1997)
En contrepoint à ces drames, le XXᵉ siècle asiatique offre l'une des figures les plus universellement reconnues du catholicisme moderne : sainte Teresa de Calcutta (Anjezë Gonxhe Bojaxhiu), née le 26 août 1910 à Skopje (alors Empire ottoman, aujourd'hui Macédoine du Nord), entrée chez les Sœurs de Lorette en 1928, envoyée à Calcutta comme enseignante en 1929[73].
Le 10 septembre 1946, dans le train qui la mène à Darjeeling, elle reçoit ce qu'elle appellera « l'appel dans l'appel » : quitter son couvent enseignant pour servir les « plus pauvres parmi les pauvres ». Après deux ans de discernement, elle obtient l'autorisation de Pie XII en 1948 et fonde le 7 octobre 1950 à Calcutta la congrégation des Missionnaires de la Charité — qui compte aujourd'hui plus de 5 500 sœurs dans 139 pays[74].
« J'avais faim — j'étais nu — j'étais sans logis — j'étais indésiré, mal aimé, sans soins — et c'est à moi que vous l'avez fait. » — Mère Teresa de Calcutta, Discours du Prix Nobel (traduit de l'anglais), Oslo, 11 décembre 1979[75]
Prix Nobel de la Paix en 1979, béatifiée le 19 octobre 2003 par Jean-Paul II, canonisée par François le 4 septembre 2016[76] : Mère Teresa incarne la mission asiatique du XXᵉ siècle dans sa version la plus dépouillée — non plus la conquête culturelle ni le martyre, mais le service silencieux des plus pauvres, parmi les bidonvilles d'une métropole hindoue.
Vatican II et la mission renouvelée
Le décret Ad Gentes (7 décembre 1965)
Le concile Vatican II transforme en profondeur la doctrine missionnaire de l'Église. Le décret Ad Gentes (« Aux nations »), promulgué le 7 décembre 1965 par le pape Paul VI — la veille de la clôture du concile — est voté par 2 394 voix contre 5[77]. Il pose la mission comme la nature même de l'Église :
« Envoyée par Dieu aux nations pour être « le sacrement universel du salut », l'Église, en vertu des exigences intimes de sa propre catholicité et obéissant au commandement de son fondateur (cf. Mc 16, 16), est tendue de tout son effort vers la prédication de l'Évangile à tous les hommes. » — Vatican II, Ad Gentes, n° 1, 7 décembre 1965[78]
Et plus loin, la phrase devenue fondatrice :
« Par nature, l'Église, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu'elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père. » — Vatican II, Ad Gentes, n° 2 (Ecclesia peregrinans natura sua missionaria est)[79]
Le décret rompt avec un modèle hérité du XIXᵉ siècle : la mission n'est plus une « œuvre » réservée à des spécialistes envoyés depuis l'Europe, mais la vocation de toute l'Église — Églises locales, laïcs, religieux, prêtres. Il consacre la nécessité d'un clergé indigène, encourage l'inculturation et reconnaît la responsabilité propre des Églises particulières d'Asie et d'Afrique. Plus encore : pour la première fois, le concile reconnaît dans les religions non-chrétiennes des « semences du Verbe » (semina Verbi) — formule patristique reprise de saint Justin[80].
Plane compertum est (1939) : la justice tardive de Pie XII
Avant même le concile, Pie XII avait pris une décision décisive pour les missions d'Asie : par l'instruction Plane compertum est du 8 décembre 1939, il autorise enfin les catholiques chinois à participer aux cérémonies civiles en l'honneur de Confucius et aux rites d'ancêtres, qualifiant ces gestes de « simple manifestation de piété filiale » sans contenu religieux[81].
C'était la résolution tardive d'un débat ouvert par Matteo Ricci en 1610 et clos brutalement par Ex quo singulari de Benoît XIV en 1742. Près de deux siècles se sont écoulés entre l'interdiction et l'autorisation. La leçon est sévère : l'Église catholique est aussi un corps historique, capable de se tromper de jugement pastoral sans pour autant se tromper de foi. Pie XII l'admet implicitement en parlant de « circonstances et de mentalités modifiées ».
Face à l'objection coloniale, quatre noms rappellent que l'inculturation n'est pas une invention récente : dès 1582, Domingo de Salazar défend à Manille les Philippins contre les abus de l'encomienda ; Matteo Ricci se fait lettré parmi les lettrés à Pékin ; Roberto de Nobili vit en sannyasi parmi les brahmanes de Madurai ; Alexandre de Rhodes achève de donner au vietnamien son alphabet romanisé, encore en usage aujourd'hui. Les violences du Padroado, de Diamper et des condamnations romaines demeurent des faits ; mais la même Église portait déjà, en ses missionnaires, la méthode que Vatican II appellera inculturation.
Ecclesia in Asia (1999) : le grand champ missionnaire du troisième millénaire
Le 6 novembre 1999, à New Delhi, dans la cathédrale du Sacré-Cœur, saint Jean-Paul II signe l'exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Asia, fruit du Synode spécial pour l'Asie tenu à Rome du 19 avril au 14 mai 1998. Le texte est l'aboutissement de plusieurs années de réflexion épiscopale asiatique, et il prend au sérieux le fait majoritaire : l'Asie compte près des deux tiers de l'humanité, et les catholiques n'y représentent qu'environ 3 % de la population du continent[82].
« Tout comme au premier millénaire la Croix fut plantée sur le sol européen, au second millénaire sur le sol américain et africain, on puisse, au troisième millénaire, recueillir une grande moisson de foi sur ce continent si vaste et si vivant. » — Saint Jean-Paul II, Ecclesia in Asia, n° 1, 6 novembre 1999[83]
Le document fixe les priorités : présenter Jésus comme unique Sauveur, dans le respect des cultures et des religions asiatiques ; promouvoir le dialogue inter-religieux sans relativisme ; soutenir la formation du clergé local ; encourager la catéchèse incarnée dans les langues et symboles asiatiques. Il rappelle aussi, contre le relativisme ambiant, le primat de l'annonce explicite : sans annonce explicite que Jésus est le Seigneur, il n'y a pas de véritable évangélisation — et c'est précisément sur le continent où cette annonce a commencé il y a deux mille ans qu'un engagement missionnaire renouvelé est nécessaire[84].
L'Asie catholique aujourd'hui
Au début du XXIᵉ siècle, l'Asie catholique présente trois visages bien distincts : les majorités catholiques (Philippines, Timor oriental), les minorités significatives mais minoritaires (Vietnam, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Liban), et les Églises souffrantes ou clandestines (Chine continentale, Corée du Nord, Pakistan).
Selon l'Annuarium Statisticum Ecclesiae 2023 (publié avec l'Annuaire pontifical en mars 2025, données au 31 décembre 2023), l'Asie rassemble environ 11 % des catholiques du monde[85] — autrement dit, un peu plus d'un catholique sur dix dans le monde vit en Asie, tandis qu'au sein du continent les catholiques demeurent très minoritaires.
| Pays | Catholiques[86] | % de la population | Statut |
|---|---|---|---|
| Philippines | ≈ 93 millions | ≈ 80 % | Majorité catholique historique |
| Inde | ≈ 23 millions | ≈ 1,6 % | Minorité large, plurielle (latine + syro-malabar + syro-malankar) |
| Chine | ≈ 12 millions (estimation) | environ 0,9 % | Église officielle + Église souterraine |
| Indonésie | ≈ 8 millions (estimation) | ≈ 3 % | Minorité chrétienne, majorité musulmane |
| Vietnam | ≈ 7,5 millions (estimation) | ≈ 7,4 % | Église dynamique sous régime communiste |
| Corée du Sud | ≈ 6 millions (estimation) | ≈ 11 % | Croissance forte depuis 1960 |
| Timor oriental | ≈ 1,3 million (estimation) | ≈ 97 % | Pays le plus catholique d'Asie |
| Liban | ≈ 1,3 million de chrétiens (estimation)[87] | ≈ 25 %, en majorité catholiques (maronites, melkites) | Présence historique millénaire |
| Sri Lanka | ≈ 1,5 million (estimation) | ≈ 7 % | Communauté ancienne (Padroado) |
| Birmanie / Myanmar | ≈ 750 000 (estimation) | ≈ 1,3 % | Communautés karen, kachin |
Trois faits méritent attention. D'abord, la vitalité de l'Église coréenne : passée d'une très petite minorité au milieu du XXᵉ siècle à plus de 11 % aujourd'hui, elle connaît depuis 1945 l'une des plus fortes croissances catholiques d'Asie. Ensuite, l'extraordinaire stabilité philippine et timoraise dans un environnement asiatique majoritairement non-chrétien. Enfin, la diaspora catholique asiatique — surtout philippine et indienne, mais aussi vietnamienne — qui fait que dans de nombreux diocèses d'Europe, d'Amérique du Nord et du Moyen-Orient, les laïcs les plus actifs et les vocations sacerdotales sont aujourd'hui souvent originaires d'Asie.
Pour le pape François, dans son voyage en Mongolie (août 2023), en Indonésie, Papouasie, Timor et Singapour (septembre 2024), l'Asie demeure le grand chantier missionnaire d'aujourd'hui — non par expansion territoriale, mais par témoignage humble dans des sociétés où l'Évangile reste minoritaire mais où le besoin de sens, de dignité et d'espérance, lui, n'a jamais été aussi grand.
Quelques figures saintes asiatiques majeures
| Saint(e) | Origine | Mission | Canonisation |
|---|---|---|---|
| Saint François Xavier | Navarre (Espagne) | Inde, Malacca, Moluques, Japon (1542-1552) | 12 mars 1622 (Grégoire XV) |
| Saint Paul Miki et compagnons | Japon | Évangélisation jésuite + martyre (1597) | 8 juin 1862 (Pie IX) |
| Saint Lorenzo Ruiz | Philippines | Martyrisé à Nagasaki (1637) | 18 octobre 1987 (Jean-Paul II) |
| Saint André Kim Tae-gon et compagnons (103) | Corée | Premier prêtre coréen, martyrs des persécutions Joseon | 6 mai 1984 (Jean-Paul II, à Séoul) |
| Saint André Dũng-Lạc et compagnons (117) | Vietnam | Martyrs des persécutions Nguyễn (XVIIIᵉ-XIXᵉ) | 19 juin 1988 (Jean-Paul II) |
| Saint Augustin Zhao Rong et compagnons (120) | Chine | Martyrs de 1648 à 1930, dont 86 des Boxers (1900) | 1ᵉʳ octobre 2000 (Jean-Paul II) |
| Sainte Mère Teresa de Calcutta | Albanie / Inde | Missionnaires de la Charité, Calcutta | 4 septembre 2016 (François) |
| Bienheureuse Pauline Jaricot | France (au service de l'Asie) | Œuvre de la Propagation de la Foi | 22 mai 2022 (béatification à Lyon, card. Tagle) |
À cette liste s'ajouteront sans doute, dans les décennies à venir, les causes en cours pour : Mgr François Pallu (MEP, Tonkin), le cardinal François-Xavier Nguyễn Văn Thuận (Vietnam, prisonnier 13 ans des communistes, déclaré Vénérable le 4 mai 2017), Mère Marie de la Passion (fondatrice des Franciscaines Missionnaires de Marie), et Mgr Stephen Kim Sou-hwan (Séoul, +2009).
Pour aller plus loin
- Les missions jésuites en Chine (1582-1773) — Matteo Ricci, l'amitié de Kangxi, la Querelle des Rites.
- Les missions jésuites au Japon (1549-1644) — Xavier, daimyō chrétiens, martyrs Tokugawa, chrétiens cachés.
- L'évangélisation des Indiens d'Amérique (XVIe siècle) — pendant occidental de la même aventure missionnaire.
- La Contre-Réforme catholique (1517-1648) — cadre doctrinal et institutionnel des grands ordres missionnaires.
- Saint François Xavier (1506-1552) — biographie détaillée du patron des missions.
- Ad Gentes — l'activité missionnaire de l'Église — texte conciliaire fondateur de la mission moderne.
Notes et références
La fourchette 130 000-300 000 est une estimation d'historiens, non un chiffre du Vatican. Pour la période 1745-1823 : Adrien Launay, Histoire de la mission de Cochinchine, 1658-1823, Téqui, 1923 (réédition Indes savantes, 2000), 3 vol., notamment t. III, p. 412-418 — cet ouvrage s'arrêtant en 1823, il ne couvre pas les persécutions postérieures. Pour la période 1823-1862 (Minh Mạng, Thiệu Trị, Tự Đức) : les relations et rapports des missionnaires du XIXᵉ siècle, repris dans la documentation de la cause de canonisation de 1988 (Conférence épiscopale du Vietnam, Positio). Les 117 canonisés du 19 juin 1988 en sont les représentants les plus connus. L'homélie de Jean-Paul II parle sobrement de « milliers » de martyrs (migliaia) ; pour une estimation plus prudente, voir Peter Phan, Mission and Catechesis: Alexandre de Rhodes and Inculturation in Seventeenth-Century Vietnam, Orbis Books, 1998, p. 6-12.
1Jean-Paul II, homélie pour la canonisation des saints Augustin Zhao Rong, prêtre, et ses 119 compagnons martyrs, place Saint-Pierre, 1ᵉʳ octobre 2000. Texte intégral sur vatican.va. Liste officielle des 120 noms (dont « Andrew Wang Tianqing, aged 9 » et « Ann Wang, aged 14 ») : vatican.va.
2 68Jean-Paul II, homélie pour la canonisation des saints martyrs de Corée, Yoido Square, Séoul, 6 mai 1984. Texte intégral (en anglais) sur vatican.va. Première canonisation de l'histoire célébrée hors de Rome.
3Pie IX, bulle Ob spectabilem de canonisation des 26 martyrs de Nagasaki, 8 juin 1862. Cf. Diego R. Yuuki SJ, The Twenty-Six Martyrs of Japan, Enderle, Tokyo, 1998, p. 45-72.
4Annuarium Statisticum Ecclesiae 2023, Libreria Editrice Vaticana — chiffres présentés le 20 mars 2025 avec l'Annuario Pontificio 2025 (dépêche de l'Agence Fides) ; données au 31 décembre 2023. Chiffres mondiaux : 1,406 milliard de catholiques (+1,15 % sur 2022-2023, contre ≈ 1,39 milliard fin 2022) ; l'Asie, en croissance de +0,6 %, représente environ 11 % du total — dont 93 millions aux Philippines et 23 millions en Inde (à eux deux 76,7 % des catholiques d'Asie du Sud-Est).
5 85Annuarium Statisticum Ecclesiae 2023, Libreria Editrice Vaticana ; et recensement national de 2015 (97,6 % de catholiques — cf. U.S. Department of State, International Religious Freedom Report 2020 : Timor-Leste), chiffre repris par le CIA World Factbook — Timor-Leste (cia.gov/the-world-factbook/countries/timor-leste). Après la Cité du Vatican, le Timor oriental est l'État au plus fort pourcentage catholique du monde.
6Saint Jean-Paul II, exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Asia, n° 1, signée à New Delhi le 6 novembre 1999. Texte intégral sur vatican.va.
7 83A. C. Perumalil, The Apostles in India, X.B. Press, Patna, 1971, p. 1-92 ; Stephen Neill, A History of Christianity in India: The Beginnings to A.D. 1707, Cambridge University Press, 1984, p. 26-49. Pour la tradition Mylapore, voir Antonio Mathias Mundadan, History of Christianity in India, vol. I, Bangalore, CHAI, 1984, p. 21-67.
8Acta Thomae (Actes de Thomas), versions syriaque et grecque, IIIᵉ siècle. Éd. critique : A. F. J. Klijn, The Acts of Thomas, Brill, Leyde, 1962 (2ᵉ éd. 2003), prologue, p. 17 (la citation ci-dessus en est une traduction française) ; cf. aussi Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 1.
9Saint Éphrem le Syrien, Hymnes sur la foi, n° 22, 1 (avant 373) ; Saint Jérôme, Lettre 59 à Marcella, § 5 (an 395 ou 396 : le Christ ressuscité est dit présent « avec Thomas en Inde, avec Pierre à Rome... » ; trad. angl. W. H. Fremantle, G. Lewis et W. G. Martley, Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ sér., vol. 6 — verbatim vérifié : newadvent.org/fathers/3001059.htm) ; Saint Ambroise, In Psalmum 45 ; Grégoire de Tours, De gloria martyrum, ch. 31-32 (vers 590). Cf. James Kurikilamkatt, First Voyage of the Apostle Thomas to India, Asian Trading Corporation, Bangalore, 2005.
10Sur l'historicité de la mission de Thomas, voir le bilan critique de Robert Eric Frykenberg, Christianity in India: From Beginnings to the Present, Oxford University Press, 2008, p. 91-115 ; et A. Mathias Mundadan, Indian Christians: Search for Identity and Struggle for Autonomy, Bangalore, Dharmaram, 1984. Pour le contexte commercial, le Périple de la Mer Érythrée (vers 60 ap. J.-C.) atteste les liens Rome-Muziris.
11Stephen Neill, A History of Christianity in India: The Beginnings to A.D. 1707, op. cit., p. 49-87 ; Antonio Mathias Mundadan, History of Christianity in India, vol. I, op. cit., p. 192-235. Sur le statut social de caste, voir Susan Bayly, Saints, Goddesses and Kings: Muslims and Christians in South Indian Society, 1700-1900, Cambridge University Press, 1989.
12Synodi Diamperitani decreta, 20-26 juin 1599. Édition latine dans Acta et Decreta Synodi Diamperitanae anno 1599 a Reverendissimo D. Alexio de Menezes archiepiscopo Goano, Coimbra, 1606. Étude récente : Antony Vallavanthara, India in 1500 A.D.: The Narratives of Joseph the Indian, Research Institute, Mannanam, 1984, p. 78-95.
13Bonaventure Mandelli OFM, Relação verdadeira do que se passou em Mattancery, manuscrit de 1654, conservé aux Archives historiques de Goa. Étude : Jonas Thaliath, The Synod of Diamper, Orientalia Christiana Analecta n° 152, Pontificio Istituto Orientale, Rome, 1958, p. 187-203.
14Chiffres 2024 : près de 5 millions de fidèles syro-malabars dans le monde (dont plus de 4 millions en Inde) et environ 0,5 million de syro-malankars ; voir l'Annuario Pontificio 2024, Libreria Editrice Vaticana, et le site officiel de l'Église syro-malabare (syromalabarchurch.in). Le rite syro-malabar a été restauré dans son intégrité par le décret Quae maiori de Pie XII, 1934.
15Christoph Baumer, The Church of the East: An Illustrated History of Assyrian Christianity, I.B. Tauris, 2006, p. 1-189 ; Wilhelm Baum & Dietmar Winkler, The Church of the East: A Concise History, Routledge, 2003, p. 39-72. Pour la pénétration jusqu'à la Chine, voir Samuel Hugh Moffett, A History of Christianity in Asia, vol. I, Orbis Books, 1998 (réédition 2004), p. 286-323. Sur l'étiquette « nestorienne » : sobriquet forgé par les adversaires théologiques, que cette Église n'emploie jamais pour elle-même — Sebastian P. Brock & James F. Coakley, entrée « Church of the East », Gorgias Encyclopedic Dictionary of the Syriac Heritage (« misleadingly labelled as "Nestorian" by its theological opponents »).
16 17Texte de la stèle de Xi'an, dressée le 7 janvier 781. Traductions de référence : Paul Pelliot, L'inscription nestorienne de Si-ngan-fou, éd. Antonino Forte, Italian School of East Asian Studies, Kyoto, 1996 ; Saeki Yoshirō, The Nestorian Documents and Relics in China, 2ᵉ éd., Maruzen, Tokyo, 1951.
18Dimensions (2,79 m de haut) et description : Antonino Forte (dir.), L'inscription nestorienne de Si-ngan-fou, op. cit., p. 13-58 ; voir aussi Paul Pelliot, Recherches sur les chrétiens d'Asie centrale et d'Extrême-Orient, Imprimerie Nationale, Paris, 1973, p. 145-191. Sur le texte (environ 1 780 caractères chinois, avec passages en syriaque — noms, dates, signatures), voir Encyclopaedia Britannica, « Xi'an monument ».
19Álvaro Semedo SJ, Relação da propagação da Fé no Reyno da China, Madrid, 1642 (traductions latine, italienne et anglaise dans les années suivantes) : premier signalement européen de la stèle (chap. XXX). Première traduction latine de l'inscription publiée en Europe : Athanase Kircher, China Illustrata, Amsterdam, 1667. Voir Paul Pelliot, L'inscription nestorienne de Si-ngan-fou, op. cit., p. 4-8.
20Jean de Plan Carpin, Ystoria Mongalorum. Édition critique : Enrico Menestò (dir.), Giovanni di Pian di Carpine, Storia dei Mongoli, Centro Italiano di Studi sull'Alto Medioevo, Spolète, 1989. Traduction française : Dom Jean Becquet & Louis Hambis, Jean de Plan Carpin, Histoire des Mongols, Adrien-Maisonneuve, Paris, 1965.
21Guillaume de Rubrouck, Itinerarium. Édition de référence : Anastasius Van den Wyngaert (dir.), Sinica Franciscana, vol. I, Quaracchi, 1929, p. 164-332. Traduction française : Claude et René Kappler, Guillaume de Rubrouck, Voyage dans l'Empire Mongol, Payot, 1985 (rééd. Imprimerie Nationale, 1993). Sur la dispute de Karakorum, voir le chap. XXXIII.
22Anastasius Van den Wyngaert OFM (dir.), Sinica Franciscana, vol. I, Quaracchi, 1929, p. 335-378 (réunit les lettres de Montecorvino, Andrea de Pérouse, Pierre de Florence). Synthèse : Igor de Rachewiltz, Papal Envoys to the Great Khans, Stanford University Press, 1971, p. 160-175.
23Jean de Montecorvino, lettre datée du 8 janvier 1305, traduction française dans Christian Bauer & Pierre Ackermann (dir.), Aux origines des relations entre l'Église et l'Asie, Cerf, 2010, p. 87-89. Texte latin original dans Van den Wyngaert, Sinica Franciscana, vol. I, p. 345-351.
24Clément V, bulle Rex Regum du 22 juillet 1307. Texte dans Registrum Clementis Papae V, ed. Benedictini, Rome, 1885-1888, n° 4566. Voir Igor de Rachewiltz, Papal Envoys to the Great Khans, op. cit., p. 169-172.
25Pierres tombales chrétiennes de Quanzhou (XIVᵉ siècle), mises au jour par Wu Wenliang dans les années 1940 — cf. Wu Wenliang, Quanzhou zongjiao shike (Inscriptions religieuses en pierre à Quanzhou), Pékin, 1957 ; voir Lance Eccles & Sam Lieu (dir.), Zayton Tombstones: Christian Inscriptions from Medieval Quanzhou, ARC DP0344932 Project, 2015.
26Grégoire XV, constitution apostolique Inscrutabili Divinae Providentiae du 22 juin 1622, instituant la Sacrée Congrégation de la Propagande. Texte dans Bullarum, Diplomatum et Privilegiorum Sanctorum Romanorum Pontificum, Taurinensis editio, vol. XII, p. 690-693. La date du 6 janvier 1622 est celle de la décision préparatoire du consistoire.
27Alexandre VI, bulle Inter Caetera du 4 mai 1493. Traité de Tordesillas, 7 juin 1494, ratifié par Jules II par la bulle Ea quae du 24 janvier 1506. Synthèse : Charles-Martial de Witte, Les Bulles pontificales et l'expansion portugaise au XVe siècle, Bibliothèque de la Revue d'histoire ecclésiastique, fasc. 40, Louvain, 1958.
28Clément VII, bulle Aequum reputamus, 31 janvier 1533, érigeant Goa en évêché. Paul IV, bulle Etsi Sancta et Immaculata, 4 février 1557, érigeant Goa en archevêché métropolitain. Voir António da Silva Rego, Documentação para a história das Missões do Padroado Português do Oriente: Índia, Lisbonne, 1947-1958, 12 vol.
29Georg Schurhammer SJ, Franz Xaver: Sein Leben und seine Zeit, 4 vol., Herder, Fribourg-en-Brisgau, 1955-1973 ; trad. anglaise Francis Xavier: His Life, His Times, trad. M. Joseph Costelloe SJ, Jesuit Historical Institute, Rome, 1973-1982. Référence absolue. Pour Goa, voir vol. II, p. 130-200.
30Georg Schurhammer SJ, Francis Xavier: His Life, His Times, vol. IV (Japan and China, 1549-1552), trad. M. Joseph Costelloe SJ, Jesuit Historical Institute, Rome, 1982, p. 633-650.
31Saint François Xavier, Epistolae, lettre du 22 janvier 1552 à Ignace de Loyola, Monumenta Xaveriana, vol. II, p. 285-291 (édition de Madrid, 1912). Trad. française : Correspondance 1535-1552, présentation Hugues Didier, Desclée de Brouwer / Bellarmin, 1987, lettre n° 130, p. 437-443.
32Saint François Xavier, lettre depuis Cochin du 15 janvier 1544, Monumenta Xaveriana, vol. I, p. 178-186 ; trad. française : Correspondance 1535-1552, op. cit., lettre n° 20, p. 105-111.
33Sur l'acte de Pie X du 25 mars 1904 en faveur de l'Œuvre de la Propagation de la Foi — recommandation de l'Œuvre à la charité des fidèles, confirmation de ses privilèges, élévation de la fête de son patron saint François Xavier à un rite supérieur — voir The Catholic Encyclopedia, vol. 12, « Society for the Propagation of the Faith » ; cf. aussi l'étude carmélitaine sur Thérèse patronne des missions (OCD, 2007) : « in 1904 he was named Patron of the Work of the Propagation of the Faith ».
34Décret de la Sacrée Congrégation des Rites du 14 décembre 1927, par décision de Pie XI : sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus est déclarée patronne de tous les missionnaires et de toutes les missions, « à l'égal de saint François Xavier » (aeque principalem cum S. Francisco Xaverio). Texte dans Acta Apostolicae Sedis, 20, 1928, p. 147-148.
35 66Vincent Cronin, A Pearl to India: The Life of Roberto de Nobili, Hart-Davis, Londres, 1959 ; rééd. Sarvodaya Press, Madras, 1968. Voir aussi Anand Amaladass & Francis X. Clooney, Preaching Wisdom to the Wise: Three Treatises by Roberto de Nobili, S.J., Missionary and Scholar in 17th Century India, Institute of Jesuit Sources, Saint Louis, 2000.
36S. Rajamanickam SJ, The First Oriental Scholar, De Nobili Research Institute, Tirunelveli, 1972 ; voir aussi Ines G. Županov, Disputed Mission: Jesuit Experiments and Brahmanical Knowledge in Seventeenth-Century India, Oxford University Press, New Delhi, 1999.
37Roberto de Nobili, Informatio de quibusdam moribus nationis Indicae (1613). Édition critique : S. Rajamanickam (dir.), Roberto de Nobili — Adaptation: Inculturation and Mission, De Nobili Research Institute, 1971. Traduction anglaise dans Anand Amaladass & Francis X. Clooney, Preaching Wisdom to the Wise, op. cit., p. 53-153.
38Grégoire XV, constitution apostolique Romanae Sedis Antistes du 31 janvier 1623. Texte dans Bullarum Romanum, Taurinensis editio, vol. XII, p. 825-828. Étude critique : Domenico Ferroli SJ, The Jesuits in Malabar, Bangalore, 1939-1951, 2 vol., t. II, p. 152-178.
39Benoît XIV, constitution apostolique Omnium sollicitudinum du 12 septembre 1744, interdisant définitivement les rites malabars. Texte dans Bullarum Benedicti XIV, Mechlin, 1827, t. I, p. 374-401. Voir Étienne Ducornet, La querelle des rites malabars, mémoire de l'Institut catholique de Paris, 1983.
40Annuarium Statisticum Ecclesiae 2023, Libreria Editrice Vaticana, mars 2025 (93 millions de catholiques aux Philippines, soit environ 80 % de la population) ; voir aussi le recensement officiel philippin de 2020 (Philippine Statistics Authority), qui donne 78,8 % de catholiques romains.
41Antonio Pigafetta, Relazione del primo viaggio intorno al mondo (vers 1525). Édition critique italienne : Andrea Canova (dir.), Antenore, Padoue, 1999. Trad. française : Léonce Peillard, Antonio Pigafetta, Le Voyage de Magellan (1519-1522), Hachette, 1956. Le baptême d'Humabon est rapporté chapitre XII.
42Andrés de Urdaneta OSA, Relación del descubrimiento del tornaviaje, 1565. Voir Mariano Cuevas SJ, Monje y marino: La vida y los tiempos de Fray Andrés de Urdaneta, Galatea, Mexico, 1943.
43Domingo de Salazar OP, Memorial del primer Sínodo de Manila, 1582. Édition critique : José Luis Porras Camuñez, Sínodo de Manila de 1582, CSIC, Madrid, 1988. Sur la défense des Philippins par Salazar contre les abus de l'encomienda, voir Lucio Gutiérrez OP, Domingo de Salazar OP, First Bishop of the Philippines (1512-1594), Instituto Storico OP, Rome, 2001.
44Fondation le 28 avril 1611 comme Colegio de Nuestra Señora del Santísimo Rosario par les dominicains ; élévation au rang d'université le 20 novembre 1645 par le pape Innocent X, à la demande de Philippe IV d'Espagne ; rang d'université royale en 1680. Sur le débat avec San Carlos — qui se réclame du Colegio de San Ildefonso de 1595 mais ne reçoit sa charte universitaire qu'en 1948 — voir la synthèse documentée « Dispute over the oldest school in the Philippines » et la reconnaissance de l'UST comme plus ancienne université d'Asie par la National Historical Commission of the Philippines (2012).
45La date exacte de sa naissance est inconnue : les notices philippines (paroissiales et universitaires) la situent entre 1600 et 1610. Documentation officielle de la cause de béatification : Positio super introductione causae San Lorenzo Ruiz, Vatican, 1980. Le décret romain sur le miracle obtenu par son intercession le présente sobrement comme « Manilensis et pater familias », « primus Philippinorum martyr », sans donner d'année de naissance (Congrégation pour les Causes des Saints, Acta Apostolicae Sedis, 79, 1987, p. 1242-1243).
46Paroles rapportées dans les chroniques dominicaines de Nagasaki, citées dans Positio super introductione causae, Vatican, 1980, p. 145. Actes du consistoire préparant la canonisation (« Laurentii Ruiz de Manila [...] et tredecim Sociorum, Martyrum in Iaponia ») : Acta Apostolicae Sedis, 79, 1987, p. 1135-1141 ; décret sur le miracle : ibid., p. 1242-1243.
47Jean-Paul II, homélie de béatification des 16 martyrs du Japon (In sollemnibus Manilae..., 18 février 1981). Texte dans Acta Apostolicae Sedis, 73, 1981, p. 340-345. Première cérémonie de béatification jamais célébrée hors de Rome.
48Alexandre de Rhodes SJ, Histoire du Royaume de Tunquin, Lyon, 1651 ; éd. moderne : Histoire du Royaume de Tonkin, Bibliothèque Asiatique, EFEO, Paris, 1999. Voir aussi Peter Phan, Mission and Catechesis: Alexandre de Rhodes and Inculturation in Seventeenth-Century Vietnam, op. cit.
49Alexandre de Rhodes SJ, Dictionarium Annamiticum, Lusitanum et Latinum, Rome, 1651 ; Catechismus pro iis, qui volunt suscipere baptismum, in octo dies divisus, Rome, 1651 ; Linguae Annamiticae seu Tunchinensis brevis declaratio, Rome, 1651. Voir Roland Jacques, Portuguese Pioneers of Vietnamese Linguistics, Orchid Press, Bangkok, 2002.
50 51Adrien Launay, Histoire générale de la Société des Missions Étrangères, 3 vol., Téqui, Paris, 1894 ; rééd. Indes savantes, 2003. Sur la fondation et le rôle de Pallu, voir Bernard Jacqueline (dir.), Mission étrangères et langues orientales, Indes savantes, 2008.
52Bilan historique : Françoise Fauconnet-Buzelin, Aux sources des Missions Étrangères : Pierre Lambert de la Motte (1624-1679), Perrin, 2006 ; chiffres et statistiques sur le site officiel mepasie.org.
53Estimation d'historiens pour l'ensemble de la période 1745-1862 : Adrien Launay, Les missionnaires français au Tonkin, Téqui, 1900, p. 1-12, pour la partie antérieure à 1823 seulement — ses histoires de la mission de Cochinchine s'arrêtant en 1823 (Histoire de la mission de Cochinchine, 1658-1823) ; pour la période 1823-1862, les relations et rapports des missionnaires du XIXᵉ siècle, repris par la Conférence épiscopale du Vietnam dans son Positio pour la cause de canonisation de 1988. Pour une analyse plus prudente, voir Peter Phan, Mission and Catechesis, op. cit., p. 6-12.
54Jean-Paul II, bulle de canonisation Sanctorum altrix Mater Ecclesia, 19 juin 1988. Texte dans Acta Apostolicae Sedis, 80, 1988, p. 1393-1405. Composition détaillée du groupe dans Roman Martyrology, édition officielle 2004, p. 651-653.
55Saint Jean-Paul II, homélie pour la canonisation des saints André Dũng-Lạc et 116 compagnons, place Saint-Pierre, 19 juin 1988. Texte intégral (en italien) sur vatican.va.
56Sur le mouvement Silhak et la diffusion intellectuelle de Ricci en Corée, voir Don Baker & Franklin Rausch, Catholics and Anti-Catholicism in Chosŏn Korea, University of Hawai'i Press, Honolulu, 2017, p. 1-58 ; et Ki-baik Lee, A New History of Korea, Harvard University Press, 1984, p. 234-241.
57Charles Dallet MEP, Histoire de l'Église de Corée, 2 vol., Victor Palmé, Paris, 1874 (réimpr. Hannamsa, Séoul, 1991), t. I, p. 32-58. Reste l'ouvrage de référence, malgré sa date.
58 59Adrien Launay MEP, Mémorial de la Société des Missions Étrangères, 2 vol., Paris, Séminaire des Missions Étrangères, 1912-1916, t. II, p. 354 (notice André Kim) ; voir aussi Charles Dallet, Histoire de l'Église de Corée, op. cit., t. II, p. 1-87.
60Paroles rapportées dans la relation contemporaine de Mgr Jean-Joseph Ferréol sur l'exécution du 16 septembre 1846 (« Mr. Kim cried out in a loud voice... An immortal life is about to begin for me. Become Christians if you wish to be happy after death »), reprise dans le corpus Dallet (lettres et textes de 1846) ; cf. aussi Charles Dallet, Histoire de l'Église de Corée, t. II, p. 67-78, et la Positio super introductione causae, Vatican, 1980.
61Jean-Paul II, bulle de canonisation Lux mundi, 6 mai 1984. Texte dans Acta Apostolicae Sedis, 76, 1984, p. 1057-1063. Sur la portée historique (première canonisation hors Rome), voir John Cardinal Stephen Kim, Korean Catholic Church: 200 Years of History, Catholic Conference of Korea, Séoul, 1984.
62Saint Jean-Paul II, homélie pour la canonisation des martyrs de Corée, Yoido Square, Séoul, 6 mai 1984. Texte intégral (en anglais) sur vatican.va : communauté « founded entirely by lay people », « splendid flowering... fruit of the heroic witness of the Martyrs ».
63Catherine Masson, Pauline Jaricot, fondatrice de la Propagation de la Foi et du Rosaire vivant, Cerf, 2019. Béatification : décret du 26 mai 2020 ; cérémonie présidée par le cardinal Luis Antonio Tagle à Lyon, 22 mai 2022.
64Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit B, septembre 1896. Édition critique : Œuvres complètes, Cerf / DDB, 1992, p. 224-241. La phrase citée se trouve folio 3 v°, p. 226.
65Plus de 30 000 catholiques chinois tués : Kenneth Scott Latourette, A History of Christian Missions in China, Macmillan, New York, 1929, p. 567. Contexte : Joseph W. Esherick, The Origins of the Boxer Uprising, University of California Press, 1987. Sur la hiérarchie catholique de l'époque : Joseph de Moidrey SJ, La hiérarchie catholique en Chine, en Corée et au Japon, 1307-1914, Variétés sinologiques n° 38, Chang-hai, 1914, p. 89-103.
67Bernard Petitjean MEP, lettre du 18 mars 1865 au supérieur du Séminaire des MEP, Paris. Texte dans Annales de la Propagation de la Foi, t. 37, 1865, p. 281-289. Pour le récit complet, voir Francisque Marnas, La « religion de Jésus » Iaso ja-kyô ressuscitée au Japon dans la seconde moitié du XIXe siècle, 2 vol., Delhomme et Briguet, Paris, 1896.
69Pie IX salue la découverte des chrétiens cachés comme un « miracle » — l'historiographie parle du « miracle de l'Orient » — dans son discours au consistoire de décembre 1867 ; voir Acta Pii IX Pontificis Maximi, vol. III, Rome, 1867.
70Anthony Lam Sui-ki, The Catholic Church in Present-Day China: Through Darkness and Light, Holy Spirit Study Centre, Hong Kong, 1997 ; mise à jour dans Jeroom Heyndrickx CICM (dir.), Religious Freedom in China, Verbiest Institute, Louvain, 2018. Sur l'accord provisoire de 2018, voir Holy See Press Office, communiqué du 22 septembre 2018.
71Mgr Joseph Chhmar Salas (1937-1977), évêque coadjuteur puis vicaire apostolique de Phnom Penh, mort d'épuisement en septembre 1977 dans un camp khmer rouge ; une enquête diocésaine sur son martyre présumé a été ouverte en 2015. Quelque 62 000 chrétiens au Cambodge avant 1970-1971, communauté presque anéantie sous le régime de Pol Pot (1975-1979).
72Kathryn Spink, Mother Teresa: An Authorized Biography, HarperOne, San Francisco, 2011 (édition révisée) ; et Brian Kolodiejchuk MC (dir.), Mother Teresa: Come Be My Light — The Private Writings of the Saint of Calcutta, Doubleday, 2007.
73Chiffres officiels du Generalate of the Missionaries of Charity, Calcutta, 2023. Voir aussi Annuario Pontificio 2024.
74Mère Teresa de Calcutta, Discours du Prix Nobel de la Paix (Nobel Lecture), Oslo, 11 décembre 1979. Texte intégral sur nobelprize.org.
75Pape François, homélie pour la canonisation de Mère Teresa de Calcutta, place Saint-Pierre, 4 septembre 2016. Texte intégral sur vatican.va.
76Acta Synodalia Sacrosancti Concilii Oecumenici Vaticani II, vol. IV, pars VII, Typis Polyglottis Vaticanis, 1978, p. 728-735. Vote final du 7 décembre 1965 : 2 394 placet contre 5 non placet.
77Concile Vatican II, décret Ad Gentes sur l'activité missionnaire de l'Église, n° 1, promulgué le 7 décembre 1965. Texte intégral sur vatican.va.
78Concile Vatican II, Ad Gentes, n° 2 : « Ecclesia peregrinans natura sua missionaria est ». Édition latine officielle dans Acta Apostolicae Sedis, 58, 1966, p. 947.
79Concile Vatican II, Ad Gentes, n° 11. Sur la généalogie patristique de l'expression semina Verbi, voir saint Justin, Seconde Apologie, ch. 8 et 13. Étude : Jean Daniélou, Message évangélique et culture hellénistique, Desclée de Brouwer, 1961, p. 35-58.
80Sacrée Congrégation de la Propagation de la Foi, instruction Plane compertum est du 8 décembre 1939, approuvée par Pie XII. Texte dans Acta Apostolicae Sedis, 32, 1940, p. 24-26. Trad. française commentée : La Documentation catholique, 1940, col. 145-150.
81Ecclesia in Asia, n° 6, décrit l'Asie comme habitée par environ deux tiers de l'humanité, sans y citer de pourcentage ; le repère d'environ 3 % de catholiques dans la population asiatique est une estimation (de l'ordre de 150 millions de catholiques pour près de 5 milliards d'habitants), cohérente avec les bilans du Synode pour l'Asie — voir Peter Phan (dir.), The Asian Synod: Texts and Commentaries, Orbis Books, 2002.
82Saint Jean-Paul II, Ecclesia in Asia, n° 19, 6 novembre 1999, sur l'unicité du salut en Jésus-Christ.
84Seules les lignes Asie, Philippines et Inde reprennent directement l'Annuarium Statisticum Ecclesiae 2023 ; les autres chiffres du tableau sont des estimations (recensements nationaux, conférences épiscopales, Annuario Pontificio), marquées comme telles. Corée du Sud : ≈ 11 % (statistiques de l'Église coréenne : 11,0 % fin 2017, 11,3 % en 2021). Timor oriental : recensement 2015 (97,6 % de catholiques). Chine : total Église officielle + Église souterraine, par nature incertain.
86Aucun recensement officiel au Liban depuis 1932 : les estimations divergent. Le CIA World Factbook — Lebanon (est. 2020, population citoyenne) donne 32,4 % de chrétiens, les maronites catholiques en formant le premier groupe ; l'étude Statistics Lebanon (Beyrouth) donne 41 % de chrétiens, dont 21 % de maronites et 5 % de melkites. Le tableau retient une estimation prudente rapportée à l'ensemble de la population résidente.
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